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Oups. [PV]

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#Raphaël

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MessageSujet: Oups. [PV] Lun 02 Sep 2013, 16:35

C'était amusant d'être dans la forge. Alors que tous les autres enfants semblaient craindre le feu, s'éloignant de cet endroit où on créait des armes incroyables, Raphaël lui s'en donnait à cœur joie à jouer avec les braises. C'était agréable comme sensation, entre les doigts. Toujours cette douce chaleur vivifiante. Jay ne semblait pas partager la même passion que son frère pour le feu, mais ne se plaignait pas non plus lorsque le demi-démon s'amusait à lui en lancer des morceaux de braise à la figure. Certes, c'était un peu moins (ou plus) drôle pour lui (pour Raphy) lorsqu'il se retrouvait nu, les vêtements entièrement brûlés. C'était devenu un jeu fréquent entre les deux frères (ou plutôt un jeu à sens unique), d'attaquer l'autre (car bien entendu, Raphy était souvent le seul à avoir du plaisir, MAIS Jay ne se plaignait pas, alors pourquoi arrêter?). Malheureusement celui-ci n'acceptait pas que son frère brûle tout le monde. Tout spécialement Mumu. L'enfant roux demi-chat n'était pas intouchable, bien entendu, mais disons que Jay avait de furieuses tendances à se jeter sur le minuscule enfant lorsque Raphy faisait mine de lui lancer du feu. Le gamin avait donc bien rapidement cesser de s'attaquer au fils de Kosuké de cette façon. Il y avait bien d'autres manières de tourmenter cette pauvre âme! Puis, l'enfant aux cheveux noirs appréciait presque Edmund, donc il n'avait pas réellement envie de le blesser. Juste de s'amuser. Le plaisir était tout ce qui comptait pour lui. Ça et la puissance. Vu l'orgueil assez démesuré qu'il possédait, il était terriblement plaisant de se sentir supérieur aux autres. Déjà qu'il était plus grand que tous les gamins de son âge à cause de son sang démoniaque...Pourquoi ne pas lancer une ou deux menaces un peu plus physiques de temps à autre?

Mais ce n'était pas le temps de penser à cela. Présentement, il observait de loin son père frapper à grand coup de masse sur une magnifique claymore. Torse nu, si l'adulte suait, ce n'était pas parce qu'il avait chaud à cause du feu, mais peut-être juste à cause de l'effort. Et Raphy ne voyait même pas de gouttes de sueur. Silencieusement, il se disait que plus tard, il voulait être aussi grand que son père, et aussi, sinon PLUS fort que lui. Mais déjà être fort comme lui serait génial. Il regrettait cependant de ne pas avoir la peau aussi foncée que le Fallois, car il avait un peu moins l'air d'un démon. Pareil pour ses yeux qui n'étaient ni bleus ni rouges, mais bien un mélange changeant, alternant entre ces deux couleurs. Il n'avait pas foncièrement l'air d'un démon. Ce n'était pas si évident. Un jour, dans l'Ordre d'Émeraude, tout le monde le connaitrait. Pour sa force, ses exploits. Il serait aussi connu que sa mère l'était sur Irianeth, mais lui, ce serait à Émeraude, car il habitait à Émeraude. Sa mère d'ailleurs, était là elle aussi, mais un peu plus proche de Jay. Toute la famille était présente, c'était un jour joyeux.

Détournant son regard de son père, il se dirigea vers le four, là où était créé les braises (et où le métal fondait). S'emparant de braises, il tenta de jongler avec, et de les faire sauter sur sa tête, au sourire heureux aux lèvres. Cependant, il manquait de coordination, et les braises se retrouvaient trop souvent sur le sol. Grimaçant, il les égraina avec ses pieds nus et en reprit une poignée dans chaque main.

-Jay, attrape!

S'écria-t-il d'une voix moqueuse en balançant trois morceaux de braise en direction de son frère. Sans regarder si celui-ci avait réussi à la faire, il se retourna vers le four et en fit sortir une flamme un peu plus haute, qu'il cueillit dans ses mains, comme un pomme. Augmentant le volume de celle-ci, il la fit se torsader, puis tenta de créer une forme d'épée. Échec. Enfin, ça ressemblait un peu à une épée! Mais elle était croche. Un peu comme les armes des mercenaires du désert, recourbées. Insatisfait du résultat, il récupéra une flamme normale en secouant la tête. Il n'était pas un artiste. Mais il s'en foutait un peu. Il ne voulait pas être un artiste. Lui, il voulait être un combattant. Les combattants n'avaient pas besoin de se faire d'armes, c'était Evan qui s'en occupait. Il leur faisait des épées carrément trop badass, et les têtes des Tanieths partaient comme des petits pains chauds!

Créant quelques miniboules de feu, l'enfant les fit tourner autour de lui. Il s'imaginait entourer d'insectes horribles, de 5 mètres de haut, qui agitaient leurs mandibules 'un air menaçant. Mais lui, lui il avait le feu. Lui, il était le feu. Ces insectes n'avaient aucune chance contre lui. Gossissant les boules, il les envoya voler dans la pièce qui était devenue un champ de bataille. Puis il en refit, changea d'angles et en renvoya partout, un air féroce sur le visage. Il ne pensait pas qu'il pouvait blesser quelqu'un. Après tout, il n'y avait qu'Evan, Jay et Andréya dans la salle! Sa famille seulement, invulnérable au feu. L'idée ne lui effleura même pas l'esprit, de même que la préoccupation. Lui, il était dans son monde, à y aller intensément avec les stupides insectes.

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Andréya
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MessageSujet: Re: Oups. [PV] Ven 06 Sep 2013, 21:34


La notion de différence est difficile à faire comprendre aux enfants. Du moins, certaines parties de cette notion sont difficiles à faire comprendre. Les enfants à Evan et Andréya étaient différents et ils devaient en prendre conscience rapidement pour leur bien et le bien des autres. Franchement, les jumeaux avaient compris assez rapidement. Avec beaucoup de patience, Andréya et Evan leur avaient dévoilé leur sang de démon et expliqué en quoi ça les rendait spéciales. Rapidement, en bons parents, le couple avait expliqué à leurs deux petits monstres que ce n'était pas parce qu'ils étaient mutuellement immunisés aux brûlures que c'était le cas de tout le monde. Le seul détail, elle n'avait jamais précisé qu'Andy n’était pas immunisé. Petit oublie qui allait lui retomber sur le nez des années plus tard.

*


La forge.

Andréya adorait cet endroit. La chaleur étouffante, l'odeur du feu qui règne en maître, les métaux en ébullition, le fer rougit par les flammes, oui décidément tout lui plaisait. Tout parent aurait interdit les enfants à jouer dans cette place mortelle et pourtant, Andy adorait voir ses jumeaux s'y trouver.  Oui, elle était rassurée de voir Jay et Raph jouer là-bas. Après tout, ils étaient à l'endroit où ils pouvaient être le plus en sécurité possible. Evan n’était jamais très loin de la forge, les enfants avaient du feu pour se protéger et ils ne pouvaient pas se brûler au contraire de ceux qui pourraient leur vouloir du mal. D'ailleurs, les deux jeunes garçons jouaient déjà avec les flammes.

Quittant du regard ces deux trésors, le regard de la rouquine se posa sur un beau brun qui frappait une nouvelle arme. Voilà, une autre raison qui faisait en sorte qu'elle adorait cet endroit. Evan torse nu qui fabriquait des objets que la rouquine affectionnait. Rien de mieux pour rappeler à Andréya combien elle pouvait encore désirer son amant malgré les années. Ouais, l'ex-chevalière tombait encore pour son demi-démon.

C'est là voix de Raphy qui la fit arrêter de baver sur le corps invitant d'Evan. Il voulait jouer avec son frère, mais Andy n'était pas trop certaine de ce que le jeune homme voulait que son frère attrape. Elle se retourna pour constater que Raph lançait de la braise sur Jay. Encore des nouvelles tuniques qui allaient être bonnes à retaper ou à jeter. Elle allait d'ailleurs en glisser un mot aux jumeaux quand elle remarqua que Raphy se concentrait sur autre chose. Il était facile de savoir quand Raphael préparait quelque chose. Il était trop silencieux... Comme présentement. Se retournant vers son fils, il pratiquait quelque chose. Un modelage? Regardant avant attention son fils créer des formes avec les flammes elle sourit. Les deux garçons étaient vraiment doués et continuaient de s'améliorer de jour en jour. Le seul hic était que Raphy n'était pas très persévérant. Abandonnant son idée première qui était pourtant bien prometteuse, il créa ce qu'il savait faire de mieux soit des boules de feu. Ces dernières tournaient autour du garçon sous l'oeil attentif de sa mère.

C'est alors qu'Andy comprit.

Elle ouvrit la bouche pour demander à Raphael  d'arrêter, mais ils étaient trop tard.  Une des boules de feu se dirigeait droit vers elle. Andréya arriva à l'esquiver, mais rapidement elles deviennent trop nombreuses. La rouquine sortit son agilité pour éviter la grande majorité des balles de feu. Certaines la frôlaient, mais hormis quelques brûlures superficielles, elle s'en sortait bien. Faisant un plongeon pour éviter une cinquième boule, elle ne vit pas arriver la sixième qui lui fonça directement sur mollet gauche.


- ARGH...

Andréya avait serré des dents.  Cachée derrière un présentoir d'arme, elle cria d'arrêter le jeu. Pour ce soit encore plus claire, elle fit exploser un outil qui fut réduit en poussière. Il était clair qu'il se passait quelque chose. La voix de la rouquine n'était pas enjouée comme elle l'était quand elle était en présence de sa famille. Tout s'était passé en quelques secondes, mais le mal était fait.

La rouquine regarda son mollet... Le bas du pantalon de sa tunique était brûlé. Les résidus de ce dernier étaient collés directement contre sa blessure. Franchement ce n'était pas beau à voir.  Sa peau était complètement brûlée. On ne pouvait voir qu'une couleur rougeâtre avec des particules de cendre. Andy grimaça. Elle allait avoir de la difficulté à se remettre debout et même à marcher... Il faudrait que quelqu'un la soigne. Quelqu'un d'autre qu'Evan bien évidement. Jay? ... Bon sang... Il était le seul qui pouvait l'aider.


- Jay, tu vas devoir aider maman mon grand.

La voix de la rouquine était incertaine. Evan allait bien rappliquer et quand il allait voir l'état de son mollet, il risque d'être plutôt en rogne... D'ailleurs le voilà qui venait de pousser le présentoir d'arme pour retrouver sa belle. Serrant les dents, elle le pointa du doigt :

- Je te jure que si tu me touches, je te quitte ! Prends Raphy, au lieu de me foudroyer du regard, il risque la même chose que toi s'il essaie de me soigner.

C'était clair. Il n'était pas question qu'il la touche. Elle ne voulait pas qu'il se retrouve avec sa blessure. Elle ne voulait pas qu'il souffre pour la soigner. Jay pouvait l'aider à se soigner ou du moins l'aider à diminuer la douleur. Raphy était comme son papa... Il ne pouvait la soigner sans avoir de conséquences .
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#Evan
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MessageSujet: Re: Oups. [PV] Mar 10 Sep 2013, 18:03


Evan aimait bien la forge. Depuis qu’il avait décidé de faire un métier, celui de forgeron, il lui semblait qu’il avait enfin pris une véritable place dans le monde des humains. Il n’avait pas eu besoin d’être chevalier et de tuer des insectes pour cela. Non, seulement fabriquer des armes de qualité et fiable avait fait l’affaire. Le demi-démon avait beau avoir moins d’une décennie d’expérience, il battait la plupart des forgerons qui avait pris leur vie pour parfaire leur art. Il n’avait pas tant besoin de technique, tout était dans le feu. Et lorsque tu contrôles le feu comme tout démon qui se respecte, et bien, il n’était pas très difficile de faire mieux. Malgré tout, le frère d’Hayden travaillait longuement sur chaque arme pour que celles-ci soient parfaites et son nom avait fait le tour d’Émeraude. Il n’était plus vu comme le satané démon qui brûle des villages, mais comme un artisan au grand talent.

Mais avec tout ça, le demi-démon passait des journées entières dans la forge à travailler. Au début, quand les petits étaient jeunes, il leur refusait l’entrée de son atelier pour éviter les coupures. Une épée était si vite entre les mains de ses jumeaux énergiques et Raphaël ne guérissait pas facilement si un accident arrivait. Il ne voulait pas que ses enfants soient blessés. Mais alors qu’il avait grandi, le danger, quoique toujours là, était beaucoup plus prévisible. Evan avait montré à Jay et Raphy comment tenir une arme dès qu’il avait pu l’âge de comprendre et cela avait suffi pour qu’il ne s’inquiète plus pour cela. Ensuite, plus rien de les empêchait de venir voir leur père à la forge. Le seul plus grand danger était le feu, et comme les petits étaient invulnérables, le démon n’avait pas pu les empêcher de venir. Et puis, il était toujours content de les voir tourner autour de lui. Il grandissait trop rapidement, déjà il était presque des adolescents. Il devait passer le plus de temps possible avec eux avait qu’il ne soit trop tard. Et dire que lui et Andréya ne voulaient pas les avoir au départ. Ils l’auraient tellement regretté. C’était les deux boules d’énergie qui remplissaient ses journées. Et il les aimait comme il n’en avait jamais cru capable.

Aujourd’hui, il y avait Andréya qui venait jeter un coup d’œil sur les petits et se rincer l’œil en regardant son compagnon travailler. Elle aussi avec les années, malgré les engueulades et les prises-de-bec, il l’aimait toujours autant. Il frappait le métal avec attention, mais il sentait le regard de la rouquine glisser encore et encore sur son torse nu. Alors qu’il mettait une épée dans le feu pour la chauffer à blanc une dernière fois, il lui jeta un coup d’œil amusé, lui montrant clairement qu’il savait très bien qu’elle n’était pas là pour surveiller les petits, mais bien pour profiter – encore – du corps de son amant. Chacun ne se rassasiait jamais du corps de l’autre et Evan souria en sachant que ce soir, elle allait surement vouloir profiter encore plus… ce qui ne lui déplaisait pas.

Son regard se posa ensuite sur Raphaël qui s’amusait avec le feu. Le petit demi-démon contrôlait le feu encore mieux que son père au même âge. Evan l’avait tellement encouragé à le faire pour qu’il puisse se défendre, mais aussi pour éviter les accidents. Malheureusement, on ne pouvait pas contrôler les jeux imaginaires de Raphy lorsqu’il décidait que Jay était encore la cible de son jeu. Evan continua à taper sur le métal sans trop s’inquiéter. À part des vêtements, il n’y aurait aucune perte. Jay savait très bien comment contrôler son frère, et habituellement, lorsqu’il n’en pouvait plus, il appelait son père à la rescousse. Evan n’avait qu’à lever la main pour que les boules de feu qui composaient majoritairement les jeux de son fils, revienne à lui. Cette fois, par contre, le petit s’amusait à faire des formes plus complexes. Il se débrouillait pas mal, mais il n’avait pas la patience nécessaire pour le faire. Alors rapidement, les structures de feu laissèrent place aux boules de feu traditionnelles, qu’il commença à lancer sur les gens de la forge. Sur le premier coup de boule de feu, Evan ne brocha pas, attendant le bon comment pour donner une peur bleue à son fils. Il n’y avait que dans la forge que le petit démon pouvait s’amuser de la sorte. Et puis, il n’y avait rien à craindre, il n’y avait que Jay et Andréya… qui criait maintenant d’arrêter le jeu.

-Andréya ?

Le demi-démon lâcha les armes qu’il travaillait dans le feu sans prendre la peine de les récupérer. Son ton était inquiet, elle n’utilisait jamais ce ton avec les enfants. Elle ne plaisantait plus. Raphaël le savait non ? Sa mère brûlait, contrairement à l’ensemble de la famille. Mais les supplications d’Andréya étaient trop douloureuses pour seulement passer pour un avertissement. Son fils l’avait touché. Evan pris peur. Où avait-il touché sa mère ? Et s’il l’avait blessé gravement ? Déjà, Raphy avait arrêté son manège, tout surpris par le brusque changement de situation, tout comme son frère, d’ailleurs. Cherchant sa rouquine des yeux, Evan la repéra derrière un des meubles où il entreposait ses outils. Sans effort, il la dégagea pour se permettre de se précipiter sur elle pour s’assurer qu’elle allait bien… Mais recula sous la violence de sa réplique. Evan se mis à grogner de mécontentement. Elle allait lui remettre encore longtemps sur le dos, l’histoire des côtes ? La brûlure était vilaine, vraiment vilaine. Raphaël l’avait touché de plein fouet. Elle devait souffrir le martyr, et encore une fois, elle refusait qu’on l’aide, même si ça pouvait la soigner. Il pouvait très bien endurer une brûlure pour elle. C’était pas grand-chose, il ne risquait pas d’étouffer cette fois ! Mais son regard était sans équivoque. Même s’il se doutait bien qu’elle ne le laisserait jamais, le demi-démon préféra ne pas prendre ce risque inutile. Malgré toutes ces années, Andy réussissait toujours à le surprendre… Et cela pourrait bien être mettant sa menace à exécution.

- Je pourrais tellement d'assommer et le faire. Pour une fois, j'aurai la paix.


Ce fut ses seules actions. Prenant son fils aux yeux bleu-rouges dans ses bras sans effort enfin de le consoler, mais aussi de l’empêcher d’aider sa mère, Evan regarda son second fils. Jay était à la tour depuis peu, mais pour avoir croisé plusieurs fois ces gamins promus à un avenir de magiciens, il savait qu’ils apprenaient rapidement la magie et qu’ils étaient étonnants. Son fils était jeune, par contre. Evan doutait qu’il ait eu encore l’occasion de soigner quelqu’un. Il s’assit par terre avec le jumeau de Jay encore contre lui, assis dans ses jambes, et il regarda Jay. Il n’était peut-être pas capable de soigner comme les humains, mais pour ce que Zoe’ lui avait expliqué, le principe était le même.

- Tu penses pouvoir soigner Maman, Jay ? Je peux te l’expliquer. Si tu n’y arrive pas, ce n’est pas grave, quelqu’un d’autre le fera.

Il failli dire que ce serait lui, peu importe ce qu’aurait à dire la rouquine, mais il se tait. Il fallait la soigner, ensuite, parler avec leur petit démon. Raphy devait s’attendre à se faire sermonner par ses deux parents, mais à vrai dire, Evan était même pas contrarié pas son fils. Il avait fait, à l’époque, tellement plus pire. Il fallait, par contre, qu’il apprenne de ce qui venait de se passer.
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Jay
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MessageSujet: Re: Oups. [PV] Lun 16 Sep 2013, 23:49

Le terrain de jeux par excellence, le repère secret des deux jumeaux, le champ de bataille le plus épique du monde! Tout ça se trouvait dans la forge de Papa. Il n’y avait qu’un seul autre lieu aussi époustouflant et c’était la Tour. Quand le lieu de travail de votre père est au même niveau qu’une tour de magicien, c’est que votre papa fait le travail le plus cool du monde. Jay n’était pas encore sûr des tâches qui incombaient un forgeron, mais il savait que Evan créait des choses de ses mains en utilisant ses mains et le feu. Oui, bon, des fois, il utilisait aussi un gros marteau, mais c’était souvent avec ses mains. C’était cool d’avoir du sang de Démon en soi. On pouvait faire tout plein de choses. Des choses que les autres humains ne pouvaient pas faire. Comme Mumu. Quand il venait jouer avec Jay et Raphy, ils devaient rester dehors ou dans la maison. Ils n’avaient pas le droit de jouer à la forge parce que Mumu pouvait se faire très mal avec le feu. Ce n’était pas tout le monde qui avait la chance d’avoir du sang de Démon. Il n’en fallait pas beaucoup. Juste un peu. Comme Jay. On disait qu’il n’était pas un démon, mais Papy Uriel lui avait dit que ce n’était tout à fait vrai. Il y avait en lui cette indéniable trace qui confirmait qu’il était bien le fils d’Evan. Parce que Jay avait cette particularité identique à celle de son grand-père. Il était indifférent à la chaleur et aux flammes. Et Uriel avait si souvent démontré qu’il pouvait être un démon… Pire qu’un démon. Alors si Uriel avait un peu de sang de démon et que cela lui donnait cette particularité, et bien, Jay aussi avait un peu de sang rouge dans ses veines. Comme son papy. Et puis, il était connecté à Raphy comme Raphy était connecté aux autres démons. Ça le rendait connecter dans un sens aux autres démons de la famille. Il ressentait donc ce que Raphy ressentait d’eux. Mais Jay n’en avait jamais vraiment parlé. Ni à sa mère, ni à son père, ni à Edmund. Son frère en avait conscience, mais comprenait-il l’ampleur de ce lien? Comprenait-il la frayeur que cela pouvait faire naitre en son jumeau? Parce que ça terrorisait parfois Jay. Ça le terrorisait de ressentir des choses hors contexte, des choses qu’il ne connaissait pas, des choses qui ne lui appartenaient pas. Et si un jour, il réagissait à ces sentiments forts et qu’il blessait quelqu’un qui ne lui avait pourtant rien fait? Ce jour pourrait être bien plus prêt qu’on pouvait le penser. Il était encore si inexpérimenté en magie, si inconscient de ce qui se passait en lui et autour de lui, si imprévisible… Arrivait-il toujours à séparer ce qui lui appartenait de ce qui ne lui appartenait pas? Comment pouvait-il le savoir si justement il ne les séparait pas des siens? En grandissant, le lien deviendrait-il encore plus étroit ou s’effriterait-il puisque les deux jumeaux n’étaient plus autant inséparables? Quel genre de sentiment Raphaël pourrait-il un jour ressentir à cause de son sang de demi-démon? Quel sentiment déchirerait le cœur de Jay? Quand? Allait-il un jour s’en libérer et perdre ainsi son contact avec son frère? Se pouvait-il qu’un jour ils ne soient plus unis comme à leur naissance? Cette pensée déchirait Jay. Son frère était tout pour lui. Que deviendrait-il sans son grand frère?

Et quel grand frère! Raphy était tout simplement fantastique. Il pouvait faire tant de choses. Des choses que Jay aurait aimé pouvoir faire lui aussi. Premièrement, Raphy avait le caractère fort des Démons… s’apparentant parfois assez près de celui de leur mère. Alors que l’autre coté, Jay ressemblait plus à… heu… Uriel? Ouais… neutre et indifférent, sans réaction à première vu, tout ce passe dans la tête. Cette incapacité à entamer la discussion ou à exprimer des sentiments et des réactions. Deuxièmement, Raphy avait le physique typique des démons : grand, mature, fort, etc. Il était à peine élève au château et il avait l’aire d’un adolescent. Il était grand… et beau. Une beauté semblable à celle de leur père et de leur oncle avec ses cheveux noir coupé court. Alors que Jay… Papy avait osé dire qu’il ressemblait à une morte! Troisièmement, Raphaël, comme tous les autres démons, pouvait contrôler le feu. Il pouvait le tenir entre ses mains, faire danser les flammes, créer des formes… pas justes tolérer la chaleur. Que pouvait-on faire avec un pouvoir aussi nul? Jay enviait énormément son frère. Il l’enviait et ça le peinait de voir Raphy ne pas essayer plus fort. Il avait le pouvoir de faire plus! Pourquoi ne pas en profiter?

Jay contournait les tables de travail de son père. Il observait ses commandes à achever et celles qui attendaient qu’on vienne les payer. Son père avait un talent fou. La voix de Raphy le tira de son observation. Trois braises à attraper? Jay se cacha plutôt sous la table devant lui. Il marcha à couvert pour aller chercher les morceaux de braises qui se tenaient toujours pour les lancer à son frère. Mais quand Jay se releva pour viser son frère, celui-ci avait déjà trouvé un autre jeu. Individuel. Jay contourna les tables et se rapprocha de son jumeau pour voir ce qu’il faisait. La flamme dans sa main se tordait selon le désir de son frère avant de reprendre une forme plus habituelle. De ces formes qu’on devine aisément à quoi elles vont servir. ATTAQUE D’INSECTES!!! Jay se mit à crier comme un guerrier en courant autour des objets de la forge. Il y avait des insectes partout dans la forge et Raphy et lui allaient les chasser pour sauver leur père et leur mère. Le magicien évitait les attaques de son compagnon et lançait plutôt des rayons imaginaires accompagnés de « zoom », de « boom » et de « schrouuu ». Jusqu’à ce que sa mère sonne la retraite de l’ennemi. Les tires s’arrêtèrent alors que les insectes du continent noir disparaissaient un à un. La guerre avait été remportée. Mais comme dans les histoires que lui avaient racontées sa mère et Papy, il y avait des pertes matérielles et humaines. Papy avait utilisé le terme de « dommage collatéral ». Lorsque les deux frères jouaient avec Mumu dans la forêt, Edmund était toujours le « dommage collatéral » provoqué par Raphy. Mais dans la forge, là où Mumu n’avait pas le droit de jouer, les pertes étaient lourdes après ce bombardement fantastique de la part de… hum… C’était quoi qui venait juste d’exploser? Pourquoi Maman n’était-elle plus en vu? Où était Maman? Maman? Jay était paniqué! Un regard vers son père lui suffit pour comprendre que les dommages collatéraux étaient énormes. Jay voulait aller retrouver son frère. Il venait de faire une gaffe, mais Jay avait déjà les mots : « Ce n’est pas de sa faute. » Sur le bout des lèvres. Ses parents allaient gronder son frère? La voix de sa mère arrêta ses pas.


— Jay, tu vas devoir aider maman mon grand.

Oups.

Le tissu de son short était humide et chaud. Il absorba une petite quantité du liquide, mais le reste glissa le long de sa jambe pour finir en flaque à ses pieds. Malgré ses pieds nus, Jay ne bougeait pas. Il était complètement tyrannisé. Son frère avait gravement blessé sa mère. Suffisamment grave pour qu’elle ne puisse pas se soigner elle-même et que son père ne puisse pas le faire non plus… Et lui, il devait le faire parce qu’il était à la Tour? INJUSTE! Le problème, c’était que Jay avait horreur du sang. Il supportait la bave de crapaud, les excréments de vaches et le gluant des insectes écrasés, mais pas le sang. Tout sauf ça. Tout sauf voir sa MAMAN avec du SANG. Jay se tourna vers l’endroit d’où provenait la voix de sa mère. Son père était déjà auprès d’elle. Mais il se releva sous les ordres de sa mère. Elle ne voulait que Jay. Ce dernier déglutit difficilement, mais avança lentement vers sa mère. Il s’arrêta à mi-chemin pour laisser son père se pencher sur lui. Il tira tout de suite son chandail vers le bas. Il secoua la tête aux paroles de son père.


— Heu, je veux dire « oui, je peux soigner maman », « non, je n’ai pas besoin que tu m’expliques » et « non, je vais y arrivé. », mais j’aurais besoin d’un short propre… Heu… Raphy a fait un trou dans lui.

Jay tira un peu plus sur son chandail pour cacher la trace plus foncée à l’endroit de son entrejambe. Jamais il n’avouerait qu’il avait fait pipi dans son pantalon… Jamais! Et puis, c’était lui qui allait soigner maman. Il pouvait bien faire ce qu’il voulait. Jay contourna son père et son frère et rejoignit sa mère. Les yeux fermés, il s’agenouilla à côté d’elle. Il n’était pas sûr de vouloir voir la blessure de sa mère. Ses sourcils étaient froncés, ses lèvres serrées. Il se risqua finalement à ouvrir un œil, d’abord au niveau du visage de sa mère. Puis, il laissa son unique œil descendre sur la jambe de sa mère. À la vu de son molet, son deuxième œil s’ouvrit et son expression changea tout d’un coup. Il se leva en direction vers son frère et lui lança :

— RAPHY!!! T’as presque fait un trou dans Maman!!!


Le gamin se laissa retomber lourdement près de sa mère. Si près de sa jambe qu’elle avait probablement eue peur qu’il s’assoie sur elle. Jay était fasciné par le mollet de sa mère. Il l’observait attentivement et sur toutes les coutures. Il était déjà en train de se demander si les grenouilles réagissaient de la même façon que sa mère. Oh, mais vous devez-vous demander pourquoi il n’en fait soudainement plus de cas? Il n’y a pas de sang. La chaire rougeâtre avait grillé. C’était plutôt cool à voir pour un petit garçon de presque 9ans. Il ne s’inquiétait pas pour sa mère? Et bien… C’était MAMAN! Pauvre pioche. Maman était une déesse sur terre. Elle savait tout faire et même botter le cul des méchants insectes. Elle était la plus forte et celle qui criait le plus fort entre papa et elle. Et je ne vous parler même pas des chaises. Parce que Jay ne sait pas pourquoi ça fait rire tous les adultes à la table lors des diners de parenté. C’est donc un regard tout intéressé et aucunement inquiet que l’enfant leva sur sa mère.

— Je peux toucher, maman?

Cette dernière ne tarda pas à lui rappeler que ce n’était pas pour satisfaire sa curiosité qu’elle l’avait demandé auprès d’elle. Oh… Oui. La soigner. Jay se redressa à contrecoeur avec un air plus sérieux. Il lança à son père qu’il faudrait des « compesses » (compresses) d’eau. Puis il inspira quelques coups avant d’avancer ses deux mains vers la blessure de sa mère. Il les arrêta juste au-dessus. Il dissimula la chaire roussie sous ses mains et ferma les yeux comme Hevana lui avait enseigné. Il devait se concentrer. Il écouta sa respiration et sans qu’il ne s’en aperçoive ses paumes s’illuminèrent d’une faible lumière. Ça picotait dans ses mains, comme lorsque Hevana lui avait enseigné. Il devait toutefois oublier l’engourdissement s’il voulait achever le processus. Ses doigts tremblaient, heurtant la blessure de sa mère. C’était… spécial. Lorsqu’il n’eut plus la concentration nécessaire, Jay retira ses mains et rouvrit ses yeux. La plaie était identique à celle qu’il venait de couvrir. Son état ne s’était pas amélioré. Le magicien en devenir eut une moue de déception. Il avait échoué à guérir sa mère. Tout ce qu’il avait pu faire c’était de la soulager totalement du mal. Il avait engourdi la blessure et elle. Jay se releva l’air très soucieux.

— Plan B! Papa! J’ai besoin d’eau, d’alcool, de linges et de tes bas (bras). Ceux de Raphy aussi. Et si possible du chocolat.

Hevana avait tout de suite vu que Jay n’avait pas encore la technique pour utiliser la guérison. Elle n’avait pas laissé le gamin sans ressource toutefois. Il était un parfait scout.


Dernière édition par Jay le Sam 21 Sep 2013, 14:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Oups. [PV] Mar 17 Sep 2013, 19:34

Raphaël regardait ses magnifiques boules de feu voler partout. Vraiment c'était magnifique. Avec le crépitement de la braise dans son dos, il ne pouvait pas se sentir plus dans son élément. Même Jay participait au jeu, et un sourire amusé étirait les lèvres du plus grand des deux jumeaux. S'il y avait bien une personne sur lequel il pouvait compter, c'était son frère. Toujours partant pour entrer dans ses jeux (et il le faisait même de manière un peu obligatoire quelque fois). Une seule chose bouleversa légèrement l'enchantement. Andréya demandait d'arrêter le jeu. Immédiatement, le demi-démon fronça ses sourcils noirs. Cesser le jeu? Pourquoi? Dans quel but? Il s'amusait bien là! Pourquoi fallait-il qu'il arrête? Malgré ces interrogations, Raphaël cessa d'utiliser sa magie et le feu virevoltant s'évanouit. Une moue agacée s'afficha sur son visage. Sa mère était dernière une étagère. Pourquoi, qu'est-ce qu'elle faisait là? Elle était assise. Elle n'avait pas une expression de plaisir sur le visage. Raphy n'était pas trop sûr de comprendre ce qui se passait exactement. Est-ce que c'était un nouveau jeu? Un exercice? Peut-être qu'elle mimait que des créatures l'attaquaient et qu'il devait lancer d'autres boules de feu pour la sauver? Un léger sourire s'afficha sur le visage de l'enfant, alors qu'une autre boule de feu se tirait d'entre les braises pour se diriger vers sa main. Pourtant, celle-ci s'éteignit encore une fois lorsque la rousse demanda l'aide de... Jay? Depuis quand quelqu'un avait besoin de Jay? Il était plus faible que lui et … Déjà, son père allait voir sa mère. Raphaël restait là, se sentant un peu à l'écart. Il entendit la voix de sa mère, qui crachait sur son père. Bon, ça, ça ne l'étonnait pas, ça arrivait souvent, des disputes. Mais... soigner? Et pourquoi avait-elle dit à Evan de le mettre à part? Il ne la soignerait pas! Il ne savait pas soigner! Et puis, elle n'était pas blessée non? Non?

Ah bein. Voilà. Elle était blessée donc. C'était ça, le truc. Comment est-ce qu'elle s'était blessée? Raphy n'arrivait pas à voir. Il avait beau être grand, son père l'était encore plus et celui-ci s'était placé devant lui, en répondant à Andréya. Encore un dialogue habituel. Son père le prit dans ses bras, tandis que les yeux bicolores du demi-démon se posaient sur sa mère. Lentement, son père s'assit, et Raphy fit de même. Encore une fois, on s'adressait à Jay, pour demander de soigner maman. Non, mais PERSONNE ne répondait à la question de POURQUOI sa mère était blessée. Personne ne semblait même se poser la question en fait. Comme si c'était évident. Jay lui demandait un nouveau short. De quoi, il avait percé son pantalon? Non, le petit démon savait de quoi il en retournait. Il se serait moqué de son frère, mais n'en avait étonnamment pas envie. Le moment était mal choisi. Il le sentait. Il n'avait même pas envie de rire de Jay ou de lancer une remarque déplaisante. Autre chose était en œuvre dans le cœur du gamin.

Raphy serra les poings. Son père le tenait toujours. Et voilà que Jay était près d'Andréya. Lui aussi semblait comprendre. Et il était calme à présent. Pourquoi tout le monde comprenait et PAS LUI? Il se tortilla un peu, puis son regard fut enfin attiré vers ladite blessure de sa maman. Et c'est là qu'il comprit, grâce à l'accusation non formelle que prononça son petit frère. Non formel? Enfin, c'était très direct, mais pas nécessairement méchant... et pourtant.... ce fut avec ce simple fait que Jay énonça que Raphaël assimila l'information. Mais son cerveau n'était pas d'accord. Son orgueil non plus. Sa raison non plus. Il n'était pas d'accord avec la réalité. Il n'était pas d'accord avec ce qu'il avait compris. Alors il allait changer sa façon de voir les choses. C'était facile. Il ne pouvait pas tolérer d'être en faute. Enfin, si. Mais il ne pouvait pas tolérer de se sentir coupable. Parce que c'était horriblement désagréable comme sensation. Il devait absolument mettre la faute sur quelqu'un d'autre. Absolument. Parce que cette brûlure, sur la cheville de sa mère, elle n'était pas belle. Et c'était lui qui l'avait fait. Mais NON, ce n'était PAS de SA faute. Pas du tout. Personne ne pouvait le regarder avec des regards accusateurs (ceux qu'il imaginait). Il n'avait rien fait de mal.

Les sourcils froncés de Raphaël se détendirent suite à cette constatation. Tout son corps aussi. Il remarqua que son cœur battait vite. Non, son cœur ne devait pas battre vite. Il n'avait aucune raison pour que son cœur batte vite. Tranquillement, Raphaël se leva, un air tout à fait innocent sur le visage. Détendu. Neutre. Il regardait Jay qui tentait de soigner Andréya. Son père ne le regardait pas. Sa mère non plus. Ils n'avaient aucune raison de le regarder. Tous avaient les yeux fixés sur Jay, qui se relevait à présent, sans avoir modifié l'aspect physique de la blessure de sa mère. Il énonça ce qu'il avait besoin. Ces éléments rentrèrent dans l'oreille de Raphy et en sortirent par l'autre, bien qu'il eut le temps de jeter un œil de désintérêt vers son jumeau. Il comprenait ce qu'il voulait faire, mais... il s'en foutait. Plus rien n'avait de priorité. C'était sa manière de se protéger. De protéger son cœur. Plus rien n'était plus important que de se sentir bien. Le petit garçon aux cheveux noirs pencha un peu sa tête sur le côté. Ses yeux scintillèrent d'une lueur rouge maligne. Plus rouge que bleu. Il regardait à nouveau la rouquine.

-Mais pourquoi tu l'as pas évité?

Il avait l'impression que sa voix était lointaine, et pourtant il détachait clairement chaque syllabe. Son ton était très, trop neutre.

-Pourquoi tu l'as pas évité Maman? Est-ce que c'est parce que tu es faible, ou que tu l'es devenue? Tu ne t’entraînes plus assez?

Était-ce parce qu'elle ne s’entraînait plus? Il regardait sa mère, mais ne la regardait pas vraiment. Il était plus dans la lune que d'autre chose. Pourtant, à la fin de sa phrase, il y eut un petit trémolo. Comme si une partie de lui se sentait mal. Affreusement mal. Mais l'autre était bien plus confortable. L'autre partie, elle était légère et accusait Andréya. Andréya était faible, c'était pour cette raison qu'elle avait été frappée par son jeu (non, sa maman était la plus forte, la meilleure! (non. (siii (NON.)))). Elle avait été brûlée parce qu'elle n'avait pas de sang de démon. Ceux qui ont du sang de démon sont forts. Les autres, faibles. Raphaël n'entendait même plus cette autre partie de lui qui était en désaccord complet. Elle n'était pas très forte, cette partie de lui. C'était l'autre la plus forte. Alors c'était elle qu'il devait garder. C'était elle qui faisait qu'il se sentait bien. Ou du moins, qu'il ne sentait rien.

-Tu veux que je fasses quoi Jay?
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MessageSujet: Re: Oups. [PV] Sam 21 Sep 2013, 12:07


Alors que la journée avait si bien commencé, elle semblait s'assombrir de plus en plus. Evan était en colère contre Andy, Jay était terrorisé et Raph devait se sentir terriblement mal. Le coeur d'Andy se serrait en voyant l'état de son petit garçon qui venait de demander un nouveau pantalon à son père. Le pauvre Jay ne supportait pas le stress. Il était bien plus doux, bien plus humain que les trois autres membres de la famille. Son petit garçon était un petit ange qui n'aspirait qu'à vivre heureux avec son frère et sa famille. Croisant le regard du gamin, elle lui adressa un sourire qu'elle espérait rassurant. Ce dernier s'approcha lentement. Il était clair qu'il aurait préféré disparaitre de la pièce. Allait-il pouvoir supporter ce choc?

Étrangement, alors que la rouquine eut peur que son plus jeune s'évanouisse en voyant sa blessure, ce dernier semblait beaucoup plus intéressé par, et je cite, le trou que Raphy avait fait dans sa maman. Il n'y avait aucune trace d'inquiétude dans son regard. Seulement de l'intérêt par cette blessure qui ne saignait pas. Alors qu'il lui demanda s'il pouvait toucher, la rouquine lui rappela qu'elle l'avait demandé pour la soigner. Le petit prit soudainement un air sérieux. La belle lui glissa un main dans ses cheveux comme elle avait tant l'habitude de faire. Ce petit geste voulait tout simplement dire que tout irait bien. Elle lui sourit avec tendresse et le laissa se mettre au travail.

Un douce lumière apparut des mains du jeune garçon. Peu à peu, la douleur vive qu'Andy pouvait ressentir s'évanouit. Toutefois, la blessure resta identique. La rouquine remarqua rapidement les mains tremblantes de son fils. Elle dut se faire violence pour ne pas l'empêcher de continuer. Elle avait plus peur pour lui que pour elle. Le voyant rouvrir les yeux, elle lui adressa un nouveau sourire. Un sourire rempli de fierté. Même s'il n'avait pas réussi à soigner sa blessure, il avait fait de son mieux et pour ça, elle était fière de lui.

Il demanda rapidement de l'eau, de l'alcool, des linges et des...bas? L'ex-chevalière était plutôt incertaine sur le dernier point, mais elle n'en dit rien. Son brave petit garçon prenait enfin la tête des opérations. Il était rare de voir Jay commandé. Non, habituellement Raph prenait la tête et Jay obéissait. Toutefois, aujourd'hui il montrait bien qu'il savait lui aussi commandé.

Elle sentit le regard de Raph se poser sur elle et leva la tête vers ce dernier, un sourire rassurant sur les lèvres. Elle ne lui en voulait pas. Elle ne lui en voudrait jamais. Du moins, c'est ce qu'elle pensait avant d'entendre les paroles qui allait complètement chambouler la rousse. « Est-ce que tu es faible ou que tu l'es devenue? ». Quelque chose se brisa en elle. Regardant son fils démoniaque, son sourire disparut complètement. Elle le fixait, sans dire un mot. Elle le fixait même avec déception, tristesse et surtout douleur. Une seule personne avant lui l'avait traité de faible... Cette personne était Trystan. Est-ce que son fils était en train de devenir comme lui? Est-ce qu'elle était une si mauvaise mère pour que son fils agisse comme celui qui représentait toute la noirceur qu'elle pouvait avoir en elle? Et si oui? Et si Raph devenait comme Trystan? Et si... pourrait-elle seulement le regarder encore? Pourrait-elle seulement... Tout était de sa faute. Elle n'était pas très différente de Trystan au final... Les deux se ressemblaient. Les deux se faisaient la guerre pour la supériorité. Les deux ne savaient pas comment s'excuser. N'était-ce pas ce que son fils refusait de faire?

La rouquine serra les poings. Quand Raph se rapprocha pour demander à son frère ce qu'il pouvait faire, Andréya en profita pour se relever. Elle prit appuie sur le support d'arme toujours renversé et se releva malgré les protestations qui s'élevèrent rapidement. Son regard était d'une neutralité déstabilisante. Oui, la rouquine avait le même mécanisme de défense que son fils.


- Non je ne suis pas faible Raphaël.  Toutefois, je crois qu'il est bien temps de t'apprendre ce qu'est un faible.

Elle n'avait plus mal grâce à son fils, mais rien de sa blessure n’avait été guéri. Alors ce qui devait arriver, arriva. Sa blessure se remplit de sang qui coula contre sa jambe. Elle sentit le liquide chaud glisser tranquillement jusqu'à son pied. Elle ne montrait aucun signe de douleur. Elle était seulement consciente qu'à jouer la tête dure de cette manière, elle risquait d'aggraver sa blessure. Son fils avait besoin d'une leçon. Une leçon pour pas qu'il devienne comme elle. Pour ne pas qu'il manque une grande partie de sa vie par fierté.

Un picotement commença à se faire sentir. La rousse laissa aller le sang contre sa jambe. Elle devait avoir rompu une veine qui avait été cautérisée par la boule de feu parce que le niveau de sang était assez important. Elle savait que l'anesthésie de son fils ne tiendrait plus longtemps... Personne ne pouvait anesthésier la douleur d'une hémorragie.


- Écoute-moi bien Raphaël. Les faibles sont ceux qui ne sont pas assez forts pour s'excuser et affronter leurs actes. Les faibles sont ceux qui ne se relèvent pas pour protéger ceux qu'ils aiment. Il est tellement facile de prendre la vie de quelqu'un, mais tellement plus dure de la sauver.

Son regard d'azure resta un long moment sur le démon au regard bicouleur. Est-ce que ce dernier l'entendait ou est-ce qu'il était encore sur ce mécanisme de défense qu'elle avait si longtemps utilisé elle-même? Son regard devient plus doux et pourtant à la fois si triste. Evan, Raphy et Jay étaient les seules personnes qui pouvaient la blesser à ce point. Son fils devait comprendre que présentement il n'était pas fort, bien au contraire... Il était lâche. Comme elle l'avait été si longtemps.

- Je me relèverais toujours pour protéger ma famille et ce peu importe ce qui peut se passer. Est-ce de la faiblesse? Autrefois je croyais que oui et pourtant, j'ai rapidement compris que seul les plus courageux sont capables d'aimer et de protéger. La force n'est pas ta capacité à faire du mal et j'espère que tu le comprends Raphaël.

La rouquine était toujours debout et le sang qui coulait de sa blessure se multipliait au sol. La jeune femme commençait à sentir des légers étourdissements. Elle avait consciente qu'elle devait arrêter son saignement, mais la peur que son fils devienne comme ce qu'elle avait pu être sur Irianeth l'empêchait de faire quoi que ce soit. Il devait comprendre. Il aurait bientôt 9 ans. Il comprenait très bien ce qu'elle disait, mais l'accepterait-il? Elle sentit sa jambe flancher. Elle retint une grimace de douleur.

- Il faut beaucoup de courage pour s'excuser. Les faibles préfèrent se sauver que d'affronter leur acte, rappelez-vous toujours de ça mes trésors.

Sa voix était plus faible. Sa tête lui tournait de plus en plus. La flaque de sang sur le sol avait pris un diamètre inquiétant. Avait-elle l'air moins faible pour son fils maintenant qu'elle risquait de s'évanouir pour lui faire comprendre une leçon? Déchirant une partie de sa tunique, elle prit une languette pour enrouler sa blessure. Le morceau de tissus s'imbiba rapidement de sang. Elle devrait refermer cette blessure...

- Et Raph, si je ne l'ai pas évité c'était parce que j'étais fière des progrès de mes garçons.

Cette dernière phrase avait été prononcée dans un murmure peiné. Oui, c'était parce qu'elle était fière de voir son fils si bien maîtriser le feu qu'elle n'avait pas bouger. Puis, maintenant, elle était fière de Jay qui avait réussi à anesthésier la douleur. En réalité, elle était toujours fière d'eux. Un seul sourire rendait la rouquine fière. Elle les aimait tant. Reposant un regard sur Jay, elle le remercia :

- Merci pour ton aide Jay. Tu veux bien aller chercher ce que tu voulais avec ton frère? Je vais vous attendre ici avec papa. Vous n'avez pas à vous inquiéter, je serais toujours réveillée quand vous reviendrez. C'est une promesse. Dépêchez-vous d'accord?

Elle eut un sourire qu'elle voulait rassurant. Elle envoya d'un signe de mains les enfants chercher l'alcool, les tissus nécessaires pour nettoyer la blessure. Attendant que les deux enfants soient partis, elle s'écroula en grimaçant. Levant les yeux vers Evan, elle dévoila un regard humide. Elle voulait aller dans ses bras... Elle voulait ressentir de l'amour... Le fait que son fils le traite de faible venait de déstabiliser toutes ses bases émotionnelles.

Elle secoua rapidement la tête. Elle essuya du revers de la main ses larmes stupides. Elle avait envoyé ses enfants pour ne pas qu'ils assistent à ce qui allait se passer. Ils reviendraient bien assez vite avec les effets pour la soigner.  


- Mets une épée au feu s'il te plaît. Il faut que je cautérise cette blessure et vaut mieux le faire avant que les enfants reviennent. Et oui, je sais, j'ai été stupide de me lever... On s'engueulera plus tard d'accord? Je te laisserais même me dire à quel point je peux être une mauvaise mère.

De nouvelles larmes menacèrent de tomber de son regard. Elle n'osait même plus regard Evan. Elle était vraiment déstabilisée...Pour une histoire aussi idiote, elle était déstabilisée. Ses enfants étaient sa vie. Sa famille était tout ce qu'elle avait, tout ce pour quoi elle avait renoncé à tout ce qu'elle avait. Toute sa vie tournait autour de ses jumeaux et d'Evan. Jamais elle n’aurait crû qu'ils la verraient un jour comme faible...
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MessageSujet: Re: Oups. [PV] Mar 08 Oct 2013, 17:51

 
La situation que vivait présentement Evan n’est pas sans rappeler la dernière fois qu’il avait vu Andréya blessée. Son petit garçon humain avait fait tout ce qu’il avait pu pour soigner sa mère, et considérant le peu de ressources que les autres membres de la famille avaient niveau guérison, Jay était celui qui arrivait à faire ce qu’il était le mieux pour Andy. C’était dans ces moments-là que le demi-démon espérait être humain. Oui, vous avez bien lu, il aurait voulu être humain pour pouvoir soigner sa rouquine en moins de 5 secondes et recommencer les activités comme si de rien était. En fait, il aurait pu la soigner, il en était capable, surtout dans l’état où il se trouvait. Plus il était énervé et plus son don de guérison à double tranchant avait de la puissance. C’était bien comme ça qu’il avait soignée Andy la dernière fois de ses deux côtes brisées qui menaçait de la tuer… en récoltant lui-même deux côtes cassées, une peur bleue et une gifle. Présentement, ça le rendait fou que la chevalière ne voulait pas lui laisser prendre un risque, mais il était bien d’accord que Raphaël n’avait pas à essayer de soigner sa mère. Il finirait par faire entendre raison à la jeune femme pour qu’elle se laisse soigner. Il le fallait.

Mais pour le moment, il avait regardé avec curiosité son deuxième fils soigner sa mère avec ses airs de grand guérisseur, du haut de ses 8 ans. Malgré la gravité de la blessure, il ne put s’empêcher d’avoir un sourire en coin en le voyant aller. Jay était un petit garçon unique en son genre, plutôt comédien sans le vouloir, mais extrêmement sensible, surtout quand cela concernait son frère jumeau. La preuve, il lui demandait un nouveau pantalon. Mais il ne semblait pas vouloir s’attarder trop longtemps sur ce détail parce qu’il était déjà en train de regarder la blessure de sa mère. Connaissant son petit Jay, le demi-démon cru qu’il allait paniquer encore plus devant ce qu’une boule de feu reçu sur la peau pouvait causer, mais finalement, comme tout petit garçon qui se respecte, il eut une réaction plutôt surprenante pour le petit bonhomme sensible qu’il était : Raphy avait fait un trou dans Maman. Ça aussi, ça fit sourire une fraction de secondes le prince de Zénor. Il avait réagi exactement de la même façon, lorsqu’à trois ans, il était allé à la pêche à la grenouille dans le ruisseau proche de la maison – activité affreuse pour Evan, considérant qu’il était tombé dans l’eau glacé - et qu’il avait trouvé une grenouille pour la première fois. Cette fois-là, le rouquin avait fait la découverte du siècle. Et présentement, il avait le même ton. Rapidement, Jay se mis au travail, illuminant ses petites paumes sous le regard de sa mère.

Raphaël, par contre, ne disait pas un mot. Il regardait sa mère, ses yeux rouges-bleus changeant de couleurs au gré de ses mouvements. Avec les années, Evan avait compris que c’était les yeux de Raphy qui le trahissait le plus quand il refoulait ses émotions. Evan se retourna juste à temps pour voir ses yeux prendre une teinte rouge et y rester. Et prononcer le mot ‘’faible

Remettre en question la force d’Andréya, c’était comme remettre tout ce qu’elle était. Il y avait bien longtemps que le demi-démon avait compris que sa partenaire de jeu n’acceptait jamais ce qualificatif. Pourtant, elle était surement la femme la plus forte que le démon avait pu rencontrer dans son existence .C’était même une des raisons, à l’époque, qui avait convaincu de s’intéresser un peu plus à cette chevalière d’Irianeth avant de la tuer. Mais malgré ce qu’Evan pouvait bien penser, Andy avait une estime d’elle bien fragile. Et le fait que son propre fils la remette en doute venait complètement de détruite ce qu’elle avait pu construire comme estime d’elle depuis les années. Avant même que le demi-démon puisse faire quelque chose, la rouquine se releva d’un bond, détruisant petit à petit le peu de soin que son fils roux avait pu lui donner. Il n’aurait pas dû qu’elle se lève. Pour une fois, elle aurait dû éviter de répondre à la pique de son fils, mais c’était alors mal connaître l’amante d’Evan. Elle devait se montrer forte, même si c’était son fils, même si son petit garçon démonique était seulement en train de se protéger de sa culpabilité à sa manière. Evan l’avait trop fait pour ne pas reconnaître les mêmes réflexes de protection que lui, des défenses de démons. Mais par expérience, Evan se tu alors que Andréya parlait. Il avait appris que parler logiquement avec une Andy dans cette état n’allait que faire exploser encore plus la colère de sa belle rouquine et puis, Raphy avait besoin de se faire ébranler par sa mère. C’était ce qui avait réussi finalement à faire ressentir des émotions à Evan après tout. Il avait beau être à moitié démon, de ne pas être capable de gérer les émotions comme les humains, il devait l’apprendre maintenant, quitte à ce que ça fasse mal et qu’il se sente lui aussi faible. Il ne fallait pas qu’il devienne comme Evan au même âge : Une bête féroce, agressive et violente enfermé dans une tour. Il ne voulait pas que son fils à qui il avait donné cet héritage empoisonné, vivre une enfance malheureuse. Il le laissa donc aller avec son frère, croyant qu’il devrait lui parler de demi-démon à demi-démon, de père à fils.

Il se retourna vers la rouquine qui partageait sa vie. Elle était démolie. Les mots étaient souvent plus destructeurs que les coups, Evan en savait quelque chose. Elle lui demanda alors de mettre une épée au feu pour qu’elle puisse cautériser la plaie qui continuait de couler. Elle avait le don de se blesser à chaque fois gravement. Son regard se durci et il grogna. Il ne voulait pas faire ça. Si Andy arrêtait de faire sa tête du cochon et le laissait le soigner ! Elle n’était pas la seule qui se refusait de voir sa famille souffrir. Mais, malgré tout, il s’approcha de son établi et en pris une dague pour la mettre dans le feu. Il tourna ensuite son regard couleur rubis vers sa compagne.

- Qu’est-ce qu’on avait dit ma chérie ? Que nos enfants auraient des parents maladroits, bizarres, mais des parents. Je n’ai jamais douté de toi une seconde pour ton rôle de mère. Jamais.

Elle aimait ses enfants, c’était tout ce qui comptait pour Evan. Ce retournant vers le feu, il mit la main dans les braises pour aller chercher la dague. Pas question qu’elle le fasse. Elle allait le faire maladroitement, se brûler plus que nécessaire avec la chaleur du métal. Il se mit donc à genoux et regarda Andréya. La main du demi-démon tremblait un peu, il ne voulait pas le faire, mais il le devait, et c’était ce qui l’horrifiait le plus.  Il devait se concentrer, mais lui qui avait toujours eu peur de blesser sa si fragile Andy, il se retrouvait à lui faire du mal volontairement. Mais tout ce sang qui continuait à couler… S’il ne le faisait pas maintenant, elle allait se vider de son sang, avec ou sans Jay. Après un regard entendu à la jeune femme, il pressa la lame chauffée à blanc sur la brûlure de sa rouquine. Le bruit de la chair brûlée grésilla et l’odeur rempli les narines du démon, qui sous la panique de la douleur qu’il devait infligée à sa partenaire, n’hésita pas une seconde pour retirer la lame à peine après quelque secondes et apposer sa main sur la plaie, qui sous le flot d’émotion, s’illumina instantanément.  Qu’elle cri, qu’elle se débatte pour enlever sa main, il ne pouvait pas tolérer de lui faire ça. Non, jamais. Le demi-démon atténua la douleur et diminua la sensibilité de la blessure. Evan aurait pu la guérir au complet, mais comme la dernière fois, son côté démon le rattrapa de plein fouet et une douleur fulgurante lui traversa la main, qui par réflexe, se retira, laissant la plaie encore à vif, mais Andy hors de danger. Evan regarda sa paume. Elle était brûlée. Un démon avec une brûlure. Voilà sa conséquence.
Il leva la tête vers la belle rouquine. Elle devait être en rogne après lui, mais il l’avait fait, voilà tout. Avant qu’elle ne dise un mot, le demi-démon s’approcha, embrassa Andy tendrement.

- Être fort, c’est aussi accepter d’avoir mal pour les gens qu’on aime. On s’engueulera plus tard, d’accord ?

Et il la fit taire encore avec un autre baiser. Parce qu’elle avait besoin de sentir que malgré tout ce qu’elle pouvait faire, il l’aimait follement.
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Jay
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MessageSujet: Re: Oups. [PV] Sam 16 Nov 2013, 21:12

Jay venait de faire la seule chose qu’il ne faisait habituellement pas : commander. Il s’en sentait presque mal à l’aise. Il avait demandé à son père et à son frère une aide silencieuse. Mais personne ne bougeait. Bien sûr, il était si peu naturel pour le rouquin de donner un ordre (surtout à des demi-démons) qu’avant que l’information s’enregistre… Je veux dire, on écoutait Jay, on ne le comprenait pas par contre. On l’entendait parler, mais pour ce qu’il avait à dire, on finissait par juste l’entendre. On ne comprenait jamais vraiment ce qu’il disait. Les gens avaient cette difficulté à analyser le poids de ses mots. Probablement parce qu’il n’avait pas l’habitude de parler. Il était comme un figurant dans la vie des gens. Et un figurant, ça parle, mais on ne comprend jamais vraiment ce qu’il dit. Sa voix est en sourdine ou les acteurs principaux couvrent la sienne. Comme présentement. Raphy venait de couvrir la sienne avec sa simple question. Une question dont Jay n’était pas sure de vouloir entendre la réponse. Elle était légitime comme question pourtant. Était-ce ça les dommages collatéraux que Papy Uri avait essayé d’expliquer à son petit-fils? Mais même si Jay comprenait l’origine de la question, il ne voulait rien savoir de la réponse. Il ne voulait pas savoir pourquoi sa mère avait été touchée. Pourquoi les flammes l’avaient-elles brulée? Probablement parce qu’elle était comme Edmund et les autres qui ne pouvaient venir jouer dans la forge avec eux. Mais alors… Pourquoi Maman jouait-elle avec eux dans la forge? C’était à ces questions-là que Jay voulait qu’on réponde… Pas à « Pourquoi tu ne l’as pas évité ? »… Parce que la réponse sentait le crottin à cochon. Jay ne voulait pas que sa mère y réponde… Il ne voulait pas de son habituelle « pétallogie » (pédagogie). Il ne voulait pas qu’on lui explique pourquoi… pas pour cela. Sa mère n’avait juste pas évité la boule de feu. POINT. Raphaël devait arrêter avec ses questions dont personne ne voulait entendre la réponse. Le rouquin baissa la tête et s’éloigna de sa mère parce qu’il pouvait sentir qu’elle allait y répondre. Elle allait ravaler une colère et répondre avec logique à la question de son fils. Jay se dirigea vers son père. Le rouquin serrait le bas de son chandail avec nervosité et il alla foncer directement dans les jambes de son père pour y enfouir son visage. Il ne voulait pas assister à la suite. Il ne voulait pas faire partie de ce moment. Il ne voulait pas voir sa mère se lever. Il ne voulait pas entendre sa mère dire qu’elle n’était pas immortelle. Jay passa ses bras autour des jambes de son père et ne put qu’entendre le discours de sa mère. Il avait envie de pleurer. Il ne voulait pas saisir le sens des paroles de sa mère. Il ne voulait pas qu’elle dise ce que lui ne voulait pas entendre.

— Non je ne suis pas faible Raphaël. Toutefois, je crois qu'il est bien temps de t'apprendre ce qu'est un faible.

Ah non? Elle n’était pas faible? Parce que Jay, ça lui allait parfaitement comme réponse. Il n’avait pas besoin d’en entendre plus. Ce simple fait établi, il pouvait parfaitement continuer à vivre comme si rien n’était survenu. Maman n’avait pas à expliquer plus que cela. Elle n’était pas faible. Il semblait à Jay que l’explication venait d’elle-même par la suite. De plus, il ne voulait pas savoir ce qu’était d’être faible. Il avait peur des paroles de sa mère. Et si elle résumait ce que lui était? Parce que Jay n’était pas aussi fort que son père ou sa mère ou encore son frère. Il était juste un élève magique sans compétence. Contrairement à Mumu, les pouvoirs de Jay étaient très limités et banals. Les autres enfants arrivaient à faire des choses spéciales, mais pas lui. Il était peut-être faible alors… Alors que sa mère prend le temps de leur dire ce qu’était d’être faible… Jay n’était pas sur. Surtout que sa mère ne l’était pas. Il ne voulait pas être le mouton noir officiel de la famille. Il pouvait peut-être partir en courant de la forge. Sa vitesse divisée par les obstacles donnait un total de temps légèrement supérieur au temps que mettrait sa mère à parler. Il n’entendrait alors qu’un petit bout. Ce n’était pas trop mal. Mais… en même temps, il était… curieux? Inquiet? C’était un bon moment pour apprendre ce qu’il faisait de pas correct, non? Et puis après avoir montré ce qu’était une faible, Maman allait surement faire un parallèle avec ce qu’était un fort. C’était le moment de prendre des notes. Et puis Maman ne se trompait jamais.

— Il faut beaucoup de courage pour s'excuser. Les faibles préfèrent se sauver que d'affronter leur acte, rappelez-vous toujours de ça mes trésors.

Okay, ça faisait suffisamment de morale pour aujourd’hui. Jay n’avait pas très envie que Raphy en rajoute. Le rouquin se dirigea vers son frère. Lui prenant la main, il se tourna vers sa mère au bord des larmes. Ça marchait toujours comme tactique.

— ON EST DÉSOLÉ MAMAN!!

Voilà un autre aspect de lui. La comédie. Jay n’était pas stupide non plus. Il avait depuis longtemps compris que les larmes étaient une arme redoutable contre les adultes. Surtout quand c’était lui qui versait quelques larmes. Maman expliqua finalement pourquoi elle n’avait pas évité les boules de feu. Les larmes qui faisaient briller les yeux verts de l’enfant glissèrent sur ses joues d’eux-mêmes… Jay baisa la tête pour cacher ses yeux derrières une rangé de cheveux. Correction : « des progrès d’un de ses fils ». Jay n’avait rien fait d’extraordinaire. Il avait couru entre les plans de travail de son père avant de se planquer derrière l’un d’entre eux. Il n’avait pas fait de progrès. Sa mère parlait des progrès de Raphy. Mais parce que c’était Maman, chaque fois qu’elle complimentait l’un de ses fils, elle essayait de complimenter le deuxième pour qu’il ne se sente pas à part. Jay était suffisamment grand pour voir claire dans cette tactique de parent. Il avait trop souvent entendu « Et toi aussi, Jay. » Qu’avait-il fait pour être complimenté? Il ne le savait jamais. Juste une fois, une fois dans son enfance, il voulait demander à ses parents : « Quoi moi aussi? Qu’ai-je fait? » Mais jamais il n’avait la force. Il n’avait pas la force d’affronter la vérité, le fait que oui, il n’avait rien fait justement. Parce que voir son père bredouiller ou sa mère donner une réponse idiote lui ferait encore plus mal que de ravaler la question. Alors même si sa bouche s’était entrouverte, aucun son n’en sortit. Il ne demanderait pas de quel progrès elle parlait. Si c’était celui de son pouvoir de guérison, baliverne. C’était après la démonstration de Raphy. Elle n’avait pas bougé à cause des progrès du demi-démon, pas du rouquin. Il n’avait rien fait à ce moment qui est pu la rendre fière. Et même après, Jay n’avait rien fait. La blessure de sa mère était restée identique, même pire parce qu’elle s’était levée debout. Il n’avait rien amélioré. Maman n’était pas faible, non, mais elle était parfois naïve. Jay serra un peu plus la main de son frère avant de l’entrainer à l’extérieur de la forge comme sa mère leur avait demandé. Ils devaient aller chercher le nécessaire que Jay avait demandé plus tôt. Mais le rouquin n’était plus sûr que ça serait suffisant. La blessure avait pris des proportions supérieures à ses compétences. Il avait essayé d’ignorer le rond rouge au pied de sa mère. Il avait essayé. Mais il était devenu de plus en plus grand… Jamais un peu d’alcool et des tissus ne guériraient sa mère. Si seulement Hevana avait passé plus de temps avec lui pour lui apprendre la guérison. Si seulement lui aussi il pouvait faire des progrès comme Raphy. La porte de la forge se referma derrière les deux frères. Jay délaissa la main de son frère, mais resta immobile devant la porte. Ce sentiment qu’il ressentait présentement… c’était le sien. Ce n’était pas une émotion à Raphy, c’était la sienne… Aussi noire puisse-t-elle être.
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MessageSujet: Re: Oups. [PV] Dim 17 Nov 2013, 23:04

Andréya n'était pas faible. Ah. D'accord. Est-ce que cela suffisait qu'elle le dise pour que Raphaël la croie? D'ordinaire oui. Mais d'ordinaire, il n'aurait jamais posé cette question-là à sa mère. Là, il la fixait, tout simplement. À présent, elle continuait en disant qu'elle allait lui apprendre ce qu'était un faible. Raphaël continuait à la fixer sans bouger, le regard neutre, reflétant celui de sa mère. Sa mère qui se levait. Il y eut plus de sang, soudainement. C'était étrange. Mais le demi-démon ne regardait pas la blessure. Il ne regardait que la scène en général, sans se positionner sur un point précis. Donc, selon la rouquine, les faibles étaient ceux qui n'étaient pas assez forts pour s'excuser ou assumer leur geste. Un soupçon de frustration grandit dans le cœur du petit garçon. Est-ce que c'était une attaque? Tss. Non. Il n'avait pas à se sentir viser. C'était Andy qui n'avait pas évité. Lui, il n'avait rien fait de grave. Et puis, elle n'avait pas raison. La faiblesse, c'était aussi ceux qui n'étaient pas capables de se défendre. Mais la faiblesse était relative. Jay était plus faible que lui, mais il restait plus fort que beaucoup d'autres. Parce qu'il était dans sa famille, et cela faisait toute la différence, vraiment. Mais sa mère avait définitivement une autre définition de la faiblesse. La deuxième partie de sa définition, Raphy accordait qu'elle avait du sens. De protéger ceux qu'on aime. Comme quoi c'était plus facile de tuer quelqu'un que de le sauver. Doucement, les sourcils du garçon se froncèrent. Il se sentait attaquer par tout ce qu'Andy disait, et il détestait ça. Était-elle au courant de ses nombreuses altercations avec les autres, avec le Cafard qu'il voulait tuer définitivement? Probablement. Mais ce n'est pas comme si le demi-démon pouvait faire quoi que ce soit pour sauver cette répugnante créature. Mais ce n'était pas la question. Là, tout ce qu'il voyait, c'était que sa mère déviait la question. Elle n'expliquait pas POURQUOI elle s'était pris cette boule de feu sur la jambe. Parce que d'après ses dires, ce n'était ni de la faiblesse, ni de la force. Bien. D'accord. Peut-être que Raphaël pouvait accepter cette réponse, bien qu'elle soit particulièrement insuffisante. Il serrait les dents. Sa mère le regardait. Lui et lui seul. Son regard la dérangeait. Il avait envie de détourner le sien. NON. C'était une mauvaise chose. Il était davantage frustré. C'était un autre mécanisme de défense qui embarquait. Au lieu de la neutralité, de cette carapace d'éloignement, c'en était maintenant une de colère qui embrasait son être. Tout pour éloigner la faute de lui. Tout pour ne pas être blesser. Et pourtant, cette fois, la colère n'était pas agréable. Elle avait un goût âpre. Raphaël détestait ça.

La force était donc d'aimer et de protéger. Non. Non. Raphaël n'aimait pas ça. C'était... non. NON. Ce n'était pas vrai! La force c'était la puissance. La force c'était la capacité à tenir les autres en respect, peu importe les moyens! Andréya avait tort. TORT. TORT. Elle avait tort, et pourtant Raphaël n'arrivait pas à se calmer. Il était frustré. Terriblement frustré. Il ne regardait personne. Pas même son père. Son père ne le supporterait pas. Son père aimait trop sa mère pour la contredire. Personne ici ne pouvait le comprendre. Voilà que sa maman en rajoutait. Le courage, c'était s'excuser. La faiblesse, c'était de fuir. Encore une attaque. Andréya l'attaquait littéralement. Raphaël devait se défendre. Elle n'avait pas le droit de lui dire ça. Raphaël ouvrit la bouche pour lui crier dessus, mais son frère fut plus rapide que lui. Tout d'abord, il lui prit la main. Immédiatement, le demi-démon referma sa bouche, et c'est son frère qui parla. Il dit le contraire de ce que Raphy allait dire. Le contraire. Les muscles du petit garçon aux cheveux noirs se détendirent d'un coup, et une vague déferlante de malaise le frappa de plein fouet. Ses yeux perdirent toute colère. Il devait se taire. Parce que sa mère continuait à parler. Les progrès de ses fils? Elle n'avait pas évité une boule de feu à cause des stupides progrès? Non. Non, la réponse n'était pas valable. Mais Raphaël ne ressentait plus l'urgent besoin de contredire sa mère. Tout ce qu'il y avait, c'était de la détresse. Là, il détourna le regard. Il ne voulait plus rien entendre. Plus rien. Ça faisait trop mal. Il n'avait pas réussi à maintenir sa carapace, et là il en payait le prix. C'était atroce, comme douleur, la culpabilité. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était s'excuser. Et encore, est-ce que Andy pardonnerait? Elle n'avait rien dit à ce sujet. Est-ce que c'était être FORT, ou FAIBLE, de pardonner? Est-ce que le véritable pardon était réellement possible? Allait-elle toujours lui en tenir rancœur? Le détesterait-elle pour le restant de ses jours? Pouvait-elle comprendre que c'était une erreur? Une erreur d'une fois? Qu'il n'avait jamais eu l'intention de la blesser, et qu'il ne la blesserait plus jamais? Qu'il l'aimait de tout son cœur, et ce n'était qu'à cause de son orgueil démesuré et de sa colère qu'il avait mal réagit à ses premières paroles? Raphaël se taisait. Peut-être qu'elle aurait besoin de temps aussi. De temps pour lui pardonner. Ça, il pouvait l'accepter. Il n'avait aucunement le choix en fait. Lui, tout ce qu'il pouvait faire, c'était regretter. Regretter et se sentir affreusement mal. Mal d'avoir été si mauvais. Mauvais, faible. Détestable. Il leva la tête pour regarder son père. Et lui, qu'est-ce qu'il pensait de tout ça? Il n'avait pas le courage de lui demander. Il serra simplement la main de Jay, alors qu'il déglutirait péniblement. Une énorme boule s'était formée dans sa gorge au fil de ses pensées. Il était un être mauvais.

-Je...

Il ne put continuer. Il se laissa trainer en dehors de la forge. Il n'y avait personne. Juste eux deux. Raphaël n'osait pas regarder son frère. Est-ce que lui aussi...? Il se sentait mal. Tellement mal. Et d'une certaine façon, il avait aussi l'impression que Jay se sentait mal. Celui-ci délaissa la main de son frère. Ce fut le déclic. Il sentit des larmes lui rouler sur les joues, et un sanglot, du fond de son être, secoua son corps. Il ferma les yeux, baissa la tête. Oh qu'il se détestait. Il se détestait tellement.

-J-Jay? Merci de pas être comme moi. De faire la... d'être le bon côté... de nous deux. M-moi je suis... trop... tu sais... toi... toi... j'aimerais ça être comme toi parfois...

Il leva la tête vers le ciel, les larmes ruisselant toujours sur ses joues. Il attrapa à nouveau la main de Jay, et la serra fort, très fort, avant de la relâcher. Il se détourna, et couru jusqu'à un arbre non loin. Faisant fit de la douleur, il se mit à donner des coups de poing rageurs et désespérés sur l'écorce. Suite à une dizaine, il sentit la présence de Jay à ses côtés. Celui-ci retint son bras. Raphaël cessa alors tout mouvement. Il sanglotait toujours. C'était horrible, la culpabilité. Lentement, il se tourna vers son frère et le serra contre lui, alors que son corps était toujours mu par le chagrin.

-... merci...

D'être là. Avec moi. De pas m'abandonner, même si je suis un faible qui se croit fort, même si j'ai blessé maman. Même si j'ai même pas réussi à m'excuser. Même si je suis... moi.
Évidemment, ce n'était qu'un moment. Raphaël allait redevenir lui-même bientôt. Mais pour l'instant... il cédait. Il cédait juste complètement.
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Andréya
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MessageSujet: Re: Oups. [PV] Sam 18 Jan 2014, 13:45

[hrp : J'ai essayé d'avancer le poste pour qu'on le termine après ce tour, mais s'il y a quoi que se soit qui ne fonctionne pas pour vous, n'hésitez pas à me le dire !]


L'art de faire mal à ceux qu'elle aimait. Andy était une déesse dans ces situations, et ce, sans même le vouloir. La grande Andréya venait d'être vaincue par les simples mots d'un enfant de 8 ans. Un de SES enfants. La rouquine avait toujours voulu être forte pour sa famille, pour qu'elle n'ait rien à craindre. Elle était prête à combattre quiconque oserait vouloir leur faire du mal que ce soit le plus fort des sorciers, des chevaliers ou même des créatures. Elle ne craignait rien pour protéger ceux qu'elle aimait. Elle ferait tout pour les trois hommes de sa vie.

La rouquine croisa le regard d'Evan. Monsieur n’était vraiment pas content. Il n'aimait vraiment pas la demande de la rousse et il lui faisait bien savoir en grognant. Toutefois, il le fit. Clairement de mauvais coeur, mais il le fit. Quand il se retourna vers elle, elle fondit pour son regard de sang. Ces paroles la calmèrent un peu. Il avait raison, ils étaient peut-être des parents maladroits, mais ils aiment sincèrement leurs enfants et feraient tout pour eux.

Puis, il arriva avec l'arme rougie par le feu. Andy grimaça. Même si elle ne voulait rien laisser paraître, elle savait très bien la douleur vive qui allait la traverser. Quoique rien ne pourrait être pire qu'un accouchement, mais ça, c'est un autre détail. D'ailleurs, se sentit vaciller de nouveau. Il fallait vraiment que l'hémorragie soit arrêtée ou sinon elle ne se relèverait tout simplement plus. Croisant une ultime fois le regard de rubis de son amant, elle hocha la tête sachant qu'il attendait son accord. Elle serra les poings et elle sentit une horrible douleur la traverser. Elle voulait crier, mais elle savait que ses enfants n'étaient pas encore très loin et pourraient l'entendre. Alors après le premier cri, elle serra les dents voulant étouffer la suite. Puis, la douleur s'évapora.

Ce fut trop claire dans sa tête pour ne pas réagir. Elle se débattit et voulut forcer Evan de retirer sa main, mais ce foutu demi-démon à la tête dure ne broncha même pas. Devant l'impossibilité de faire quoi que ce soit, des larmes coulèrent sur les joues d'Andy. Elle était prête à prendre toute la douleur du monde pour sa famille, mais elle n'acceptait pas qu'eux souffrent pour elle. Avant qu'elle puisse le frapper, l'envoyer balader ou même encore demander le divorce, son amant l'embrassa. Sur le coup, elle pensa à lui mordre la lèvre, mais l'étreinte d'Evan réussi à la calmer un peu.

Il prit doucement la parole en lui proposant qu'ils s'engueulent plus tard. Même si elle était vraiment en colère après lui, elle était d'accord. Pour les enfants qu'elle sentait encore tout près. De toute manière, elle n'avait même pas la force de lui crier après. À ce moment précis, elle l'aimait trop et elle souffrait trop pour faire quoi que ce soit. Regardant la main brûlée de son amant, une dernière larme coula sur sa joue qu'elle essuya rapidement du revers de la main.


- Je t'aime Evan, toi et ta stupidité légendaire.

Elle était fâchée, mais en même temps elle ressentait une immense vague d'amour pour ce demi-démon. Elle lui caressa doucement la joue avant de se blottir dans ces bras. Sa jambe lui faisait encore mal, mais elle n'était plus en danger.

*

Comme promis, les deux parents attendaient avec patience le retour des deux jumeaux. Ils restèrent blottis un contre l'autre, n'osant pas échanger d'autres paroles. Andy était blessée au plus profond de son âme, mais pour le moment, avec la présence d'Evan, elle n'y pensait plus. Ce démon viendrait de nouveau la hanter plus tard, mais elle profitait de ce moment de paix.  La rouquine avait hâte de revoir ces enfants pour remettre tout au claire. Elle avait hâte de faire la paix avec eux et de leur dire que tout va bien. Elle avait hâte de les rassurer pour qu'ils comprennent qu'ils étaient profondément aimés, et ce, même lorsqu'ils font des bêtises.

Quand la porte de la forge s'ouvrit de nouveau, la rouquine releva sa tête du torse de son amant. Voyant les deux enfants qui semblaient incertains, elle leur fit signe de s'approcher pour venir se blottir avec eux. Il était rare que cette famille soit si démonstrative. Ils se montraient habituellement qu'ils s'aimaient par des petits gestes, mais rarement ainsi en grosse caresse de famille.

Quand les deux enfants arrivèrent dans les bras d'Evan et d'Andy, la rousse leur embrassa le dessus de la tête. Les serrant fort contre elle, son coeur de maman se sentit soudainement beaucoup mieux. D'une voix douce et remplie d'amour, elle conclut la situation.


- Je vous aime mes chéris et aujourd'hui ce n'était qu'un accident. Tout le monde va bien et c'est l'important. Nous sommes une famille. Quoi qu'il arrive, nous pouvons compter chacun sur les autres. Elle marqua une pause pour prendre la main d'Evan et la serrer dans la sienne. Parce que c'est ce que font une famille.

C'était sa manière de dire quoi qu'ils arrivent elle sera toujours là pour eux et qu'elle savait que c'était réciproque.  Pendant ce moment, elle avait tout oublié; sa blessure, les paroles de Raph, tout sauf une chose, elle aimait plus que tout son amoureux et ses deux fils.
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MessageSujet: Re: Oups. [PV] Dim 26 Jan 2014, 10:52


Andréya et Evan étaient tout un couple. Avec les années, le démon avait pris de la sagesse, du calme aussi. Il n’était plus tout à fait le demi-démon qu’Andréya avait rencontré dans cette clairière. Comme Andy n’était plus tout à fait la femme qu’il avait rencontrée.

Les pensées d’Evan se promenaient d’une à une autre, serrant contre lui sa rouquine. Sa tête reposait contre son torse et elle avait les yeux fermés, attendant avec patience les deux autres hommes de sa vie. Au moins, ceux-là, il n’avait pas à être jaloux parce qu’Evan savait qu’il n’avait aucune chance si les jumeaux se mettaient à essayer de gagner le cœur d’Andy pour une sucrerie. Il avait essayé le même stratagème que ses enfants, mais pour une raison obscure, les yeux doux et les supplications n’avaient pas vraiment marché… Bon, bien sûr, le demi-démon ferait n’importe quoi pour ses enfants, mais même si c’était sa rouquine qui était la plus strict du couple pour ce type de choses, elle cédait souvent. Evan, quant à lui, c’était pathétique. Depuis que les jumeaux avaient atteints l’âge où il avait lui-même compris ses origines de démon et avait été enfermé dans la tour, il n’arrivait plus à leur interdire quoi que ce soit. Pas qu’il ne voulait pas mettre de discipline, loin de là, mais à chaque fois, il y avait la pensée que lui non plus, il n’avait pas eu la chance de le faire quand il avait leur âge et il cédait. Andréya ne disait rien. Elle avait sûrement compris depuis le début. Sa chère Andréya plus souvent qu’autrement si perspicace. Elle aussi, elle avait changé depuis son départ d’Irianeth. Elle était devenue plus douce, plus sensible. Bon, bien sûr, elle avait toujours son caractère de chien, mais c’est ce qui faisait son charme.

Les garçons semblaient avoir décidé de prendre leur temps. Peut-être que cela calmerait un peu Raphy et lui remettrait les idées à la bonne place. Jeune, c’était difficile de faire avec les émotions qui se bousculaient, mais plus il apprendrait jeune, plus vite il apprendrait à gérer. Ça ne lui prendrait pas 20 ans comme à son père. Et puis, ça permettait à son amante de se calmer, elle aussi. Il avait appris à comprendre cette femme par cœur et s’il ne parlait pas en ce moment, ce n’était pas parce qu’il n’était pas un grand bavard, mais qu’il savait que sa seule présence, ses bras autour d’elle l’emprisonnant contre lui, allait l’apaiser. Pour l’instant, du moins. Il avait la tête appuyée sur celle d’Andy et comme ça, s’il avait pu, il aurait ronronné de plaisir.

Jay et Raphaël finirent par revenir, faisant grincer la porte de la forge et avança à pas incertains. Evan camoufla un sourire. Les petits connaissaient assez bien leur mère pour savoir à quel point elle pourrait être terrible lorsqu’elle était en colère. Mais Andréya ne l’était plus. Elle leva la tête vers ses enfants, leur faisant signe d’approcher et, à l’étonnement de l’homme aux yeux couleur rubis, elle les fit se coller contre eux. Evan desserra son emprise autour de sa partenaire et laissa s’installer Jay contre son flanc alors que Raphy se collait contre sa mère, en une sorte d’excuse silencieuse. Evan fit bien attention que ses fils ne touche pas à sa main brûlée. Il avait toujours mal, mais ce n’était pas si pire. En fait, il était curieux de ressentir cette douleur qu’il devrait ne jamais ressentir. Evan sourit en se disant que son petit homme roux allait être déçu de ne pas guérir Maman. Si ça avait été moins grave, le demi-démon n’aurait pas pris le risque de guérir Andréya, et il aurait laissé son fils le faire avec plaisir. Dans tous les cas, il lui donnerait sa main en cobaye. Il pourrait s’amuser comme il le voulait. Surement que Jay avait plein de bonnes idées pour le soigner. Sinon, c’était le temps d’essayer la magie. Evan se dit que c’était peut-être à cause de lui que son rouquin de pouvait pas guérir comme les autres enfants de la tour. La génétique démoniaque le rendait déjà ininflammable. Alors il avait peut-être hérité de sa pauvre capacité de guérir facilement quelqu’un. C’était déjà moins handicapant que ce qui venait avec un sang de demi-démon…

Enfin, assis comme ça, en famille, Il réalisa à tel point il avait été chanceux d’atterrir à Émeraude et de tomber sur cette fille qui l’avait assez aimé pour tout abandonner pour lui, pour accepter d’avoir des enfants – un peu par obligation sur le coup, mais elle les aimait tellement, ses enfants, maintenant – et de finalement vivre une vie qu’il n’avait jamais espéré. Lorsque Andy pris sa main, le demi-démon eut un sourire tendre. Oui, il était une famille, avec tout ce qui pouvait bien venir avec, bon ou méchant.

Soudainement, Evan sentit la rancœur dans le petit cœur de Jay. Jay ? Rancunier ? Jamais ! C’était l’être le plus doux qu’il connaissait – ce qui était surprenant avec le genre de parents qu’il avait. Evan compris alors que le rouquin regardait la jambe de sa mère. Le jeune garçon venait de comprendre qu’il ne pouvait plus montrer ses habilités de soigneur, Aie. Evan n’y avait pas pensé une seconde qu’il réagirait de cette façon. Il se penchant vers l’oreille de Jay en lui présentant sa main.

- J’ai guéris Maman, je suis désolé Jay. Mais je me suis brûlé en le faisant et j’aurai bien besoin de toi.
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MessageSujet: Re: Oups. [PV] Mer 01 Oct 2014, 14:32

Les deux frères se tenaient l’un à côté de l’autre. Devant la porte de bois qui fermait l’antre du démon forgeron. Jay avait laissé la main de son frère par réflexe. Parce que Raphy était habituellement celui qui tirait le rouquin ailleurs. Le contraire était rare et surtout étrange. Jay était habituellement celui qui suivait et qui restait muet en arrière. Il était celui qui regardait par terre parce que trop gêné de fixer les gens et de supporter leur regard. Il restait à part parce qu’il s’empêtrait facilement dans ses mots. Il évitait les contacts sociaux trop spontanés. Il n’avait pas beaucoup d’amis parce qu’il avait peur de gaffer avec eux. Il préférait rester l’ombre de Raphaël parce qu’au moins, il était sûr de pouvoir y rester. Mais cette ombre derrière Raphaël n’était pas insensible. Elle entendait aussi. Et elle comprenait mieux que l’on ne pouvait le croire. Elle avait une pensée à elle, une déduction, un jugement, une volonté propre. Et parfois, elle souhaitait quitter le dos du demi-démon. Mais quand elle le faisait, elle se rendait compte qu’elle était mieux d’y retourner. Parce que Jay n’était pas aussi grand que Raphaël, parce qu’il n’avait pas sa solidité, sa personnalité et sa témérité. Parce qu’il n’était pas Raphaël et ses exploits. Parce qu’il préférait rester les deux pieds dans le ruisseau pour regarder les petits poisons venir lui manger la peau morte plutôt que de l’enjamber pour aller affronter des troupes ennemies imaginaires. Parce qu’il préférait se taire au lieu de dire haut et fort ce qu’il pensait qu’importe ce qu’il pensait. Parce que quelque chose lui ferait toujours défaut. Parce qu’il n’aurait jamais ce que Raphaël avait : le sang de démon. Ce sang qui était une excuse à son comportement, à ses excès, à son attitude, à sa témérité. Ce qui donnait à Raphaël ce pouvoir qu’il n’aurait jamais. Ce qui donnait à Raphaël un avenir différent. Ce qui donnait à Raphaël des progrès impressionnants comme ceux dont sa mère avait été si fière au point de négliger le danger.

Les deux jumeaux se tenaient l’un à côté de l’autre. Devant cette porte qui les séparait de leurs parents. L’un des deux était plus grand de quelques centimètres déjà. L’un des deux avait les épaules plus larges. L’un des deux garçons allait devenir un chevalier. Et Jay n’était pas celui-là des deux. Raphaël était identique à son jumeau : jaloux. Tous les deux se jalousaient pour ce que l’autre était. Ils étaient jumeaux et pourtant si différents. Foutue membrane qui les avait séparés dans le ventre de leur mère. Ce qui était le pire, pour Jay, c’était ce lien entre eux. Ce lien qui unissait leur sentiment. Tant que l’un serait jaloux, tant que l’un serait en colère, l’autre le serait. Et avec le temps, l’espace les séparait, les évènements les éloigneraient et la vie les diviserait. Ils vivraient deux vies à la fois. Ils auraient toujours dans le ventre la haine de l’autre, la colère du frère, la rancoeur du jumeau. Jay était condamné à être démon par le biais de Raphaël. Papy Uriel avait eu raison. Ils étaient tous maudits. Naitre garçon les condamnait à être démon. Jay tourna son visage vers celui ruisselant de son frère. Ses larmes qui avaient l’habitude d’être les siennes. Jay fronça les sourcils. C’était au tour de Raphy de pleurer. C’était égoïste, Jay le savait. Mais à cet instant il avait envie de l’être, il n’en avait pas honte. Ce qu’ils ressentaient, l’un des deux devait l’extérioriser. Et les yeux de Jay avaient déjà pleuré. Il regarda son frère alors que celui-ci lui prenait la main pour la serrer très fort. C’était donc ça que Raphy sentait chaque fois que Jay faisait ce geste. Le rouquin regarda son jumeau partir en courant vers un arbre pour y déverser sa rage. Le retour de balance se fit alors. Le regard de Jay se radoucit. Il sentit au profond de lui un tremblement. Ce tremblement qui l’habitait en permanence habituellement. Le garçon essuya les larmes sur ses joues et alla rejoindre Raphy. Il devait reprendre son rôle. Il devait retourner dans l’ombre de Raphaël. Il attrapa le poignet de son frère dans l’élan de celui-ci. Ils se regardèrent un moment avant que Jay ne cueille son frère dans ses bras. Il passa ses bras autour de celui-ci. C’était son rôle à lui de consoler le demi-démon.

~~~

Jay poussa la porte devant son frère. Dans son autre main, il tenait ce pour quoi ils étaient sortis au départ. Sa chevelure rousse était brunie de poussière de même que son t-shirt. Il avait été chercher la bouteille d’alcool loin dans sa cachette. Il se souvenait de l’avoir vu sous le lit de leur parent alors que Raphy, Mumu et lui jouaient à la cachette. Une bandelette de tissus pendait de la poche de son nouveau pantalon. Jay resta incertain dans l’entrée de la forge. Sa mère était-elle en train de mourir parce qu’ils avaient pris trop de temps à revenir? Il chercha ses parents du regard. Il les repéra là où ils les avaient laissés. Ils étaient blottis l’un contre l’autre comme Jay les voyait rarement. Le rouquin regarda son frère afin de s’assurer que celui-ci le suivait toujours. Il n’était pas sûr de vouloir affronter ses parents encore sans lui. Pourquoi affronter? Parce que Jay avait toujours l’impression d’affronter leur regard. Lui, si petit et si maigre. Lui, si curieux et solitaire. Lui, si lunatique et perdu. Sa mère leur fit signe d’approcher. L’ambiance dans la forge était tout autre que précédemment. Elle semblait détendue, calme, silencieuse, chaude et froide à la fois. Une atmosphère comme il avait l’impression de déjà connaitre. Comme celle dans l’un de ses rêves… Cette atmosphère où l’on ne savait si on devait se réjouir des souvenirs ou garder cette trace de douleur sur le visage. Une atmosphère que l’on trouvait seulement à des funérailles. Jay n’en avait jamais vécu, mais il avait l’étrange impression que cette atmosphère en était une. C’était quelque chose qui lui venait de ses étranges rêves (… parce que Jay fait des rêves prémonitoires et que j’avais complètement oublié ><)… Où se mélangeaient de terrifiants monstres de feu, des chevaliers sombres et blonds, des fantômes en costumes d’acrobates et des statues de pierre au pied duquel on se rassemblait… Jay prit la main de son frère et le tira doucement avec lui vers ses parents. Son regard se porta tout de suite vers la jambe de sa mère. Était-elle toujours attachée au corps de sa mère? Une pointe de déception embruma ses yeux l’espace d’un instant. C’était égoïste, n’est-ce pas? D’être déçu d’une telle chose. La plaie avait disparu. Il n’y avait plus rien sauf du sang séché. On avait fait son travail. On ne lui avait pas laissé cette responsabilité. C’était étrange… Cette impression. D’être soulagé et déçu à la fois. Était-ce mal? D’être déçu que sa mère soit sauve. Pourtant, ses parents en faisant leur truc en cachette ne l’aidaient pas dans son cheminement. Avaient-ils pris conscience à quel point ça pouvait le blesser, lui, de ne pas pouvoir être pris en confiance, de ne pas pouvoir faire ce qu’il devait, d’être tassé comme ça alors qu’il avait détourné les yeux? Devant les bras ouverts de sa mère, il n’avait toujours pas de réponse. Était-ce de l’hypocrisie ou de l’innocence? Jay secoua encore la tête. Ce n’était pas lui de douter de sa mère. Ce n’était pas lui toutes ses pensées. Que pouvait-il faire devant le geste de sa mère? L’ignorer? Tourner les talons puisqu’elle n’avait plus besoin de lui? Assumer sa position d’être blessé dans son estime? Non. Devant les bras ouverts de leur mère, ils n’avaient d’autre choix que d’aller si blottir.

L’étau se referma sur lui et il eut l’impression d’étouffer. Non pas par l’amour, mais par l’ignorance. La voie de sa mère ne l’apaisait pas. Elle le mettait encore plus inconfortable. Tout le monde n’allait pas bien. Raphaël n’allait pas bien et lui non plus n’allait pas bien. Rien que physique. Tout se passait dans leur petit cœur d’enfant et leur tête d’incompris. Son père murmura alors l’oreille de son rouquin une excuse. Rien qui pourrait apaiser la rancune en lui. Être Raphy, il aurait pu dire à son père de le faire tout seul puisqu’il avait été capable avec maman. Mais il était Jay et il s’était dit qu’il devait reprendre sa place dans le dos de son jumeau. Il se déplaça pour se déprendre de l’emprise de sa mère et déposa la bouteille d’alcool par terre. Il retira le bouchon avant de prendre un chiffon propre dans sa poche. Il versa le liquide désinfectant sur le tissu avant de le déposer dans la main de son père. Le temps que la purification de la blessure se fasse, Jay tira sur la bandelette qui lui servirait à protéger la blessure. Jay enleva en silence le chiffon qu’il laissa tomber par terre pour ensuite enrouler le long tissu autour de la main de son père qu’il noua ensuite. Voilà. Rien de plus simple. Son père ne pourrait pas travailler à la forge maintenant. Il devait attendre que la blessure guérisse naturellement. Parce que Papa, à la différence de Maman, ne pouvait pas être traité par la magie. Jay ne pourrait donc pas demander à sa tutrice de venir soigner son père et il ne pourrait pas tenir son gros marteau. Ses commandes allaient prendre du retard, il ne serait pas payé, et tout ça parce que Jay avait été incapable de soigner magiquement sa mère. Mais tout ça, ça n’avait pas d’importance parce qu’ils étaient une famille, c’est ça?

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Parandar
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MessageSujet: Re: Oups. [PV] Sam 11 Avr 2015, 10:10

Bonjour !

Est-ce que ce Rp est toujours d'actualité ? Sans réponses il sera déplacé le 25 avril dans les archives. Si vous dites non, veuillez le précisez avec la génération à laquelle il correspond.
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Oups. [PV]

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