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Faut-il faire la guerre pour se plaire ? [PV]

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#Trystan

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MessageSujet: Faut-il faire la guerre pour se plaire ? [PV] Lun 12 Aoû 2013, 17:23

Avec un mensonge on va loin, mais sans espoir de retour.
~ Proverbe juif ~

Trystan n’était pas fait pour être tavernier, c’était une certitude. Le blondinet en était arrivé à cette conclusion après une énième dispute avec Zoelie alors qu’il était peut-être rentré un peu trop tard, un peu trop saoul et sentant un peu trop une odeur qui n’était pas la sienne. Alors, évidemment, ils avaient reparlé de fidélité. Et comme l’ancien Empereur était bien trop orgueilleux pour faire l’effort de tenter de comprendre, elle avait décidé de lui prouver que ce genre de comportement était particulièrement désagréable pour l’autre de manière un peu plus… radicale. Elle était venue passer la soirée dans l’établissement où il travaillait le lendemain. Et… Pour faire simple, disons simplement que Trystan avait perdu son travail. À cause de la rouquine. Mais ce n’était pas si horrible que cela pouvait le paraitre. Après tout, l’homme n’avait jamais particulièrement apprécié le fait de devoir « obéir » à de stupides inconnus qui lui commandaient des verres de manière un peu trop tempétueuse. Alors, certes, la compagnie de la gente féminine avait été un bon moyen de se détendre durant ses heures quotidiennes de corvée… Mais il s’agissait justement de ce qui déplaisait à Zoelie. L’expérience avait été relativement brève. Seulement quelques mois. Un peu plus de trois. Mais pas tout-à-fait quatre. Et, après cela, il n’avait à nouveau plus rien à faire. Rapidement, Trystan se reconcentra sur son ancienne routine. À savoir de s’entrainer une très grande partie de la journée dans la grande cour. Fréquemment, certaines personnes venaient lui proposer d’échanger quelques coups et, étonnement, Trystan s’améliorait. Pour lui qui avait dédaigné l’épée et les armes durant la majorité de sa vie, c’était… étrange… Pourtant, il devait bien avouer que c’était tout de même pratique. D’autant plus du fait qu’il « n’avait pas le droit » d’utiliser sa magie, puisqu’il n’était pas censé en posséder. C’était embêtant, ça. Particulièrement contraignant. Et franchement agaçant. Et pourtant, il s’y était habitué. Il se raccrochait à l’espoir (futile) que cette situation ne serait pas éternelle. Le blondinet n’en avait jamais parlé à Zoelie, de cette sensation de manque qu’il éprouvait à force de ne plus utiliser ses pouvoirs. De toute manière, après les récentes disputes qui avaient secoué leur relation, ce n’était probablement pas le moment de leur rajouter des problèmes. Alors il ne disait rien. À vrai dire, il évitait la franchise trop exubérante depuis leurs confessions dans les bois d’Émeraude. Trystan ne voulait plus jamais avoir à revivre cela. Alors il gardait certaines pensées pour lui. Et il n’y avait pas de problème.

Et puis, lors d’un jour absolument ordinaire, un des lieutenants de la garde d’Émeraude était venu l’interrompre dans son entrainement afin de lui proposer de rejoindre les guignols habillés de vert. Faisant preuve d’un tact incroyable (ils avaient beaucoup travaillé sur ses capacités relationnelles avec la rousse) Trystan n’explosa pas de rire, n’insulta pas le pauvre bougre et ne lui trancha même pas la gorge pour avoir osé lui faire une proposition aussi indécente. Au lieu de cela, il le remercia de l’offre et promit d’y réfléchir afin de lui donner une réponse dans la semaine. Et, le soir-même, il exposa la situation à Zoelie. Après quelques longues discussions et une entrevue plutôt peu ordinaire, Trystan devint officiellement un garde d’Émeraude (ce qui était incroyablement pathétique, mais bon…) De toute manière, la rouquine n’avait pas menti, il n’y avait rien qui ressemblait au genre de trucs qu’il pouvait faire lorsqu’il était encore l’Empereur. Mis-à-part peut-être le rôle (vacant) de roi. Sauf qu’il était entièrement hors de question d’occuper cette place. De toute manière, après looongue réflexion, ce n’était pas si mal d’être dans la garde d’Émeraude ! Après tout, il s’agissait d’un travail respectable qui lui permettait de passer beaucoup plus de temps en compagnie de Zoelie (puisqu’il s’était arrangé pour ne jamais avoir à travailler de nuit). Il était désormais rémunéré pour s’entrainer à l’épée. Et, le reste du temps, il n’avait qu’à patrouiller au château, au village principal et dans les coins les plus reculés du royaume. Parfois, il y avait quelques problèmes à régler. Rien de très compliqué. Il n’y avait pas de rébellion, ici. Pas de noblesse impatiente de partir en guerre. Pas de chevaliers belliqueux. Pas de successeurs honteux. Rien de semblable à Irianeth, en fait. Plus le temps passait et moins le continent noir lui manquait. Émeraude était globalement meilleur. Et puis, en travaillant dans la garde, il avait accès à un réseau d’informations incroyable qu’il s’amusait parfois à comparer avec celui de son ancien système d’espionnage. Rien ne se passait sans que toute la garde en soit informée. Les hommes en uniforme (Ah, oui, l’uniforme… Franchement, l’uniforme… VERT ! FRANCHEMENT. VERT.) étaient encore pire que les servantes à ce niveau-là. Quoique, cette fois-ci (soit près de huit mois après son entrée dans la garde), l’information avait tardé à arriver à lui. Probablement car, en tant que compagnon de la Reine, il aurait été supposé être l’un des premiers informés. Ouais. « IL AURAIT ÉTÉ SUPPOSÉ. »


- Tu vas à la guerre, toi ?

- … quelle guerre ?

C’est d’abord avec une intense lueur d’incompréhension sur le visage que son camarade l’avait regardé, cherchant à savoir s’il se moquait de lui tellement la réponse était évidente (ou juste car Trystan aimait particulièrement se moquer d’autrui) ou si, étrangement, il était sérieux. Toutefois, puisque le blondinet restait muet, l’autre en conclut qu’il n’avait effectivement pas été informé. Enkidiev partait en guerre contre Fal. D’ici une dizaine de jours. Et Trystan n’avait pas été informé. POURQUOI ?! Oui, il était en colère. Oui, il en voulait à Zoelie. Et oui, c’était amplement justifié. Alors, délaissant son poste à la garde, il partit en direction de la salle de réunion du Conseil. Cette dernière était bien évidemment gardée néanmoins, en tant qu’amoureux de la Reine et membre de la garde, disons que Trystan détenait certains passe-droits. Après avoir congédié les deux gardes en leur affirmant qu’il prenait la relève et que son coéquipier ne tarderait pas, il rentra dans la salle et alla se pencher au-dessus de l’énorme table afin d’observer les cartes disposées sur cette dernière. Il n’était pas supposé rentrer dans cette pièce. En vérité, c’était probablement le seul endroit où il n’avait pas le droit d’aller à Émeraude. Et il ne s’en était jamais plaint. Jusqu’à ce jour. Parce que Zoelie avait osé ne pas le prévenir. Il voulait lui en parler. La confronter. Lui hurler son mépris. Immédiatement. Sauf qu’elle n’était pas là. Tant pis. Il trouverait un moyen de la faire venir. Et, bien entendu, le meilleur moyen qu’il trouva pour cela fut de faire appel à la magie en allant toucher (comprendre : frapper) son esprit. Évidemment, il n’était pas supposé faire cela étant donné que cela mettait son identité en secret mais (de toute manière, personne lit nos postes en entier donc on s’en fout (et en plus c’est un PV alors fuck 8D)) il s’agissait d’un cas d’urgence. Puisqu’il était en colère. Et qui disait colère supposait absence de réflexion. Normal. Toujours est-il que ce stupide plan sembla plutôt bien fonctionner puisque l’agaçante rouquine menteuse ne tarda pas à faire son apparition dans l’encadrement de la porte. Toujours penché sur la table, Trystan attendit cependant qu’elle ait refermé les portes avant de prendre la parole, d’une voix plutôt calme.

- Tu comptais me le dire quand ?

Le regard encore fixé sur les cartes, l’ancien Empereur ne laissa que quelques minces secondes à Zoelie avant de se retourner vers elle, et de répéter l’exacte même phrase, en criant, cette fois-ci.

- TU COMPTAIS ME LE DIRE QUAND ?

Ce n’était pas dans son habitude de ne pas beaucoup parler. Et cela n’était (vraiment) pas bon signe (du tout). Il ne dirait rien de plus. Pas tant que Zoelie n’aurait pas répondu. Et il n’approcherait pas d’elle. Même si elle méritait incroyablement de recevoir une gifle. Zoelie lui avait menti. Trystan ne lui pardonnerait jamais.
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#Zoelie
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MessageSujet: Re: Faut-il faire la guerre pour se plaire ? [PV] Mar 13 Aoû 2013, 15:05

« L'habituel défaut de l'homme est de ne pas prévoir l'orage par beau temps. »
Nicolas Machiavel

Au départ, l'idée de « tavernier » ne semblait pas être si mauvaise. L'ennui, c'est que Trystan semblait prendre un peu trop à cœur son travail. Il ne comprenait pas qu'il n'était pas obligé de toujours accepter les verres que lui offraient  les (putes) clientes qui fréquentaient l'établissement. Il ne comprenait pas non plus qu'il devait cesser de rentrer bourrer le soir, avec le parfum d'une autre fille sur le dos. Il lui promettait toujours qu'il n'avait couché avec celle-ci, que ce soit une blonde, une brune, une noire ou une rouquine. Zoelie le croyait. Parce qu'elle avait quelques contacts qui pouvaient confirmer les dires de son amoureux. Bien entendu. Elle était la Reine, après tout. Elle savait ce qui se passait dans son royaume, SURTOUT lorsque cela impliquait l'ex-Empereur d'Irianeth. Une partie d'elle-même continuait à analyser son comportement, et l'autre était juste... jalouse. Elle avait tenté de lui expliquer, mais il n'avait jamais compris, jusqu'au jour où la jeune femme avait dû lui montrer son explication de « donnant-donnant ». En bref, si lui se laissait approcher par des femmes, il n'y verrait sans doute aucun inconvénient à ce qu’elle se laisse approcher par des hommes. Ou pas. Cette soirée-là, Trystan avait probablement enfin réussi à établir quelques liens entre ses neurones, pour avoir un déclic. Un déclic peut-être un peu trop intense qui fit en sorte qu'il perdre son emploi. Depuis ce soir-là, Zoelie ne lui avait plus vraiment reparlé de l'évènement. C'était chose réglée. Et Trystan n'avait plus d'emplois. Retour à la case départ? Non, pas vraiment. La magicienne voyait souvent son compagnon discuter avec d'autres personnes, s'entrainer, et... et disons qu'il avait l'air beaucoup moins coincé qu'avant. Cela faisait un peu plus d'un an qu'il était là. Il semblait heureux. Il souriait souvent.

Plus récemment, un peu, il était entré dans la garde. La Reine avait trouvé cette option assez comique, même si c'était foncièrement une bonne idée. Elle avait dû lui faire signer un contrat d'engagement stipulant qu'en tant que garde, il ne faillirait pas à sa tâche, qu'il s'assurerait du bon respect du code de loi, qu'il ne blesserait personne sans raison légitime (et d'ailleurs, il l'avait questionné sur les quelques raisons légitimes qu'il pourrait y avoir... Zoe s'était empressée de répondre que c'était si un individu représentait une menace évidente pour un autre individu, qu'il était nécessaire de le mettre hors d'état de nuire, sans le tuer de préférence) et qu'il donnerait sa vie pour protéger la famille royale (stupide code, tssss. Mais c'était encore un peu comique. Zoelie avait failli ne pas lui lire cette contrainte, mais pour respecter le protocole, s'était vue forcée de l'énoncer, non sans une certaine grimace). Après avoir fait le... hmmm... serment de respecter ces « règles » (non sans protester un peu), Zoe lui annonça qu'il était officiellement un garde d'Émeraude. Et qu'il allait devoir porter l'uniforme. Ça aussi, ce fut une autre partie un peu plus « comique ». L'uniforme était vert quoi. Et comme toute sa vie, Trystan avait été habitué à détester cette couleur... bref. C'était drôle. Zoelie ne s'était pas frustrer, et son amoureux, qu'à moitié. Ils faisaient encore des efforts, mais... c'était devenu plus facile. Pour elle, comme pour lui (du moins, elle l'espérait.)

Aujourd'hui était un jour assez morne. Il ne faisait pas beau dehors, et la Reine d'Émeraude était de mauvaise humeur. Elle avait un problème de ravitaillement d'armes pour la guerre assez pressant à régler, et en plus, le ciel était noirci, prêt à tonner et à lancer des éclairs. Elle détestait, les orages. C'était horrible. Il y aurait peut-être des dégâts au village en plus. Mince. La jeune femme travailler à son bureau, non sans avoir pris la précaution de fermer toutes les fenêtres de ses appartements, pour quand la pluie commencerait. Étonnement, ce ne fut pas le bruit du tonnerre qui heurta sa tête, mais bien un esprit mécontent qui frappa le sien. Une énergie qu'elle...hein? QUOI? Cela lui prit peu de temps à la reconnaître. Trystan? Qui venait d'utiliser sa magie? Mais qu'est-ce qu'il foutait, bordel! C'était quoi l'idée d'être si imprudent? Elle enleva l'hypothèse du danger, parce que c'était de la colère qu'elle avait sentie, et non pas de la peur, ou de l'inquiétude. Elle sonda le château. Il n'était pas loin. Il était...merde. Dans la salle du Conseil. Le seul endroit dans lequel il n'avait PAS le droit d'aller. Parce que c'était là que tous les plans contre Irianeth se créaient. Les attaques, les défenses et... Ah oui, une autre chose que j'ai oublié de mentionner, et qui jouait dans la balance d'émotions négatives de Zoelie. La guerre à Fal. Ils allaient bientôt reconquérir ce royaume. Tout était déjà préparé. Ils partaient dans une dizaine de jours. Et elle n'avait rien dit à Trystan, parce qu'il ne voulait rien savoir. Ainsi, si le fait de garder ce secret la rendait mal, les préparatifs la stressaient également. Ce n'était pas une bonne journée. Elle se rendit vite à la salle du Conseil. Il n'y avait aucun garde. Juste Trystan, penché par-dessus les cartes de stratégie. Zoelie serra les poings, frustrée. Elle ferma la porte derrière elle. Trystan l'interrogea. Une, puis deux fois. Elle répondit du tac au tac.

-Te le dire? Jamais. Moi, je ne suis pas SENSÉE te parler de stratégie, tu te souviens? Tu allais l'apprendre des autres, de toute façon, comme ça a probablement été le cas. Pourquoi es-tu SI frustré? Tu ne te rappelles pas que ça faisait partie de tes « interdits »? Oui, ça fait longtemps, mais tu avais été ASSEZ catégorique sur le sujet. Voyons, je ne voulais pas te faire CHOISIR! Alors oui, je pars à Fal dans quelques jours, et toi tu restes à Émeraude parce que ça ne t'implique nullement.

Elle prit une grande inspiration, en fusillant l'ancien Empereur des yeux. Il ne devait pas s'impliquer à la guerre. Il était « presque » bien maintenant à Émeraude! Ils étaient heureux, ensemble! Ils arrivaient à être plus à l'aise, à se niaiser sans prendre les nerfs (enfin, la majorité du temps), Trystan pouvait faire des commentaires péjoratifs mi-amusés et Zoelie en riait, alors... Oui, ça allait mieux, toujours mieux. SAUF que s'il fallait qu'ils parlent des tabous que Trystan avait évoqués des mois auparavant, dans cette discussion particulièrement dangereuse qu'ils avaient eue dans la forêt, alors là, ça allait probablement bouger bien plus.

-Et tu n'as rien à faire ici, même en tant que Garde.

Ou disons, la manière douce de dire « Dégage d'ici ». La Reine n'était définitivement pas de très bonne humeur, et le fait que Trystan lui crie dessus comme du poisson pourri parce qu'elle avait respecté SA volonté, ça la mettait encore plus en rogne. Pourtant, ça avait fait déjà un bon bout qu'il ne s'était pas chicané! Mais la tension qui régnait dans la salle du Conseil à présent annonçait le pire. Si Zoe avait été plus calme, et si Trystan n'avait pas crié, la jeune femme aurait très bien pu simplement lui expliquer ce qu'elle avait pensé, en lui montrant les pours et les contres. Cependant, la discussion s’avérerait un peu plus enflammée...
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MessageSujet: Re: Faut-il faire la guerre pour se plaire ? [PV] Mar 13 Aoû 2013, 16:19


Le tranchant de la rancœur est long à s’émousser
~ Patrick Lapeyre ~

Ne jamais le lui dire ?! MAIS QUELLE MAGNIFIQUE RÉPONSE ! Merci, Zoelie. Merci. Merci de cette merveilleuse honnêteté qui ne servait qu’à amplifier le dégoût qu’il pouvait déjà ressentir à son égard. Elle lui avait menti. Et elle ne semblait même pas en avoir honte. La rouquine n’était rien de plus qu’une pulpeuse pieuvre pouilleuse. Et… Depuis quand le mensonge n’était-il plus proscrit entre eux exactement ? Pourquoi Trystan se faisait incroyablement réprimandé alors qu’il se contentait de se laisser offrir des verres et elle… Eh. Quand même. L’affreuse Reine avait organisé une guerre et n’avait pas jugé important de le prévenir. Pourquoi faire ?! D’autres personnes le feraient très certainement à sa place, n’est-ce pas ? Alors, oui, EFFECTIVEMENT, ce fut le cas.  Quant à l’évocation de ses interdits… Pour qui se prenait-elle pour ramener cette stupide conversation ? Cela faisait déjà plus d’un an que leurs confessions dans les sombres bois d’Émeraude étaient terminées et ils n’en avaient plus reparlé. Certes, Trystan avait affirmé ne pas vouloir discuter de stratégie avec elle mais… Sérieusement ! Tout allait beaucoup mieux à présent ! Et puis, il y avait tout de même une nuance considérable entre « discuter de stratégie » et « prévenir que l’on s’en va en guerre ». Ou plutôt : « prévenir que JE m’en vais en guerre pendant que toi tu resteras ici, à Émeraude, tout seul, comme un enfant puni car il aurait fait une bêtise » ! Et pourquoi ne pas le mettre aux cachots, tant qu’à faire ? Bah oui ! Comme ça, Zoelie serait certaine qu’il ne fasse pas autre chose que ce qui lui était strictement autorisé ! Liberté, liberté, tsss. QUE DAL. Il n’y avait jamais eu de liberté. La liberté n’était qu’une illusion. La liberté n’existait pas, tout simplement. Malgré tout, Zoelie lui avait affirmé qu’il pouvait l’être et qu’elle tenait à ce qu’il le soit ! Whaouh ! Eh bien, quelle belle manière d’assurer sa liberté ! Il n’était même pas considéré comme un citoyen ordinaire d’Émeraude ! Elle ne respectait pas sa volonté, elle s’assurait plutôt qu’il ne tente rien pour contrer ses splendides plans d’attaque (qui, de toute manière, ne pourraient pas aboutir). Ingénieuse idée, vraiment. Sauf que, en considérant cela, Trystan en arrivait à la conclusion qu’il n’était rien de plus qu’un prisonnier en liberté conditionnelle.

Et, le pire, c’est que cela n’était même pas faux. Sa simple présence dans ce détestable (ou pas) royaume dépendait d’une foule de conditions. Tout d’abord, il y avait cette stupide apparence qu’il devait arborer dès qu’il sortait des appartements de Zoelie (qui étaient d’ailleurs supposés être les siens (mais cet élément venait malheureusement d’être réduit à l’état de doute particulièrement douteux)). Ensuite, il y avait ces… poltrons de collègues qui ne manquaient pas de rapporter le moindre de ses faits et gestes dès que la dresseuse d’homme leur ordonnaient de tout lui raconter de la même manière qu’elle demandait joyeusement à son adorablement détestable chien poilu (qui aurait peut-être la merveilleuse idée de mourir à la guerre (ou de se perdre (un accident était si vite arrivé…))) de ramener un bout de bois (plein de bave) qu’elle lançait (fort non loin (grâce à son incroyable (n’oubliez pas de voir beaucoup de cynisme ici) force de fille (handicapée))). Et, enfin, il y avait son identité. Une identité qu’il avait ENTIÈREMENT abandonner pour les beaux yeux de cette pieuvre qui lui mentait à présent sans éprouver ne serait-ce que l’ombre d’une sensation de scrupule. Son nom, son passé et… sa magie. AH OUI ?! Eh bien non. Pas après ce qu’elle s’était sans doute sentie obligée de rajouter. Il n’avait rien à faire là. Bien entendu. Loin de s’excuser ou même (de manière plus accessible pour l’orgueil démesurée de la rouquine) de simplement s’expliquer, elle lui demandait (ordonnait (avec une absence de politesse tout-à-fait remarquable)) de quitter la pièce. Parce qu’il n’avait pas le droit d’être ici. Même en tant que garde. Et en tant que son amoureux, non ? Ah. Non. Apparemment, ce rôle n’était plus vraiment d’actualité pour le moment. Mais il le redeviendrait sans doute quelques heures après la fin de leur engueulade. Lorsque Zoelie aurait froid et qu’elle viendrait se coller à lui, sous la couette, et que le câlin deviendrait légèrement sportif. Bref. Il n’était pas autorisé à être ici. Après tout, il n’était qu’un simple invité au château. Ce n’était pas comme s’il était dans la garde d’Émeraude. Comme s’il aurait pu faire lui-même la démarche de s’engager dans l’armée d’Enkidiev (AHAHAH, NON.) Comme s’il comptait un tant soit peu à ses yeux. Zoelie semblait frustrée. Fantastique. Trystan l’était également. Mais peut-être légèrement plus qu’elle. Alors, dans l’unique but de permettre à la Reine de rattraper son retard sur la course de la rancœur, l’homme lui administra une adorable gifle. Magique. Sans bouger. Mais douloureuse. Oh oui, il espérait bien qu’elle ait été douloureuse. Presque aussi douloureuse qu’elle avait pu être dangereuse, pour lui qui n’était pas censé posséder de magie et qui en utilisait pour la seconde fois en quelques minutes seulement (mais on s’en moque toujours parce qu’il n’y a personne qui lit nos postes en entier (à part Joy) !)


- J’en ai rien à foutre de ça. J’ai tous les droits. Je suis libre, tu te souviens ? C’était TOI qui le voulais. Je fais ce que je veux. Quand je veux. Où je veux. Alors dis-toi bien que SI j’ai envie d’aller à la guerre… Ce n’est pas toi qui vas m’en empêcher.

Une étrange lueur de défi brillait dans le regard de Trystan. En ce moment précis, il n’était plus du tout l’homme tendre qui donnerait tout pour le bonheur de Zoelie. Non. Au contraire, il était cet énergumène arrogant qui ne supportait pas que l’on ose croire qu’il n’était pas le meilleur en toutes circonstances. D’une voix toujours aussi empreinte de colère, il continua, les yeux fixés dans ceux de la Reine. Et sans ciller.

- Alors tu ne comptais jamais me le dire. Très bien, très bien ! Merveilleux ! C’est vrai que si tu avais simplement pris la peine de m’informer de ton DÉPART IMMINENT, j’aurais FORCÉMENT considérer cela comme une affreuse discussion stratégique ! Je n’aurais jamais été capable de comprendre, c’est CERTAAAIN ! Alors, au lieu de ça, tu préfères me mentir ! Et, EN PLUS, tu oses dire que c’est de ma faute si tu as agis de cette manière ! Évidemment que je l’ai appris par quelqu’un d’autre ! Et tu crois que c’est agréable ?! D’apprendre que… Après tout ce temps… TU NE ME FAIS TOUJOURS PAS CONFIANCE ?! QU’EST-CE QUE JE PEUX FAIRE DE PLUS ?!

Trystan n’attendait même pas de réponse. De toute manière, elle n’allait très certainement pas se gêner pour lui répliquer qu’elle n’avait pas l’intention de lui parler de cela et qu’elle ne le ferait jamais étant donné qu’il avait eu l’extrême audace d’affirmer, PLUS D’UN AN AUPARAVANT (il faudrait tout de même penser au grand ménage de printemps dans la mémoire de Zoelie, afin d’archiver les bidules pas forcément pertinents) qu’il ne voulait pas parler de stratégies. Et, évidemment, cette décision était valable pour toute son existence et ne pouvait en aucun cas être sujette à divers changements ! Non ! Après tout, personne ne pouvait changer (d’avis) ! Et c’était d’ailleurs pour cette exacte raison que Trystan se trouvait actuellement à Émeraude ! LOGIQUE.

- Et, en plus, votre stratégie laisse VRAIMENT à désirer.

L’ancien Empereur avait quitté Zoelie des yeux pour faire quelques pas autour de la grande table ronde et, sans rajouter quoique ce soit, avait commencé à bouger les quelques pions qui occupaient la carte. Il ne laisserait pas la rouquine partir en guerre. Pas avec une tactique aussi bancale, incertaine et dangereuse. Si elle le laissait faire, il arrangerait ça. Sans en parler. (MAIS IL ÉTAIT TOUJOURS AUSSI FRUSTRÉ.)
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MessageSujet: Re: Faut-il faire la guerre pour se plaire ? [PV] Mar 13 Aoû 2013, 17:49

« Qui frappe les buissons en fait sortir les serpents. »
Proverbe chinois

La première chose qui vint, ce fut une gifle. Une foutue gifle magique. Qui brûla. Qui sonna quand même. Zoelie ne s'était pas attendue à ça. Vraiment pas. Et ça faisait mal. Physiquement, et à l'orgueil surtout. Trystan qui la frappe. Elle est bien bonne celle-là! Vraiment! Il disait avoir tous les droits. HAHA! Non. Il n'avait NI le droit de la frapper, NI le droit d'être ici, NI le droit d'utiliser sa magie. Et il avait enfreint ces trois règles-là. Et il s'en foutait, bien entendu. Zoelie bouillait, tandis que sa joue gauche devenait rouge. Peut-être virerait-elle au bleu, aussi? Ce serait à voir. L'autre continuait à râler qu'il pouvait faire n'importe quoi. Non. Non. Il resterait toujours un invité dangereux qu'elle devrait contrôler. Un être bestial sujet à n'importe quelle pulsion (ou juste un homme un peu impulsif). Elle avait beau l'aimer, là, il dépassait les bornes. Jamais elle ne serait de ces femmes faibles qui se laissent se faire abuser par leurs compagnons, par peur. Lui, il l'avait frappé, et il le regretterait amèrement. Parce que ça ne se fait pas, frapper une femme qu'on est sensé aimer. Pas du tout. Trystan la regardait sans ciller. Elle faisait de même, même si le choc de la douleur donnait envie à ses yeux de déborder. Non, elle ne le ferait pas. Jamais elle ne lui donnerait la satisfaction de lui faire croire qu'il l'avait blessé. Elle était absolument invulnérable face à lui (faux). Elle se sentait comme au début de la guerre. Cette rage intense, cette volonté de le mettre à terre, de se venger. À l'exception près qu'elle était toujours amoureuse de lui. Mais cet amour était partiellement (entièrement) enterré par la colère. Elle serrait les poings, encore et toujours, le cœur battant, alors que l'autre parlait, ou plutôt, criait.

Elle esquissa un sourire tordu et arrogant lorsqu'il fit référence au fait qu'il ne se serait pas fâché si elle lui avait dit pour son départ. Impossible. Elle lui aurait dit trois mois plus tôt et il se serait frustré. C'était Trystan, après tout. Il cherchait toujours une raison pour commencer une dispute, fouinant entre les lignes des paroles de Zoelie, pour dénicher LE double sens méchant ou blessant, et lui rabattre à la figure. Et comme il n'avait pas la copine la plus patiente au monde, il lui suffisait de mettre un peu d'huile pour faire flamber les émotions de la Reine. Il s'en sortait toujours à merveille quoi. À croire qu'il aimait les chicanes. La preuve, il ramenait ça sur le sujet de la CONFIANCE. Sérieusement? Ça n'avait aucun lien! Absolument aucun! Mais maintenant qu'il l'avait dit, il était beaucoup trop facile pour Zoelie de trouver effectivement un lien avec la confiance dans ce qu'elle avait fait, ou plutôt, dans ce qu'elle n'avait pas fait. Toutes les raisons étaient bonnes pour se venger de la gifle, quitte à la blesser verbalement. Elle s'en foutait. Elle n'avait pas l'intention d'être faible et de laisser passer une occasion, de lui pardonner de l'avoir frapper. Oui, elle était aussi ennuyée par le fait qu'il soit là, par le fait qu'il lui gueule dessus, surtout. Et...OH. MAIS POUR QUI EST-CE QU'IL SE PRENAIT? Il jouait avec les pions. Était-il conscient que ce n'était pas des poupées qu'il pourrait offrir à sa fille? Que ce n'était pas des PANTINS, mais bien des légions de véritables humains, qui se battraient pour ceux ayant perdu leur territoire? Il n'avait pas à toucher. En même temps de s'exclamer, elle le repoussa assez brusquement, magiquement, tirant par en arrière ses jambes et ses bras, comme si lui avait été un pantin. Elle espérait que l'expérience eut été désagréable. Elle aurait peut-être dû lui casser un bras aussi. Tssss.

-TOUCHE PAS. Ce n’est TOUJOURS pas tes affaires. Tu veux que je te fasse confiance? C'est SÛR que le MEILLEUR moyen pour ça c'est de te pointer ici et de me frapper, VRAIMENT. Et d'utiliser ta magie aussi. POUR ME FRAPPER. Imbécile. T'as recommencé à aimer ça ou quoi? Ça te manquait?

Paroles venimeuses, crachées.

-Si je t'avais annoncé hier que je partais pour Fal, en guerre, ne me fait PAS CROIRE que tu n'aurais pas posé de questions, que tu aurais dit « D'accord Zoe, pas de problème! » et que tu aurais fait comme si rien n'était.

Trystan n'était juste pas capable de réagir normalement et sereinement à ce genre de nouvelle. S'il lui avait parlé doucement, elle n'aurait pas réagi ainsi. S'il ne l'avait pas frappé, il n'aurait jamais entendu tout ce qu'elle s'apprêtait à lui dire. Elle était sur une lancée. Foutu Trystan.

-Et tu ferais quoi, de toute façon, à la guerre? Tu irais dire bonjour à Ryan? À ta fille? Parce que tu n'irais SUREMENT PAS les attaquer. Et biiiiieen évidemment, tu laisserais les Chevaliers leur taper dessus SANS RIEN FAIRE, hein? Ils ne risquent même pas d'être là, mais ce n’est pas la question. Qu'est-ce que tu essaies de me faire croire? Qu'en un an, tu as changé d'avis et que tu es prêt à te liguer contre l'Empire, que j'aurais dû t'inviter au Conseil PARCE QUE tu voulais nous donner des informations sur TES anciennes troupes? Non. Oui, tu es libre de choisir. Mais ça serait DÉFINITIVEMENT une idée de merde de le faire. Parce que FRANCHEMENT, POURQUOI tu NOUS aiderais, si c'est pour vivre dans la culpabilité d'avoir mis ta fille dans la merde? Là-bas, tu crois qu'ils vont aimer ça, avoir perdu un royaume alors que leurs nouveaux dirigeants sont encore prépubères? Ne choisis pas Try, ne choisis pas. Ne fais rien. Si tu décides d'agir, c'est contre eux, ou contre moi, alors tu devrais juste... Sortir d'ici et faire comme si tu n'avais pas vu la carte, comme si tu n'étais pas au courant pour la guerre.

Conseil d'amie. Conseil d'amoureuse. Conseil de Reine. Conseil de geôlière, comme il prétendait.  
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MessageSujet: Re: Faut-il faire la guerre pour se plaire ? [PV] Jeu 15 Aoû 2013, 14:32


Le seul mauvais choix est l’absence de choix
~ Amélie Nothomb ~

AYE. ESPÈCE DE […] ! Sans hésiter, Trystan lui rendit un regard aussi noir que celui qu’elle avait décidé de lui adresser. Évidemment que c’était douloureux ! Franchement ! Qu’est-ce qu’il lui prenait de lui étirer ainsi les membres ? Est-ce qu’il la frappait, lui ? Et par magie qui plus est ? Non ! (Il se contentait de la gifler) Et, D’AILLEURS, une baffe ne peut en aucun cas être considéré comme de la violence conjugale (sauf dans le cas où Zoelie en attribuerait une à son amoureux, mais cela n’arriverait jamais (n’est-ce pas ?)) ! AINSI DONC, elle n’avait ABSOLUMENT aucune raison valable pour avoir été aussi violente avec lui. Et tout ça pour quoi ? Pour lui dire de ne pas toucher ?! AH ! AH ! AH ! Et alors ?! Il s’en foutait totalement de ce qu’il avait le droit ou pas le droit de le faire. N’avait-il pas déjà été suffisamment clair à ce sujet ? Sauf qu’elle aussi ne semblait pas particulièrement prêter attention à ses paroles (toujours ce joyeux problème de communication, youhou !) Et, bien évidemment, elle s’empressa de retourner ses arguments contre lui. Bien sûr. Pourquoi lui ferait-elle confiance alors qu’il s’empressait de la GIFLER (et non pas frapper, merci) dès qu’il était en désaccord avec son Altesse Royale l’Emmerdeuse (ou plutôt, dès que cette dernière outrepassait largement les limites de l’indécence, ce qui ne s’était produit qu’une fois depuis… longtemps) ?! Forcément. De ce point de vue-là, c’était Zoelie qui avait raison. ET CE N’ÉTAIT QUE PLUS FRUSTRANT. Et là… Et là… Et là… Elle sortit la phrase de trop. (En d’autres termes, la phrase tellement horrible que je ne sais pas comment y réagir (je te déteste)) Une référence à la guerre. Bon réfléchissons. Allô ? Cerveau ? Qu’est-ce qu’on fait ? On déprime ? Ou on sort le joker ? Quitte ou double ? LE JOKER, LE JOKER, LE JOKER ! Whouuuh ! Et c’est ainsi que Trystan opta pour sa première carte joker de la soirée, qui s’avéra être l’option sourdité aigüe (et par conséquent impossibilité de connexion des neurones chargés de la dépression, des larmes, des remords et de tous ces trucs débiles pas vraiment dignes de lui et de son (ancien) titre) ! Doooonc, que disions-nous déjà ? Ah oui, la phrase de trop. Ah. Mais… Non ! Il n’avait jamais entendu cette phrase ! Pas besoin de l’analyser ! Pas besoin de la désinfecter ! Et pas besoin non plus d’aller apaiser le client mécontent ! EHEH ! Tout allait parfaitement bien ! Et puis, de toute manière, Zoelie avait complètement tort ! Évidemment qu’il l’aurait bien pris si elle lui avait annoncé cela tranquillement ! Évidemment qu’il l’aurait accepté immédiatement ! Évidemment qu’il se serait abstenu d’être vulgaire, violent et v- (un autre adjectif en V s’il vous plait ?) versatile (?) ! (BIEN. À présent, relisez les trois dernières phrases en y ajoutant une négation et vous obtiendrez la vérité ! Parce que tout ça, c’est ce que prétendait l’orgueil, amplifié par le haut-parleur invisible de la mauvaise foi. Merci Trystan, MERCI.)

Qu’est-ce qu’il irait faire à la guerre ? OH, MAIS, N’ÉTAIT-CE DONC PAS ÉVIDENT ?! Trystan se contenterait de prendre le thé sur la table qu’Elendil n’aurait pas manqué de lui installer (parce qu’un serviteur devait toujours être particulièrement prévoyant (même lorsqu’il n’était plus en service (de toute manière on ne pouvait pas vraiment dire de la fausse fillette de Turquoise qu’ELLE avait un jour été un tantinet efficace…))) en discutant avec le fantôme de son ancienne femme, en souvenir de l’époque où il faisait effectivement ça (mis à part le fait que le fantôme était alors vivant…) ! Quoique… Aller saluer Ryan n’était pas fondamentalement une mauvaise idée ! Il pourrait également en profiter pour lui transmettre les informations qui étaient déjà en sa possession ! Et peut-être même s’arranger pour prévoir une attaque sur un territoire qu’il savait facilement prenable !  Profitant de l’occasion, il irait également présenter ses excuses à sa fille. Puis (s’il n’était toujours pas mort) il ne manquerait pas d’aller s’enquérir des nouvelles de toutes les autres personnes qui pouvaient compter à ses yeux (actuellement au nombre de trois (quatre, si l’on incluait Zyra (car, oui, sa mort importait énormément aux yeux de l’ancien Empereur))) ! Fantastique idée ! Ou, SINON, il pourrait également prévenir immédiatement Ryan ! D’ailleurs, Émeraude (c'est-à-dire Zoelie) ne serait même pas obligé(e) d’être au courant de cela. Il n’aurait qu’à lui dire d’abandonner Fal (et d’en profiter pour attaquer ailleurs (genre Diamant (parce que c’était quand même cool d’avoir Diamant (il y a plein d’adorables auberges permettant de violer de jolies pucelles)))) Ou simplement lui dire d’abandonner Fal en lui rappelant que cela faisait partie intégrante du plan. D’ailleurs, Zoelie n’avait jamais été mise au courant de tous les joyeux détails de la (FAUSSE) machination gardée secrète entre Trystan et Ryan (ou, tout du moins, il espérait grandement qu’il n’ait pas eu la stupidité extrême (ou la clairvoyance) d’informer d’autres personnes de la (FAUSSE) mission de l’ancien Empereur (qui (d’un point de vue purement technique) était donc encore l’Empereur (AHAHAH (à défaut d’être roi d’Émeraude, t’sais…)))) Pourquoi vouloir perdre (ou gagner (sombre question de vocabulaire)) Fal ? Parce que… Zoelie allait sans doute vouloir aller combattre… et que c’était… dangereux… pour elle… Alors, NON, il n’avait pas spécialement changé d’avis concernant son alignement m-mais… EH. PAS DE RÉFLEXIONS TROP INTENSES ! Étant donné que Trystan n’avait ni masque, ni palmes, ni bouteille à oxygène (OUI, IL Y A UN RAPPORT) il était hors de question de sombrer dans la déprime (parce que, très franchement, l’apnée ne lui avait jamais réussi). Malgré tout, Zoelie avait ENCORE raison (probablement un de ses pouvoirs de fille…). Pourquoi Trystan aiderait Émeraude alors que cela reviendrait à agir c-contre sa fille ? Que devait-il faire ? Suivre les conseils de Zoelie et sortir de cette pièce en faisant de son mieux pour tout oublier ? Ou choisir son camp ? (En gros, continuer à lui gueuler dessus ou déprimer ?!)


- La neutralité est également un choix, Princesse. Et, en choisissant de sortir d’ici et de tout faire semblant d’oublier… C’est la pire de trahison. Envers toi. Et envers Irianeth, même si… Tu me fais chier, Zoe. Tu me fais VRAIMENT chier. J’imagine que la solution la plus simple serait de renoncer à cette guerre mais… Tu ne voudras jamais. Et puis, les habitants de Fal doivent vouloir récupérer leur royaume. Ce qui ne serait pas sans envoyer un signe d’espoir pour les autres exilés… C’est tout de même une démarche relativement légitime. Je peux comprendre.

Trystan avait cessé de hurler sur la rouquine. Bien entendu, ses premières phrases avaient été lancées d’une manière affreusement aride, puis son ton s’était radouci au fur et à mesure qu’il avait avancé dans son raisonnement, sans pour autant devenir léger. Il était toujours aussi énervé. Zoelie l’avait simplement… Elle l’avait obligé à mettre cela de côté pour se concentrer sur l’importante question du choix. Poussant un long soupir, l’homme secoua légèrement la tête avant de reprendre, tout en continuant de fixer Zoelie.

- Mais ça ne change rien au fait que… Tsss. Comment je serais censé ignorer ça, hein ? Bien sûr que ma fille ne sera pas présente à Fal. Ni même Ryan. C’est beaucoup trop poussiéreux, désertique et indigne de leur rang pour qu’ils s’y attardent… Vous ne devriez même pas rencontrer de résistance. C’est un royaume inutile. Mal placé. Sans aucun intérêt économique. D’autant plus que les attaques incessantes des monstres poilus a rendu ce royaume particulièrement désagréable. Enkidiev ne devrait pas éprouver de difficultés à le reprendre. Même si les informations que vous croyez détenir sur les troupes de Fal sont inexactes. De même que vos trajectoires.

Il avait désigné la carte de la main. Les pions qu’il avait bougés et ceux qui demeuraient à leur place originale. Ainsi que les lignes tracées à l’encre rouge à travers le royaume de Fal. Ils avaient tort. Et lui… Lui, il pouvait les aider.

- C’était aussi ça, s’impliquer, non ? Je ne peux pas vraiment porter – l’horrible – uniforme de la garde d’Émeraude si…

Trystan marqua une courte pause, le temps de trouver ces mots qui ne semblaient pas vouloir venir. Tant pis. Il n’aurait qu’à reformuler sa phrase autrement.

- Je suppose qu’il est amplement temps que je change réellement d’alignement. Je suis à Émeraude à présent. Avec toi. Le choix est… plutôt simple.

Ou pas. Pas vraiment. Pas du tout, en fait. Mais c’était ainsi.
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MessageSujet: Re: Faut-il faire la guerre pour se plaire ? [PV] Ven 16 Aoû 2013, 02:42

« La femme est toujours un être inconstant et changeant. »
Virgile

La neutralité, un choix? Oui, effectivement. ET c'était CELUI qu'il devait prendre. À tout prix. Sinon, il s'en voudrait à vie, il ne dormirait plus le soir, il serait encore plus torturé qu'il l'était habituellement. Oui, Zoelie était horriblement en colère contre lui,  mais elle ne lui souhaitait pas ce malheur. Elle était fermement convaincue qu'il devait juste partir. Quoi? La trahir elle? N'IMPORTE QUOI. Sa seule PRÉSENCE ici était une trahison. Il devait juste SORTIR! Pourquoi, par tous les Dieux, ne comprenait-il pas ce simple fait? Donc, il ne voulait pas la trahir elle, ni Irianeth. Logique. Tellement logique qu'il reste alors! (OU PAS). Il était complètement frappé ou quoi? C'était elle pourtant qui avait reçu le coup! Pas lui! Il rajoutait qu'elle l'emmerdait profondément. TANT MIEUX. Si seulement ça avait été assez pour qu'il s'en aille. Mais non. Toujours pas. Il restait là et se bornait à parler. Elle ne voulait plus rien entendre! Qu'il s'en aille! Et elle allait peut-être le rejoindre un jour. Là, elle était juste trop furieuse, et elle avait toujours mal à la joue / à la tête. Elle ne pensait pas raisonnablement. Il voulait arrêter cette guerre? BEIN OUI. C'était tellement une bonne idée! Autant donner Émeraude et tous les autres royaumes à Irianeth, tant qu'à y être! Non, cette attaque sur Fal était prévue, et ce n'était surtout pas LUI et sa grande trappe de traître qui allait y changer quoi que ce soit. Surtout qu'il n'avait rien à faire ici, comme elle ne cessait de lui (crier) répéter. Cette saleté d'homme continuait en essayant de lui faire croire qu'il comprenait ce pour quoi elle partait à Fal. « Relativement légitime ». Qu'est-ce qu'il tentait de dire là? Il tentait de l'amadouer tout en restant lui-même, toujours foutument incertain de chacune de ses foutues paroles (comme des « je crooiiiis que je suis heureux », « je crooooooiiiiis que je t'aime » BORDEL. (D'accord, il n'avait jamais réellement dit le deuxième, mais vous comprenez le principe... (non?))) qu'il lançait toujours et qui lui brisait le cœur sans qu'il le sache. Là, bien sûr, elle était bien trop frustrée pour être affectée le moindrement par ce qu'il disait. De toute façon, il ne parlait pas de lui, ni d'elle, mais il gardait ses propos (négativement) nuancés. Comme s'il n'était jamais sûr de ce qu'il disait.

Il soupirait, l'air totalement calme, alors qu'elle fulminait toujours. Désolée Trystan, tu n'aurais pas dû la frapper. À cause de cela, toutes les paroles de l'homme blond sonnaient négatives dans la tête de Zoelie, et si l'une d'entre elles paraissait plus bienveillante, l'esprit de la rousse s'empresser de l'évacuer de la cervelle de son hôte. Trystan l'avait frappée. Il l'avait frappée. C'était tout ce qu'elle avait besoin de savoir. La seule manière qu'elle se sent mieux, c'était s'il partait. Et il n'avait pas l'air parti pour quitter la salle. Tsss. Il lui demandait comment il était supposé d'ignorer ça. FACILE. EN SACRANT TON CAMP. Il pouvait bien aller baiser quelqu'un d'autre si ça lui chantait, il devait juste PARTIR. Sans le savoir, Zoelie était extrêmement nerveuse également, et cela jouait encore plus sur son humeur. Elle avait peur de ce que Trystan allait faire. Elle avait peur qu'il se sente obliger de prévenir ses amis, son écuyer, SA FILLE, pour empêcher que les deux derniers soient dans le trouble parce que ce serait une préoccupation trop légitime. Pas « relativement ». Juste beaucoup trop. La rousse avait la gorge nouée par l'inquiétude, par le stress. Et la colère. Toujours la colère, qui la protégeait de ses sentiments trop désespérés. Pauvre Zoelie. Pauvre Trystan. D'ailleurs, celui-ci disait à quel point Fal était inintéressant pour Irianeth. À quel point ce serait facile de le reprendre. Même si les informations qu'ils détenaient étaient fausses. MAIS QU'EST-CE QU'IL EN SAVAIT LUI??? (Ok, mauvaise question uniquement mue par un orgueil encore plus blessé) Zoe avait le sentiment de porter l'honneur d'Enkidiev et du Conseil sur son dos. Et l'entendre critiquer leur stratégie la mettait en rogne. Ils allaient gagner Fal, même si leurs trajectoires étaient SUPPOSÉMENT mauvaises. La Reine ne put s'empêcher de jeter un regard à la carte que Trystan lui désignait, toujours en serrant les poings, les yeux brillant d'une rage trop présente (trop pour le bien-être de Try qui était beaucoup plus calme qu'elle). De quoi « C'était aussi ça s'impliquer »? Oh que SI, il pouvait PARFAITEMENT porter le magnifique uniforme vert d'Émeraude SANS mettre son nez graisseux (mais non, il était bien son n-//sbaff//) dans les affaires d'autrui, et SANS entrer dans les pièces qui lui étaient formellement interdites. Il disait qu'il était avec elle et qu'il changeait d'alignement. BEIN VOYONS. COMME SI C'ÉTAIT AUSSI FACILE. Mince, Trystan... fais un effort.

-Mais de QUOI est-ce que tu parles? Arrête de te faire croire que c'est aussi facile que ça! Je « commence » à te connaître Try, et je sais parfaitement que tu vas t'en vouloir si tu nous aides, OU encore tu vas essayer de ne pas penser que tu as fais du tord à ta fille, et ça va te rendre soit totalement de mauvaise humeur, soit déprimée. Écoute, on s'en sort bien sans toi, même avec nos trajectoires erronées. Tu es loin de me trahir en partant, c'est ce que je VEUX que tu fasses.  Tu l'as dit toi-même que Fal était facile à prendre. On va se pointer là-bas, il y aura probablement quelques insectes, on va les dégommer, laisser quelques troupes sur place et-...

Elle s'arrêta. Elle devait juste cesser de lui parler. Cesser de lui exposer leur stratégie. Stratégie qu'il avait déjà un peu trop vue de toute façon. Merde. Soudainement, elle leva ses yeux qu'elle avait baissés vers la carte. Inconsciemment, elle changea de sujet. Elle était bonne là-dedans, pour faire ça sans le vouloir. Et Trystan était au courant. La rousse avait des sauts d'humeurs, ET des sauts de... sujets.

-TRY, BORDEL, ÇA NE SE FAIT PAS FRAPPER UNE FEMME! Jamais, t'entends?!? Tu frappes tes ennemis, tu frappes ceux que t'aime pas à la limite, mais jamais, JAMAIS tu ne frappes -au visage surtout- quelqu'un que tu es censé aimer! Tu peux me gueuler dessus TANT QUE TU VEUX, de toute façon, j'y suis habituée, mais ne me frappes plus jamais. C'est juste...trop... non.

Son regard et sa voix restaient durs. Elle respirait toujours aussi rapidement. Dehors, il s'était mis à pleuvoir assez intensément. Le regard de la jeune femme se porta vers les trois fenêtres qui laissaient entrevoir l'extérieur. Les gouttes d'eau frappaient fort sur la vitre, comme si elles cherchaient à les défoncer pour laisser les deux êtres à la merci des éclairs qui s'abattraient bientôt sur Émeraude. Un grondement de tonnerre roula. Zoe frissonna, mais garda son regard océan posé sur Trystan. Étonnement, celui-ci s'était radouci (un peu), et elle soutint une voix neutre (froide).

-Et pour revenir à Fal. Je n'ai pas besoin de ton aide. Je ne veux pas que tu nous aides, parce que comment ça sera lorsque nous devrons attaquer une place plus importante? Si nous en venons à Argent? Ou n'importe où où il y a des chances que tes... que des personnes plus « importantes » s'y trouve? Est-ce que tu vas choisir tes combats? Parce que ce n'est pas ça, « changer d'alignement ». Ce n'est pas ça « s'impliquer ». Tu n'as pas besoin de... Je sais que tu es avec moi. Je sais que tu ne veux pas que je me fasse démolir sur un quelconque champ de bataille. Mais de là à vouloir qu'Enkidiev et les peuples exilés récupèrent tous les territoires volés par Irianeth... Ce n'est pas que je n'ai pas confiance en ta bonne volonté... C'est juste que... tu es un peu impulsif sur les décisions...parfois...

Elle se tira une chaise et se laissa tomber dessus, se prenant la tête entre les mains. Si elle avait commencé avec une voix dure, celle-ci était devenue plus incertaine vers le milieu de son discours, jusqu'à finir par être littéralement faible vers la fin. À l'extérieur, la pluie continuait de tomber.
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MessageSujet: Re: Faut-il faire la guerre pour se plaire ? [PV] Mer 04 Sep 2013, 06:52


La dispute alimente la dispute et engloutit ceux qui s’y plongent
~ Sénèque ~

Bien sûr que ce n’était pas facile ! Mais ce n’était très certainement pas en lui hurlant cette vérité à la figure que le problème serait réglé ! Et, au lieu de le rabaisser sans cesse, la charmante reine d’Émeraude aurait pu songer à l’encourager. Ou, au moins, à montrer un tant soit peu d’enthousiasme. De soutien. Sauf qu’il semblait bien que Zoelie soit incapable de tout cela. C’était hors de sa portée. Il était tellement plus agréable de s’en prendre à Trystan ! Pourquoi ? L’ancien Empereur n’arrivait même plus à savoir. Quoique, si. Tout était incroyablement clair. Il se faisait réprimander à cause de ce que ZOELIE estimait que TRYSTAN penserait PLUS TARD ! QUE C’ÉTAIT LOGIQUE ! Après tout, Zoelie le connaissait. Zoelie savait comment il allait réagir. Et, de ce fait, Zoelie était complètement autorisée à lui jeter le blâme dès à présent ! Bien sûr. Il aurait dû s’en douter. Encore, s’il avait décidé de la trahir elle en prenant contact avec Ryan et Lou… Là, encore, la réaction de la Reine Verte aurait été plus ou moins compréhensible. S’il avait joué l’agent double depuis le premier jour, il l’aurait amplement mérité. Et, s’il était immédiatement parti pour Irianeth après avoir découvert ce projet d’attaque, il aurait été normal qu’elle lui en veuille. SAUF QUE LÀ… Il voulait simplement AIDER et faire en sorte que leur stratégie soit la plus irréprochable possible. Mais la rouquine ne semblait pas le voir de cet œil. Au contraire. Et même si elle reconnaissait que leurs trajectoires étaient erronées (sérieusement, certains des chemins qu’ils souhaitaient emprunter n’existaient plus depuis des années !) elle ne semblait toujours pas vouloir admettre qu’elle avait besoin de l’aide de Trystan. Après tout, Fal était facile à prendre ! Oui. C’était vrai. Enfin… Facile, d’un point de vue impérial. Admettons qu’il s’agissait sans aucun doute du royaume le moins protégé. Mais cela ne voulait pas pour autant dire qu’il s’agirait d’une balade de santé. Bien au contraire. Franchement. Avec un tel plan… Non. Ils n’y arriveraient pas. Si la stratégie se résumait réellement  à  « se pointer là-bas, dégommer quelques insectes et laisser quelques troupes » … C’était ridicule. Comment eux qui n’avaient jamais réussi à reconquérir ne serait-ce qu’un seul des royaumes qui leur avaient été dérobés pouvaient se permettre de prendre une attaque aussi à la légère ? Ou sinon, ce n’était que Zoelie qui n’y connaissait rien en stratégie… Ou qui ne voulait pas dévoiler le véritable plan d’attaque (qui se trouvait pourtant toujours sous les yeux de l’ancien Empereur… (cherchez l’erreur))

Et puis… Oh ! Un joli changement de sujet ! Magnifique ! (Ou pas) Parce que, très sérieusement, il n’en avait absolument rien à faire de cette leçon de morale qu’elle tentait actuellement de lui donner. Ne pas frapper les femmes ? Il s’agissait d’une règle affreusement stupide. Pourquoi les femmes auraient le droit de s’acharner sur les hommes (et verbalement, ça compte AUSSI) et pas l’inverse ? De toute manière, la question n’était même pas là puisqu’il ne l’avait pas frappée. Ce n’était rien qu’une claque. Une toute petite claque magique qui n’avait même pas dû lui faire mal (sauf peut-être dans son orgueil (ce qui était incroyablement nécessaire de temps à autres afin de ne pas perdre pied avec la réalité)) ! Il ne l’avait même pas touchée ! Alors elle pouvait hurler tant qu’elle voulait, cela ne changerait rien à sa conception des faits. Ainsi, comme toute réponse à la magnifique tirade de Zoelie, l’homme se contenta de lever les yeux au ciel et de soupirer d’exaspération. Un instant, son regard se posa sur les fenêtres qui laissaient transparaitre le magnifique déluge qui sévissait présentement à l’extérieur de ces murs. Le tonnerre s’invitait de lui-même. Et les éclairs ne tarderaient probablement pas. Son attention se reporta sur Zoelie et il fut surpris  de la voir encore si droite et tenace. Et, bien que la situation n’ait absolument rien de drôle, un sourire amusé vint se former sur son visage. Trystan se demandait quand est-ce que la Reine allait craquer et  allait admettre avoir tort. Sans aucun doute dès que le premier éclair se refléterait dans les vitres. Si la météo pouvait l’aider à avoir le dernier mot, il ne serait très certainement pas contre. Surtout que ce qu’elle disait actuellement… Comment cela serait lorsqu’ils attaqueraient d’autres endroits ? Des vrais endroits. Pas des endroits inutiles et dépourvus de tout intérêt comme le royaume poussiéreux et désertique de Fal. C’était une excellente question. Ce… Ouais… Une excellente question. Il n’avait pas de réponse. Il préférait se dire qu’il improviserait en temps voulu. Et puis, de toute manière, Enkidiev ne parviendrait JAMAIS à reprendre le royaume d’Argent. Alors la question ne se posait même pas. Quoique, si, elle se posait. Mais Trystan n’avait pas envie de se la poser. NUANCE. Au contraire, il préférait effectuer une écoute sélective et ignorer les propos embêtants de la Reine. Ou pas. Car la fin de sa tirade était beaucoup trop insultante pour pouvoir être ignorée. Encore cette question de confiance, hein ? Toujours.


- « Un peu impulsif sur les décisions » ?

Toujours ce même regard furieux, ce ton froid et… Oh ! Un éclair ! Impossible à manquer puisqu’il était tombé tout près d’une des fenêtres de la salle. Mais cela n’affectait pas Trystan. Alors, en faisant semblant de ne prêter aucune attention à ce phénomène météorologique, Trystan reprit où il s’était arrêté.

- Cela ne t’a pourtant pas dérangé que je sois impulsif lorsque JE t’ai libérée alors que TU étais condamnée à mort. Ni quand J’AI sonné la retraite alors que VOUS étiez en désavantage. Ni même quand j’ai quitté Irianeth. Dès lors, soit tu as la mémoire sélective soit tu n’as pas confiance en ma bonne volonté. Ce qui, après tout, ne serait pas très étonnant puisque tu n’as toujours pas confiance en moi. Pourquoi, sinon, m’interdirais-tu l’accès de cette salle ? Et pourquoi est-ce que tu ferais une crise quand j’y accède ? Et pourquoi tu mettrais continuellement ma parole en doute ? POUR UNE SIMPLE BAFFE ?! D’ailleurs ! Ce n’est pas ça, frapper. Et tu le sais très bien. La baffe, tu l’avais amplement méritée. Alors arrête de vouloir jouer la petite fille fragile et innocente.

Un ordre ? Pourquoi pas. Elle se permettait bien de lui en donner, elle.

- Et arrête aussi de te faire croire que tu me connais si parfaitement. Tu ne peux pas prévoir avec exactitude mes réactions. Tu ne sais pas ce que je pense. Et encore moins ce que je penserai plus tard. Tu n’en es pas capable. Tu n’es pas EL–

ÉCLAIR. Suivi d’un grondement de tonnerre, presque instantanément. Très franchement, il était bien tombé. Il avait empêché Trystan de finir une phrase qu’il n’aurait jamais dû ne serait-ce que penser. Alors, abandonnant toute colère (il avait toujours été incroyablement doué pour changer d’humeur sans prévenir, tout comme Zoelie) il reprit,  beaucoup plus doucement.

- Je ne changerai pas d’avis lorsque vous attaquerez d’autres royaumes. Mais tu ne pourras me croire que si tu acceptes de me faire confiance. Et ce n’est pas de mon ressort.

Bien sûr, il était tellement logique de demander à Zoelie de lui faire confiance alors qu’il venait de lui crier dessus, de la gifler, et de lui crier dessus à nouveau. BIEN SÛR. Poussant un léger soupir, Trystan tira une des chaises qui se trouvait devant lui pour y prendre place.

- DONC… Tu me laisses modifier votre stratégie ? Car… il y a des avant-gardes ici, ici et là qui ne sont pas indiquées sur votre carte. Et ce passage serait beaucoup moins risqué que votre trajectoire actuelle. Surtout si vous attaquez sur plusieurs fronts.

Trystan, insister ? NON ! PAS DU TOUT !
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MessageSujet: Re: Faut-il faire la guerre pour se plaire ? [PV] Ven 06 Sep 2013, 15:25

« Les destins trop brillants amènent trop d’orages. »
Rivarol

Trystan la regardait comme s’il voulait la trucider. Expression qu’il prenait souvent avec elle. Disons qu’elle avait sans doute cette tendance à le mettre un peu trop en rogne. Ainsi, il était furieux. Il reprit ses mots et… Oh, un éclair. Un violent frisson agita le corps de la Reine, qui sentait que la peur allait faire descendre toutes ses barrières. Prenant une grande inspiration, elle tenta de ne pas se concentrer sur la violente pluie. L’ennui, c’était que si elle ne se concentrait pas sur la pluie, elle se concentrait sur Trystan et ce n’était vraiment pas mieux. Il… il avait raison. Et ça la frustrait. Effectivement, parfois, son impulsivité pouvait quelquefois être bénéfique. Quelquefois. Vraiment pas souvent. Vraaaaiment pas souvent. Mais à quoi bon essayer de le lui dire?Il continua en disant qu’elle n’avait pas confiance en sa bonne volonté. Effectivement. C’était tout à fait ça. Elle ne lui faisait toujours pas confiance. Elle savait que cettedite « bonne volonté » pouvait flancher en un mouvement, alors elle ne voulait as lui faire confiance. Elle s’empêchait cette déception et… et en tant que Reine aussi, c’était important de garder une certaine objectivité. Cependant, pour ce qui était de la mémoire sélective, il était mal placé pour parler. Il semblait ignorer la moitié des dires de la jeune femme, probablement parce qu’il savait qu’elle avait raison. Cette déduction donna une satisfaction féroce à Zoelie. Elle ne se frustra pas pour les accusations de l’homme, simplement car il posait des questions auxquelles il avait déjà répondu. Oh, par contre, là, elle n’était pas d’accord. Il l’avait frappé et il voulait le nier maintenant? Ingrat. Donc il l’avait trèèèès doucement giflée, à son humble avis, et bien entendu, elle avait volontairement demandé ce putain de coup magique. Bien entendu. « Petite fille fragile et innocente? »Mais qu’il ait donc se faire foutre! Espèce de misogyne arriéré! Sexiste et batteur de femme! Zoelie brûlait à présent de colère.

Arrêter de faire semblant de le connaître. Quel imbécile. Quelle saleté de con. Elle avait simplement présumé qu’elle commençait à le comprendre, et lui, faisant son fier à bras, son orgueilleux ultime lui crachait au nez que c’était le contraire. Pourtant, elle savait qu’elle arrivait à connaître ses pensées. Elle savait aussi qu’il n’avait pas répondu à la majorité de ses paroles parce qu’il ne savait tout simplement pas quoi répondre par rapport à celle-ci. Dès qu’elle évoquait sa fille ou son écuyer, il se fermait. Ça, elle le savait. Et dès qu’elle évoquait aussi Ellyn. Ellyn? Ah oui, parlons d’elle. Elle qui comprenait tout. Elle qui savait tout. Elle qui surpassait TELLEMENT Zoelie sur tous les points. Selon Trystan. Et cet imbécile était venu rejoindre la rousse. Tellement logique. D’ailleurs, il lui reprochait, à présent. Il lui reprochait de ne pas être comme elle. Haha. Comme El-.
Il y eut un joyeux éclair. Mince. Zoelie n’arrivait pas à rester frustrée alors que sa peur lui pompait toute son énergie. C’était terrible. Son regard se porta vers la fenêtre. Les pupilles dilatées par la frayeur, elle oublia momentanément les paroles de l’ancien Empereur, et lorsqu’elle s’en souvint, ce n’était plus de la colère qu’elle ressentait, mais un lamentable résignation. Oui. Elle n’était pas Ellyn. Voilà. Bordel. C’était un fait. Mais elle croyait avoir le droit de le comprendre elle aussi. Elle était convaincue que ce n’était pas un privilège uniquement accordé à l’ex-femme blonde de Trystan. Par contre, malheur à elle si elle osait proférer sur ce sujet! Elle se ferait rabrouer. Comme elle venait de se faire faire. Elle ne bougeait plus, tétanisée par la foudre. L’urge d’allait se cacher se faisait sentir. Elle entendait à moitié son interlocuteur. Hein? Il parlait encore de confiance? Il rentrait dans la seule place dont il n’avait pas le droit d’aller, il lui criait dessus, il la frappait, il lui criait encore dessus et il voulait qu’elle lui fasse confiance? Logique. De toute façon, Zoe n’était pas en état de prendre une décision là dessus. Et pas plus sur sa demande pour modifier la carte. Elle avait juste de l’énergie pour avoir peur.

-…Comme tu veux.

Elle avait tellement de choses à dire. Et pourtant, elle n'y arrivait pas. La peur l'étreignait, le sentiment de détresse lui serrait la gorge et la panique se faisait sentir. Encore heureux qu'elle ait pu dire ça. Si elle voulait continuer à s'exprimer, elle allait définitivement faire un effort. Là, elle était figée. Trystan s'était assis, comme si de rien n'était, et elle... elle ne pouvait pas bouger sur sa chaise. S'il eut fallu qu'elle bouge, ç'aurait été pour se précipiter dans l'armoire de gauche, sous la table, ou sous les draps du premier lit qu'elle aurait pu trouver, emmurer des oreillers les plus proches. C'était terriblement dur de se concentrer sur ce qu'elle voulait dire. Vraiment dur. Chose certaine, elle ne pouvait plus être frustrée. La frayeur l'en empêchait. Trystan était chanceux sur ce coup-là. Jamais elle n'aurait laissé passer les « faible petite fille innocente » et le fait qu'il ne l'avait pas frappé. Jamais. Mais là...

-J-je sais que je ne suis pas Ellyn. Mais je crois que... je peux… peut-être…

Elle n'eut pas la force de continuer en entendant à nouveau les grondements du tonnerre. Son regard fuyant d'un bord et de l'autre de la pièce, elle respirait beaucoup plus rapidement à présent, sur le bord de la crise de panique. Elle était à côté des éclairs. Juste à côté. Elle était dehors. Le tonnerre, toujours le tonnerre. Concentration, concentration. C'était tellement...impossible.

-L-laisse faire...

Murmura-t-elle. Elle voulait lui dire qu'elle était capable elle aussi de le comprendre un peu. Malgré ce qu'il disait. Un peu, quand même... e-elle n'avait jamais eu la prétention qu'il l'accusait d'avoir. Mais Trystan était bien trop fier de lui dire que jamais, au grand jamais elle ne serait assez bonne pour le comprendre, lui et sa tête fêlée. Jamais elle ne serait assez compétente pour songer à penser connaître ses pensées. Valait mieux se taire à ce moment-là. Chose qu'elle n'aurait jamais faite s'il n'y avait pas eu d'éclair. Tiens, parlant d'éclair... Dans un ultime sursaut, Zoe reposa son regard sur l'armoire. Peut-être pourrait-elle s’y cacher. Alors que des sueurs froides lui coulaient le long du dos, elle hésita à se relever, puis se retint. Elle avait bien trop de palpitation et… crise de panique disait-on? Oui bon, elle l’avait, ladite crise. Elle perdait la maitrise d’elle-même. Belle pathétique Reine n’est-ce pas? Victime de tremblements, elle avait l’impression d’avoir de la fièvre. Mais elle connaissait bien ces symptômes. Ils passeraient bientôt. Pour l’instant, par contre… Elle regarda Trystan, puis la carte qu’il tenait tant à modifier. Elle n’arrivait pas à focaliser.

-Modifie pas… ‘ttend peu…

Attend un peu que l’orage passe. Parce que là… Elle ferma les yeux. Elle ramena ses jambes contre elle, sur la chaise, et enfouie  son visage. Elle. Devait. Se. Calmer.
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MessageSujet: Re: Faut-il faire la guerre pour se plaire ? [PV] Sam 07 Sep 2013, 10:50


Le vrai plaisir de la dispute, c’est la réconciliation
~ Guy Bedos ~

Trystan avait gagné. Il avait obtenu ce qu’il désirait et pourtant il ne parvenait pas à s’en montrer satisfait. Ce n’était même pas car il était trop exigeant mais… Ce n’était pas vraiment une victoire puisque la météo avait mis Zoelie hors d’état de nuire. En fait, il s’agissait presque d’un cas de triche. Alors, même si la rouquine lui donnait le droit de faire ce qu’il voulait, Trystan n’en fit rien. Et, très rapidement, il se désintéressa des cartes, des lignes et des pions pour se concentrer sur la femme qu’il aimait. Elle n’allait pas bien. Même un aveugle aurait pu le constater. MAIS LUI, IL N’AVAIT PAS ÉTÉ CAPABLE DE LE REMARQUER PLUS TÔT ! Quoique, ce n’était pas tout à fait véridique. Il l’avait complètement remarqué. Et il avait même profité du tonnerre qui rugissait et des éclairs qui illuminaient morbidement la pièce pour dire des phrases qu’elle ne lui aurait d’ordinaire jamais pardonnées. Il avait voulu obtenir ce qu’il souhaitait, à n’importe quel prix, jusqu’à en oublier que s’il voulait aider, c’était tout d’abord pour garantir la sécurité de la Reine d’Émeraude. Une Reine qui était actuellement en très piteux état sur sa chaise, comme un oiseau à qui l’on aurait coupé les ailes. Et lui, il n’en avait rien eu à faire. Au lieu de mettre fin à cette dispute, quitte à avouer être en tort (puisque, après tout, c’était tout de même un peu le cas) et envoyer chier son propre orgueil (qui ne se privait jamais dès qu’il s’agissait de créer des problèmes dans sa vie de couple), et d’aller vers sa compagne afin de lui apporter le réconfort dont elle avait besoin, il avait choisi de l’ignorer. Peut-être Zoelie avait-elle eu raison un peu plus tôt dans leur conversation pour le moins houleuse. Et s’il avait recommencé à aimer ça ? Et si cela lui avait tant manqué qu’il sautait sur la première occasion pour reprendre les vieilles habitudes ? Et s’il n’avait pas vraiment changé ? Secouant négativement la tête (plus comme une délibération à son débat psychologique interne que comme une réponse à ce que venait de dire l’hirondelle (bien qu’elle puisse également l’interpréter de la sorte)) Trystan se força à chasser ces idées ombres de son esprit. Il n’était pas comme ça. Il n’était PLUS comme ça. Et il ne voulait plus jamais l’être. Surtout pas avec quelqu’un qu’il aimait. SURTOUT PAS AVEC EL- ZOELIE. D’ailleurs… En parlant de ça… La Reine se sentit obligée de revenir sur le sujet qu’il avait FAILLI évoquer un peu plus tôt (sauf qu’il avait eu la décence de ne pas aller jusqu’au bout) et… Voilà. C’était officiel. Trystan se sentait mal.

Ne lui avait-il pas promis de… de ne plus jamais la comparer à son ancienne femme ? Si. Il l’avait fait. Et il n’avait pas respecté sa promesse. Comment exiger de Zoelie, alors, qu’elle lui fasse confiance. Trystan était un monstre. Non seulement la rouquine était affaiblie par l’orage qui continuait de faire rage au-dessus du château d’Émeraude mais, EN PLUS, il l’attaquait psychologiquement (et physiquement (même si je maintiens qu’une baffe ne rentre pas dans la catégorie de la violence conjugale)). Évidemment qu’elle n’était pas comme Ellyn. Mais elle était beaucoup mieux que cette dernière. Et ce même si elle venait d’attraper l’horrible maladie de la blondinette qui consistait à ne pas communiquer oralement et à ne jamais terminer ses phrases. Ce qui était d’autant plus embêtant que, vu qu’elle n’était pas EL- STOP. Trystan avait compris. Dès lors, peut-être que Zoelie aussi pouvait le comprendre. Et, même s’il était beaucoup trop orgueilleux pour admettre que ses défenses soient mises à nues par une simple courtisane ennemie autrui, force était de reconnaitre que c’était le cas. Et puis… Zoelie n’était pas n’importe qui. Elle était celle qui avait fait tomber son masque. Il n’aurait jamais dû la rabaisser et lui faire croire qu’elle ne serait jamais capable de le comprendre. La vérité, c’est qu’elle l’avait compris alors que lui-même n’y parvenait pas. Ellyn n’avait plus le monopole de la compréhension. En fait, elle ne l’avait jamais eu. Il y avait également eu Andréya (mais cette dernière avait toujours été maintenue hors de la liste pour des raisons évidentes de bienséance et d’estime personnelle). Puis Elendil (qui ne pouvait pas être comptabilisé étant donné… étant donné… bref.) Trystan s’était fourvoyé. Le plus horrible, dans cette situation, c’est qu’il venait de réaliser tout cela une fois que Zoelie avait décidé (ou s’était trouvée contrainte, au choix) de se taire. L’orgueil venait d’en prendre un sacré coup. Mais cela ne faisait rien. Il se relèverait. Et il créerait de nouvelles disputes. Toujours plus chiantes. Jusqu’à temps que Zoelie parvienne à l’éliminer complètement ! Quoique… Continuerait-elle à l’aimer s’il devenait docile ? Argh. Cela ne servait à rien d’y réfléchir. Qu’importe à quel point l’orgueil était blessé, il ne pourrait jamais s’éteindre totalement. Alors, tandis que Zoelie s’était définitivement repliée en boule sur sa chaise, Trystan attendait. Qu’attendait-il ? Il n’en était pas très certain. Probablement que l’orage passe. Pourquoi ? Pour que Zoelie se calme. Qu’elle reprenne ses esprits. Et qu’elle lui envoie de nouvelles paroles destructives en pleine face. Surtout qu’à présent il n’était plus en état de les éviter. Non. Trystan ne pouvait pas attendre. Mais il ne pouvait pas non plus rester sans rien faire.


- Tu n’as pas à avoir peur. Ferme les yeux. Concentre-toi.

Il avait quitté sa chaise afin de contourner la table et d’aller rejoindre Zoelie. Puis, il l’avait prise dans ses bras de la même manière que l’on porterait un jeune enfant et s’était rassis, la rouquine contre lui, la tête sur la sienne. Après de longues minutes, il lui avait murmuré ces quelques mots, avant de lui envoyer des images mentales. De belles images. Trystan souhaitait qu’elle fasse abstraction de l’orage. Et, pour cela, il souhaitait qu’elle se focalise sur autre chose. Alors, il partageait avec elle les meilleurs moments qu’il avait passé à Émeraude avec elle. Comme cette randonnée équestre qu’ils avaient effectué afin d’aller visiter les coins les plus reculés du royaume. Ou même le pique-nique improvisé dans les champs qui avait terminé en duel d’escrime (les brins de blés remplaçant les épées). Ou encore leurs nombreux bains ensemble qui ne manquaient pas de se transformer en guerre de mousse. Et plein d’autres scènes encore. Trystan n’était pas certain de savoir comment s’y prendre pour guérir la peur, mais il faisait de son mieux. Et, de ce qu’il pouvait constater, cela semblait fonctionner. Dehors, les éclairs avaient cessé, les grondements de tonnerre se faisaient plus lointains, et la pluie avait perdu de son intensité. L’orage s’était calmé. Tout comme leur dispute.

- Je voulais juste t’aider. Pas créer une dispute. D–

Le mot lui brûlait les lèvres mais il n’était pas parvenu à sortir. Malgré toute la culpabilité qu’il pouvait éprouver, Trystan ne s’excusait pas aussi facilement. Et puis, de toute manière, il se doutait que cela ne suffirait sûrement pas à Zoelie de revenir sur ce qu’il avait pu lui dire. Il fallait toujours qu’elle ait le dernier mot. TOUJOURS.
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MessageSujet: Re: Faut-il faire la guerre pour se plaire ? [PV] Sam 07 Sep 2013, 22:02

« Au plus fort de l’orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C’est l’oiseau inconnu, il chante avant de s’envoler. »
René Char

Zoe ne bougeait plus et attendait. Elle attendait de cesser de paniquer, de cesser de respirer aussi fort, de trembler et de penser qu'elle allait mourir la seconde d'après. L'attente était particulièrement pénible. Si elle avait pu se réfugier sous des draps, encore, l'impression d'être mise à nue par la foudre et d'être totalement à sa portée aurait été moins intense. Mais elle restait sur cette chaise, à moitié mue par cette volonté de ne pas fuir, et à moitié incapable de le faire, paralysée par la frayeur. Elle ne savait plus comment elle allait se sortir de cette situation. Attendre la fin de l'orage semblait être une bonne idée. L'ennui, c'était qu'elle n'arrivait même pas à se dire logiquement que le tonnerre allait cesser. Elle n'entendit même pas Trystan se lever. Sans avoir les yeux fermés, elle les fixait néanmoins sur la table, et un voile semblait s'être glissé devant ceux-ci, l'empêchant de voir toute autre chose que les flashs de lumière qui l'apeuraient. Par contre, elle sentit lorsque son amoureux la prit de ses bras, comme une enfant. Elle eut l'impression de réentendre la voix de celui-ci avec son « arrête de faire la petite fille innocente et faible ». Elle voulait bien. Elle ne pouvait juste pas cesser d'être faible. Pas face au déchaînement des éléments du ciel. Mais l'Empereur ne sembla pas lui en tenir rigueur. Il ne l'accusait plus cette fois-ci. Au contraire, après l'avoir soulevé puis serré contre lui, il se rasseyait, la tenant toujours comme une enfant. Le corps de Zoe se relâcha légèrement alors qu'elle agrippait la chemise de son amant. Si une personne était capable de la protéger, c'était bien lui. Même s'il l'avait frappé. Mais il ne sembla plus vouloir l'attaquer. Saleté d'humeur changeante. Tonnerre, éclair. Il lui sembla soudainement que Trystan avait disparu. Encore une fois, elle était seule. Seule face à la foudre. Les yeux écarquillés, elle fixait la grande fenêtre, source de sa frayeur. Puis autre chose que la pluie et le tonnerre s'immisça à ses oreilles. Elle sentit la tête de Trystan se poser sur la sienne, et ses mots trouvèrent leur chemin jusqu'à sa conscience. Fermer les yeux. Fermer les yeux. Ce pourrait être une bonne idée. Il disait qu'elle n'avait pas à avoir peur. Mais il savait sans doute que même s'il le lui criait mille fois, cela ne changerait rien. Sa peur était phobique. Incontrôlable. Elle aurait préféré se retrouver devant Drace plutôt que devant un orage. Oui, à ce point-là.

Elle ferma les yeux. Elle tenta de se concentrer. Sur quoi? Sur Trystan bien entendu. Sur sa seule potentielle source de réconfort. C'était étrange de prendre comme « source de réconfort » un homme qui l'avait frappé quelques minutes auparavant, qui lui avait crié dessus. C'était irrationnel. Comme la peur de Zoe. Comme son amour pour Trystan. Comme cette stupide histoire. Elle se mit à imaginer des scènes. Non, ce n'était pas elle qui les imaginait, c'était... lui qui lui envoyait des images? C'était très loin de la dernière expérience du genre qu'elle avait eue. Très loin de Drace et des corps démembrés. Oui, là, tout était plus...lumineux. Beau. Joyeux. Et le pire était que toutes ces scènes avaient réellement eu lieu. Toutes ces scènes de bonheur. Ah oui, il avait déjà réussi à être heureux parfois? Éclair, tonnerre. Elle gémit doucement et se blottit davantage contre Try. Se concentrer sur les images. Toutes les images. Oublier les tambours du ciel. Se rappeler la joie de couple. Ne plus trembler. Relaxer. Faire confiance à Trystan. Elle ne devait pas avoir peur. Pas s'il était là. Doucement, sa respiration se calma, en même temps que le débit de la pluie. Elle se risqua à ouvrir les yeux, les remarquant brouillés par quelques choses. Oh, des larmes. Elle avait pleuré? Elle ne s'en était pas rendu compte. Elle entendit de nouveau la voix la Trystan, qui disait qu'il voulait juste l'aider et ne pas créer de disputes. « Désolé ». Enfin, il ne le dit pas. Évidemment. Zoe ne lui en tint pas rigueur. Elle resta sur lui et referma momentanément les yeux pour soupirer longuement. Elle avait encore l'impression de trembler. Elle avait encore ce fond de frayeur, même si l'orage s'était éloigné. Mais au moins, elle regagnait peu à peu de la volonté. Elle termina de détendre chacun de ses muscles qui s'étaient crispés (plusieurs, soit dit en passant) et se redressa un peu, tout en restant assise sur Trystan, le dos accoté contre lui.

-Je sais.

Souffla-t-elle. Doucement. Elle n'avait toujours pas l'énergie de parler plus fort, de s'exclamer, de s'obstiner... et puis à quoi ça aurait servi? Il savait sûrement qu'il n'aurait pas dû la frapper. Il savait sûrement qu'il n'aurait pas dû entrer ici et lui crier dessus. Il savait sûrement qu'il n'aurait pas dû parler d'Ellyn. Sûrement. Zoelie allait prendre le risque de ne pas lui rappeler. Se frottant les yeux, elle regarda la table. Elle n'avait pas envie de parler de stratégie. Et pourtant, c'était... essentiel, non?

-T-tu parlais de passer plus au sud pour une partie des troupes? Tu peux marquer les avants-gardes s'il te plaît? J'en parlerai subtilement au chef de l'Armée demain...

Sans mentionner précisément la source d'information bien entendu. Et ça lui laisserait le temps de choisir quelles informations prendre et lesquelles laisser. Elle ne pouvait pas se permettre de tout baser l'attaque sur les seules estimations de Try. Au cas où. Toujours au cas où, disais l'esprit. M-mais...MINCE. Elle en avait marre, des « au cas où ». Mais elle était obligée de les garder. Responsabilités de Reine. Elle en avait marre. Elle en avait marre de ne pas pouvoir lui faire confiance.  Il allait falloir qu'elle réussisse à arranger ça. Elle pouvait peut-être tenter quelque chose. Une dernière chose. Une dernière chance. TOUJOURS des dernières chances, n'est-ce pas? Ça en devenait ridicule. Pour cette fois, elle allait miser. Miser gros. Très gros. Sa vie, celle de ses soldats. Elle allait prendre encore un risque. Ce pourrait être une garantie. Si Trystan ne la trahissait là, il ne la trahirait plus jamais. Ou encore, s'il ne la trahissait pas là, ce serait peut-être justement pour acquérir plus de confiance pour ensuite la- STOP. Une chose à la fois. Elle pouvait essayer. Elle en avait le pouvoir. En avait-elle le droit? Non. Enfin, si. Elle avait tous les droits. Elle était la Reine. Elle pouvait se fier à son instinct. Elle pouvait prendre des risques. Elle avait juste peur de le faire. Elle avait peur de sentir le regard courroucé des familles dont elle menait peut-être les membres à leur perte. Elle était égoïste. Mais en même temps, s’ils gagnaient plus facilement grâce au conseil de Trystan, il y aurait moins de morts. Alors... Alors ça valait peut-être le coup d'essayer. Elle lui faisait déjà assez confiance pour vouloir tenter la chose. C'était bien, non? Elle mettait sa vie entre ses mains. Et celle de son peuple. Elle se sentait folle. Elle était consciente de l'être. Mais elle voulait prendre le risque. Elle devait sortir de son cocon de confort. Au moins une fois. Et essayer.

-Je veux dire... D'accord. Change ce que tu veux, cette fois, si c'est ta décision. La mienne, c'est de t'écouter, de te faire confiance.

J'essaye. Pour ce combat seulement. Je prends le risque. Je prends le risque pour toi. Pour nous. J'ai peur. J'AI PEUR. Mais je sens autre chose dans être. Une espèce de pression qui part, mais qui reste autour. Je me sens un peu plus légère. Délivrée d'un poids? Je n'irais pas jusque-là. Mais ça fait du bien d'avoir pris une décision par rapport à toi. Je parle à présent d'une voix certaine, mais toujours douce.

-Je vais suivre tes conseils. Et je serai au premier rang.

Avec mes troupes. À la première ligne. Prête à me faire exploser pour sauver mon peuple. Alors, prends des bonnes décisions Trystan. C'est fou. Je réalise que je te fais confiance, pour ma vie. Je te fais trop confiance. C'est dangereux. L'esprit me dit que je ne devrais pas. Mais hé... je te fais confiance. C'est marrant non? JE TE FAIS CONFIANCE. Je crois que j'ai deviné pourquoi. Je préfère mourir que de vivre avec le malaise de savoir que tu complotes dans mon dos. Si tu complotes dans mon dos, c'est l'occasion de me tuer. Si tu ne complotes pas... laisse-nous être heureux. Parce qu'on va l'être. Je plonge mon regard dans le tien en levant la tête, puis je me lève, et t'embrasses doucement.

-Je t'aime Trystan.

Même si tu me gifles. Même si tu me cries dessus. Même si tu veux me trahir. Même si -... Je t'aime parce que tu m'as protégée contre l'orage. Parce que je suis heureuse avec toi. Parce que je sais que tu veux m'aider. Parce que je sais que tu vas m'aider. Parce que j'ai peur, mais je n'ai pas peur. Je suis confuse. Mais j'ai pris ma décision. Et je ne reviendrai pas dessus.
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MessageSujet: Re: Faut-il faire la guerre pour se plaire ? [PV] Dim 08 Sep 2013, 14:30


Le bonheur est une femme
~ Friedrich Nietzsche ~

Zoelie était finalement parvenu à se détendre. Sur son visage humidifié, il était encore aisé de lire toute la frayeur qu’elle avait pu ressentir. Mais Trystan choisit de ne pas en parler. Et de la laisser se redresser. La Reine d’Émeraude ne semblait pas particulièrement déterminée à redevenir énervante mais ce n’est pas pour autant que l’ancien Empereur relâchait la pression qu’il s’imposait. Zoelie était tellement versatile qu’il était toujours difficile de prévoir quelles seraient ses réactions. Et, parmi tous les scénarios qui avaient pris forme dans l’esprit du blondinet, l’hirondelle choisit évidemment d’exploiter celui que Trystan avait délibérément décidé d’ignorer tellement il le considérait improbable. Zoelie lui parlait de stratégie. Et, pire encore, elle lui demandait de modifier la carte. Durant de nombreuses secondes, Trystan s’inquiéta des effets dévastateurs qu’avait pu avoir l’orage sur le fonctionnement interne de son amante. De toute évidence, les dégâts étaient beaucoup plus graves qu’il n’avait pu le penser. Jamais Zoelie ne lui aurait proposé cela. Et, même si jamais elle avait décidé de le faire, elle n’aurait pas manqué de teinté ses propos d’une ironie sévèrement marquée qui aurait clairement démontré qu’elle ne pensait pas ce qu’elle disait. Sauf que, cette fois-ci, il n’y avait pas de sarcasme. À moins qu’il ne soit trop bien caché pour que Trystan puisse le remarquer. Oui. Ce devait sans aucun doute être cela. Après tout, la rouquine ne pouvait pas vraiment avoir offert à celui qu’elle devait sans aucun doute continuer de considérer comme un potentiel futur traitre de modifier la stratégie de l’armée d’Enkidiev. Surtout pas alors qu’elle l’en avait empêché quelques minutes plus tôt. Et encore moins alors qu’elle avait été jusqu’à lui reprocher sa présence dans cette salle. Et ENCORE beaucoup moins quand il n’était même pas supposé avoir connaissance de cette guerre puisqu’elle souhaitait qu’il demeure neutre (ce qui était bien évidemment impossible pour un tel conflit qu’il avait déjà vécu au plus près durant presque l’entièreté de son existence (mais de l’autre côté (avec ceux qu’il se devait à présent de considérer comme ses ennemis (et c’était tout de même légèrement perturbant)))). Non. Il était définitivement impossible que Zoelie ait pu dire cela. Et qu’elle l’ait pensé. Trystan avait dû mal comprendre. Ou Zoelie n’avait tout simplement pas utilisé les bons mots. Ou peut-être même avait-elle omis d’employer la négation. Alors, quand elle prévoyait d’en parler au chef de l’armée… Elle devait sans doute penser à le prévenir d’autre chose. Comme par exemple de ne pas prendre en compte les dernières modifications apportées aux cartes puisqu’elle n’avait aucune confiance en la personne qui avait honteusement pris la liberté de se mêler des affaires de guerre d’un continent qui n’était même pas le sien. Et pourtant…

- Je veux dire... D'accord. Change ce que tu veux, cette fois, si c'est ta décision. La mienne, c'est de t'écouter, de te faire confiance.

Whoah. Whoah ! WHOAH ! Soit Zoelie se moquait vraiment de lui et désirait créer des illusions de bonheur dans le simple but de pouvoir les détruire afin de se venger de la peine qu’il lui avait causée en lui lançant (une baffe magique) quelques paroles cinglantes (ce qui était parfaitement probable (MAIS cette hypothèse serait écartée parce que VOILÀ QUOI)) soit… soit elle venait de prononcer LA PHRASE que Trystan attendait depuis… depuis… depuis qu’il l’avait rencontrée, pour être honnête. Soudainement, il était presque fier d’avoir créé cette dispute au dénouement si satisfaisant. Il ne savait même pas ce qui avait pu faire changer d’avis la rouquine. Et, très franchement, il n’était même pas certain de vouloir le savoir. Trystan espérait simplement que ce ne soit pas uniquement grâce aux éclairs et à sa légère crise de panique. Il ne voulait pas que la confiance de Zoelie soit la simple conséquence de sa frayeur. Cela serait immonde. Et absolument irrecevable. Cependant, la Reine rousse avait l’air d’être en pleine possession de ses moyens. En vérité, la stratégie de Fal ressemblait grandement à une mise à l’épreuve. Sauf qu’il s’agissait tout de même d’un risque pour Zoelie. Après tout, il n’y avait pas que sa sécurité qui se trouvait mise en danger mais également celle de toute l’armée. Il s’agissait là d’une grande responsabilité. Évidemment, cela n’effrayait pas Trystan qui avait dû établir d’innombrables stratégies, que ce soit pour de simples missions, pour des conquêtes et même pour des guerres. Et, généralement, les renseignements qu’il possédait sur l’ennemi restaient minimes. Dès lors, Fal devenait ridiculement aisé. Sauf qu’il n’avait pas le droit de décevoir Zoelie. Il ne pouvait pas se tromper. Dès lors, il n’y avait plus qu’à espérer que la formation militaire du territoire désertique n’avait pas évolué depuis son départ. Mais il n’y avait que peu de risque pour cela. Ce royaume n’en valait pas la peine. Vraiment, cela serait facile. Et, avec une bonne offensive, l’Empire devrait sonner la retraite avant même que le combat ne devienne trop sanglant. Mais… Mais… Zoelie lui faisait confiance. Trystan n’arrivait toujours pas à s’y faire. C’était beaucoup trop parfait. Et, même si la pression qui venait avec cette liberté nouvelle ne faisait qu’augmenter, le sourire qui s’était dessiné sur les lèvres de l’homme ne s’évaporerait pas. Il savait pertinemment que la Reine serait aux premières lignes. Elle n’avait pas besoin de lui préciser cela pour qu’il ne la trahisse pas. Trystan l’aimait. Et elle l’aimait en retour. D’ailleurs, elle le lui disait. Et en utilisant son véritable prénom, ce qui ne fit que renforcer le sourire du blondinet. Alors, même s’il ne lui rendit pas sa phrase, son regard exprimait de manière évidence tout l’amour, toute la gratitude et tout le bonheur qu’il éprouvait en ce moment.

- Merci. De me faire confiance.

Durant plusieurs dizaines de secondes, Trystan garda son attention fixée sur Zoelie. Cette dernière s’était levée et il n’avait pas bougé. Il… Il ne savait pas quoi dire d’autre. En fait, il aurait pu parler pendant des heures qu’il n’aurait pas eu le temps nécessaire pour exprimer tout ce qu’il ressentait présentement. Mais… Puisqu’à présent il était établi que la rouquine pouvait le comprendre, Trystan n’avait probablement même pas besoin de parler. Son regard devrait suffire. Et, dans le pire des cas, le baiser qu’il venait de lui voler après s’être levé légèrement devrait sans nul doute être assez expressif.

- Tu ne le regretteras pas.

Il s’agissait d’une promesse. C’était évident. Puis, se rasseyant, Trystan attrapa une des cartes encore vierges où se trouvait dessiné le royaume de Fal. Avec une rigueur dont il n’avait pas fait preuve depuis bien longtemps, il se mit au travail, plaçant les avant-gardes où elles se trouvaient réellement et tentant de les décrire du mieux qu’il pouvait, en marquant combien de soldats et de sorciers se trouvaient en fonction à ces endroits. Après quoi, il entreprit de tracer les routes empruntées par l’Empire et donc susceptibles d’être surveillées lors de l’attaque. Enfin, à l’aide d’une encre de teinte différente, il détermina les points d’attaque de l’armée d’Enkidiev ainsi que les trajectoires qu’elles devraient suivre afin d’encercler le royaume le plus rapidement possible et de forcer « l’ennemi » à sonner la retraite. Une fois qu’il eût terminé, Trystan reposa sa plume et tourna la tête vers Zoelie, plus pour lui annoncer qu’il n’avait plus rien à rajouter que pour chercher une réelle approbation. De toute manière, elle lui faisait confiance. Enfin.
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Faut-il faire la guerre pour se plaire ? [PV]

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