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Confessions (sans frustration?) [PV]

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#Zoelie
Noble
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MessageSujet: Confessions (sans frustration?) [PV] Dim 14 Juil 2013, 16:58

« À quoi sert de se confesser lorsqu'on aime le fruit de sa faute ? »
Graham Greene

3 petites lunes fragiles. Des jours tantôt stressants, tantôt amusants, tristes, emmerdants et tous plus diversifiés les uns que les autres. Trystan était toujours là. Il n'était pas (encore) parti. Plus le temps filait, plus elle s'autorisait à l'aimer plus, à lui faire confiance. Bien sûr, l'esprit était toujours là pour empêcher une confiance trop absolue, ce qui était une bonne chance. C'était tout de même Trystan. L'Empereur d'Irianeth. Oh, non en fait. Récemment, tous avaient appris que l'Empereur était mort, et que sa fille l'avait remplacé. Zoe n'avait jamais réellement interrogé son amant sur le sujet, bien que l'envie était forte. Voilà trois jours que le royaume d'Émeraude était au courant. Beaucoup de villageois semblaient bien plus joviaux que d'habitude. Certes, il y avait toujours une Impératrice, mais le plus important était que celui qui était à l'origine de toutes leurs douleurs était « mort ». Un conseiller de la Reine avait d'ailleurs proposé à celle-ci d'organiser une fête pour la mort de l'Empereur. Idée... intéressante. Qu'elle avait aussitôt décliné, en prétextant que dans n'importe quelle circonstance, il était inapproprié de célébrer la mort d'un être vivant. Que c'était un acte barbare. Bien sûr, ledit conseiller ne semblait pas du tout d'accord avec sa supérieure, mais il ne pouvait pas l'obstiner. Ainsi, aucune fête ne fut organisée pour cela, et seuls quelques amis se réunissaient dans les champs pour fêter l'évènement... ou sans doute davantage pour fêter tout court. Les jeunes avaient ces tendances-là... Zoelie n'avait évidemment pas parlé de la proposition de ce jeune conseiller à son amant. Elle ne voulait pas le blesser, même si, bien entendu, les ragots des villageois et des servantes allaient de bon train. La jeune rousse, elle, se contentait de garder le silence. Si elle n'avait jamais connu l'Empereur, peut-être aurait-elle été heureuse. Par contre, comme de fait, elle le connaissait … assez bien, et couchait dans le même lit que lui tous les soirs (ou presque). Elle n'allait donc certes pas se réjouir de cette « fausse » mort. Déjà qu'elle tentait de psychologiquement cesser de l'identifier à Irianeth... Elle se rappelait les yeux levés au ciel de Zaïdham lorsqu'il avait su la « merveilleuse nouvelle » comme certain renommaient la chose. En même temps, c'était un certain soulagement, pour la magicienne. Si Trystan était officiellement mort pour Irianeth et Émeraude, la chance que quelqu'un découvre son identité à Émeraude était bien plus faible. Sauf que Zoe restait intriguée par rapport à ce qu'il avait dit à Irianeth, pour que l'annonce de sa mort se fasse trois lunes plus tard . Il n'avait pas été présent durant ces trois lunes, pourtant, non? Elle... elle allait devoir lui demander. Ça, et bien d'autres choses.

L'annonce de la mort de Trystan n'avait pas été le seul événement perturbateur dans la tête de Zoelie durant les dernièers lunes. Il y en avait bien d'autres, dont un assez majeur. Par un bel après-midi, elle avait reçu une singulière lettre, apportée par un jeune messager à l'allure assez ordinaire. Une lettre adressée à la Reine d'Émeraude. Ce n'était pas la première. En fait, c'était tellement banal comme  habitude qu'elle attendit le lendemain avant de la lire. Pourtant, c'était très loin d'être banal, au final, cette lettre. Elle avait été écrite par Ellyn. Ellyn. Elle était morte. Morte, vraiment? C'était troublant. La jeune reine revoyait la femme aux longs cheveux blonds et au teint pâle qui l'avait serré dans ses bras sur Irianeth, peu avant que Trystan ne revienne. D'ailleurs, elle ne lui avait jamais dit, ça. Qu'elle connaissait Ellyn. Ellyn qui lui avait envoyé cette lettre. Quand est-ce qu'elle était morte? Le messager étant reparti, elle n'avait pu avoir une réponse à sa question. Un frisson la parcourut lorsqu'elle poursuivit sa lecture. Elle pouvait voir les accusations de l'ancienne Impératrice d'Irianeth, même si celle-ci n'avait peut-être pas voulu que ses paroles sonnent ainsi. « Vous étiez sans doute autant destinés à vous rencontrer que lui et moi à nous détruire. » Elle grimaça. Ensuite, elle lui demandait de ne pas parler de cette lettre. Pas de danger qu'elle le fasse. Parler d'Ellyn à Trystan, c'était un véritable suicide émotif. Surtout pour Zoelie, qui se sentait toujours aussi inférieure à cette femme, qui s'était suicidée pour que son mari soit libéré du poids de son existence. Et elle lui demandait une dernière faveur. Celle de l'aimer. Un léger, et minuscule sourire troublé avait étiré les lèvres de l'archimage en lisant ces mots.  Ça, elle pouvait le promettre à l'esprit de la défunte femme de son amant. S'il y avait bien une chose dont elle était sûre et certaine, dans toute cette histoire, c'était qu'elle était amoureuse de Trystan. « Il mérite cet amour que j’ai toujours fui. Ne le laissez pas seul, il ne le supporterait pas. Aimez-le comme il le mérite, il a déjà trop souffert pour souffrir encore. » (Et pourtant, Trystan était bon pour faire souffrir, aussi!) Enfin. Elle rajoutait dans un dernier petit paragraphe qu'elle n'aurait su imaginer une meilleure personne pour prendre sa place dans le cœur de Trystan. Étrangement, celui de Zoe se serra. Elle, elle était bonne pour Trystan, vraiment? Avec toutes les chicanes qu'ils avaient, elle ne pouvait qu'en douter. « Sans rancœur aucune. Ellyn de Zénor. » Ce fut avec une boule dans la gorge qu'elle relut une dernière fois la lettre, pour conserver chaque mot dans sa mémoire. Sans un mot, elle alluma une bougie et brûla le parchemin, pour que Trystan ne puisse jamais le trouver. Telle avait été la volonté d'Ellyn.

Là, c'était une belle soirée. Zoe avait proposé à Trystan d'aller prendre une marche de soir, dans la forêt. Il faut dire qu'elle aimait bien la forêt. Elle savait (grâce aux joyeuses images qu'Ellyn lui avait montrées), que Trystan n'avait pas nécessairement de super souvenirs de forêt en général, mais si elle commençait à s'arrêter pour chaque petit détail qui pouvait gêner le blondin, elle n'en aurait pas terminé de si tôt. Valait mieux ne pas s'en faire avec le passé. Et vivre au présent. Voilà pourquoi elle marchait présentement à côté de Trystan (dans son corps de Try (car oui, il avait décidé de s'appeler Try finalement)), la main dans la sienne, à l'orée des bois. Elle avait en tête quelques questions bien précises, et certains plans pour la soirée, mais elle craignait toujours un peu la réaction de son amoureux. Ils avaient encore beaucoup de difficulté à se comprendre, mais c'était un peu moins pire chaque jour. Disons que l'ancien Empereur d'Irianeth comprenait mieux le fonctionnement de la vie à Émeraude. Quant à Zoelie, elle, elle croisait les doigts pour que cela lui plaise. 3 lunes, c'était encore peu. Très peu. Bref, elle marchait tranquillement, quand elle se remit à parler, d'un ton très léger, après qu'ils aient déjà échangé quelques phrases.

-Tu sais, je me demandais si on pouvait essayer quelque chose ce soir. Ça fait déjà un peu plus que trois lunes que tu es là, et ce serait... intéressant de faire la lumière sur certaines questions qui persistent... Je ne sais pas si toi, tu en as à me poser, mais moi, je pourrais t'en demander beaucoup.

Elle s'enfonça dans la forêt. Derrière eux, le soleil descendait à l'horizon, mais n'avait pas commencé à se cacher. Sauf que cela ne saurait tarder.

-L'idée serait de pouvoir répondre honnêtement et franchement à n'importe quelle question. Évidemment, c'est tour à tour. Et il faudrait promettre de faire son possible pour ne pas se fâcher et pour tenter de comprendre. Et promettre de dire la vérité, surtout. C'est certain que toutes les questions ne seront pas nécessairement agréables à entendre, même chose pour les réponses, mais ça pourrait valoir le coût d'essayer.

Elle prit une grande respiration. L'odeur de la forêt était si agréable...

-Par exemple, si tu acceptes, je commencerai avec cette question :

Zoelie le regarda droit dans les yeux, et prit une voix un peu plus sérieuse. Elle avait cette question qui bouillait dans sa tête depuis trop longtemps. Et elle avait désespérément besoin d'une réponse.

-Qu'as-tu raconté, et à qui, pour que ta mort vienne tout juste d'être annoncé? Comment as-tu pu rejoindre Émeraude sans qu'Irianeth te recherche?

Petite pause.

-DONC si tu veux y répondre, c'est pour dire la vérité. Si tu refuses, on en parlera plus tard, quand tu te jugeras plus prêt à jaser. En répondant, cela t'octroie le droit de me poser n'importe quelle question. Mais n'oublie pas... il faudra faire notre possible pour ne pas se fâcher... même si on peut demander plus d'informations.

Petit sourire. Elle lui serre la main, en marchant un peu plus lentement. Elle était presque stressée, à présent. Était-ce une bonne idée qu'elle avait eue? Elle craignait le futur de la soirée. Elle avait peur des vérités qui sortiraient, si Trystan acceptait. Mais c'était le risque à courir. Elle devait le connaître, et il devait la connaître également. S'ils voulaient un jour parvenir à se comprendre.

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MessageSujet: Re: Confessions (sans frustration?) [PV] Lun 15 Juil 2013, 17:25


Il n’est pas de tyran au monde qui aime la vérité ; la vérité n’obéit pas
~ Alain ~

Quoi de mieux qu’une balade en forêt ?! Ce n’était pas si mal. Vraiment. Un peu trop vert, certes. Mais bon, on finissait par s’y habituer. Et, au moins, les couleurs étaient reposantes. De même que l’ambiance. Loin de l’euphorie du village et de l’agitation du château. Étrangement, Trystan s’était surprise à apprécier les quelques balades qu’il faisait avec Zoelie, loin des regards indiscrets. Sans doute était-ce car il n’avait pas cette affreuse impression d’être jugé en permanence. Lorsqu’ils étaient seuls, il était enfin le seul à compter aux yeux de la Reine d’Émeraude. Bien entendu, s’il était plus attentif, il pourrait se rendre compte que c’était souvent le cas, même lorsqu’ils étaient en public. Toutefois, l’ancien Empereur n’était pas encore assez alerte aux signaux que lui lançait son amoureuse pour être capable de comprendre cela. Et puis, comme tout amour encore relativement récent, il appréciait particulièrement de se retrouver dans l’intimité avec elle. Et pas seulement pour faire des trucs d’adulte (même s’il fallait bien avouer que c’était toujours particulièrement agréable). Plus ils discutaient, et plus ils parvenaient à anticiper les sujets à problèmes (sans pour autant se restreindre de foncer dedans tête baissée) et parfois même à régler les quelques différences d’opinion qui pouvaient en découler. Pourtant, ils n’avaient toujours pas décidé d’évoquer à nouveau le sujet qui avait causé l’une de leurs plus grosses disputes, le jour de l’arrivée de Trystan. Irianeth. Sur ce point-là, l’homme devait bien avouer que la roussette faisait des efforts. Et cela lui plaisait. Malheureusement, il savait pertinemment que cela ne pourrait pas durer. Tout d’abord parce qu’il ne pouvait pas se résoudre à vivre dans le mensonge éternellement. Mais, surtout, car ce dernier avait déjà éclaté. En partie. Trystan était mort. C’était quelque chose d’étrange, d’être mort. Une mort grandiose, d’après ce qu’il avait compris ! Ryan avait fait les choses en grand. D’ailleurs, ce dernier était devenu le nouvel Empereur. Tout cela était grandement prématuré et l’homme n’était pas vraiment satisfait que son ancien écuyer soit désormais marié avec sa fille alors qu’elle n’avait pas encore fêté son dixième anniversaire. Malheureusement, il n’avait pas été là pour empêcher cette folie et ne pouvait désormais rien faire pour la réparer. Enfin, si. Trystan aurait toujours pu retourner sur Irianeth. Sauf que… Non. Jamais. De toute manière, à présent qu’il était « mort » ce ne serait vraiment pas très intelligent de sa part. À moins qu’il ne souhaite trahir Émeraude. Ou plutôt, trahir Zoelie. Ou même pas. Car, après tout, il n’avait jamais prêté allégeance à qui que ce soit depuis son arrivée en ces lieux. Sauf qu’il n’avait aucune intention de partir. Et encore moins de trahir un jour la confiance que la Reine semblait lui avoir accordée.

Mais, pour cela, il allait devoir lui avouer la vérité. Après tout, on ne parlait que de cela, à Émeraude. Dans les couloirs du château, dans la grande cour et même dans les ruelles du village, il n’était pas possible de ne pas en entendre parler. Et le pire, c’est que les gens semblaient en être r-ravis. Les gens. Sauf Zoelie. Pourtant, il était improbable qu’elle n’ait pas été informée de cette MERVEILLEUSE NOUVELLE. Mais elle n’en avait pas parlé. Peut-être attendait-elle sagement que Trystan rassemble son courage et brise ce tabou qui les empêchait d’évoquer ce sujet ? Sauf qu’il ne le ferait pas. À moins qu’il ne se décide à le faire lorsqu’ils rentreraient au château. En guise de conversation sur l’oreiller ? Il y avait sûrement bien plus agréable à entendre, certes. Mais il faudrait un jour qu’il lui dise pourquoi il était censé être mort. Est-ce que cela faisait de Zoelie une nécrophile ? En attendant… En attendant, il se reposait. Auparavant, il avait l’habitude de se balader des heures durant dans la grande forêt noire en compagnie d’Ellyn. Et puis, après, il était devenu écuyer. Il avait eu des obligations. Et il avait dû prendre ses responsabilités de prince. Terminé les escapades relaxantes. Alors, même s’il devait souvent faire attention aux endroits où il mettait les pieds afin d’éviter de s’enfarger dans une racine ou même de trébucher sur des cailloux, Trystan devait bien avouer se plaire dans ce milieu sylvestre. Et ce même si Zoelie n’était pas Ellyn. Ce qui n’était vraiment pas plus mal. Au moins, ils avaient quelques conversations. Plusieurs. Beaucoup. Tant mieux. Généralement, c’était Trystan qui parlait le moins. Dans la forêt tout de moins. Car, lorsqu’ils se disputaient… les deux amoureux se disputaient le droit à la parole avec acharnement et à coups de grands éclats de voix. Sauf que, ce soir, il n’y aurait pas de disputes. Au contraire, tout se déroulait à merveille. La discussion était légère. Aussi légère que la main de Zoe qu’il serrait tendrement dans la sienne. Et même lorsque Zoelie reprit la parole, rien ne changea. Ainsi, la rouquine voulait essayer quelque chose ? Et quel rapport avec la date de son arrivée ? Y avait-il des jeux qui ne pouvaient se faire qu’après un certain temps de fréquentation, à Émeraude ? Trois lunes, déjà ? C’était étrange comme le temps passait rapidement, lorsqu’on était heureux.

Sauf que… P-Pourquoi Zoelie voulait poser des questions ? Des questions gênantes, il va sans dire. C’était évident. La jeune Reine n’avait pas encore prononcé la phrase fatidique qu’il savait très bien ce qu’il allait devoir affronter très prochainement. Il était plus qu’évident qu’elle désirerait parler de « ça ». C’était parfaitement normal et légitime de sa part. C’est juste que… Ne pas se frustrer, hein ? C’était à elle de promettre cela. Pas à lui. Quoique, s’il comprenait bien ce qu’elle lui proposait, Trystan pourrait également lui poser quelques questions. Y avait-il des restrictions concernant les sujets de discussions ou bien tout était permis ? Si elle ne l’avait pas précisé, c’est qu’il n’y avait pas d’autres règles. Zoelie était toujours assez précise, de manière générale, veillant le plus possible à ne rien laisser au hasard. Ce qui n’était pas un mal. Surtout avec Trystan. Après tous, les deux êtres ne réfléchissaient pas vraiment de la même manière et ne comprenaient JAMAIS la même chose. Alors, plus les détails étaient nombreux et moins les malentendus houleux avaient de chance de se glisser au cœur de leurs conversations. Bon. Ne pas se fâcher. Tenter de comprendre. Et, pire encore, répondre honnêtement. En gros : LA VÉRITÉ. Mais… Zoelie était-elle certaine de vouloir entendre la vérité ? Après tout… Si, une fois qu’elle avait tout entendu, elle décidait que tout était terminé entre eux ? Et si elle ne pouvait plus jamais lui faire confiance ? Et si elle aurait préféré continuer à vivre dans un joli mensonge plutôt que de connaitre l’affreuse vérité ?! Alors, il serait trop tard. Toutefois, puisqu’elle posait LA putain de question de merde c’est qu’elle tenait sans doute réellement à entendre la réponse. Trystan ne pouvait que la comprendre. S’il s’arrangeait bien, il pourrait répondre à ses questions sans tout dévoiler et ainsi sans prendre de risques. Néanmoins, il était persuadé que d’autres plus précises ne tarderaient pas à suivre. Et, si elle l’accusait de tricher (ou de mentir) ce ne serait pas beaucoup mieux. Mieux valait tout lui dire d’un coup. Pourtant, elle lui proposait tout de même de se défiler. C’était étrange cette manie qu’elle avait développée de toujours lui laisser une alternative. Comme pour ne pas l’emprisonner. Lui laisser le choix. Mais l’avait-il réellement ? Oui. Probablement. Sauf qu’elle attendait sa réponse. Lâchant un léger soupir silencieux, Trystan adapta son pas sur celui de Zoelie et déglutit avec difficulté avant d’enfin se décider à prendre la parole.


- Je vais répondre. Mais n’oublie pas que la règle que tu as énoncée vaut également – et surtout – pour toi. Essaye de ne pas te frustrer. De comprendre. Je vais tout te dire. Je te l’avais promis. Et ce sera sûrement mieux ainsi. Surtout à présent que je… que je suis mort. C’est assez étrange, d’ailleurs. Mais ce n’est pas la question. Ta question… J’ai toujours su qu’il faudrait que je te l’explique. Ne m’en veux pas trop, d’accord ?

Sans s’en rendre compte, Trystan avait tellement ralenti qu’il en avait fini par s’arrêter. Après un nouveau soupir silencieux et l’approbation (probablement rêvée) de Zoelie, il obligea ses pieds à reprendre leur marche et se remit à parler.

- Bon. Je ne sais pas vraiment par où commencer… Mais je vais essayer.

L’homme s’accorda quelques secondes de répit. Fixant ses pieds avec acharnement, sa démarche s’avérait être aussi hésitante que le monologue qui suivrait. Ce n’était vraiment pas un sujet sur lequel il se sentait à l’aise. De la torture. C’était une torture.

- Si j’avais pu, dis-toi bien que tu n’aurais jamais eu à poser cette question. Peut-être aurait-il mieux fallu que je sois un traitre au regard d’Irianeth plutôt qu’un… qu’un infiltré. J’étais Empereur, Zoe. Je ne pouvais pas partir sans prévenir. Il fallait un plan. En tant que traitre, je n’aurai pas pu survivre. Et même en changeant d’apparence. La menace aurait constante, et la coïncidence trop grande. Surtout après ta libération inexpliquée. Surtout après… la stratégie foireuse d’Ombres. Alors, je me suis simplement donné du temps. Je suis parvenu à ensorceler un corps afin qu’il prenne mon apparence. Ma véritable apparence. Celle que je n’ai pas ici. L’homme était déjà mort. Il fallait juste faire en sorte qu’il prenne ma place pour quelques semaines. Ou mois. De toute évidence, Ryan a opté pour « quelques mois ». Ah. Ryan, c’est mon écuyer. Enfin, c’était mon écuyer. Mais aujourd’hui, tu dois sûrement le connaitre sous le titre d’Empereur. Et il est donc également mon gendre, puisqu’il a épousé ma fille. Et ça, ça n’était pas prévu dans le plan. Le plan… Le plan. Ça sonne vraiment mal comme terme. On aurait presque l’impression qu’il s’agit d’une espèce de machination machiavélique complètement tordue et diabolique… Enfin, c’est à peu près ce que j’ai fait croire à Ryan. Dans le fond, seul Ryan est… informé de ma présence ici. Il y a aussi probablement une autre personne, mais nous n’avons rien à craindre de sa part. Et il ne sait pas où je suis. Juste que je suis vivant. Bref. Ryan… J’ai dit à Ryan que je partais en mission. Ce qui n’est PAS vrai, bien évidemment. Tu entends ? Ce n’est PAS VRAI. Retiens bien ça, parce que… le reste… Le reste ne va pas te plaire, Zoelie. J’ai tenté de lui faire croire à une stupide mission d’espionnage sur Enkidiev mais… J’ai formé Ryan moi-même. Il sait reconnaitre le mensonge du bluff. Même quand c’est moi. Alors, considérant que la mission en question devait être particulièrement dangereuse pour que je ne veuille même pas l’en informer, il voulut m’accompagner et… Ce n’est pas très important. J’ai donc été contraint de lui dire la vérité. À savoir que je venais à Émeraude dans le but de me rapprocher de la Reine, de gagner sa confiance, d’accéder au trône, de te trahir et d’effectuer un retour triomphant sur l’Empire en lui offrant le reste d’Enkidiev.

À peine avait-il terminé sa phrase qu’il se rendit compte de la bêtise qu’il venait de dire. Évidemment, pour lui tout est évident puisqu’il l’avait vécu. Néanmoins, il ne pouvait pas vraiment assimiler la version qu’il avait vendue à Ryan avec la vérité. C’était injuste. Et faux.

- Mais… Je me suis mal exprimé. Encore une fois. Ce… Ce n’est pas la vérité. Oui, je suis venu pour toi. Cependant… la trahison par amour n’aurait pas été une très bonne justification. L’infiltration semblait être une bien meilleure idée… sur le moment… uniquement sur le moment…

Trystan regardait encore par tête. Marcher était définitivement une bonne idée. Ainsi, il avait une excellente excuse pour ne pas avoir à croiser le regard de Zoelie. En aucun cas il ne voulait savoir ce qu’il pensait.

- Enkidiev me croit mort. Irianeth me croit mort. Le faux cadavre doit d’ores et déjà reposer dans la crypte. Je n’ai pas réussi à trouver de meilleur moyen me permettant de te rejoindre à Émeraude. Personne ne me suspectera. Quant à Ryan… Il finira par oublier. Et, en attendant, il ne te fera jamais de mal. Ça, c’est ma mission.

Encore une fois, le traitre ne réalisa l’horreur qu’il venait de prononcer que trop tard. Sauf que, cette fois-ci, il ne se reprit pas mais se contenta au contraire d’un long et lourd soupir surmonté d’un hochement de tête en signe de négation. Que c’était compliqué de s’expliquer sans commettre de gaffes. Surtout quand la vérité en elle-même en était une.

- Je sais que ça ne doit pas vraiment te plaire, comme explication. Mais je ne peux pas faire mieux. Parce que c’est la vérité.

Voilà. Il avait terminé. Mais Trystan ne voulait rien savoir de la réaction de Zoelie. Alors, pour l’éviter de s’embarquer dans une longue tirade qui risquait fort de l’assassiner intérieurement, il décida à son tour de lui poser des questions.

- Qu’est-ce qui va se passer quand on se séparera ? Est-ce que tu condamneras à l’exil ? À moins que tu ne remettes aux cachots ? Ou que tu sois encore plus radicale ? Car… Car nous nous séparerons un jour, n’est-ce pas ?! À moins que tu ne crois à l’amour éternel. Est-ce le cas ? Je ne crois pas vraiment que ce soit vrai. Après tout… Avec les quelques ragots que j’ai pu entendre… Combien d’amants as-tu eu Zoelie ? Pourquoi cela ne marchait pas, avec eux ?

Et, évidemment, après tout ce qu’il venait de dire, il ne fallait pas s’attendre à ce que ses interrogations soient légères, fantaisistes et agréables. S’il avait naïvement pu croire que tout révéler l’aiderait à se sentir mieux, ce n’était définitivement pas le cas. Au contraire. Il était au plus mal. Et la réaction de Zoelie n’était pas encore tombée.
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MessageSujet: Re: Confessions (sans frustration?) [PV] Ven 19 Juil 2013, 01:31

« Refuser la confidence, c'est admettre la non-confiance. »
Lyse Desroches


Lui aussi ralentit. Zoe se surprit à craindre la réponse de l'homme, qui semblait hésiter. Trystan avait réussi d'une manière ou d'une autre à convaincre Irianeth qu'il n'était pas un traitre, et donc, ce qu'il avait mentionné aux siens ne pouvait pas plaire à la jeune Reine, et ce même s'il était maintenant « mort » et pour Enkidiev et pour son ancien continent. Il disait à présent qu'il allait répondre. Petit stress débutant. Elle inspira profondément. Elle, se frustrer? Jmais, voyons. Non, réellement, elle savait que la réponse ne pourrait pas lui plaire. Elle garderait sa réaction pour elle. Trystan ne méritait pas d'être la victime de sa colère ou de son désarroi, surtout s'il avait le courage de tout lui dire. Il lui demandait d'essayer de comprendre. Elle hocha doucement la tête, en serrant un peu plus fort sa main. Ne pas frustrer. Comprendre. Parce qu’il allait tout dire. Il l'avait promis et c'était enfin le « grand » temps. Le temps des confidences entre les deux amants. Arff. Encore du stress. Toujours du stress. Ne pas lui en vouloir. Elle lui sourit doucement. Il s'était arrêté, et une légère brise passa autour d'eux. Les feuilles s'agitèrent, créant un bruit de froissement relaxant. Elle ne pourrait jamais lui en vouloir, songeait-elle. Peut-être pendant un petit moment, mais pas trop longtemps. Pas pour sa réponse, en tout cas. Elle tenta de croiser son regard, mais les yeux bleutés de Trystan semblaient trouver pertinent le relief peu constant du sol de la forêt. Sans cesser de chercher à croiser le reflet de son âme, Zoelie reprit sa marche et écouta la voix incertaine de son compagnon. Un traître plutôt qu'un infiltré. Oh. Zoe commençait à le voir venir. Son cœur et ses lèvres se pincèrent. Bien entendu. Bon. Ne pas juger immédiatement. Il avait raison, Irianeth ne devait pas tellement bien traiter les traitres. Cela devait être pire qu'à Émeraude. Bien pire. Mais... même en changeant d'apparence? Il aurait pu se faire retrouver? Zoe en doutait. Son stratagème marchait à perfection (pour l'instant), ici. Il aurait pu trouver un petit village innocent et aléatoire où s'installant pendant un mois ou deux, avant de venir à Émeraude et il n'aurait pas eu de coïncidence. Sauf qu'évidemment, c'était Trystan. Vivre dans un village ordinaire? Passer d'Empereur à étranger peu commode en moins d'un jour? Peu pour lui. Sauf qu'il pouvait tout de même aller n'importe où en se téléportant! Mais... non, apparemment. Pas après la libération de Zo et l'abandon à Ombres. Vraiment? La jeune femme eut envie de s'opposer, de lui dire qu'il aurait TRÈS BIEN P s'en sortir autrement. Sauf qu'elle ne savait même pas ce qu'il avait fait, au final. Pas encore. Et elle n'était pas ici pour s’obstiner. Pas cette fois. Elle devait simplement écouter. Ce n'était pas sensé être SI compliqué, écouter. Pourtant, la rousse avait la langue qui la démangeait. Elle se pinça la cuisse à l'aide de sa main droite. Se taire. Elle devait se taire et écouter.

DONC! Un corps ensorcelé. La reine haussa un sourcil lorsqu'il précisa que l'homme était soit dit en passant, déjà mort. Ah oui? Disait-il la vérité? Surement. S'il l'avait précisé, pourquoi mentir? Tant mieux, dans ce cas, même si à ce moment précis, elle se foutait un peu de la vie ou de la mort de l'homme qui avait servi à de faux corps à Trystan. Petite égoïste. Ce fut « Ryan » qui attira son attention. Il avait opté pour quelques mois, donc. Ce nom, elle le connaissait. D'où, déjà? Ryan, Ryan... Ah. Bien sûr. Le nouvel Empereur. Son écuyer. Celui dont avait déjà parlé Trystan, le premier matin, en « blaguant » qu'il allait lui envoyer tous les plans du village d'Émeraude. « C'est », « C'était »... tant de complications verbales... mais qui importaient à Zoe, probablement plus qu'à Trystan, qui était peut-être au courant de ce fait. Elle le remercia silencieusement, malgré son cœur serré. Donc. Ryan. Empereur d'Irianeth et mari de Lou. Oui, elle en avait déjà entendu parler. Bien entendu. Ces enfants qui gouvernaient Irianeth. Des idées de reconquêtes bougeaient déjà. On disait qu'il fallait en profiter, mais ça, c'était... un autre débat. Une autre histoire. Bref, le mariage de sa fille n'avait pas été prévu dans le plan. Tout de même, Try avait une fille... mariée... mais jeune... c’était étrange, très étrange. Assez désagréable à penser. OUI, pour l'instant, c'était ce qui était le plus troublant, pour Zoelie. Enfin, c'était surtout une autre chose sur laquelle elle ne souhaitait pas s'attarder. Autant se concentrer sur ce fameux plan qu'il avait « fait croire » à Ryan. Même si ce n'était pas vraiment plus joyeux. Un gamin d'une dizaine d'années savait que Trystan était à Émeraude. Génial. Cedit gamin était également celui qui possédait le plus « d'autorité » sur Irianeth. GÉNIAL. Et il n'allait rien dire. Non non, rien! Voyons. Parce que Trystan, pour lui, n'était pas mort, mais bien en...m-mission? Ah. L'esprit de Zoe la guettait. Il se frottait machiavéliquement les mains en entendant les paroles du blondin. La magicienne commençait définitivement à avoir légèrement peur. Elle avait peur d'avoir trop peur. De très mal réagir. De laisser trop de place à l'esprit. Le cœur serait peut-être trop faible. Elle-même serait peut-être (probablement, comme d'habitude) trop faible. Merde. Elle n'avait cure de cette autre personne qui était au courant. Elle voulait connaître le plan. La mission. Cela ne sonnait pas bien. Pas bien du tout.

Cela faisait déjà un petit bout de temps qu'elle ne cherchait plus à croiser les yeux de son amant, bien trop inquiète de savoir ce qu'elle pourrait y voir. Ce qu'il avait dit à Ryan n'était , selon lui, pas vrai. Il insistait vraiment. Zoe hocha encore la tête distraitement. C'était plus pour qu'il continue de parler que pour donner un véritable accord. Sachant qu'elle ne pourrait pas se contrôler, ou du moins, très difficilement, probablement, dépendamment des propos à Trystan, elle ne s'avançait à rien. Mais il était honnête, au moins, en disant que le reste n'allait pas lui plaire. Elle avait définitivement peur, maintenant. Il lui fallait retenir la vérité. Mais avec lui, professionnel en mensonge... la vérité, c'était... dur à croire. Donc ne n'était pas une mission d'espionnage. Évidemment. « Dire la vérité ». Il avait dû dire la vérité à Ryan (suite à cette déclaration, ce qui suivit fut charmant). Ulk était là pur se rapprocher d'elle, atteindre le trône et détruire Enkidiev, après l'avoir détruite elle. Aïe. AÏE. L'esprit profita de ces dires pour rigoler et balancer un « VOILÀ ce qu'il veut, enfin! » en plein dans la tête de la femme aux cheveux rouges. D'ailleurs, celle-ci se sentait mal. Terriblement incertaine. L'esprit riait. Il n'avait plus rien à dire, Trystan « arrangeait » tout. La main de Zoe devint molle et son visage, blême. Elle n'eut plus la force, ni la volonté de continuer à tenir la main de son « amoureux ». Plus du tout. Cette « fausse version » avait l'air trop véridique. Si ce n'avait pas été dans l'intention de Trystan, s'il n'avait jamais PENSÉ faire ça, il n'aurait jamais songé à impliquer Zoelie dans le plan qu'il avait raconté à Ryan. Il ne l'aurait pas mentionné, pas elle. À l'Empereur d'Irianeth. Qui attendait quoi, maintenant? QU'elle meurt, tout simplement. Que Trystan soit roi. Elle frissonna. Trystan, roi. NON. JAMAIS. Seule la frayeur l'habitait lorsqu'elle pensait à l'avenir. Cette frayeur de ce que l'ancien Empereur prévoyait faire. Cette frayeur de l'amour qu'elle éprouvait pour lui. Elle avait peur d'être faible, naïve et inconsciente du danger qu'il représentait. Elle tentait de se convaincre que tant qu'il n'était pas Roi d'Émeraude, rien ne pourrait arriver de grave, mais un affreux pressentiment incontrôlable 'anxiété l'envahi. Elle ne parvint pas à conserver un visage neutre. Si Trystan releva la tête vers elle, il la verrait. Il verrait sa peur, et non pas sa frustration, tout simplement parce qu'elle n'était pas frustrée. Elle pouvait tenter de se mettre en colère contre l'homme, mais qu'est-ce que cela changerait? Elle ne saurait pas plus s'il bluffait ou non. Elle ne saurait pas plus si leur couple n'était qu'une machination grotesque. Trystan, roi. Si cet événement n'arrivait jamais... mais s'il était là juste pour cela... Il continuait à parler, disant qu'il s'était MAL exprimé. Bien sûr. Ce n'était pas la vérité, tout compte fait. Bien sûr. Il était venu pour elle. Bien sûr. L'infiltration était nue meilleure idée. Bien sûr. Sur le moment uniquement. Bien sûr. Ryan allait oublier. Bien sûr. Ou pas du tout. Pas du tout pour toutes ces affirmations. Elle s'en voulait d'avoir posé cette question, maintenant, elle n'était plus certaine de rien. Sa mission, hein? Zoe serrait encore les dents, se découvrant une légère douleur à la mâchoire, et une boule dans la gorge. ÇA, ça ne devait pas lui plaire comme explication? Elle leva enfin ses yeux baissés depuis trop longtemps.

Elle n'eut pas le temps de réagir, de dire quoi que ce soit. Il continuait le « jeu », en lui demandant ce qu'il allait se passer, lors de leur réparation. Hahaha. Parce qu'ÉVIDEMMENT, ils allaient se séparer. Aïe, encore. Elle, ne pas croire en l'amour éternel? Elle ne pouvait s'affirmer là dessus. Trystan n'y croyait pas. Et elle? Il fit référence aux ragots. À ses amants. Dans une tout autre situation, elle aurait pu sourire. Pas maintenant. Puis la dernière question : Pourquoi cela n'avait-il pas fonctionné avec eux?

-Parce qu'ils n'étaient pas toi.

Voix faible, mais directe et tout de même assurée. Mais chétive. C'était la seule chose qu'elle avait eu en tête à répondre. Maintenant, elle devait se concentrer, et ne pas être trop sentimentale.

-Je n'ai jamais vraiment... officiellement ressenti ce que je ressens par rapport à toi pour quelqu'un d'autre...pas aussi fort du moins... je ne peux pas vraiment dire si j'y crois ou non, à « l'amour éternel », mais je suppose que si toi tu n'y crois pas, c'est inutile que j'y croie... Je ne devrais pas y croire, du moins.

Petit soupir, tête basse.

-J-Je ne sais pas quand tu comptes me quitter, ou si c'est un message subliminal pour... enfin, tu es libre, techniquement. Si tu veux, si on... QUAND on se séparera, comme tu dis, pars de ton bord ou reste à Émeraude. Va où tu veux... de toute façon, je ne dévoilerai jamais ton secret, si c'est ce que tu crains... j'ai encore quelques principes...ne t'inquiète pas...

Grande inspiration.

-Par contre, si tu me tues avant, pour devenir roi... ça risque d'être un peu plus compliqué. Try, je suis... désolée m,-mais... tu n'accéderas jamais au trône, d'accord? Je ne pourrai juste pas... mais tu ne veux pas me tuer, hein? Non, attends, ça ne compte pas pour une question, ça. Même si tu y réponds, je ne vais pas savoir quoi penser... quoi croire, enfin... cette histoire avec Ryan... Tu sais, ton plan, il es- serait vachement intelligent, après tout...

Grimace douloureuse.

-Tu vois, moi je suis naïve, par rapport à ça. Je suis amoureuse et...o-oui, je crois que je vais l'être pendant très longtemps, mais vu mon expérience en relation de « couple », je ne sais pas quoi répondre d'autres. Ah oui. Combien d'amants? Question concrète, plus facile à répondre.

Elle prit encore quelques inspirations, expirant entre chaque, réfléchissant. Elle était enfin parvenue à relever la tête.

-Les ragots n'avaient pas nécessairement tort. J'étais plutôt curieuse niveau physique -si tu vois ce que je veux dire-, dans ma jeunesse, avant de te rencontrer. Donc, des amants différents?. Environ soixante-huit... ou un peu plus...

Elle n'avait pas vraiment honte de ses « expériences » de jeunesse et jugeait la réponse à cette question bien moins pire que celle de Trystan à sa précédente interrogation. Pourtant, sa voix était plutôt faible, alors que Zo restait toujours incertaine et un brin confuse.

-Tant qu'à être dans le sujet... je ne te reposerai pas la question, mais... toi, tu en penses quoi, de la fidélité? Je sais que... tu as triché ton ancienne femme, mais... est-ce que tu l'as fait avec beaucoup de femmes? Je veux dire, la tromper? Est-ce que tu t'es senti mal?Et ici... Est-ce que tu es allé voir ailleurs depuis que nous sommes ensemble?

Du stress, encore. Encore. Et s'il l'avait trompé? Comment réagirait-elle? Mal. Terriblement mal. S'il avait baisé ou embrassé une autre femme, pendant qu'il était en « couple » avec elle... quoique techniquement, s'il était venu pour devenir le roi, il pouvait bien lui raconter n'importe quoi. Qu'importe ce qu'il avait vraiment fait. Devait-elle cesser de poser des questions, alors? Devait-elle cesser de lui faire minimalement confiance? OUI (disait l'esprit). Non... (murmurait le cœur, un peu tordu). Elle avait mal et était faible. En tant que faible et naïve personne, elle préférait se bourrer le cerveau de potentiels mensonges, et croire qu'ils étaient vrais. Pitoyablement triste, non? Sauf qu'elle voulait croire qu'il y avait un brin d'espoir que ce soit vrai. Que Trystan soit amoureux d'elle. Qu'il ait vraiment trompé son écuyer. Après tout, ce n'était pas SI impossible que l'ancien Empereur d'Irianeth tombe RÉELLEMENT amoureux de la Reine d'Émeraude, non? Voyons, il devait bien avoir UNE chance sur un million que cela arrive, et ce, sans que l'Homme n'ait d'arrières penser? (petite voix intérieure désespérée). Peut-être un peu? Elle l'aimait bien, elle. Elle était totalement amoureuse de lui, elle. Elle souffrait de ses confidences, elle. Elle hésitait beaucoup trop, elle. Elle avait peur, elle. Elle n'avait qu'une seule pensée, une seule prière, elle.

« S'il te plaît Trystan, aime-moi réellement »

Parce qu'au fond, elle le croyait.

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MessageSujet: Re: Confessions (sans frustration?) [PV] Dim 21 Juil 2013, 10:00

La conscience est la conséquence du renoncement aux pulsions
~ Sigmund Freud ~

C-C’était une bonne raison, probablement. Même si elle manquait cruellement de longueur, d’arguments et de figures rhétoriques, cette simple phrase eut au moins le mérite de redonner une bouffée d’espoir à Trystan. Zoelie avait toujours réussi cela à merveille. Elle était cet oiseau vert – cette hirondelle – qui battait des ailes toujours plus fort pour éviter que le papillon qui la suivait ne se perde dans les courants venteux. Sauf que, JUSTEMENT, si Trystan était persuadé qu’ils se sépareraient tôt ou tard, c’est car il craignait qu’à force ses ailes ne soient brisées. Par sa faute. Pour le moment, certes, tout fonctionnait plus ou moins correctement. Ou plutôt, cela se passait plutôt bien. Ou juste bien. Bien évidemment, il y avait de nombreuses disputes. Mais comment ne pas y en avoir entre deux être aux idéologies si différentes ? Et, surtout, aux tempéraments si anarchiques ?! Cela faisait partie de leur bonheur. Car les réconciliations ne se faisaient jamais attendre très longtemps. Peut-être Trystan avait-il eu tort de poser cette question. Sans doute n’aurait-il pas dû lui partager ses doutes. Quoique, ce n’était même pas des doutes. Seulement des certitudes. Ils ne resteraient pas ensemble pour l’éternité, c’était évident. Mais cela ne voulait pas pour autant dire qu’il devait tourmenter Zoelie avec cet état de fait. Si elle avait décidé de vivre dans des illusions afin de parfaire son bonheur, c’était son choix et il n’avait pas le droit de tout détruire. Lui, il avait bien le droit de s’empêcher d’être heureux. Mais il était particulièrement incorrect d’imposer cela à la rouquine. Et puis… Si la Reine était réellement sincère... Peut-être avaient-ils réellement une chance. Était-il l’homme de sa vie ? Croyait-elle seulement à cela ? Et lui, y croyait-il ? Après tout ce qu’il avait vécu… Non. La réponse était NON. De toute évidence, les amants avaient des approches bien différentes de leur couple. Là où Trystan préférait s’attendre au pire pour ne pas avoir à être déçu (et détruit), Zoelie faisait le contraire. Elle… Il était le premier. Ou, tout du moins, le plus important. C’était… C’était tout de même quelque chose. Un honneur ? Non. Plutôt un fardeau, de l’avis de l’ancien Empereur. Après tout, cela ne faisait que lui rajouter de la pression. Mais ce n’était pas plus mal. Au moins, il se sentait important. Et il aurait envie de se montrer à la hauteur de ses attentes ! Si toutefois ces dernières n’étaient pas trop hautes… Et… Pas de réponse pour la question suivante ! Enfin, si, il y avait une réponse. Et même deux. Sauf que la seconde était cachée et qu’il convenait de décoder les propos de la frisée pour comprendre ce qu’elle voulait dire. Alors, puisque Trystan ne croyait pas en l’amour éternel, elle n’avait pas à le faire. Ou, tout du moins, elle ne DEVRAIT pas le faire. Remercions donc le glauque conditionnel de nous avoir appris qu’elle y croyait. Soupir silencieux. Encore une fois, il avait donc commis une gaffe.

Whoh, whoh, whoh ! Qui avait parlé de rupture ?! Pourquoi disait-elle qu’elle avait prévu de le quitter ?! D’où sortait-elle toute cette histoire loufoque ?! Ah. Ce devait à nouveau être à cause d’une de ses tournures de phrases malhabiles. Il devrait donc revenir là-dessus pour éviter qu’elle songe au pire. Un message subliminal ?! NON ! Avec une lueur d’indignation presque paniquée dans les yeux, Trystan tenta de croiser son regard pendant de longues secondes. Sans succès. Alors, il se contenta de serrer sa main plus fort. Se taire devait sans nul doute faire partir des règles de ce jeu auquel ils n’auraient pas dû se prêter. Alors, il attendrait. Et, en attendant, il écoutait la réponse. Ce qui était drôle, c’est qu’il avait le droit à la même réponse qu’elle lui avait donnée le lendemain de son arrivée, alors qu’ils avaient évoqué les comportements à adopter si leur secret était découvert. À la différence près qu’elle ne lui demandait pas de retourner sur Irianeth. Ce qui était un bon point. Mais… L’homme était tout de même étonné. Pour lui, cela semblait étrange que la réaction de Zoelie soit la même qu’elle se fasse quitter ou qu’elle soit obligée de le quitter. Trystan… Trystan ne savait pas s’il aurait été capable de conserver de tels principes à son égard, si la situation avait été inversée. Surtout qu’elle aurait détenue beaucoup trop d’informations. Mais… Si elle lui proposait cela, peut-être voudrait-ce dire qu’elle lui faisait confiance ? Ou pas. Après tout, les principes, c’était un truc de vert. Courage, Honneur, Justice. L’Honneur, ici, sans aucun doute. Et elle ne dirait jamais rien… À propos de son identité… Whaouh. Là, il était impressionné. Bien sûr, il l’aimait. Il lui faisait confiance. Mais il n’aurait jamais cru que la réciprocité pourrait aller jusqu’à là. Sauf que, bien évidemment, cet élan de bonheur devait disparaitre aussi soudainement qu’il était apparu. La t-tu… t-t-t-uer ? Non, ça, il était certain de ne pas en avoir parlé. Devenir roi ? Non, ça non plus. Ce n’était pas prévu. Ce n’était même pas envisageable. Zoelie désirait-elle encore tant mourir qu’elle se cherchait un meurtrier afin de ne pas avoir à s’immoler elle-même ? P-Pourtant Trystan croyait avoir réglé cette question. Mais, de toute évidence, ce n’était pas le cas. Pourquoi s’excusait-elle de lui refuser ce qu’il n’avait pas demandé ? Ce qu’il ne désirait pas ? Ce qu’il déclinerait si elle se décidait un jour à le lui proposer ? M-Mais peut-être n’était pas au courant. Et peut-être même qu’elle ne le croirait pas s’il le lui disait. Et c’était d’ailleurs ce qu’elle avait à présent la bonté de préciser. Ne pas répondre aux questions qu’elle posait. Car, de toute manière, elle n’accorderait aucun crédit à ses paroles. Et tout ça à cause de l’histoire de Ryan et du plan qui n’en était pas un mais qui paraissait tout de même intelligent et réel. Ce qui était normal. Puisqu’il avait été conçu pour paraitre intelligent et réel. Mais ça, sans grande surprise, Zoelie ne semblait pas vouloir le comprendre. Trystan s’en était douté. La réaction venait de tomber. Elle était exactement comme il l’avait imaginée. Mais cela faisait tout de même mal. Profondément.

Sa respiration était devenue difficile mais il tentait de ne rien en laisser paraitre. Plus Zoelie continuait de parler et plus il regrettait d’avoir accepté de s’embarquer dans ce stupide jeu. Surtout qu’à présent elle… Elle se reprochait d’y croire ? Faisait-elle vraiment cela ou était-ce Trystan qui hallucinait sombrement ? En quoi était-ce mal, l’espoir ? D’accord, évidemment, il ne cessait de vouloir l’assassiner mais… C’était là tout ce qu’il savait faire. Et ce n’était rien de plus qu’une manière de se protéger. Pas une déclaration de rupture. Décidément, ils ne se comprenaient toujours pas. Trystan et Zoelie ne se comprenait jamais. Sauf quand ils faisaient monter la température en se balançant goulument sur des rythmes barbares. Quand ils baisaient, il n’y avait pas de problème. Ils se taisaient et gémissaient à l’unisson. Par contre, dès qu’ils devaient se parler… Quelque chose allait TOUJOURS de travers. Afin de tenter de se calmer, Trystan serra les dents. D’autant plus qu’elle s’apprêtait à répondre à une question qu’il redoutait. Bien sûr qu’il était agréable de savoir qu’elle serait amoureuse de lui pour très longtemps. Mais, à côté de ça, il y avait le nombre d’amants. Combien de personnes différentes avaient pu fréquenter le lit de la Reine d’Émeraude ? Une ? Deux ? Cinq ? D’accord, dix, mais pas plus. Alors, évidemment, la révélation de Zoelie fut accompagnée d’un certain malaise chez l’ancien Empereur. Soixante-huit ? SOIXANTE-HUIT ? Comme… un six avec un huit derrière ?! S-Soixante-huit ? Non. Ce n’était pas possible. Certes, il y avait des ragots mais… Non. Trystan ne POUVAIT PAS avoir jeté son dévolu sur une p-[…]. N’est-ce pas ?! À ce niveau-là, ce n’était plus de la curiosité physique (jolie périphrase, par ailleurs) mais plutôt de la prostitution. Certes, il avait eu beaucoup plus d’aventures qu’elle, mais… Il était plus âgé ! Et il avait vécu sur Irianeth ! Et… Et… Et il était un homme. Ce qui lui octroyait tous les droits. Voilà. Non, franchement, Zoe… À quoi as-tu donc pu penser pour te faire fourrer par autant de goujats ?! Le dernier en liste, À LA LIMITE, d’accord. Je peux comprendre. Mais les autres… NON ! T’avais pas le droit ! T’abuses ! Tu fais chier ! Et, LE PIRE DE TOUT, c’est que selon les règles du jeu (règles que Zoelie s’était d’ailleurs efforcée de respecter) il n’avait pas le droit de s’énerver. Alors il se contentait de garder la tête baissée et la mâchoire crispée tout en tentant à son tour de compter ses propres conquêtes. Ouff. Impossible. Il y en avait beaucoup trop. Bon. Peut-être n’était-il pas la personne la plus apte à juger la rouquine dans ce cas-là. Mais… Quand même… SOIXANTE-HUIT. Soixante-huit rivaux potentiels à éviter de croiser sous peine de malaise (et de mort, ahah).

Oh. Elle reposait des questions. Franchement, Trystan n’était pas certain d’avoir encore envie de jouer à son stupide jeu qui ne servait qu’à entailler son cœur. Surtout que… La fidéli-quoi ?! Fidélité ?! De surprise, l’homme haussa les sourcils et se décida à cesser de fixer le sol. Était-elle sérieuse ? Voulait-elle qu’il réponde ? Ou plutôt, que voulait-elle qu’il réponde ? Ce qu’elle voulait entendre ou ce qu’il en pensait vraiment ?! Car, non, il ne s’agirait pas de la même réponse. EH ! Et comment savait-il qu’il avait trompé Ellyn ?! Ah. Oui. C’est vrai. Car c’est avec Zoelie qu’il avait trompé la confiance de son ancienne femme. Ouch. Et le nombre de partenaires à présent ! La jeune femme aux cheveux rouges semblait avoir décidé de se concentrer sur les questions difficiles à répondre. Quoique non, seulement le nombre de femmes avec qui il avait trompé Ellyn. Hm. Cela restait tout aussi flou. Impossible de déterminer le chiffre exact. S’était-il senti mal ? Non. Pas vraiment. Pas du tout. Mais, LÀ, il se sentait terriblement mal. C’était déjà ça, n-non ?! Non. Probablement pas. Toutefois, si Zoelie avait pu (plus ou moins) accepter l’histoire de son départ d’Irianeth et de Ryan, elle devrait pouvoir supporter sa conception quelque peu personnelle d’une relation. Ou pas. Sans doute cela serait-il pire. Et l’avait-il trompé depuis qu’ils étaient ensemble ? Ah ! Enfin une question simple à laquelle il pourrait avoir la bonne réponse ! Quoique… Réflexion faite… Rien n’était certain… Mais, avant de commencer à répondre à ses interrogations suicidaires, Trystan se devait de mettre au clair quelques légers détails. Et, pour être certain que le message soit bien compris, il prit le parti de s’arrêter, d’ainsi forcer la Reine à en faire de même et de ne commencer à parler qu’après avoir croisé son regard.


- Est-ce que tu crois vraiment que… Je n’ai aucunement l’intention de te tuer, Zoelie. Je crois que tu le saurais, si tel était le cas. Bien sûr, tu peux te dire que je sais mentir et que rien n’est jamais certain mais… Je ne m’en suis jamais caché dans le passé. Je… Je ne veux pas que tu croies ça. Tu avais dit que tu n’aurais plus peur. Tu n’es pas censée avoir peur. Ce serait vraiment dommage… Surtout après tous les efforts que nous avons déjà faits pour que cela fonctionne.

Petit sourire. Timide. Mais rassurant.

- Et… Je n’ai pas envie non plus de te quitter. C’est juste que… Je suis désolé. Je n’avais pas l’intention de te blesser en posant ma question. Ni même de te paraitre… Incertain ?! Seulement, il faut bien admettre qu’elles sont plutôt rares, les relations aussi étranges et problématiques qui parviennent à durer. Cela ne me dérangerait pas, ne te méprends pas sur le sens de mes paroles. Je dois simplement tout envisager. Toi, tu... Tu es chez toi ici, Zoelie. Pas moi. Pas vraiment. C’est pour cela que je dois… penser à toutes ces choses désagréables. Et sache que je ne veux pas devenir roi. J’aurai trop peur que Ryan… prenne ça pour une invitation à faire quelque chose de stupide. Alors ne t’inquiète pas pour ton trône et ton royaume. Je t’ai déjà dit que je n’en voulais pas. Mais c’est tout de même blessant d’apprendre que tu ne me feras jamais confiance. Je sais que je ne te le dis pas aussi souvent que tu le voudrais mais… Je fais de mon mieux Zoe. Je te le jure. Alors essaye de ne pas trop douter. Car je t’aime. Malgré toutes nos disputes, tous nos mensonges et tous les problèmes qu’il nous reste à régler. Mais, d’abord, je dois répondre à tes questions… Jolies questions… Affreuses questions…

Allant déposer un rapide baiser sur le coin de la lèvre de la Reine, Trystan raffermit sa poigne sur la main qu’il n’avait toujours pas lâché et se remit en marche, lentement. Il ne tenait pas particulièrement à rester immobile. Il était déjà bien assez mal à l’aise comme ça.

- Donc, la fidélité… Je crois que la fidélité est quelque chose de très important pour les femmes. Vous devez manquer de confiance en vous, ou être atteintes de jalousie maladive, je ne saurai dire… Dans tous les cas, ce simple terme suffit souvent à déclencher de nombreuses disputes dont je me fous complètement. Et ça, Ellyn l’avait compris. C’est pour ça qu’elle n’en avait rien à faire.

Malaise. Il n’avait pas spécialement voulu parler de la Zénoroise. Mais c’était Zoelie qui avait commencé ! Quoiqu’il en soit, il allait falloir qu’il se rattrape un peu. Car sa réponse actuelle laissait légèrement à désirer.

- Alors, oui, j’ai trompé ma femme. Combien de fois ? Je n’ai pas compté. Beaucoup. Fréquemment. Souvent. Continuellement. Je ne me suis jamais vraiment senti « mal » jusqu’à ce que… Jusqu’à ce que je la demande en mariage… Après, il n’y en a eu que deux. Andréya, que tu dois déjà connaitre. Et… Je suppose que je n’ai pas besoin de te raconter ce qu’il s’est passé avec la seconde. D’ailleurs… Je n’ai rien fait avec quelqu’un d’autre depuis que nous sommes ensemble, Zoe. Même si j’imagine que cela dépend du moment à partir duquel tu considères que nous sommes en couple. Mais je ne m’en suis pas abstenu QUE pour respecter le principe de fidélité… Ce n’était pas toujours facile mais… C’est un peu plus compliqué que ça. Je n’ai pas envie d’en parler. Admettons que, pour le moment, je n’ai pas envie d’aller voir ailleurs. Mais je ne peux rien garantir concernant l’avenir. Ce n’est pas censé être possible de se contenter d’une seule femme. D’où l’existence des harems. Et des bordels. Ce n’est pas une question d’amour. C’est juste du sexe. Rien de plus.

Non, Trystan ne se rendait absolument pas compte que ce qu’il venait de dire allait très probablement à l’opposé des valeurs de son amoureuse. Elle lui avait demandé son opinion, et l’homme lui avait donné. Rien de plus. Pas de quoi en faire un drame. Ou une NDND. Surtout que, à présent, c’était son tour de poser des questions.

- Et donc, dis-moi, parmi tes soixante-huit amants… Qui était le meilleur ? Et puis… Ce que tu as dit à la guerre… Désolé de revenir là-dessus mais… Tu le pensais vraiment ? Lorsque tu as comparé mes capacités sexuelles à celles d’un m-mollusque ? Parce que cela voudrais dire que tu serais au moins une aussi bonne menteuse que moi… D’ailleurs, tu as déjà simulé ? Et pourquoi ne fais-tu pas comme les autres femmes ? Pourquoi tu descends jamais ?

Certes, les questions pouvaient être relativement comiques, mais Trystan restait incroyablement sérieux. Pour lui, cela n’avait rien d’une blague. Bien au contraire. Et, d’ailleurs, il avait d’autres questions. Prononcées d’une voix bien moins affirmée que les précédentes.

- Est-ce que tu crois que tu parviendras à me faire confiance un jour ? Je veux dire ENTIÈREMENT CONFIANCE ? Ce n’est pas pour la couronne que je te demande ça. Juste… Pour savoir. Et… C’est assez étrange comme question mais…

Pause. Encore. Et, à nouveau, Trystan s’arrêta. Mais cette fois-ci, ce fut lui qui alla se placer devant la belle rouquine, fixant ses yeux d’océan avant de se décider à reprendre. Pour ce qui allait sans doute être la pire question de la soirée.

- Est-ce que tu voudrais m’épouser ?

En toute hâte, il déposa un genou au sol, comme l’exigeait la tradition. Et, s’il y avait bel et bien un sourire sur son visage, ce dernier ressemblait néanmoins beaucoup plus à une grimace qu’à une réelle expression de joie. Comment l’être alors qu’il venait de renouveler ce choix infernal ? Et tout ça pour quoi ? Pour permettre à Zoelie de lui faire confiance. Mauvaise stratégie.
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Rôle : Porteuse de lumière - Ancienne Reine d'Emeraude et Archimage de la Tour [PNJ]
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MessageSujet: Re: Confessions (sans frustration?) [PV] Lun 22 Juil 2013, 02:13

« L'oiseau construirait-il son nid s'il n'avait son instinct de confiance au monde ? »
Gaston Bachelard

Comme de fait, il ne commença pas vraiment par répondre à ses questions. Tout d'abord, il s'arrêta. Zoe due faire de même, même si elle osa marcher deux trois pas plus loin. Par réflexe, elle leva les yeux pour fixer les siens. Il répondit à la question à laquelle elle n'avait pas voulu qu'il réponde. Pourtant, elle lui avait dit de ne pas le faire! Parce qu'à présent, elle devait déterminer si c'était vrai ou pas... Pfff. C'était vrai, point final. Elle en avait marre de douter. Elle douterait plus tard pour la discussion qu'il avait eue avec Ryan, mais disons que pour l'instant, elle assumait le fait qu'il n'ait pas envie de la tuer... Bon. Disons qu'elle l'assumait partiellement beaucoup. Il reprit ses anciens mots, ceux disant qu'elle n'aurait plus peur. Hmm. Il marquait un point. Effectivement. Mais ça c'était AVANT qu'elle sache ce qu'il avait raconté pour « quitter » Irianeth. Elle le regarda fixement. À cet instant précis, elle n'avait pas peur de lui. Alors elle respectait en quelque sorte sa promesse. Elle avait simplement peur pour le futur. Des efforts, elle devait continuer à en faire. Ils devaient ensemble, continuer à en faire. Ils ne devaient rien se cacher. Mais c'était bien plus compliqué que cela ne pouvait le paraître. Quelle parole était mensongère quelle ne l'était pas? Le plus dur n'était pas d'écouter les confessions, mais d'y croire. D'avoir confiance en celui qui les prononçait. D'ailleurs, il souriait doucement. Zoe, elle, n'arrivait toujours pas à sourire. Encore cette foutue peur profonde qui la tourmentait. Il parlait encore, toujours, et elle paniquait étrangement intérieurement. Le croire, ne pas le croire... elle ne pouvait se résoudre à faire l'un ou l'autre. L'esprit était trop fort, après la première confession de Trystan, pour disparaître et laisser le cœur s'épanouir. Mais bien entendu, le cœur trouvait logiques les explications du blondin. Très logiques. C'était un combat silencieux entre ces deux consciences pour prendre possession de la raison, de la tête de la Reine. « Il ne veut pas te quitter » contre « Il ment et veut simplement t'amadouer ». En même temps, on ne peut pas réellement blâmer la jeune femme d'avoir des doutes, des craintes et des incertitudes. Trystan, au départ, au tout début, avait été celui qui l'avait trahi. Qui avait attaqué Shola, Ombres et Elfes. Qui avait mis fin à leur amour. Même si Drace avait été le responsable de cette « confusion », le résultat restait le même, dans l'âme troublée de Zoelie. Malheureusement. Elle savait cette réaction, cette peur de trahison profondément stupide, mais elle avait beau en être consciente, celle-ci ne disparaissait pas pour autant. Ce qui était triste, c'est que Trystan ne pouvait faire rien de plus pour aider Zoe à se débarrasser de cette impression, de cette crainte. Il était honnête, il l'aimait, il était parfaitement lui-même avec elle (un peu trop, mais bon, ça rentrait dans le combo pour l'avoir à ses côtés), et faisait presque tout pour la rassurer. Et il avait fait mille et un sacrifices. Elle s'en voulait terriblement d'avoir des doutes.

Dans cette pensée presque plus rassurante, elle s'autorisa à détendre ses muscles, d'épaules comme de visage. L'ancien Empereur continuait à expliquer ses questions précédentes et ses réponses, pour tenter de panser les blessures internes de sa compagne. Il ne voulait pas la quitter. Il ne voulait pas devenir roi. Il n'avait pas voulu sembler incertain. Il était blessé par l'optique qu'elle ne lui fasse jamais confiance. Il faisait de son mieux, après tout, et il le jurait. Il lui demandait de ne pas douter. Elle sourit légèrement, tristement. Il l'aimait, n'est-ce pas? Pourquoi, mais pourquoi est-ce que cela n'était pas suffisant? Elle inspira profondément. Le temps n'était pas aux réflexions. Il allait répondre à ses questions. Juste avant cela, il lui rattrapa la main en la serrant, puis l'embrassa doucement. Bon. D'accord. Elle aussi, elle l'aimait. Beaucoup trop. Jusqu'à avoir mal à chaque mot qu'elle jugeait déplacés (c'est-à-dire, beaucoup). Elle était peut-être masochiste, de l'aimer jusqu'à ce point. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, ce n'était pas nécessairement négatif, cette souffrance. Pas toujours, du moins. Elle tenait à lui, et il lui semblait que ces moments, soit de tendresse, soit de chicanes qu'ils échangeaient, étaient ceux qui lui faisaient le plus sentir vivante. Certes, sur le moment d'une dispute, elle détestait tout ce qui pouvait bien se trouver dans un rayon de cent mètres autour d'elle. Mais cette haine, cette passion parfois, tout la rendait vivante. Bien plus que la pile de parchemins qui l'attendait chaque matin sur le côté de son bureau.

Bref, la fidélité! Importante pour les femmes. Oh, charmant. Cela débutait bien. Elle, manquer de confiance en elle? VRAIMENT? Elle fronça un peu les sourcils. Juste un peu. Pas de frustration, n'est-ce pas? Et puis, si c'était son point de vue, elle n'avait rien à di-... Ellyn? Ah oui, quelle bonne idée, de parler d'Ellyn! De dire qu’elle, c'était parfait, puisqu'elle ne s'opposait pas du tout au fait qu'il ne soit pas fidèle! Enfin, il ne l'avait pas dit explicitement, mais Zoe était assez bien placée pour savoir qu'il ne l'avait pas été. Trop bien placé peut-être. Elle sentit le malaise qui flottait entre eux. La mention d'Ellyn avait toujours  joué parfaitement son rôle. Et maintenant qu'elle était morte, c'était encore plus étrange. Pire ou moins pire? La magicienne rousse n'aurait su le dire. Donc il l'avait trompée assez de fois pour ne plus s'en souvenir. Continuellement. Hmm. Charmant. JUSQU'À CE QU'IL LA DEMANDE EN MARIAGE. Oh oui, elle se rappelait de ce bout des souvenirs d'Ellyn. Lors de son... suicide. Il ne l'avait plus trompé après. Et eux? Eux, ils n'étaient pas mariés! Est-ce qu'il la trompait aussi continuellement? Malaise. Intensément intérieur, cependant. Elle ne faisait que se mordre la lèvre, et c'était le seul trouble que Trystan aurait pu distinguer chez Zoe. Andréya? Andréya? Qu'est-ce qu'Andréya avait à faire là-dedans? La mère de ses cousins? Bon. Elle avait déjà couché avec Trystan. Charmant. C'était la seule avec qui il avait triché Ellyn suite à leur mariage. Charmant. Youhou? Pincement de jalousie? Que fais-tu par ici? En plus, Andréya était à Émeraude. C'était... une drôle de coïncidence. Autre pincement de jalousie un peu plus intense. Mais elle ne dit rien. Elle ne voulait pas imaginer des trucs loufoques de jalousie maladive, après tout. Trystan n'avait sans doute pas gardé contact avec l'autre rousse, non? Il ne l'avait pas revu sur Enkidiev, non? Il ne l'avait pas encore désiré, n'est-ce pas? Tsssssss. Ok. Au moins, il ne l'avait « pas » trompé, elle. Apparemment. Hmm, elle considérant qu'ils étaient ensembles depuis... oh, bonne question. Depuis la guerre, tiens. Quoique... après leur première aventure, sur Irianeth, elle-même lui était restée fidèle longtemps. Jusqu'à son couronnement, avec Zaïdham. Et puis, ce n'avait été qu'un petit baiser! Ensuite la fidélité avait repris, volontairement, ou involontairement, passé Drace. Trystan, quant à lui, ne voulait pas en parler, de cette drôle de fidélité basée sur d'autres principes que celui de ladite fidélité.

Donc. POUR LE MOMENT. Haha. POUR LE MOMENT, il n'avait pas envie d'aller voir ailleurs. Autre froncement de sourcils de la part de Zoelie, un peu plus prononcé que le premier. Comment était-elle sensée comprendre ça, elle? Il. Ne. Pouvait. Rien. Garantir. Pour. L'avenir. Bonne blague! C'était affreux. Elle serra les dents, de frustration. Hmmm, de la frustration? Oui, et elle avait clairement envie de le montrer. MAIS, elle se retint. Trystan avait de drôles de façons de pensées. « Drôles » étant un euphémisme pour éviter d'être vulgaires, soit dit en passant. Ce n'était pas possible de se contenter d'une seule femme. AH OUI? VRAIMENT? Zoe était sur le bord de péter un câble. Elle s'enfonça les ongles dans la paume, juste après avoir lâché « subtilement » la main de son « amoureux ». « D'où l'existence des harems et des bordels ». C'était ridicule. Tout à fait ridicule. Il avait eu un harem lui? TSS. La jeune femme aux cheveux rouges eut brièvement l'image de Trystan entouré de femmes toutes ravissantes, nues, autour de lui, et elle se sentit rougir de colère... et de jalousie. Surtout de jalousie. Un harem. C'était tellement... rustique. Pitoyable. Juste pour le sexe. Pas de questions d'amour. Bien entendu. Tss. Il commença à lui poser des questions. Elle devait se concentrer pour y porter attention et ne pas se laisser dominer par la colère. C'était difficile. Même s'ils parlaient de ses amants. Qui avait été le meilleur? SUREMENT PAS LUI. MÊME s'il s'était pratiqué avec TOUTES ses concubines de harem, il n'avait pas été à la HAUTEUR d'être le meilleur. Bam, orgueil débile. Il revenait maintenant sur les évènements de la guerre. Sur les dires qu'ils s'étaient échangés. Arff. C'était désagréable, à se remémorer. Tout ce qu'ils s'étaient dit n'avait pas été tellement charmant. Particulièrement pendant les moments où Zoelie n'était pas encore à moitié morte, trucidée par Trystan. Ceux où c'était encore de la joute verbale. Tout ce qui s'était dit là avait été... charmant. D'où le commentaire sur les capacités sexuelles de Trystan, comparant celles-ci à celles d'un mollusque. Ou plutôt, traitant littéralement l'Empereur de pauvre invertébré totalement mou et pathétique. Est-ce qu'elle l'avait pensé? Est-ce que c'était SI vrai que ça? … est-ce qu'elle avait déjà simulé? Bonne question! Elle n'avait jamais eu assez pitié d'un homme pour simuler. Si elle n'aimait pas l'acte, elle préférait se taire, et tuer à petit feu l'orgueil de son pauvre amant d'un soir. Mais cela n'était pas arrivé si souvent, après tout. Elle avait tendance à bien choisir ses proies. Elle savait reconnaître ceux qui avaient des compétences en la matière, et ceux qui étaient totalement incompétents. Rendu là, plus besoin de simuler... Bien qu'elle en soit capable, bien entendu.

PUIS, pourquoi est-ce qu'elle ne descendait jamais? ET C'ÉTAIT LUI QUI DEMANDAIT ÇA? Tss. Ok. Définitivement, il était stupide. Terriblement stupide. Elle soupira d'exaspération. Même si la question suivante était plus sérieuse, elle l'enregistra et conserva ce qu'elle ressentait. Entièrement confiance? Ça, il faudrait qu'elle réfléchisse à la question. Alors qu'elle était sur le point de répondre, Trystan enchaina, et se mit à genoux. HEIN? QUOI? Mais qu'est-ce que c'était ÇA? Elle pompait déjà pour se calmer, et LUI, il arrive avec cette question, milles fois plus stupides que les autres? (Pardonnez Zoe, disons que Trystan n'a pas choisi son moment). Elle le regarda, lui et sa demi-grimace de sourire, à genoux. Elle n'était pas du tout attendrie. Ou du moins, vraiment pas assez. Pas après... tout ce qu'il avait dit juste avant. Le truc de fidélité surtout. Elle secoua la tête, et mesura sa voix pour ne pas que celle-ci paraisse trop frustrée ou qu'elle soit trop forte. Résultat? Quelque chose de particulièrement froid, et presque posé.

-C'est quoi ça? Une garantie que je dois prendre pour ne pas être trompée plus de cent fois, comme Ellyn? Non, je ne veux pas t'épouser. Et toi, surtout toi, tu ne veux pas m'épouser. Je préfère ne pas prendre de risques vu que l'irrésistible envie de ne pas coucher avec une autre femme te prendra bientôt... Et les Dieux savent que je ne voudrais pas te brimer dans ce merveilleux droit que tu sembles accorder aux hommes. Si on était marié, je m'octorais le droit de t'obliger à ne prendre que moi comme amante. Ce serait horrible n'est-ce pas? Restons-en là, si tu veux bien. Par contre, il faut que tu comprennes quelque chose. C'est du donnant donnant. Ici, les femmes sont égales aux hommes. Pour TOUS les droits. Si tu penses qu'une femme ne peut pas aller coucher avec un autre homme, même si elle est en couple, tu te mets le doigt dans l’œil. Mais comme tu dis, ce n'est « que du sexe », pas d'amour, alors il ne devrait pas y avoir de problèmes. Bref, si tu vas coucher ailleurs, j'ai amplement le droit de le faire aussi. Et c'est moralement très acceptable, sauf pour les vantards qui croient la femme inférieure. Prends ça comme un principe de règlement de compte. Les hommes ne sont pas les seuls à avoir des pulsions. Là, je te l'accorde, les femmes ont peut-être un peu plus de cervelle pour savoir que leur compagnon va être blessé si elles se laissent aller à celles-ci. D'autres n'auront pas envie de montrer leur façon de penser. Je n'ai aucune idée de pour quelles raisons elle te laissait faire ça... -non en fait j'ai ma petite idée, mais on s'en fout- Sauf que je ne suis pas Ellyn, moi. Que ce soit de la jalousie maladive,  ou appelle ça comme tu veux, moi, je vais être blessé si tu couches avec quelqu'un d'autre. Si tu ne comprends pas pourquoi, imagine l'inverse. Que moi, par simple envie de sexe, je décide d'aller coucher avec le fils aîné de l'aubergiste parce qu'il est attirant. Tu le prendrais bien?

Elle passa une main dans ses cheveux en soupirant.

-Voilà pour ta dernière question et ma réaction à ta réponse sur la fidélité... Ensuite, pour le meilleur amant... désolée de piétiner ton orgueil, mais tu passes derrière un ancien ami de courte durée qui venait du Désert et qui est resté peu de temps à Émeraude pour faire du commerce. J'espère que tu t'en remettras. Je ne suis plus certaine de me rappeler son nom... cela finissait par un « o », mais tu t'en fous surement... Mais bon, si ça peut te consoler, non, je ne le pensais pas, à la guerre, en te traitant de mollusque, et non, je n'ai jamais simulé avec toi. J'ai surtout dit ça pour tenir tête à... tes remarques désobligeantes...

Petite grimace, et voix un peu plus faible.

-D'ailleurs, c'est un peu pour ça que je ne descends jamais. J'ai un peu trop de... mauvais souvenirs par rapport aux références que tu as faites sur ça, il y a quelques mois. Mais bon, comme tu le sais, je suis amplement capable de le faire, c'est juste que... je ne fais que penser à la possibilité de le faire et j'ai ressens déjà un malaise interne alors... tu vas devoir attendre encore un peu, je crois.

Petite pause.

-Je sais que c'est idiot de ma part, de porter encore de l'importance à ce qui s'est passé à la guerre. Mais merci d'avoir poser cette question sur l'affaire du mollusque, je me sens tout d'un coup un peu moins étrange de continuer à penser à tout ce qui s'est passé là-bas, puisqu'apparemment, ça te trotte parfois légèrement dans la tête à toi aussi. Ou pas... mais tu me le fais bien croire.

Léger sourire.

-Je fais mon possible pour oublier, et ça fonctionne de plus en plus, je te le jure. Merci de tout me dire, merci de répondre à mes questions même si les réponses me troublent ou me frustrent. Je sais que les miennes, ainsi que mes commentaires, doivent être chiantes à entendre également. Je... je ne sais pas si je vais un jour te faire entièrement confiance, Trystan. Je ne pense pas. Enfin... je dis ça, mais... c’est qu'il y a une partie de moi qui s'entête à croire à une théorie de complot, et ta réponse à ma première question a particulièrement enflammé son imagination. Mon imagination. Mes craintes, en quelque sorte. Mais dis-toi que tu aurais pu raconter n'importe quoi d'autre que j'aurais continué à douter. Que cette partie m'aurait obligée à garder une certaine réserve... J'essaye encore de « la » raisonner. À chaque jour, à chaque semaine passée avec toi, elle perd de la crédibilité, face à tes actes, à tes mots, à... à ton amour...  et le mien ne fait qu'augmenter. Tu vois, c'est un peu pour ça que je n'ai pas l'impression que notre relation, aussi cinglée soit-elle, va se terminer bientôt. Parce que pour l'instant, globalement, il n'y a que des améliorations malgré nos disputes quotidiennes.  Et c'est aussi pour cela que je crois, finalement, que oui je vais réussir à te faire confiance jour, et que cette partie de moi paranoïaque va enfin te laisser une chance, comme le fait mon cœur. Oh, et tu n'as pas besoin de me demander en mariage pour ça...

Toujours ce petit sourire. Regard d'excuse à Trystan. Elle savait bien que ses paroles étaient étranges. Qu'elle avait l'air un peu débile mentale. Elle espéra que cela ne le dérangerait pas trop.

-Aller, c'est le temps de revenir aux questions diaboliquement affreuses. Disons... Est-ce que toi tu veux te marier, vraiment? Pourquoi, si tu ne crois pas en la fidélité, as-tu presque arrêté de tromper Ellyn après votre mariage? Est-ce que c'était parce que tu avais peur qu'elle essaie encore de se sui-...

Elle coupa nette sa question. Hmmmmm, valait mieux ne pas parler de cela. Était-il au courant que sa femme lui avait montré tous ses souvenirs? Sans doute pas... autant garder cela secret, si ce n'était pas trop tard. Et passer rapidement à une autre question.

-Pourquoi avec Andréya? Pourquoi elle et non pas toutes les femmes de ton harem?

Poser une question qui va la rendre jalouse? Magnifique idée, voyons!

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MessageSujet: Re: Confessions (sans frustration?) [PV] Lun 22 Juil 2013, 09:20

Le bonheur ne vaut pas la peine qu’il coûte.
~ Marie Lenéru ~

Trystan ne s’était pas attendu à ce qu’elle saute de joie. Toutefois, de là à ce qu’elle fasse semblant de ne pas comprendre ce qu’il se passait, il y avait tout un monde. Ne fallait-il pas être idiot pour briser le (peu de) charme du moment par une question aussi sèche ? Pire encore, au lieu de répondre, l’affreuse rouquine semblait avoir décidé de faire pleuvoir des reproches sur le demandeur. Une garantie qu’il ne la tromperait pas ?! Houla. Ne nous emballons pas ! Après tout, ce n’était qu’une demande en mariage ! Sauf que, COMME D’HABITUDE, Zoelie ne semblait pas comprendre les raisons qui avaient poussé l’homme à se mettre à genoux devant elle. Probablement n’avait-il pas été assez explicite. En fait, il n’avait rien expliqué du tout. Évidemment puisque, DANS SA TÊTE, tout était très évident. Trystan n’avait jamais voulu se marier. Pas à Ellyn. Et encore moins à Zoelie. Pas du fait qu’il s’agissait de Zoelie mais plutôt car il avait déjà eu l’occasion de tester les désastres que pouvaient produire un mariage. Dès lors, cette union sacrée représentait le sacrifice ultime pour lui, à n’accomplir qu’en cas de nécessité extrême. C’est donc pour combler le manque de confiance de Zoelie qu’il le lui avait proposé. Pas pour la frustrer. Et encore moins pour être la victime de sa mauvaise humeur. Et voilà qu’elle se comparait à Ellyn. Tout en refusant d’y être comparé. Ce n’était pas très clair. Ce n’était jamais très clair (et, bien évidemment, c’était toujours sur Trystan que cela retombait). Alors, NON, elle ne voulait pas l’épouser. Très bien. Pas la peine de répondre sur un ton aussi tyrannique. Déjà qu’un tel refus faisait terriblement mal à l’orgueil. Mais Zoelie ne comptait pas s’arrêter. Oh, elle allait très certainement jouer à la petite garce qui dévoile ses plus affreuses pensées et qui, par la suite, vient s’excuser humblement de manière à rendre la colère de son amoureux illégitime. Mais d’abord, elle rejetait la faute sur lui ! Bien sûr qu’il ne voulait pas l’épouser ! Pourquoi aurait-il voulu se faire à nouveau passer la bague au doigt alors qu’il venait tout juste de découvrir la liberté ?! Mais ce n’était pas la question ici. Et, très sérieusement, Trystan commençait à en avoir marre qu’elle transforme ses réponses en fonction de ce que lui aurait répondu si elle lui avait posé la même question. Quoique, pour une fois, ce n’était pas plus mal. Au moins, cette stupide histoire de mariage était réglé et l’homme ne se fit d’ailleurs pas prier pour se relever, tout en profitant pour mettre quelque peu de distance entre Zoelie et lui, contraint de ne pas reculer plus à cause de l’arbre qui se trouvait désormais contre son dos. Aurait-il pu utiliser sa magie qu’il serait parti loin d’ici. Il aurait laissé la frisée toute seule dans la forêt et n’aurait pas eu à supporter la suite des paroles infâmes qu’elle déversait à présent contre lui. De toute évidence, elle n’avait pas vraiment dû aimer sa conception de la fidélité.

Ne pas prendre de risque ? Bien. Pour une fois, Trystan était du même avis que Zoelie. Oui, le mariage était un danger. Et considérable qui plus est. Sauf que les deux amants ne justifiaient pas cela par les mêmes arguments. Là où l’ancien Empereur y voyait surtout une privation de liberté, Zoelie restait focalisée sur une jalousie qu’elle N’AVAIT PAS (encore) à éprouver puisqu’IL NE L’AVAIT PAS (encore) trompé ! La tête haute, Trystan supportait tout le temps les vraies fausses brimades de la Reine. C’était un peu compliqué de parvenir à savoir ce qu’elle pensait réellement. Après tout, ne venait-elle pas de lui affirmer qu’elle ne verrait aucun problème à ce qu’il puisse aller se vider dans d’autres trous quand l’envie lui prendrait puisqu’il s’agissait d’un des droits des êtres masculins ?! Hm. Il fallait tout de même avouer qu’une telle déclaration ne correspondait pas vraiment avec l’image que le traitre se faisait de Zoelie. Et c’est pourquoi Trystan ne fit pas l’erreur de se réjouir, d’afficher un grand sourire et de se détendre. Il savait que cela ne faisait que commencer. Et, à vrai dire, il était encore bien trop frustré par le refus qu’elle venait de faire pour pouvoir s’enorgueillir de quoique ce soit. Parce que même s’il ne désirait pas l’épouser… C’était tout de même blessant. Après tout, elle n’avait pas hésité l’ombre d’un instant. Et elle ne semblait pas non plus éprouver de regrets. Pourquoi faire ?! Zoelie était parfaite. Mais elle ne se rendait très certainement pas compte que le dard de ses paroles était affreusement vénéneux. Et qu’il ne manquait jamais sa cible. SURTOUT quand elle teintait ses paroles d’ironie ! Foutue ironie ! Oh oui, elle la maitrisait bien et elle en était consciente ! COMME CE SERAIT HORRIBLE ! Serait-ce si horrible ?! Trystan n’en savait rien. Il ne savait même pas s’il aurait un jour envie de tromper Zoelie. De fait, s’il trompait Ellyn, c’était seulement car cette dernière ne lui avait jamais retourné l’affection dont il avait besoin. Alors, il était allé voir ailleurs. Mais avec la rouquine… Non, il n’avait définitivement pas à se plaindre. Toutefois, peut-être cela allait-il changer. Rien ne pouvait être garanti. PERSONNE ne pouvait prédire l’avenir avec exactitude. C’était surtout cela que Trystan avait voulu dire. Sauf que, bien évidemment, il n’avait pas été jusqu’au bout de son explication. Et, comme de faire, cela lui retombait dessus. Alors il écoutait. En essayant de ne pas trop froncer les sourcils. Même si… Les femmes ! Égales aux hommes ! Quelle jolie blague ! Ah ! Mais elle était sérieuse ! Franchement. L’égalité ?! Émeraude avait décidément des principes complètement arriérés. « Bref, si tu vas coucher ailleurs, j'ai amplement le droit de le faire aussi. » NON. Elle n’avait pas le droit de le faire. « Et c'est moralement très acceptable, sauf pour les vantards qui croient la femme inférieure. » NON. Et ce serait moralement très inacceptable, sauf pour les choses couronnées qui croient la femme supérieure. « Prends ça comme un principe de règlement de compte. » NON. Il ne prendrait pas ça du tout. Il la quitterait. Point final.

D’accord, peut-être que les femmes aussi avaient des pulsions. Et, oui, elles les contrôlaient mieux. Tout simplement car celles qui ne les contrôlaient finissaient dans un bordel ou dans la rue. Il ne pouvait pas y avoir d’égalité entre l’homme et la femme. Mais ce n’était pas de cela dont il était question. Zoelie choisissait plutôt d’évoquer… les blessures. Sentimentales. Oh. Là, il commençait à comprendre. Elle n’était pas Ellyn ?! SANS BLAGUE ? Et qu’est-ce que cela était supposé vouloir dire ? Qu’elle l’empêcherait d’aller voir ailleurs ? Qu’elle lui piquerait d’énormes crises quand elle se rendrait compte (SI ELLE SE RENDAIT COMPTE) qu’il l’avait tout de même fait ? Qu’elle ne lui pardonnerait rien ? Ou… Ou… Elle serait blessée. (Et c’est ainsi que Zoelie emporta la victoire sur l’orgueil de Trystan.) S-Sauf que… Lui, il ne voulait pas ça. Non, il ne voulait même pas ça du tout. Jamais il n’avait voulu lui faire de mal. Que ce soit physiquement ou mentalement. Il ne savait pas que… qu’en laissant sa libido s’exprimer cela serait douloureux pour sa compagne. Alors, Trystan n’avait même pas besoin d’imaginer l’inverse. Évidemment qu’il serait dans une colère noire si elle décidait d’aller coucher avec… (CE PETIT AVORTON DE PACOTILLE DE M*RDE ?!) le charmant fils aîné du charmant aubergiste de cette charmante auberge (il allait falloir qu’il le surveille de près dorénavant) ! Mais la question n’était même pas là. Si cela risquait de blesser Zoelie, il ne la tromperait pas. Fin de la discussion. Et, alors que la rousse soupirait, Trystan en fit de même, daignant enfin cesser de fuir son regard. Tout aurait ensuite pu bien aller si elle avait été suffisamment compréhensive pour lui laisser le temps de se calmer au lieu de faire saigner un peu plus l’orgueil du narcissique. Surtout qu’elle le savait, puisqu’elle le précisait elle-même. IL N’ÉTAIT PAS LE MEILLEUR ? Mais oui. C’est ça. Bien sûr. Et puis quoi encore ?! Pfff. N’importe quand. Il ne restait donc plus qu’à attendre le moment où la peste rousse se déciderait à revenir sur ses propos en affirmant qu’il n’avait s’agit de rien de plus qu’une funeste blague pas vraiment drôle et que, ÉVIDEMMENT, Trystan était le meilleur. Parce que, sexuellement parlant, il était parfait et devait donc FONDAMENTALEMENT arriver en tête de liste. Se satisfaire d’une jolie deuxième place ? AHAH. Non. Certainement pas. Ce n’était même pas envisageable. Une lueur de défi dans les pupilles, l’homme guettait donc le moment où la rouquine se déciderait à briser ce stupide mensonge. Sauf qu’elle n’en faisait rien. Au lieu de cela, elle lui fournissait des détails sur l’identité de ce mystérieux homme qui serait hypothétiquement plus compétent que lui pour faire grimper Zoelie dans les octaves. Qu’espérait-elle prouver ? Qu’il ne s’agissait pas d’un de ses amis imaginaires ? Qu’elle ne l’avait pas inventé juste pour l’emmerder ? Ou encore qu’il était inutile de chercher à le retrouver ou même d’en être jaloux puisqu’elle ne se souvenait même plus de son nom ? Trystan n’en avait strictement RIEN À FOUTRE de ce gars. Alors qu’elle la ferme. S’il s’en remettrait. Ouais, ouais. Ferme ta gueule Zoe. Tu fais chier.

Et cela le consolait-il de savoir qu’elle ne le considérait pas véritablement pour un mollusque ? Non. Pas du tout. D’accord. Un peu. Juste un peu. Mais la frustration qu’il ressentait était beaucoup trop grande pour qu’il puisse y accorder une réelle importance. Alors Zoelie faisait toujours chier. Intensément. Et HEUREUSEMENT qu’elle n’avait jamais simulé avec lui ! Il ne manquerait plus que ça. De toute manière, si elle lui avait dit le contraire, il l’aurait juste planté là et… Il n’en savait rien. Ce dont il était certain, cependant, c’est que la Reine d’Émeraude venait joyeusement d’atteindre son seuil de tolérance et qu’à la prochaine parole qui ne lui plairait pas, il enverrait valser cette règle débile qui l’empêchait de se frustrer. Quoique, de toute manière, il était déjà frustré et cela devait sans aucun doute pouvoir se lire sur ses expressions faciales. Seulement, il faisait encore l’effort de faire taire cette rancœur et de la laisser bouillonner dans son esprit. Pour l’instant. Et… QUOI ?! C’était pour ça qu’elle refusait de le prendre en bouche ? À cause de ce qu’il s’était passé à la guerre ? Un événement vieux de… CINQ LONGS MOIS ?! Alors qu’il n’était même pas lui-même ? Et qu’il s’était excusé de nombreuses fois ? (Et qu’elle aussi avait dit plein de trucs affreusement désagréables à entendre ?) Non. Ce. N’était. Pas. Correct. Du. Tout. D’accord, il avait potentiellement pu faire quelques légères références plus ou moins reliées à ce sujet. Mais, tout de même, pas de quoi pratiquer l’abstinence ! Pourquoi ne refusait-elle pas de coucher avec lui dans ce cas ? Et pourquoi avait-elle-même été celle qui lui avait presque sauté dessus, au lieu de le fuir, puisqu’il avait été siiii cruel à Ombres ? Et après ça, elle osait dire qu’elle était « AMPLEMENT » capable de le faire ? Doucement, gente demoiselle. Ce n’est pas à toi de juger de ça. Ce n’est pas car tu sais tenir le machin dans ta main et que tu es capable d’amener ta bouche jusqu’à lui que tu sais « descendre » convenablement. Ce sera à Trystan d’en juger, de ça. Et tu ne seras JAMAIS la meilleure. Même si tu te débrouilles bien. Et même si tu mériterais effectivement d’être la meilleure. Tu ne seras jamais la meilleure tant qu’IL ne sera pas le meilleur. C’est comme cela que ça fonctionne, l’orgueil. T’es pas contente ? On s’en fout. Ça restera comme ça. T’avais juste à pas être insolente. Et puis, avant de te lancer toi-même des compliments, songe à cesser de vouloir vomir en y pensant (et à ne pas partager ton idée (surtout lorsque la personne qui va lire ton poste est malade, tss…)). Amplement capable de le faire. Pfff. Zoelie ne l’avait fait qu’une seule fois. Lorsqu’elle était saoule. Et Trystan était dans un tel état qu’il aurait ressenti la même chose si […] s’était chargé de l’astiquage du membre inférieur. Toutefois il ne la forcerait tout de même pas à le faire, si cela ne la tentait vraiment pas. Malgré tout, il s’en trouvait offusqué. Comment ne pas l’être après tout ?!

Pourtant, elle réussissait encore à l’amadouer. Comment ? En étant maladroite dans ses explications. Et sensible. Ce qui s’était passé à la guerre, c’était de sa faute. Bien entendu, Drace était le réel coupable mais Trystan ne pouvait pas toujours se cacher derrière la cruauté du dieu déchu. Il n’avait pas le droit d’en vouloir à Zoelie si cette dernière était encore bloquée sur les quelques horreurs qu’il avait pu lui dire. Parce que lui, il savait que c’était faux… Mais elle… Elle n’était pas dans sa tête. Et même s’il lui laissait libre-accès, elle pourrait toujours prétendre à des mensonges. C’était possible. Et il maitrisait amplement la technique. Alors, bien que tout ne lui plaisait pas toujours, il devait prendre son mal en patience. Et… Oui, s’il lui arrivait de songer à la guerre, elle avait AMPLEMENT le droit d’en faire autant. C’est pourquoi il lui rendit son sourire (ou ce qui semblait en être un (de loin (pour un aveugle))). Bon. D’accord. Il était encore incroyablement en colère. Mais, au moins, il ne voulait plus que cette dernière sorte et n’avait plus particulièrement envie d’accabler Zoelie de reproches. Surtout qu’elle… qu’elle le remerciait. C’était inattendu. Et Trystan était impressionné. De quoi ? Que Zoelie c-comprenne. Non, Trystan n’aimait pas ce jeu. Pas du tout. Et elle semblait l’avoir remarqué. Pourtant, loin de vouloir le faire cesser, elle semblait le légitimer. Cela lui faisait-il plaisir, d’entendre des choses désagréables ? Et de lui imposer la même chose ? « Je... je ne sais pas si je vais un jour te faire entièrement confiance, Trystan. Je ne pense pas. » PROBABLEMENT. Aye. Vraiment. Ouch. C’était cruellement douloureux. À quoi cela servait-il qu’il reste encore avec elle, après une telle confidence ? Quel était le but de leur relation si le progrès n’était pas envisageable ? Non, c’était… Tous ces efforts… Pour rien. D’accord, il y avait eu quelques moments de bonheur, mais Zoelie venait tout juste d’avouer que ce dernier ne pourrait jamais être complet. Car elle se refusait à lui faire confiance. C’était légitime. Dans un sens, il pouvait comprendre. Mais, d’un point de vue plus personnel, il ne comprenait pas pourquoi ils s’efforçaient de faire en sorte que cela fonctionne si la rouquine savait pertinemment que cela n’aboutirait jamais à rien. Peut-être était-il trop perfectionniste. Sans doute devrait-il se contenter du bonheur qui lui était déjà octroyé sans chercher à en vouloir toujours plus. Mais il n’y parvenait pas. Car il s’agissait de Trystan. Et Zoelie… Zoelie aussi faisait des efforts. Beaucoup d’efforts. Essayant même de combattre sa légère schizophrénie. Peine perdue. Elle tentait de se raisonner elle-même, hein ? Et qu’importe ce qu’il puisse dire ou faire, elle douterait toujours autant ? Voilà qui (n’)était (guère) rassurant. La suite, en revanche, était bien plus agréable à entendre. Elle progressait ? Grâce à lui ? Vraiment ? Et, de ce fait, ils resteraient ensemble. La logique de Zoelie se tenait. Et Trystan comprenait ce qu’elle voulait dire (même s’il lui en voulait toujours considérablement pour ce qu’elle avait osé dire avant).

Et il était heureux. Puisqu’elle affirmait qu’elle lui ferait confiance un jour. Quand il aurait achevé de faire ses preuves, très probablement. Ou même encore un peu après. Cela n’avait pas d’importance. Trois mois, ce n’était pas assez. Il le savait. Il l’avait toujours su. À présent, Trystan devait simplement l’accepter. Et… Et… Quoi ? Pas besoin de la demander en mariage pour prouver sa bonne foi ? DONC, ELLE AVAIT COMPRIS, FINALEMENT ?! Dès lors, est-ce que la crise qu’elle lui avait fait subir plus tôt était factice ou forcée ? Non, il ne pouvait pas penser une seconde que ses paroles avaient reflété ses pensées. Pas après ce qu’elle venait de dire. Quelle jolie […] ! Bon. Bref. QUOI ?! Elle tenait vraiment à relancer le jeu ?! Pourquoi ?! Pourtant, elle avait deviné que cela ne lui plaisait pas. Est-ce qu’elle se trouvait drôle, à se moquer de lui aussi visiblement ? Parce que, de toute évidence, l’ancien Empereur était LOIN de trouver ça drôle. VRAIMENT LOIN. Et… Est-ce que lui voulait se marier ? EH ! Ce n’était pas parce qu’il posait des questions chiantes qu’elle devait se sentir obligée de lui rendre la pareille ! Alors, comme première réponse, Trystan fronça les sourcils. Et il accentua le mouvement lorsqu’il entendit la deuxième interrogation. Pourquoi avait-il arrêté de tromper Ellyn ? Ouch. Bonne question. Il allait falloir qu’il réfléchisse un peu. Avait-il eu peur qu’elle tente à nouveau de se suicider ? Hmm. Probablement. Oui, cela avait de l’allure ! Ce n’était pas l’unique raison mais ce serait un de ces éléments de réponse. Sauf que, déjà, Zoelie enchainait. D’autres questions ? Encore ? Mais il n’avait même pas encore eu l’occasion de lui répondre au sujet d’Ellyn et du mariage… Alors quoi ?! ANDRÉYA ? Oh non. Zoelie ne VOULAIT PAS entendre parler de ça. Si ? Certaine ? Pourquoi Andréya et personne d’autre n’avait-il trouvé suffisamment d’importance à ses yeux pour qu’il brise la promesse faite à Ellyn lors de son mariage ?


- Parce que c’était Andréya.

Bien sûr que la réponse n’était pas suffisante. Mais il y reviendrait. Plus tard. En attendant, il semblait bien qu’il avait beaucoup de choses à dire.

- Mais avant de m’étendre un peu plus sur le sujet… SI TU AVAIS COMPRIS QUE JE TE DEMANDAIS EN MARIAGE UNIQUEMENT POUR QUE TU ME FASSES CONFIANCE, TU N’AVAIS PAS BESOIN DE REFUSER DE MANIÈRE AUSSI ABRUPTE. Ce n’est pas car je ne veux pas me marier que cela ne me blesse pas, Zoelie. Je ne t’ai pas trompé depuis… Je ne t’ai jamais trompé. J’ai tout quitté pour toi. MES PREUVES, je les ai DÉJÀ faites. Alors je peux bien accepter que tu sois paranoïaque au point de ne pas vouloir le remarquer et d’absolument tenir à m’imposer d’autres règles comme… Rester à Émeraude, tiens ! Est-ce que je suis parti ? Non. Est-ce que j’ai menacé de partir ? Non. Est-ce que j’ai enfreint la glorieuse règle sur laquelle tu as magnifiquement insisté dès le premier jour ? NON. Je n’ai rien fait de tout ça. Et là… Là, tu me reproches un comportement QUE JE N’AI PAS EU. Tu m’as demandé de répondre honnêtement, et c’est ce que je fais. Mais cela ne te va jamais. Tu n’es pas satisfaite du résultat. Tu dis que tu m’aimes, mais c’est faux. Ce n’est pas avec moi que tu partages ton lit mais avec l’homme que tu voudrais que je sois. Et c’est pour cela que l’on se dispute autant. MOI, je n’essaye pas de te changer. Pourtant… Tu veux aller me tromper avec l’aubergiste ? Vas-y. Amuse-toi. Si tu veux pulvériser les records de prostitution, tu n’as qu’à le dire. À moins que tu ne préfères simplement me rendre jaloux. C’était ça le but, n’est-ce pas ? Me faire comprendre ce que cela fait. Non. Je ne serai pas content. Pas content du tout. La fidélité, ce n’est pas que de l’amour, c’est aussi une question d’orgueil. Si tu me trompes, tu brises mon honneur. Mais ça tu n’en as sans doute rien à foutre. Après tout, je ne dois sans doute pas être pourvu d’honneur selon tes critères… Je trompe ma femme et j’OSE L’AVOUER ! Réfléchis un peu ! Tu me demandes de NE PAS TE MENTIR et, quand je te dis la VÉRITÉ, tu t’énerves. Qu’est-ce que tu crois que ça me donne envie de faire ?! Bien sûr que tu as le droit de penser à la guerre de temps à autres. Moi aussi j’y pense. Au passé. Mais… Toi aussi tu as dit beaucoup de trucs dégueulasses là-bas. Et, tu étais encore toi-même, TOI, à ce que je sache. PAS MOI. Essaye de t’en souvenir. Et c’est bien… De dire tout ça. Mais peut-être que si tu me l’avais dit avant, au lieu de passer autant de temps à batifoler avec ton immortel albinos, on s’en serait pas là.

La voix de Trystan était sèche et son regard assassin. Si les mots qu’il avait employés n’étaient pas assez éloquents pour la princesse, ses expressions faciales suffiraient sans aucun doute à lui faire partager toute la colère qu’il ressentait. Oui, l’homme était furieux. Parce qu’il avait été blessé par la rouquine.

- Mais sois rassurée. Je ne te demanderai pas de descendre. Après tout, tu as l’air d’avoir été victime d’un traumatisme tellement intense qu’il serait injuste de ma part d’agir de la sorte. C’est ce que tu penses ? Ou je me trompe encore ? Et je ne te demanderai PLUS JAMAIS en MARIAGE. D’ordinaire, les femmes réagissent plutôt bien d’ailleurs. Je n’aurai pas pu deviner que tu sois aussi… ANORMALE. Mais ce n’est pas grave. Après tout je n’ai absolument pas envie de me marier à nouveau et de perdre le peu de liberté que tu m’accordes. Tu dis que je suis libre ?! C’est FAUX. Et, si tu ne t’en rends pas compte, tu as un sérieux problème. Mais tu vas très probablement encore dire que je pique une crise pour rien, que je suis immature et idiot. Vas-y. Ne te gêne pas. J’ai pris l’habitude.

Brève pause. Juste le temps d’attendre une réaction de Zoelie. Quoique, même si elle en avait eu une, Trystan ne l’aurait pas laissé continuer. Et, comme de fait, il reprenait la parole. D’un ton un peu moins aride toutefois.

- Non ? Rien ? Je vais continuer ton stupide jeu alors. Nous n’avons pas assez de problèmes comme ça. Comme c’est intelligent de s’en rajouter des tas dans la même soirée. Brillante idée. Alors, Andréya. Je te préviens, cela ne va pas te plaire. Andy m’a toujours refusé ce que toutes les autres femmes m’accordaient, allant même jusqu’à me jurer que je n’obtiendrai jamais ce que je désirais. Évidemment, j’étais obligé de relever le défi. Ce n’était rien de plus qu’un jeu. Un jeu malsain. Un jeu qui est allé trop loin. J’ai couché avec elle le jour de mon mariage. Quelques heures seulement après avoir juré fidélité à Ellyn. Mais, en vérité, je dirai plutôt qu’il s’agissait d’un viol. J’ai… J’ai pris une autre forme pour obtenir ce que je voulais. Parce que je refusais de perdre. Elle a cru que j’étais son amant. Je te laisse imaginer la suite.

Certes, Zoelie n’avait pas demandé à connaitre toute l’histoire et il aurait peut-être été plus intelligent de lui expliquer pourquoi Trystan avait toujours été attiré par Andréya mais il avait préféré ne rien en faire. Cela ne servirait qu’à déclencher une nouvelle crise de jalousie. Et puis… De toute manière, elle aurait fini par poser la question. Autant en finir immédiatement.

- Je n’ai pas éprouvé de scrupules avant très longtemps puis… Puis, elle m’a écrit. Et c’est à partir de ce moment-là que j’ai cessé de vouloir être… moi.

Le blondinet se souvenait parfaitement du moment où il avait lu sa lettre. Et des journées qui avaient suivi. Il aurait quitté Irianeth depuis bien longtemps si un élément perturbateur n’avait pas fait son entrée dans sa vie à cet instant pour ensuite tenter de le remonter à la surface. Un élément perturbateur. Elendil. Il lui manquait.

- Andréya a juré de me tuer. Sauf qu’elle ne l’a pas fait, quand je l’ai revu. On a… beaucoup parlé. Elle… Elle m’a dit qu’elle n’était pas avec moi car Evan était meilleur. Alors… Alors j’espère que tu comprends à quel point ça me frustre… et à quel point ça m’inquiète quand tu me dis que je ne suis que deuxième… Pourquoi tu m’aimes ? Pourquoi pas l’autre gars du désert ? Pourquoi c’est pas avec lui que tu es restée ? Qu’est-ce qu’il faisait de mieux que moi ?

Complexe d’infériorité ? Curiosité mal placée ? Appelez ça comme vous voudrez. Toujours est-il que sa colère s’était soudainement évaporée et que son timbre de voix s’était incroyablement radouci. Andréya était un sujet sensible. Mais il y avait pire. Il y avait Ellyn. Et Zoelie avait décidé de l’interroger à propos des deux femmes dans une seule question. C’était infernal. Se laissant glisser contre l’arbre afin de se retrouver en position assise, Trystan secoua légèrement la tête avant de reprendre.

- Mais pour revenir sur ton autre question… Après ce qu’il s’est passé avec Andréya, j’ai arrêté. J’avais tout de même juré fidélité à Ellyn et je devais m’y tenir. Jusqu’à… toi. Mais tu es déjà au courant de ça. Bon ? Pourquoi respecter mon vœu de fidélité alors qu’il ne figurait pas parmi mes valeurs ? Car cela blessait Ellyn, bien qu’elle ne disait rien. Et, surtout, j’avais bien trop peur qu’elle m’échappe à nouveau en tentant de se suicid-

EH ! Comment Zoelie avait-elle su pour le suicide d’Ellyn au royaume de Zénor ?! Trystan aurait dû s’en rendre compte plutôt. Mais, à présent qu’il n’était plus obnubilé par sa colère et qu’il avait les mots en bouche, il était plus simple de réaliser la gaffe qu’avait commis la rouquine un peu plus tôt.

- Comment est-ce que tu… POURQUOI ES-TU AU COURANT DE ÇA ?! D’Ellyn. De son suicide. Le premier… Des circonstances de ma demande en mariage. Je ne t’en avais jamais parlé. JAMAIS. Qui te l’a raconté ? P-Pourquoi tu m’as menti ?

Pire que tout. Pire que parler de fidélité. Pire qu’une demande en mariage. Pire que de penser à Andréya. Pire que d’avouer tous ses crimes. Pire que de revoir Ellyn se suicider. Pire que de le raconter. Pire que tout abandonner. Pire que trahir. Se faire trahir, PAR ELLE, c’était pire que tout.

- J’arrête de jouer.

Il ne voulait même pas qu’elle réponde à ses questions. Il ne voulait plus rien savoir. Il ne voulait plus parler d’Andréya. Et encore moins d’Ellyn. Cela faisait trop mal. Alors, une larme – solitaire – creusa son sillon dans la joue de Trystan. Il avait baissé la tête. Mais cela ne suffirait pas à camoufler cette faiblesse. C’était pire que tout.
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MessageSujet: Re: Confessions (sans frustration?) [PV] Lun 22 Juil 2013, 19:38

« L’amour, c’est l’amour sans chaînes. »
Toni Bentley

C'était Andréya. Point final? Non, mauvaise réponse. Il allait sans doute continuer. Ou... Wow. Bon, voilà qu'il lui criait dessus à présent. Et crier était un petit mot. Elle avait le choix entre se frustrer de comment lui-même se mettait en colère, et se sentir mal et lui donner raison. Du moins, partiellement raison. Disons qu'elle ne l'avait pas compris directement, qu'il faisait ça pour qu'elle lui fasse confiance. Et suite à toutes ces paroles concernant la fidélité, elle avait été pompée. Un peu comme lui, qui présentement, s'acharnait sur elle. Les reproches fusaient. Oui, elle était conne, OUI, elle le savait parfaitement, qu'il avait déjà fait ses preuves. C'était POUR ÇA qu'elle allait finir par lui faire confiance. Mais il ne semblait pas vouloir comprendre. Pas du tout. Elle lui avait reproché quoi, elle, déjà? De ne pas vouloir être fidèle? Surtout de clairement lui annoncer ses couleurs en disant qu'il allait la tromper. C'était un reproche légitime non? Pas selon Trystan. Pensait-il qu'elle lui reprochait d'avoir été honnête? VOYONS! C'était ce qu'elle venait de dire qu'elle avait aimé son honnêteté! Et lui pensait qu'elle était frustrée contre lui à cause de ça... Enfin, ce n'était pas tout à fait faux, mais tout de même. Elle grimaça un peu. « Tu dis que tu m'aimes, mais c'est faux ». Mais pour qui se prenait-il, pour parler ainsi? Qu'est-ce qu'il en savait, lui? HEY, il était l'Empereur d'Irianeth, et elle, elle l'hébergeait à Émeraude, elle pouvait lui donner tout ce qu'il souhaitait, elle couchait avec, elle... elle voulait tout faire pour qu'il soit heureux. Et BIEN SÛR, elle ne l'aimait pas. Tellement logique. Elle était frustrée, mais surtout triste. Lasse, un peu. Elle ne voulait pas le changer. Elle ne voulait PAS le changer. Elle ne s'illusionnait pas au point de vouloir qu'il soit quelqu'un d'autre... n'est-ce pas? … n'est-ce pas? Un doute malaisant la prit. Quelle sorte d'homme voulait-elle qu'il soit? Juste cet arrogant, cet orgueilleux et ce maladroit personnage qu'il était toujours. Colérique? D'accord. Impulsif? Elle aussi l'était. E-elle ne s'imaginait pas qu'il était quelqu'un d'autre, point final. Elle aimait Trystan et sa tête brûlée. Mais Dieu qu'il la faisait souffrir. Alors pourquoi se disputait-il toujours? Bonne question. P-pas parce qu'elle voulait qu'il change. Sans doute pas pour ça, n'est-ce pas? Lui n'essayait pas de la changer. Effectivement. Vraiment, est-ce qu’elle, elle essayait? Elle n'en savait rien. Peut-être était-elle trop exigeante envers lui. M,-mais après tout, elle lui demandait juste d'être fidèle, non? Ce n'était pas si...affreux, comme demande... et pourtant, lui disait qu'elle ne l'aimait pas. Comme preuve d'amour, aurait-il fallu qu'elle l'autorise à aller coucher à droite et à gauche? Non, ce n'était pas... c'était juste croche. Ça ne pouvait pas fonctionner. Et pourtant il avait été avec Ellyn pendant bien longtemps, en faisant cela. Alors... Était-ce la condition pour qu'il se sente mieux? Qu'il puisse faire l'amour à n'importe qu'elle femme? Zoelie déglutit, alors que Trystan continuait de parler, la comparant à une prostituée, disant qu'elle ne pensait probablement pas qu'il avait de l'honneur et... plein d'autres choses. Disons qu'à son avis, il avait une forme différente d'honneur de la sienne. Il faut définitivement avoir un drôle d'honneur pour accepter de brûler des villages entiers pour simplement s'approprier un territoire. Il faut définitivement avoir un drôle d'honneur pour choisir de tuer l'autre personne pour régler un conflit. Définitivement.

Mais... il avait raison. Il lui disait la vérité, et elle se frustrait. Elle se sentait mal. Trop mal. Elle marcha un peu en avant, agrippant les feuilles d'un petit arbre. Qu'est-ce que ça lui donnait envie de faire? De mentir, bien évidemment. Trystan voulait mentir, pour qu'elle cesse de s'énerver. Mais pourtant, elle ne s'était pas tellement SI énervée... L'ancien Empereur était bien pire à l'instant, en lui crachant reproche par-dessus reproche. Reproches qu'elle encaissait. Pas question d'enflammer davantage la discussion. Elle, elle continuait à respecter les règles, en l'écoutant. Il pensait au passé. De la façon dont Trystan le disait, elle avait l'impression qu'il le regrettait, le passé. Ce passé où il pouvait dire n'importe quoi et que tout le monde lui obéissait. Ce passé où il pouvait faire à sa guise, sans jamais être contredits. Ce passé sans elle. Malaise intérieur. Elle posa sa main sur l'écorce de grand érable, et planta ses ongles dans l'écorce, tout en s'accotant contre le tronc. Elle l'entendait toujours la blâmer, et elle, elle respirait plus calmement. Oh, elle avait dit quelque chose de bien? Vraiment? Ou pas. Enfin, oui ,mais le reproche suivait de près. Elle aurait dû le dire plus tôt. Bien plus tôt. Au lieu d'avoir été avec Zaïdham. Ce qui lui rappela qu'elle l'avait embrassé, cedit Immortel. Et que Trystan ne le savait toujours pas. Elle soupira. Devait-elle lui dire, même s'il ne posait pas la question? Elle se sentait mal. Si lui ne l'avait jamais trompé et qu'elle... enfin... elle ne l'avait pas trompé depuis qu'il était là, aussi. Alors elle n'avait pas à se sentir mal, non? Pas pour ça du moins. C'était les autres accusations de l'homme, qui continuaient de tourner en rond, de pourrir ses pensées. Elle se sentait faible. Comme si elle n'avait plus la force de poser un pied devant l'autre. Elle attendit, sentant la chaleur du malaise lui monter à la tête. Il continuait son monologue, d'une voix sèche et méchante. Il ne lui demanderait plus de descendre. Il ne la demanderait plus en mariage. Parce qu'elle était bien trop anormale. Elle, anormale? Elle eut un petit sourire grimaçant. « Si j'avais été normale Trystan, serais-tu tombé amoureux de moi? Pourquoi est-ce que tu m'aimes Trystan? » Il n'avait pas de liberté? Q-quoi? En quoi n'était-il pas libre? Il pouvait aller foutrement où il voulait, partout sur Enkidiev. Mais c'était à ses risques périls, face aux réactions à Zoe, par contre. M,-mais... peut-être qu'elle devrait juste se taire. Simplement se taire et le laisser faire ce que bon lui semblait. Comme Ellyn. Être comme Ellyn. Était-ce cela, qu'il désirait? Qu'elle lui accorde la liberté qu'Ellyn lui accordait? Qu'elle ne soit plus toujours là à savoir s'il avait passé une belle journée, qu'elle ne soit plus là en train de minauder parfois autour de lui, à la recherche d'un câlin? Peut-être qu'au fond, il voulait qu'elle prenne ses distances. C-c'était peut-être ça. Il lui demandait de réagir. Elle ne répondait rien. Façon Ellyn. En plus, il n'avait pas terminé. Oh que non, il était loin d'avoir terminé. Alors elle allait écouter. Mais contrairement à la femme de son amoureux, elle, elle ne le comprendrait pas directement. Elle, elle en était incapable. Futile Reine.

Elle rajoutait des problèmes, elle avait des idées complètement tarées, et des questions encore pires. Voilà ce qu'elle retenait de ce que disait commençait à dire, d'un ton presque plus doux. Presque. Il continuait en disant que cela n'allait pas lui plaire. Boff. Rien ne lui plaisait apparemment, donc il n'avait qu'à continuer. Elle se tairait. Façon Ellyn. Ce qui ne l'empêchait pas de réagir physiquement. « Andy ». Hmm, cela commençait de manière charmante. Andy, cette Andy qui lui avait offert un défi. Et dieu sait à quel point Trystan aimait les défis. Est-ce qu'elle, Zoelie, en représentait un pour lui? Était-ce pour cela qu'il l'aimait? Qu'il la trouvait attirante? S'il la trouvait attirante, bien sûr. Donc, un jeu malsain avec Andréya. Qui s'était « terminé » le jour de son mariage. Oh. Il avait trompé sa femme le premier jour. Charmant. Raison de plus pour ne jamais le marier. Elle en avait mal au cœur, non pas par dégout, mais encore ce malaise qui persistait. Elle respirait un peu plus vite. Bon. Il l'avait violé. Pour gagner. Trystan avait violé une femme. De manière bien plus pernicieuse que si elle s'était débattue. Prendre le physique de quelqu'un d'autre. Comme ce qu'il faisait présentement. Encore ce sentiment désagréable. Il avait donc pris la forme d'Evan. Woh. Juste après avoir JURER fidélité à Ellyn. À quel point ses promesses valaient quelques choses alors? Zoelie avait le cœur serré, encore et toujours. Disons qu'il faisait simplement mal. La mère des cousins de la Reine l'avait fait cesser d'être lui, par une lettre? Dans quel sens? Bon ou mauvais? Cesser de vouloir être lui... ce lui qui était un monstre, ou ce lui qui était... lui? Elle ne lui posa pas la question. Ce n'était pas si important, après tout. Enfin, si. Soit Andy l'avait calé, soit elle l'avait aidé. Lequel était le pire? Les deux, en fait. L'un déclenchait de la colère, l'autre de la jalousie. Donc cela ne servait à rien que Zoe comprenne. À la place, elle préféra se mettre à la place de la conjointe de son oncle. Ouff, mauvaise idée. À peine une demi-seconde après avoir imaginé la scène, elle entreprit de cesser ce genre de pensée pour faire survivre son cœur. Mince. Pauvre Andréya. Ce que Trystan avait fait était...horrible. Terrible. MAIS, il le lui avait dit. Elle ne devait pas le juger. Encore. Façon Ellyn. Et même la rousse ne voulait rien lui dire.

« Parce qu'Evan était le meilleur ». Oh Trystan,  tu ne comprends pas n'est-ce pas? Evan n'est pas seulement meilleur partenaire sexuel. Peut-être est-il même moins bon que toi, mais cela, ce n'est même pas important. Evan est meilleur, pour Andy parce que lui, il l'aime. Parce que lui, il veut la rendre heureuse. Parce que lui est CAPABLE de la rendre heureuse. Est-ce que c'est ce que tu souhaitais, toi, Trystan? La rendre heureuse? Tu n'as pas à t'inquiéter pour le mec du désert. Je ne l'aime pas. Ne confonds pas amour et sexe. Toi aussi, tu disais qu'il ne fallait pas confondre. Alors, ne confonds pas. Néanmoins, je peux comprendre ce que tu veux dire. Mais tu n'as pas à craindre que j'aille voir ailleurs. C'est le monde à l'envers, tu ne trouves pas? C'est toi qui dis que tu vas me tromper. Et c'est toi qui dis que tu es inquiet parce que je pourrais potentiellement le faire. Essaye de comprendre le principe du donnant donnant Trystan, essaye un peu. Pourquoi est-ce que je t'aime? … pour trop de raisons. Attends, je vais te l'expliquer. Si J'y arrive...

L'ancien Empereur se rendit bientôt jusqu'à la gaffe de Zoelie. Lorsqu'elle avait énoncé le suicide à Ellyn. Mais il ne sembla pas comprendre immédiatement. Sa voix était beaucoup plus calme et présent, et d'une certaine façon, Zoe se sentait moins mal grâce à cela. DONC il avait cessé de tricher Ellyn parce que cela la blessait. Alors il aurait dû comprendre que c'était la même chose avec sa nouvelle compagne, non? Non, apparemment. Mais c'était surtout à cause que... Oh, voilà. Il venait de réaliser qu'elle savait. Que Zoelie était au courant d'une partie cruciale de son histoire. D'ailleurs, l'archimage voulait rentrer sous terre. MENTIT? Wow! Elle ne lui avait pas menti! C'était quoi cette histoire! Et... et... qu'est-ce qu'il avait à être triste comme ça? Sans hésiter, Zoe reprit un peu sur elle-même, assez pour se rapprocher, alors qu'il déclarait vouloir cesser de jouer. Elle agrippa sa chemise, doucement, pour l'empêcher de reculer. Sa voix était extrêmement douce et faible.

-Heeey, un instant... Je ne t'ai pas menti, je ne te l'ai juste pas dit... Ce n'était pas... important que tu le saches. Non, ne te fâche pas s'il te plait. En fait, Ellyn est venu me voir, peu avant que tu ne me ramènes sur Enkidiev. Tu te rappelles, tu étais parti... d'ailleurs, j'avais voulu te retenir, mais... enfin. Bref, ta fem-... ton ex-femme est arrivée à la chambre. Je crois qu'elle était déjà au courant de ce qui s'était passé. Elle avait tout compris, en fait. Mais c'est bien ce que tu dis toujours, n'est-ce pas? Que Ellyn comprenait tout. C'est lorsque je lui ai demandé qui elle était qu'elle m'a... tout montré. Du moins, une bonne partie, de ce que vous représentiez. De ce que vous aviez vécu.

Voix très très petite.

-Je suppose que son but n'était pas de me blesser, mais, elle m'a clairement dit, à ce moment, après avoir énuméré... et montré tout ce que vous aviez fait ensemble,ce que j'avais tout détruit, entre vous, elle m'a dit que je t'avais prit à elle, que je lui avais enlevé sa raison de vivre. Je... je me rappelle lui avoir dit que tu n'étais pas à moi. Que tu devais rester elle, qu'elle devait t'encourager à m'oublier. Je n'étais qu'une erreur, après tout, une tache dans cette immense histoire que tu partageais avec elle. Et... et donc, voilà pourquoi je suis au courant de... plusieurs choses.

Elle avait la gorge serrée. Les yeux pleins d'eaux.

-Elle disait être celle qui acceptait tout, qui pardonnait tout, la mère de tes enfants, celle que tu avais épousé même si tu avais peur... Je... je suis désolée Trystan. D'avoir « mis fin à votre histoire » pour reprendre ses mots... Je suis désolée de ne pas accepter tout, de ne pas pardonner tout comme elle, de toujours rendre tout compliqué, de me frustrer pour un rien... Comment est-ce que tu veux être libre, Trystan? S'il te plait, dis-le-moi, je... Est-ce que tu veux que je cesse de... je ne sais pas... est-ce que tu veux que je cesse de te parler autant, de m'inquiéter pour n'importe quoi, de vouloir te serrer contre moi à d'aléatoires moments étranges? Je sais bien que je suis anormale. Je.... Oh et puis laisse tomber... fais ce que tu veux... je vais juste arrêter de parler si ça te frustres tant...  

Elle reculait à présent. Enfin, elle s'était détournée de l'Empereur, et s'éloignait de lui. Le soleil avait disparu à l'horizon, mais des couleurs rouges et orangées continuer d'illuminer le ciel. Bientôt, il ferait noir, dans la forêt.

-Tu vois, ça, c'est un de nos milliers de problèmes. Tu t'exprimes, et comme je ne suis pas d'accord, je réplique pour tenter de te faire comprendre autre chose. Toi, tu sembles voir ça comme une tentative de ma part pour te changer l'esprit et te laver le cerveau, et ça te frustre. Tu dis que je ne comprends rien, q-que je ne t'aime pas et tu me reproches plein de choses. Puis je dis que tu ne comprends rien, ou encore, j'essaye de faire en sorte que tu cesses d'être frustré. Et le seul moyen que j'ai trouvé, pour ça, c'est de me taire. Mais je ne peux pas me taire, il faut que je réponde à tes autres questions... même si tu veux cessé d'écouter ou de poser des questions.... Alors s'il te plait, ne te frustre pas...

Elle leva la tête vers les branchages et frissonna. Étrange comme elle avait chaud à l'intérieur, mais froid sur son épiderme. Ses yeux étaient encore larmoyants.

-Je ne suis pas restée avec cet homme du désert, parce que je ne l'aimais pas, tout simplement. Il avait beau... descendre et faire ce que je voulais, je n'étais pas amoureuse de lui pour autant, d'accord? Alors tu n'as rien à craindre. Il n'y aura personne d'aussi arrogant, orgueilleux, tête enflée, maladroit, impulsif et... tendre qui pourra prendre ta place.

Pause.

-Je t'aime pour toutes sortes de raisons Trystan. Je t'aime pour tes sourires satisfaits quand tu réussis à me clouer le bec, ou quand ton orgueil est flatté. Je t'aime pour les matins où tu ne veux pas que je me lève pour aller travailler, et que tu embarques à demi sur moi. Je t'aime pour toutes les choses que tu déblatères de manière innocente et qui me prennent au dépourvu. Je t'aime pour tous les efforts que tu fais pour faire semblant d'apprécier Émeraude. Je t'aime d'avoir pris tous ces risques, pour avoir eu le courage de tout abandonner pour venir ici, chez tes... ennemis. Je t'aime parce que tu es honnête, parce que tu réussis toujours à me rendre folle dingue, de manière positive ou négative. Je t'aime parce que tu as changé ma vie, et parce que tu contribues à la rendre toujours plus intéressante, plus agréable, de jour en jour.... Je t'aime Trystan, et je veux que tu le comprennes. D'accord? Et... je t'aime comme tu es.  Je ne veux pas changer ta mentalité, juste... élargir un peu ta façon de pensées.

Elle inspira profondément. Au milieu de ce petit discours, elle avait osé regarder à nouveau son compagnon.

-...puis je vais respecter ta volonté et ne pas te poser d'autres questions.

Elle se sentait toujours aussi pitoyable. Elle tourna le dos à Trystan pour observer un petit oiseau dans l'arbre, qui gazouillait un dernier chant d'adieux au soleil.

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MessageSujet: Re: Confessions (sans frustration?) [PV] Sam 27 Juil 2013, 14:40


Il existe aussi une liberté vide, une liberté d'ombres, une liberté qui ne consiste qu'à changer de prison
~ Jean-Edern Hallier ~

Elle s’approcha et, mystérieusement, il la laissa faire. Il ne protesta pas quand elle agrippa sa chemise. Il ne tenta même pas de reculer. De toute manière, l’homme était adossé contre un arbre et toute tentative de fuite aurait donc été aussi stupide que vaine. Alors, il prit sur lui de faire l’effort de l’écouter. Même si elle mentait grossièrement. Non, bien sûr, ne pas l’avoir informé de ce LÉGER DÉTAIL ne revenait nullement à mentir. Dans quel monde Zoelie vivait pour croire à de telles foutaises ? Et y croyait-elle seulement ? Ce n’était pas important que Trystan soit au courant ? Ah oui ? Et comment réagirait-elle s’il trouvait miraculeusement ses journaux intimes, qu’il les lisait en intégralité et qu’il omettait de lui dire qu’il l’avait fait ? Apprécierait-elle qu’il fasse semblant de ne rien savoir lorsqu’elle laisserait filtrer des bribes d’informations ? Elle avait menti. C’était plus qu’évident. Et Trystan se sentait trahi. Depuis les premières confidences qu’il avait échangées avec la rouquine, sous le lit d’une chambre d’Irianeth, il lui avait toujours fait confiance. TOUJOURS. Sauf qu’à présent, il n’était plus certain de devoir continuer à le faire. Qu’est-ce qu’elle cachait d’autre ? Est-ce que cela pouvait réellement s’arrêter là ? Qu’est-ce qu’il lui prouvait qu’elle ne lui disait pas tout ? De fait, si elle avait été capable de lui cacher quelque chose d’aussi conséquent, elle n’hésiterait probablement pas à recommencer. À moins que cela ne soit déjà fait. Et lui, en bon amoureux éperdument naïf, il ne se doutait de rien. Car il n’avait PAS voulu douter. C’était le doute qui tuait l’amour. Et là…  Et même si elle décidait de tout lui raconter, qu’est-ce qu’il se passerait ? Avouerait-elle tous ses autres secrets ? Ou était-ce quelque chose que Trystan devait d’abord trouver, pour ensuite lui poser la question et connaitre la vérité ? Était-ce comme cela que ce devait fonctionner, entre eux ? Ne devaient-ils pas plutôt tenter de communiquer ? À moins qu’il soit préférable de se taire. Et où était la confiance ? Oh, il n’en était pas question ! En fait, il n’en avait probablement jamais été question et les quelques discussions qu’ils avaient pu avoir à ce propos n’avaient été que de futiles pertes de temps, d’énergie et de salive. Rien de plus. Oui, Trystan exagérait sans doute. Sauf qu’il était blessé. Comment ne pas l’être alors qu’il venait de se rendre compte que l’unique personne qui comptait à ses yeux avait manigancé contre lui ? Ou presque. Parce que, d’accord, ce n’était probablement pas aussi grave. Mais si elle avait déjà vu Ellyn, qu’elle lui avait parlé et  qu’elle avait (peut-être même) gardé contact… Était-il censé se montrer satisfait de cette nouvelle ? Non. Certainement pas. Zoelie aurait dû le lui dire. Plus tôt. Beaucoup plus tôt.

Mais la Reine d’Émeraude n’avait toujours pas fini de parler. Et l’homme devait bien avouer que c’était tant mieux puisqu’il n’avait en AUCUN CAS envie de lui adresser la parole. Alors il se contentait d’écouter, le regard embrumé fixé sur un point fixe, à l’horizon. La garce avait osé rendre visite à SA prisonnière. Bien sûr, Zoelie n’était plus vraiment considérée comme une captive, à ce moment-là, mais elle l’était encore aux yeux d’Irianeth. Elle n’avait jamais cessé de l’être. La rouquine avait simplement réussi à s’échapper de manière miraculeuse, et l’affaire n’avait pas été prolongée. Sauf qu’Ellyn avait réussi à faire sa vipère durant les quelques heures où Trystan avait dû laisser la rouquine toute seule. Pourquoi ? Pour prendre un bain, entrainer son écuyère, prétendre que tout était normal et organiser l’évasion de celle qui n’était alors que la princesse héritière. Il se souvenait parfaitement de cette journée. Et pourtant, il n’aurait jamais deviné qu’elle avait tenté de le retenir. Encore quelque chose qu’elle ne lui avait pas dit. Et cela aurait pu changer beaucoup de choses. Mais, au lieu de cela, elle s’était tu. Et… Une sombre pensée traversa l’esprit de l’ancien Empereur. Est-ce que Zoelie avait décidé de ne pas laisser Trystan l’accompagner à Émeraude à cause de ce qu’Ellyn lui avait dit ? Et qu’est-ce qu’elle avait bien pu lui raconter, exactement, pour que la frisée considère que ce n’était pas si important que ça ? Oh ! Tout ! Rien que ça ?! Non, effectivement, ce n’était rien de plus qu’une futilité sans importance réelle ! POURQUOI Zoelie lui avait caché cela ? Et POURQUOI Ellyn avait fait cela ? Et, surtout, POURQUOI ne s’était-il douté de rien ? Probablement car la blondinette de Zénor n’avait jamais adopté un tel comportement auparavant. Enfin, tout du moins, c’est ce qu’il avait toujours cru. Mais, à présent, rien n’était moins sûr. Peut-être avait-elle été rendre des visites plus ou moins agréables à toutes les conquêtes de Trystan. Peut-être était-ce pour cela qu’elle l’autorisait à aller voir ailleurs. Peut-être avait-elle décidé de se comporter de la sorte de manière à toujours pouvoir le garder. Car, oui, Ellyn avait toujours tout compris. Sauf que… Pas ça. Trystan ne pensait pas que ce don était allé jusqu’à là. Il aurait préféré qu’elle ne comprenne pas et qu’elle ne vienne pas se mêler de ce qui ne la regardait pas. Et, le pire, c’est qu’elle n’avait pas trouvé le courage de lui dire en face. Au lieu de l’interrompre et de le prévenir qu’elle était déjà au courant de la situation, elle l’avait laissé sombré, sans rien faire, en restant stoïque. Ellyn aussi avait menti. Ellyn aussi était une traitresse. Ellyn aussi méritait son mépris. Sauf qu’Ellyn était morte, elle. Pas Zoelie. Pas encore. Devait-il alors la juger de la même manière ?

Probablement pas. Après tout, SI la rouquine disait la vérité, elle n’était rien de plus qu’une victime dans cette histoire. Un dommage collatéral de la relation bancale qu’avaient eu Trystan et Ellyn. Une erreur. Une tâche. Oui. Exactement. Zoelie n’avait jamais eu d’importance. (Pardon ?!) BIEN SÛR. Trystan aurait dû rester avec Ellyn. (?) Oublier la rouquine. (?) Faire comme si elle n’avait jamais existé. (?) Le pensait-elle réellement ? Apparemment. Mais… Regrettait-elle tellement que Trystan ait décidé de la rejoindre qu’elle se sentait obligée de lui raconter tout cela présentement ? Voulait-elle qu’il parte ? N-Non. Mais pourquoi avait-elle les larmes aux yeux ? Soudainement, l’ancien Empereur se sentait mal. Il avait chaud. Il avait froid. Sa tête tournait. Sa vision n’était pas claire. Ses pensées s’embrouillaient et il voulait simplement disparaitre. Ellyn n’avait pas le droit de faire ça. Elle n’aurait pas dû le faire. Elle n’aurait jamais dû le faire. Elle n’avait JAMAIS eu l’autorisation d’intervenir dans SA VIE. Certes, il était son époux, mais cela ne voulait rien dire. Car le mariage n’était rien de plus qu’une tricherie. Ellyn l’avait toujours su. Et Zoelie le savait donc également. Elle n’était pas supposée se couvrir de compliments comme elle l’avait fait. Est-ce qu’Ellyn acceptait tout ? Non. C’était ce que Trystan avait toujours cru mais, de toute évidence, il s’était trompé. Après tout, si tel avait réellement été le cas, aurait-elle osé rendre visite à la dernière conquête de son âme-sœur ? Si elle se moquait réellement de ses activités extra-conjugales, pourquoi avait-elle agit de cette manière ? QUEL AVAIT ÉTÉ SON BUT ? Aucun moyen de le savoir. Sauf peut-être en écoutant ce que Zoelie avait encore à lui dire. Non. Même pas. La rousse ne faisait que s’excuser. De quoi ? D’avoir mis fin à la romance douteuse qu’il avait partagé avec Ellyn. Pff. Pourquoi s’excusait-elle de cela ?! Elle n’avait pas à s’en sentir coupable. D’accord, la Zénoroise avait représenté une partie considérable de l’existence de Trystan mais… À présent, celle qui avait le plus d’importance dans son âme et dans son cœur n’était autre que Zoelie. Et PERSONNE ne pourrait JAMAIS la remplacer. De fait, si Ellyn avait déjà été dure à détrôner… Et pourtant, les Dieux savaient qu’un grand nombre de courtisanes avaient tenté leur chance… Non. Définitivement. Zoelie n’était pas remplaçable. Et même si Trystan ne parvenait pas à croire qu’ils resteraient ensemble pour l’éternité, il n’avait aucun doute quant au fait qu’il ne pourrait jamais aimer quelqu’un comme il aimait actuellement la reine d’Émeraude. Alors, quand ils se sépareraient, il n’aimerait probablement plus jamais. Mais, pour le moment, il était encore complètement sous le charme de la rousse. Et c’est sans doute pour cela que ses paroles le blessèrent. Qu’est-ce que Zoelie pouvait faire de plus alors qu’elle était déjà parfaite ? Rien. Pour autant, Trystan ne se sentait pas libre. Parce ce qu’il ne l’était pas. Et comment aurait-il pu prétendre le contraire alors qu’il se trouvait dans l’absolue nécessité de mentir en permanence afin de pouvoir rester en vie ? Ce n’était pas Zoelie le problème. C’était Émeraude.

Alors, forcément, ils avaient des milliers de problèmes. Et sur lequel Zoelie avait-elle décidé de se concentrer cette fois-ci ? La communication ? Ah. Au hasard, Trystan aurait parié sur leur incompatibilité. Mais la rouquine devait sûrement errer trop profondément dans ses illusions pour se rendre compte de cela. Ce n’était pas si important que cela. Pour le moment, il se contenterait de faire semblant d’écouter ce qu’elle avait à dire, comme à chaque fois qu’elle tentait de le convaincre de quelque chose. D’ailleurs, c’était cela qu’elle évoquait à présent. Le fait qu’il se frustre ? Vraiment ? Parce que, ELLE, elle ne s’était pas énervée peut-être ? Comme d’habitude, elle ne devait pas se rendre compte qu’elle avait été la première à enfreindre les règles. Mais il semblait bien qu’ils soient tous deux fautifs. Elle expliquait ce qu’il se passait quand ils s’énervaient et Trystan trouvait presque cela amusant. Pourquoi ? Car, si elle savait si bien décrire la progression du malentendu, c’est que cette situation avait été plus que fréquent. Sauf qu’en définitif cela n’avait absolument rien d’amusant. Bien au contraire. Et, malgré tout cela, elle trouvait vraiment qu’ils avaient progressé ? Qu’ils s’étaient amélioré ? Que leur bonheur prenait enfin son envol ? Peut-être. Mais leur bonheur était ivre et ne se rendait probablement pas compte qu’en réalité il faisait du rase-motte. Mais… Mais… Trystan était-il si insupportable que ça ? Avec ce que Zoelie venait de dire, il avait grandement l’impression qu’il s’énervait pour un rien et qu’il interprétait mal tout ce que son amante pouvait lui dire. Alors que… Ce n’était pas le cas. N’est-ce pas ? Un terrible doute s’introduit dans son esprit. Était-il si capricieux qu’elle devait toujours se taire pour que le calme puisse faire son agréable retour ? Non. Ce ne pouvait pas être vrai. Il faisait des efforts. Il n’arrêtait pas d’en faire. Il y avait juste certains moments où cela ne pouvait pas fonctionner. Comme… Il y a quelques minutes, où il s’était furieusement énervé pour… pour pas grand-chose, finalement. Quoique, sur le coup, il avait été furieux. Mais à présent qu’il y repensait, il se demandait si sa réaction avait été appropriée. Peut-être que non, finalement. Peut-être qu’il avait eu tort. Encore. Peut-être qu’il n’avait même jamais cessé d’avoir tort. Pourtant, Trystan était encore en couple avec Zoelie. Il était resté. Ou elle l’avait gardé. Il lui semblait soudainement difficile de déterminer lequel d’entre eux avait effectué le plus de sacrifices sur son propre caractère pour « leur » permettre de fonctionner. Tout été beaucoup trop flou. Sans doute était-ce à cause de ce malaise qui persistait. Ou peut-être même était-ce dû aux larmes qui menaçaient à nouveau de s’écouler. Et ce même si ses explications quant à l’homme du désert étaient plus qu’agréables à entendre.

Quoique… La suite… Personne d’aussi pourri que lui ne pourrait prendre sa place ? C’était rassurant, dans un sens. Mais complètement déprimant, lorsque l’on décidait d’interpréter ses paroles au premier degré. Pourquoi restait-elle avec lui s’il était si… Arrogant ? Et orgueilleux ? Et tête enflée ? Et maladroit ? Et impulsif ? Il n’y avait ABSOLUMENT AUCUNE RAISON. Mis à part le fait qu’elle l’aimait, peut-être. Et encore. Cela restait très incertain. Même si elle semblait avoir décidé de le lui répéter. Et de se justifier. Ah. Oui. C’est vrai. Il lui avait demandé pourquoi. Mais ce n’était pas une véritable question. Et elle n’aurait pas dû y répondre. D’autant plus qu’il ne l’écoutait pas. Ou disons plutôt qu’il aurait bien voulu parvenir à ne pas l’écouter. Parce qu’elle était… Parce qu’elle était trop optimiste. Et, s’il décidait de la croire, il risquait fort de se mettre à penser qu’elle l’aimait sans condition, quoiqu’il puisse faire, penser ou dire. C’était cela que Zoelie affirmait, dans le fond. En appuyant sur l’idée qu’elle ne voulait pas le changer. Elle, elle était parfaite pour lui. Mais lui, était-il VRAIMENT à la hauteur des attentes de la jeune femme ? Et comment en être persuadé ? Comment être certain que Zoelie ne lui disait pas tout cela simplement pour qu’il cesse de se frustrer, qu’il se détende et que tout aille mieux ? En la croyant ? Oui. Sans doute. Sauf qu’elle venait tout juste de lui mentir (ou de ne pas lui dire toute la vérité, ce qui revenait ABSOLUMENT au même). Dès lors, comment Trystan aurait-il pu la croire à nouveau ? En prenant un risque ? En décidant de lui faire confiance malgré tout ? En lui donnant une nouvelle chance ? N’importe laquelle de ses raisons aurait suffi. Ou sinon, il aurait pu décider de la croire par amour. Ou même parce que, elle, elle l’avait cru. Sauf qu’il n’en fit rien. Alors, bien entendu, Trystan ne remettait pas en doute l’amour que lui portait la rouquine couronnée. Seulement, il ne parvenait pas à se réjouir de sa déclaration comme il l’aurait sans doute fait dans n’importe quelles autres circonstances. Tout au plus, elle était parvenue à lui forcer un sourire, lorsqu’elle elle avait évoqué le « faire semblant d’apprécier Émeraude ». Et, pendant tout le reste du discours, il avait fait de son mieux pour rester stoïque. Et continuer de fixer ce stupide point dans le vide. Il n’avait pas croisé son regard. Mais, quand elle eût finit, il put la sentir bouger et c’est alors qu’il se décida enfin à la regarder. Pour la voir lui tourner le dos. Juste après lui avoir annoncé qu’elle ne poserait pas d’autres questions. Bien. Très bien. Tant mieux. M-Mais… Trystan n’aimait pas tellement cela quand elle lui tournait le dos. Alors, après de longues dizaines de secondes de silence absolu, il prit sur lui de se relever et de se rapprocher d’elle pour aller l’étreindre. Sans lui faire faire face, l’homme passa ses bras autour de sa taille et posa sa tête sur son épaule, la serrant ainsi contre lui. Tendrement.


- Je suis désolé, Zoelie. Désolé de ne jamais comprendre ce que tu me dis. Désolé de m’offusquer dès que quelque chose me déplait. Désolé de ne pas te permettre de t’exprimer aussi librement que tu le souhaiterais. Désolé de t’avoir hurlé dessus. Désolé d’avoir dit des trucs que je ne pensais pas. Désolé de m’être emporté alors que tu n’avais rien fait. Ce n’est pas après toi que je suis en colère.

Tout avait été prononcé d’une voix faible et hésitante, dans le creux de l’oreille de la Reine d’Émeraude. Desserrant lentement son étreinte, l’homme fit tourner Zoelie entre ses bras de manière à la placer face à elle. Sauf qu’il n’avait pas le courage de la regarder dans les yeux. Les excuses n’étaient pas suffisantes. Pas après toutes les pensées qu’il avait entretenues.

- Elle n’avait pas le droit de faire cela. Elle n’avait pas le droit de venir te voir, de te parler, de te montrer des souvenirs, de te reprocher tes actions, et… et de ne rien m’en dire. Tu n’es pas une erreur, Zoe. Ni une tache. Et même si, oui, tu as mis fin à notre relation… Ce n’est pas pour autant que tu dois t’en vouloir. Ellyn ne m’aimait pas. Et je ne l’aimais pas non plus. J’imagine que tu m’as simplement aidé à m’en rendre compte, en me permettant d’expérimenter ce que c’était que l’amour. Si… Si tu as réellement « tout » vu, tu dois savoir à quel point ce que je dis est vrai. Entre elle et moi, il n’y avait rien de plus que de l’amitié. Une amitié très forte, c’est vrai, mais ce n’allait pas plus loin. Tu dois arrêter de te comparer à elle. Et de te sous-estimer. Ellyn était loin d’être parfaite. Jamais elle ne s’inquiétait lorsque je rentrais trop tard… Ou quand je ne rentrais pas… Elle t’a dit qu’elle acceptait tout. Oui. C’est vrai. Et, elle a tellement tout accepté qu’elle m’a laissé sombrer. Elle était au courant de mon aventure avec toi mais elle n’est pas venue m’en parler une seule fois. Au lieu de cela, elle a préféré se taire. Et attendre que tout devienne irréparable. Quant à mes enfants...  A-t-elle réellement prétendu être leur mère alors qu’elle ne s’est jamais occupée de l’aîné et qu’elle s’est résignée à abandonner la cadette ? Alors, oui, nous ne nous disputions jamais. Et elle comprenait tout. Mais cela ne veut pas pour autant dire que nous étions heureux. Alors qu’avec toi, Zoe… Malgré tous nos problèmes… Je crois que je suis heureux. Et j’espère que… j’espère que mon caractère de merde, mes incompréhensions et mes quelques accès de fureur ne t’empêchent pas de l’être également. Ellyn est morte. Je ne parlerai plus jamais d’elle. Alors… Essaye de l’oublier. Ne laisse pas son ombre te tirer vers le bas. Tu vaux tellement mieux qu’elle.

Vers la fin de son discours, Trystan avait relevé la tête, pour planter son regard dans celui de Zoelie. Il ne souriait pas mais sa voix était tout de même tendre. En aucun cas il agressait la rouquine. Il essayait simplement de s’expliquer du mieux qu’il pouvait. Et de la rassurer.

- Ne change rien. Je… Je ne suis pas libre. Mais ce n’est pas de ta faute. C’est simplement… Émeraude. Et moi. Je ne peux prétendre à mener une vie normale. Pas avec tout ce que j’ai pu faire dans le passé. Alors… Je vais juste tenter de me persuader que ce n’est pas si important que ça, la liberté. Pas si je t’ai toi.

La. Liberté. N’était. Pas. Si. Importante. Que. Ça. NOOON ! Il avait simplement passé toute sa vie à la désirer et à tenter de l’obtenir, quoiqu’il en coûte. Et voilà qu’il y renonçait. Pour Zoelie. C’était encore pire qu’une proposition de mariage. Trystan l’aimait définitivement beaucoup trop.

- Bon et… D’autres trucs que tu m’as cachés ? Que je devrais savoir ? Et que tu accepterais de me dire ? Ou… Des peurs ? Des rêves ? Des interdits ? Des secrets ? N’importe quoi d’important… Ou même de pas important... Je… Je te promets que je ne m’emporterai pas, cette fois.

Lâchant son amoureuse, il avait fait quelques pas en arrière avant de reposer ses questions, toujours aussi timidement et de manière affreusement non-assurée. Il n’osait pas formuler d’interrogations plus précises. Il n’avait pas d’idées précises de ce qu’il voulait savoir. Il acceptait simplement de recommencer le jeu et comptait sur Zoelie pour ne rien avoir à entendre de trop horrible.

- Et… Ce que tu as dit à propos du gars du Désert… Il descendait vraiment ? Est-ce que tu as dit ça pour me faire comprendre que… qu’il faudrait que je le fasse aussi ? Ou c’était juste… Comme ça ?

Gêné ?! Non. Pas du tout. C’est juste que… Il n’était jamais descendu, lui. Pour personne. Ni pour Ellyn, ni pour Zoelie, ni pour aucune autre de ses aventures. Mais… Si elle le voulait vraiment… Arff. C’était répugnant.
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MessageSujet: Re: Confessions (sans frustration?) [PV] Mer 31 Juil 2013, 22:38

« La liberté de ne pas être libre est peut-être aussi une forme de liberté. »
Elie Wiesel

Les secondes s'écoulaient, et Trystan ne semblait pas réagir. S'était-il perdu si loin dans ses pensées, qu'il en était arrivé à un point où il n'en avait plus rien à faire? Elle, elle continuait à regarder l'oiseau qui piaillait, dans l'arbre. Mais l'oiseau s'envola, parce que quelque chose de (un peu) plus grand que Zoe provoqua un mouvement qui lui fit peur. Pourtant, l'homme qui s'était approché n'était pas dangereux pour le pauvre volatile. Sauf que celui-ci n'était pas au courant de ce fait, et sans hésiter, il s'était enfui. La jeune Reine, quant à elle, ne bougea pas lorsque Trystan la serra contre lui. Elle, elle ne s'enfuyait plus, même s'il était plus grand, même s'il était plus fort, même s'il était censé être dangereux pour elle. Elle, malgré tout ce qu'il avait dit, malgré tout ce qu'il avait fait, acceptait de lui tourner le dos et d'être totalement vulnérable. Vulnérable? Oui et non. Parce qu'avec lui, elle se sentait en sécurité, plus que jamais. Les épaules de l'homme, bien plus larges que les siennes, dominaient le haut de son corps, et lui offrait cette protection que sa petite taille n'avait jamais pu lui donner. Ses mains sur ses hanches, combinées à son torse contre son dos, contribuaient à l'impression que même si ses jambes la lâchaient, même si quelqu'un la tirait, Trystan la soutiendrait. Toujours. Elle était bien, contre lui. Il avait d'ailleurs dû courber un peu le dos pour poser sa tête sur son épaule. Elle s'excusa mentalement d'être petite et de lui causer ce léger inconfort. Elle, elle était trop confortable. Elle aurait souhaité qu'il la garde dans ses bras pour les prochaines heures, pour les prochains jours. Mais la réalité est (trop) souvent lointaine des espoirs, des plus simples aux plus compliqués. Il la gardait contre lui, certes, mais il se mit à s'excuser. Zoelie aurait voulu lui dire que rien de cela n'était grave, mais ç'aurait été faux, malheureusement. Tout comme lui dire que rien ne l'avait affecté. Effectivement, elle ne disait pas toujours tout ce qu'elle voulait. Mais dans un sens, c'était normal. Elle appelait ça « un effort ». En effet, Trystan lui criait parfois dessus. Et ça l'affectait. Chaque fois. Quant à dire des choses qu'il ne pense pas... évidemment, c'était toujours des choses blessantes. C'était pour ça qu'après, il lui disait qu'il n'avait pas pensé à ses paroles. Pour racheter celles-ci. Et ça fonctionnait. Pas toujours immédiatement, mais en général, elle lui pardonnait. En fait, elle lui pardonnait toujours, bien que souvent, elle avait l'impression qu'il testait ses limites. Quand est-ce qu'elle ne pourrait plus lui pardonner? Quand est-ce qu'elle dirait « Ça y est, ça suffit, c'est fini. »? Elle avait l'impression qu'elle n'arriverait jamais à dire ça sans le regretter, sans retourner vers lui maximum une heure plus tard en lui disant la même chose que lui lui disait : « Je ne le pensais pas vraiment... » À ce moment-là, lui donnerait-il une chance? Lui pardonnerait-il, comme elle l'avait fait tant de fois?

Elle n'eut guère le temps de réfléchir davantage. Trystan la tournait vers lui. Elle se laissa faire. Pourquoi s'opposer à lui? Il faisait chaque geste doucement. Et elle l'aimait. Même s'il ne la regardait pas dans les yeux. Il expliqua un peu qu'il n'était pas fâché contre elle, mais contre Ellyn apparemment, qui n'avait « pas eu le droit » d'avoir fait ça, surtout sans rien lui dire. Oh, et Zoelie n'était pas une tache, même si elle avait mis fin à leur histoire. Ellyn ne l'avait pas « vraiment » aimé? Faux.  Sa manière d'agir et ses lettres prouvaient le contraire. Mais à quoi bon dire à l'ex-Empereur que son Impératrice, oui, l'avait aimé, alors qu'elle était morte? Trystan lui disait que c'était elle qui lui avait permis d'expérimenter l'amour. Elle... elle n'en était pas si sûre. Une très grande amitié, hein? Qui avait mené à des sacrifices énormes, à un mariage, et à deux enfants? Une amitié? Oui, elle avait vu quelques images de leur passé. Mais ce n'avait pas été... disons que ç'aurait pu être les clichés d'une histoire d'amour compliquée, mais intense. Autant, ou peut-être même plus vrais que ceux d'une grande histoire d'amitié. Pourtant, l'homme aux cheveux châtains semblait décidé à convaincre la rousse qu'elle était meilleure qu'Ellyn. Merci, c'était gentil de sa part. L'argument suivant fut plutôt convaincant. Ellyn l'avait laissé sombrer. Zoe se rappelait avec un certain amusement avoir accuser la femme de Trystan de n'avoir rien fait pour le sauver, effectivement. D'ailleurs, celui-ci en vint à parler de ses enfants. Hmmm, sujet sensible, pour Zoelie, qui s'obligeait souvent à oublier que son amoureux avait des enfants. Que lui avait abandonné Qu'Ellyn avait abandonné. Ça la rendait... mal à l'aise. Terriblement mal à l'aise. C'était de sa faute. C'était tellement de sa faute. Aïe. Mais Trystan continuait, en ne s'attardant pas tellement sur le sujet « progéniture ». Il parla de disputes. Ou plutôt, d'absence de disputes. De comme quoi ils n'avaient jamais été heureux ensembles, même s'ils se comprenaient et ne se chicanaient pas. Étrange. « Alors qu'avec toi... » Avec elle, il était heureux? Il le croyait. Hmmm. Pincement au cœur pour la Reine d'Émeraude. Il n'en était pas certain, hein? Pourquoi donc? Elle ne le comprenait pas. Pourtant... il souriait, parfois. Sincèrement. Mais... qu'est-ce que c'était, le bonheur? Quelqu'un peut-il sourire sincèrement, avouer à sa compagne  son amour, et tout de même ne pas être heureux, au fond de lui? Peut-être. Arf. Elle ne savait pas quoi faire. Pouvait-elle se contenter de ce « je crois »et être persuader qu'il l'était vraiment? Elle n'arrivait pas à ne pas avoir de doutes. Ça la tracassait. Il lui demandait si elle, elle était heureuse, malgré tout. Oui. Oui, sans hésitation. Elle, elle n'hésitait pas. Pourquoi diable, LUI hésitait-il? Elle ne pouvait pas se permettre d'être heureuse sur son dos si lui ne parvenait pas à gouter à une parcelle de bonheur également! Parce que c'était à cause de lui qu'elle était capable de se dire heureuse. Mais lui... lui, c'était à cause d'elle qu'il arrivait à « se croire » heureux? Quelque chose n'allait pas. Zoe se sentait mal. Alors qu'elle tentait d'éviter le regard bleu de Trystan, celui-ci vint chercher le sien. Elle baissa momentanément les yeux avant de les relever. Elle...elle valait mieux qu'Ellyn. Vraiment? Même si elle n'arrivait pas à le rendre heureux? Si le but de l'ancien gérant d'Irianeth était de la rassurer, il n'avait pas tellement réussi. Malheureusement.

En plus, en plus il n'était pas libre. À cause d'Émeraude. Il renonçait à la liberté, pour elle. NON. NON. NON. Ça ne pouvait PAS fonctionner comme ça! Tôt ou tard, il ressentirait à nouveau cet étau étrangler son cou, tôt ou tard, il voudra ENCORE quitter! Un homme ne peut pas vivre sans liberté, même avec une femme aimante à ses côtés. Zoe paniquait intérieurement, et peut-être que ses iris océans transmettaient ses pensées. Elle secoua la tête en fermant les yeux. Si Trystan ne se sentait pas libre, tout était foutu. Mais il n'avait aucune solution, donc, pour se sentir plus libre. C'était... un cas désespéré. Leur relation était déjà vouée à l'échec. Il n'était pas heureux, et il n'était pas libre. Mince. MINCE. C'était foutu. Il était venu ici pour être libre. Et il ne l'était pas. Ça s'arrêtait là, tout simplement. Qu'importe si elle, elle était là pour lui. Elle, elle le savait que ce qui lui importait, à son amoureux, c'était la liberté. Oui, il... « l'aimait », elle. Mais il ne pouvait pas vivre qu'autour d'elle. Elle l'entendit lui poser des questions qu'elle écouta à peine, tellement la nouvelle la terrassait. Il reculait maintenant. Oui, il pouvait reculer tant qu'il le voulait, si cela lui permettait de se sentir libre. D'ÊTRE libre.

-Oui, il descendait, mais... c'était sa manière de faire... il tenait beaucoup à créer du plaisir... mais non, il ne faut pas que toi tu le fasses... du moins, surtout pas si tu t'y sens obligé d'accord? Toi, tu fais ce que tu veux et c'est parfait comme ça...mais...  Sois juste à l'aise... et libre...

Sa voix se cassa sur le dernier mot. Elle n'en menait pas large

-Trystan, il FAUT que tu sois libre. Parce qu'un humain, ça a besoin d'être libre. M,-mais tu sais, tu peux être libre et tout de même avoir des responsabilités. Tout le monde a des responsabilités, et tout le monde est aussi libre qu'il le veut, même si les devoirs peuvent être carrément accablants parfois... il faut juste les surmonter et...prendre conscience de la liberté. La faire passer devant.. Toi, toi par exemple, tu as en quelque sorte la responsabilité de devoir mentir pour nous protéger. Je la trimbale aussi avec toi, même si c'est probablement moins lourd pour moi, j'en suis consciente. Je sais qu'ici, c'est Émeraude, mais ici... tu sais, tu peux être arrogant avec tout le monde si tu veux, si tu te sens mieux ainsi. Tu peux agir comme tu le veux.. Mais rappelle-toi que tout le monde peut faire de même. Et vaut mieux se faire des amis que des ennemis.  La seule chose qui est un peu moins acceptée, c'est de prendre le partie de l'Empire. Cet Empire que tu as quitté pour être libre. Ça ne devrait pas être si dur de ne pas l'acclamer publiquement non? Sinon, si tu veux, tu peux critiquer à souhait Émeraude, je vais être la seule à te rabrouer, mais c'est ta liberté tout de même de le faire. Tu peux détester allégrement le vert et répudier l'Ordre. Il y en a beaucoup qui le font, même si c'est « mal vu ». Parce qu'ici, tout le monde nait libre et le reste à moins d'enlever la liberté à quelqu'un d'autre de différentes façons. Dis-toi juste que peu importe ce que tu dis ou ce que tu fais, quelqu'un va être en désaccord avec toi, et quelqu'un d'autre va te soutenir.

Elle essayait de s'expliquer, et ce n'était pas vraiment facile. Elle voulait juste...tellement qu'il soit libre.

-Écoute, je...ne renonce pas à ta liberté pour moi... parce que tu es capable de nous avoir les deux... il faut juste que tu le réalises... J'ai peut-être tort aussi, en disant tout ça, mais... je m'essaye encore....

Zoelie s'en fut cherché la main de son amoureux, pour qu'ils recommencent à marcher, et l'entraina doucement avec lui. Elle se mit à réfléchir sur les choses qu'elle pouvait avouer à Trystan. L'une d'entre elle était évidente.

-Pour les aveux... Je vais te dire ce qui me passe par la tête...En premier lieu,  Ellyn m'a envoyé une lettre qu'elle a retardée pour que je ne la reçoive que récemment, disant que si je lisais ces mots, elle était déjà morte et... et que je devais prendre bien soin de toi. Mais ça, je n'avais pas besoin d'elle pour le savoir. En deuxième lieu... heu... j'ai peur des orages.

Bein oui. Il lui avait dit de dire tout ce qui était important et... non important. Les peurs inclusivement. Elle le regarda droit dans les yeux, en s'arrêtant de marcher. Il commençait définitivement à faire sombre. Sauf qu'elle serait toujours capable de trouver son regard, même si la nuit tombait immédiatement.

-Bon, j'ai aussi peur de pleins de petite choses, comme... j'ai peur de ne pas être capable de te garder auprès de moi, j'ai parfois peur le matin que tu me trouves affreuse à cause que mes cheveux ont l'air de n'importe quoi, j-j'ai peur que tu te lasses... j'ai peur du fait que tu ne te sentes pas libre, j'ai peur que je ne sois pas suffisante, j'ai peur lorsque tu dis que tu crois être heureux, parce que ça me donne l'impression que tu doutes toujours de ta capacité à ressentir du bonheur ici et... ça m'inquiète quoi. Pour poursuivre dans les peurs déprimantes, j'ai peur de Drace et de ce qu'il peut faire, à toi ou à moi... et je crois que je vais m'arrêter là.

Pour les peurs.

-Sinon, les rêves... des rêves? Je préfère vivre au présent, maintenant que tu es là...Des interdits? Je ne sure pas sur de comprendre... et des secrets... je n'en ai pas vraiment...

Pourquoi, pourquoi est-ce qu'il fallut qu'elle pense à Zaïdham à ce moment précis? JUSTE pour dire que SOUDAINEMENT, elle venait de se trouver un secret à avouer à Trystan. Elle grimaça et détourna les yeux.

-Faux, je viens d'en trouver un... un « vieux » souvenir... mais ce n’est vraiment, vraiment pas important... mais je crois que tu voudrais tout de même le savoir... Tu sais Zaïdham, mon ami-conseiller-Immortel, il a déjà été amoureux de moi... et il m'a déjà embrassée, au bal de mon couronnement... mais c'est tout ce qui s'est passé. De toute façon, ça m'a encore plus confirmé que je n'arriverais jamais à aller plus loin  avec un autre homme parce que j'étais toujours amoureuse de toi. Je te le dis parce que c'est le seul homme qui a réussi à s'approcher de moi après notre rencontre, même après que Drace m'ait rendu visite.

Elle lui serra la main, étant certaine qu'il ne serait pas particulièrement enchanté par la nouvelle. Mais hé! De toute façon, il n'était même pas officiellement ensemble à ce moment-là. Et puis, qui sait ce que Trystan avait fait, après s'être fait bousiller la mémoire par Drace... Sans doute pas des choses très charmantes. MAIS, elle ne voulait pas le savoir. Oh, et puis, Trystan avait définitivement recommencé le jeu, n'est-ce pas? Alors c'était son tour.

- Et toi? Tu as des peurs? D'autres secrets? Des interdits? Des rêves? N'importe quoi qui te passe par la tête, je n'ai plus de questions...précises à poser.

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MessageSujet: Re: Confessions (sans frustration?) [PV] Dim 04 Aoû 2013, 11:11


La vraie liberté est celle dont on profite sans condition
~ Alain Leblanc ~

C’était répugnant. Comment pouvait-on vraiment accepter d’aller promener sa bouche sur une fente poisseuse ?! Pire encore, comment était-il possible que certains individus VEULENT le faire de leur propre initiative ?! N’était-ce pas là un moyen d’attraper des pustules sur la langue ? Voire même peut-être d’autres maladies étranges ? Non. Ce n’était définitivement pas envisageable. Cet endroit était trop poilu. Fréquemment gluant. Souvent malodorant. Et parfois même saignant. JAMAIS IL NE S’ABAISSERAIT À… À… À DESCENDRE. J-A-M-A-I-S. Alors tant mieux si Zoelie ne tenait pas particulièrement à ce qu’il se comporte comme cet imbécile de gars du Désert qui s’amusait à donner trop d’attentes aux femmes et qui devait sans aucun doute avoir une alimentation plus que tendancieuse. Tsss. C’était aux filles de fournir du plaisir aux hommes. Certainement pas l’inverse. Pas sexuellement tout du moins. Ou pas comme ça. Si, pendant l’acte, elles arrivaient à trouver une quelconque satisfaction intérieure, c’était tant mieux. Mais, AVANT TOUT, c’était la jouissance de l’homme qui était importante. Et AUCUN HOMME ne pouvait penser autrement. (Puisque, après tout, ils n’étaient tous que d’affreux salauds). Bref. Il n’avait pas besoin de descendre pour combler la rouquine. Tant mieux. Parce que, de toute manière, il ne serait pas descendu. Quoique… Si elle le lui avait demandé… En semblant vraiment tenir à ce qu’il le fasse… Sans doute aurait-il pu faire un effort. Et peut-être même le ferait-il un jour. Ou pas. Cela dépendrait également d’elle. Car, si elle ne faisait aucun effort… Il n’allait très certainement pas montrer l’exemple. Bien qu’il aurait sans doute dû agir de la sorte, justement pour l’encourager à en faire. Sauf que Trystan n’était pas vraiment suffisamment altruiste pour tenir ce genre de raisonnement. Donc, donc, donc… Il devait se sentir libre. AH ! IMPOSSIBLE. Et la discussion aurait pu s’arrêter là, sans esclandre, si Zoelie n’avait pas tenu à effectuer un long monologue à ce sujet. Bien sûr qu’il devait être libre. Bien sûr qu’il en avait besoin. Bien sûr qu’il savait tout cela. Et cela ne changeait absolument rien au fait qu’il n’était pas libre. Et qu’il ne le serait jamais (puisque la reine d’Émeraude semblait croire qu’ils ne se sépareraient jamais). Tout simplement parce que, tant qu’il serait en couple avec l’hirondelle, il devrait mentir. Et même si Zoelie affirmait que le mensonge n’était pas une privation de liberté mais simplement une responsabilité, un devoir, une obligation, Trystan n’était pas d’accord avec elle. La liberté ne pouvait exister que lorsqu’elle était entière. Ou elle n’existait pas. Il ne pouvait pas y avoir de liberté avec des chaînes. Et il serait utopiste d’affirmer le contraire.

Zoelie mentait. Et elle ne semblait même pas s’en rendre compte. C’est pourquoi il la laissa terminer sans rien dire. Elle… Elle tenait vraiment à ce qu’il soit libre. Il la croyait. Sauf que ce ne serait jamais possible. Et même si elle ne voulait pas l’accepter, Émeraude était un véritable problème. Comment pourrait-il être libre alors qu’il mentait en permanence sur son identité ?! Il n’avait pas le droit d’être celui qu’il était réellement. Et, s’il décidait de prendre ce risque… Il n’y avait qu’à observer la réaction du peuple à l’annonce de sa supposée mort. Ils étaient heureux. Le royaume se portait mieux en sachant qu’il n’existait plus. Et, avec ça, il était censé rayonner de bonheur ? Se sentir chez lui ? Et croire qu’il était libre ? Il ne l’était pas. Trystan portait toujours autant de chaînes. Il avait simplement changé de cellule. L’homme profitait d’une sorte de liberté conditionnelle. Bien sûr, il pouvait faire ce qu’il voulait quand il le voulait et avec qui il voulait mais… Un boulet restait attaché à son pied. C’était le mensonge. Si sa magie ne fonctionnait plus, un jour, que se passerait-il ? Il serait un simple prisonnier, dans les appartements de la Reine. Le mensonge avait toujours été une condition pour qu’il reste ici. Il le savait. Et Zoelie le savait aussi. Pourtant, elle venait affirmer qu’il était libre. Alors, certes, il pouvait être la personne qu’il désirait être. Sauf qu’il devait se priver de son identité. De son passé. Et même de son caractère. La rouquine avait également tort à ce sujet, d’ailleurs. Il n’avait pas le droit d’être arrogant avec tout le monde, d’insulter Émeraude, de prendre le parti d’Irianeth. Et encore moins de vivre avec son ancienne mentalité. Celle qu’il avait dû abandonner pour rejoindre Zoelie. Extérieurement, il avait techniquement le droit d’agir comme bon lui semblait. Mais, intérieurement, ce n’était pas le cas. Car s’il décidait effectivement de revendiquer sa liberté de caractère, il ne parviendrait qu’à détruire le peu de confiance que Zoelie lui accordait. Et leur bonheur ne tarderait pas à suffoquer. Juste après que l’espoir se soit définitivement brûlé les ailes. Trystan n’était pas libre. Et affirmer le contraire était complètement stupide. Avoir Zoelie et la liberté en même temps ?! Non. Enfin… Pas si Zoelie tenait à garder Émeraude. Sauf que, si elle abandonnait son royaume, c’était elle qui perdait liberté et bonheur. Et, si elle n’était pas heureuse, Trystan ne parviendrait pas à l’être. Alors, il devait simplement apprendre à renoncer à la liberté. Et elle devrait comprendre qu’elle ne pouvait pas tout lui offrir.

Mais Trystan n’avait rien répliqué. Il savait pertinemment que Zoelie était loin d’avoir terminé et que, s’il l’avait interrompu, cela n’aurait servi qu’à faire revenir la frustration dont ils avaient réussi à se séparer. Alors, il la laissa prendre sa main et lui emboîta le pas lorsqu’elle recommença à marcher. Elle allait à présent répondre à ses autres questions. Mais… P-Pourquoi le nom d’Ellyn ressortait-il encore ?! P-PARDON ?! ELLE AVAIT FAIT QUOI ?! COMMENT AVAIT-ELLE OSÉ ?! Non contente d’avoir empoisonné l’esprit de la roussette avec ses glauques souvenirs, elle avait tenu à lui envoyer une lettre afin de donner des directives qu’elle-même n’avait pas su respecter ! Quelle espèce de […] ! Heureusement, Zoelie n’avait pas l’air d’avoir été trop traumatisée par cette lettre. Et… Elle n’avait pas eu besoin d’elle pour savoir cela ? Pour savoir quoi ? Qu’elle devait prendre soin de lui ? Pfff. Qu’est-ce qu’elles avaient donc toutes, à vouloir le protéger ?! IL N’AVAIT PAS BESOIN DE PROTECTION. (OU PAS.) Et… Peur des orages ? Hm. Joli changement de sujet. En douceur. Brillamment effectué. Tellement parfait qu’à présent Trystan ne pensait plus à Ellyn. Mais à sa cadette. Il se surprenait à penser que Zoelie ne se serait probablement pas entendu avec Lou puisque cette dernière s’amusait à lancer des éclairs. M-Mais… Cela ne servait à rien de penser à cela. Car Zoelie ne rencontrerait jamais Lou. Pas dans un contexte familial tout du moins. Arff. Ce n’était pas joyeux. Vraiment pas joyeux. Sauf que, encore une fois, la Reine d’Émeraude enchainait. Avec les peurs. Et cela fit sourire Trystan, bien qu’il tentait de ne pas le montrer afin de ne pas blesser la frisée dans son orgueil. C’était que… Ses peurs… Elles ressemblaient presque à une nouvelle déclaration d’amour. Oui, c’en était définitivement une. Alors, pendant qu’elle parlait, il lui caressait la paume de sa petite main. MAIS elle se sentit OBLIGÉE d’évoquer Drace. Oh, elle avait le droit d’avoir peur pour elle. Mais CERTAINEMENT PAS pour lui. Il n’était pas faible, LUI. Elle n’avait pas le droit de le considérer comme quelqu’un de faible pour qui il convenait de s’inquiéter. D’accord, il avait été la victime de Drace. Autrefois. Et à cause d’elle. À présent qu’ils étaient ensemble, l’affreux déchu orangé malodorant ne pourrait plus jamais l’atteindre. Tout comme il ne ferait plus jamais de mal à Zoelie, à présent qu’il était présent auprès d’elle. PLUS JAMAIS.

Pas de rêves ? Pas d’interdits ? Pas de secrets ? Ah. Si. Finalement, il y avait un secret. Et, étant donné qu’elle avait détourné le regard, cela risquait grandement de ne pas lui plaire. Sauf qu’il avait promis de ne pas se laisser emporter par la frustration. Et que, cette fois, il ferait tout son possible pour respecter les règles. Alors, lui aussi détourna le regard et se concentra sur les paroles qui suivaient. Des paroles précédées par un grand nombre de précautions. Et voilà que l’on parlait de Zaïdham. Q-QUOI ?! NON. PAS LUI. Pas cette espèce de luciole toute ridée vêtue comme une fille ! Que Zoelie ait pu être désespéré et avoir quelques aventures avec d’autres hommes, il aurait pu le comprendre m-mais… UNIQUEMENT AVEC DES HOMMES. Pas avec… avec… avec ça. Un immortel ?! Vraiment ?! Pourquoi ?! Et le soir de son couronnement ! Avait-elle trop bu ? Que s’était-il passé ? Comment avait-elle pu tomber aussi bas ? Et elle avait l’audace d’affirmer que cela avait contribué à renforcer son amour pour lui ?! BAH OUAIS. Et l’immortel ? HEIN ? QU’EST-CE QU’IL PENSAIT DE CELA, LUI ? Et, en plus, il était encore continuellement avec elle. Ils travaillaient ensemble. TOUS LES JOURS (ou presque) ! Ce n’était rien de plus que du foutage de gueule. Bien sûr que la déclaration d’amour de Zoelie était charmante mais… Comment pouvait-elle continuer à fréquenter un avorton prétentieux qui avait eu l’audace d’oser entretenir de quelconques sentiments à son égard ? Devait-il être jaloux ? Devait-il se sentir menacé ? Devait-il considérer l’immortel comme un rival potentiel ? (Devait-il tenter de l’éliminer ?) Peu importait que Zaïdham ait été le seul… Zoelie aurait bien pu faire ce qu’elle voulait avec n’importe qui que cela ne l’aurait pas dérangé (mais oui, on y croit hein…) Mais là ! Pas lui ! Surtout qu’elle le voyait encore ! Et qu’elle passait BEAUCOUP TROP DE TEMPS en sa compagnie ! PIRE ENCORE, présentement, il n’avait pas le droit de faire de crise. Et la garce commis l’affront de lui serrer un peu plus la main. Juste avant de lui reposer des questions. Les mêmes qu’il avait posé un peu plus tôt. VIVE L’ORIGINALITÉ ! Et lui… Ne pas se frustrer. Ne pas se frustrer. Ne pas se frustrer. Se concentrant sur sa respiration, Trystan enleva toutefois sa main de celle de Zoelie. Et, bougonnant toujours un peu, il se décider à lancer sa première réponse. Puisque la rouquine avait considéré que le jeu avait réellement repris et qu’elle s’était octroyé le droit de recommencer à le faire chier.


- Je n’ai peur de rien, moi.

Ou pas. Sauf que Trystan était beaucoup trop arrogant pour admettre que, oui, il avait peur. Les hommes n’étaient pas supposés avoir peur. Et encore moins les hommes comme lui. Alors il s’était contenté de répliquer cette évidence d’une voix froide et sèche, comme pour tenter d’en prouver la véracité illusoire. Parce que, tout comme Zoelie, il avait de nombreuses angoisses. Il avait peur d’elle, pour commencer. Peur qu’elle ne soit plus là quand il se réveillerait, peur qu’elle décide de le trahir, peur qu’elle réalise qu’elle n’était pas vraiment amoureuse de lui. Peur que tout s’arrête. Aussi subitement que cela avait commencé. Et il avait également peur de Ryan qui, de l’autre côté de l’océan, pouvait détruire son semblant de bonheur en un simple claquement de doigts. Drace ? Il n’en avait pas peur. Il voulait simplement le tuer. Même chose pour Kosuké. Mais il avait peur de l’avenir. Peur qu’on lui apprenne que Lou ne parvenait pas à gérer l’Empire. Peur qu’une guerre civile éclate sur Irianeth. Peur que sa fille se fasse tuer. Et… Depuis toujours, il avait peur d’Ombres. La simple évocation de ce royaume parvenait à lui donner des frissons. Il ne parvenait pas à s’en détacher. Et, pour finir, il avait peur du vide. À cause de Zoelie. Mais, à part ça, il n’avait peur de rien. BIEN SÛR ! É-V-I-D-E-M-M-E-N-T !

- Mes rêves ? Ils sont trop stupides pour que je t’en parle. Mes interdits ? Partons du principe que le sujet « Irianeth » reste asse délicat dans l’ensemble. Inutile de me parler d’Ellyn, de mes enfants ou de mes anciennes con– connaissances. Je ne veux pas non plus entendre parler de tes stratégies. Et je ne suis pas vraiment disposé à « aider » Enkidiev. Pas encore, tout du moins…

Bref soupir. Trystan ne voulait pas paraitre trop sec mais… Il ne pouvait pas se résoudre à donner des informations à Enkidiev lorsque cela signifiait qu’il œuvrait contre sa propre fille. Il devait choisir. Encore. Et c’était difficile.

- Sinon… D’autres secrets… Rien de très important. J’ai eu des aventures charnelles avec la déesse de la magie. Et avec celle de l’amour. Mais, sur un ton plus sérieux… Tu es sans doute – partiellement – au courant, mais… J’ai tué énormément de gens. Souvent pour des raisons futiles comme… ne pas vouloir effectuer une cérémonie sous la pluie… J’ai tué ma deuxième écuyère, aussi, parce qu’elle avait légèrement désobéi. J’ai tué l’ancien roi de Diamant. Et Maryska n’a jamais été une traitresse. Elle a simplement été amenée à croire ce que je lui ai raconté. Ah, et… J’ai poignardé mon père dans son sommeil. Pour accéder au pouvoir plus rapidement.

Rares étaient ceux qui avaient été informés de cette version de l’histoire. À vrai dire, il s’agissait d’un sujet sensible. D’autant plus que, si Trystan n’avait jamais été Empereur, il ne se serait peut-être pas autant égaré de l’homme qu’il était vraiment. Il aurait dû laisser vivre son paternel. Et se contenter d’une vie princière. Mais il était bien trop tard pour les regrets.

- Mais, au-delà de ce portrait assez… glauque… Il y a quelques petites choses – honteuses – dont je pourrais te faire part… Histoire que tu ne me répugnes pas totalement… J’avais un ami, sur l’Empire. Elendil. C’était mon serviteur. C’est à cause de lui que je n’ai pas pu te suivre la première fois… Mais c’est aussi lui qui m’a convaincu de venir te rejoindre. Et malgré toutes les insultes que je pouvais lui lancer… Il me manque. Tout comme cette petite rouquine qui me faisait tant penser à toi. Janita… J’aurais aimé pouvoir te la présenter. Si j’avais pu, je l’aurais sans doute emmené ici avec moi. Mais je suis parti un peu trop… précipitamment. Je… Je ne t’ai toujours pas raconté ça, hein ? Je… Je n’avais pas prévu de partir d’Irianeth. Bien sûr, après la guerre, je voulais te rejoindre. Mais je ne parvenais pas à me résoudre à réellement le faire. Puis, lors d’une soirée ordinaire, une démone assez détestable est venue me rejoindre dans les bains et… Il ne s’est rien passé. Je n’ai absolument rien fait avec elle. Mais… C’est pour cette raison que je ne voulais pas prendre mon bain avec toi, au début. Cela réveillait trop de… souvenirs… Pour faire simple… Elle m’a demandé de choisir. Je pouvais rester sur Irianeth et reprendre les conquêtes ou… ou partir et laisser ma place à quelqu’un de plus compétent. Bien sûr, cela s’accompagnait de jolies menaces de mort et d’un certain nombre de petits détails que tu n’as pas forcément besoin de connaitre. J’ai paniqué. Je suis parti pour Argent. Pour réfléchir. Et je t’ai choisi de toi.

La suite de l’histoire, Zoelie la connaissait déjà. Alors, mis à part tous les détails ennuyants de sa discussion flamboyante avec Zyra et de ses adieux à Elendil (et de la préparation de sa succession), il n’avait plus aucun secret.

- Parfois, cela me manque. Irianeth, le trône et… le mode de vie. Je n’y retournerai pas. Tu n’as pas à t’inquiéter pour ça. De toute manière, je ne PEUX PAS y retourner. À moins de te trahir toi. Mais je ne suis pas vraiment certain d’en être capable. Seulement… Ce n’est pas beaucoup, trois mois. Nos problèmes persistent, je ne me sens toujours pas chez moi et Émeraude... C’est très différent. Je m’y habituerai sans doute. Ou pas. Car, non Zoelie, je ne suis pas libre. Et je ne pourrais jamais l’être. Pas tant que je resterai ici. Avec toi.

Sa voix s’était brisée dès la première phrase. Il n’aurait jamais dû dire cela. Sauf que, comme à l’accoutumée, il n’avait pas pris la peine de réfléchir avant de s’exprimer. Alors il avait tenté de se rattraper du mieux qu’il pouvait. En vain.

- Je ne doute pas de toi. Ni même de tes paroles. Mais peut-être que tu ne t’en rends pas compte. Je suis surveillé. NOUS sommes surveillés, si tu préfères. Et quand ce n’est pas les soldats, les servantes ou le petit peuple qui effectue ses commérages, c’est… c’est toi. Tu as dit toi-même que tu ne me faisais pas confiance. Et puis… Je ne suis pas d’accord avec toi. Le mensonge. Ce n’est pas une responsabilité, c’est une prison. Si je mens, c’est que je ne peux pas être moi. Si je ne suis pas moi… Je ne suis pas libre. Bien sûr, je SAIS que c’est de MA faute. Car si, justement, je n’avais pas été « moi », je n’aurais peut-être pas eu besoin de camoufler à ce point mon identité. J’imagine que c’est une juste punition au regard des crimes que j’ai commis. Mais ne viens pas me dire que l’on peut être libre en portant de telles chaînes. Ce n’est pas vrai.

Il s’était un peu emporté vers le milieu de son discours pour terminer sur un ton plutôt autoritaire. Lâchant un soupir, il partit rechercher la main de la rouquine qu’il avait lâché bien plus tôt. Cette discussion était stupide.

- Mais cela ne sert à rien d’en parler plus longuement. Il se fait tard, nous devrions rentrer.

Raffermissant sa poigne, Trystan visualisa le lieu où il souhaitait se matérialiser, ne souhaitant pas laisser à Zoelie le temps de répondre. Sauf que, quelques secondes à peine avant que la magie n’opère, il s’empêcha de faire cette erreur. Il n’était pas censé être magique. Nouveau soupir. De frustration.

- … et il va falloir marcher.

Lâchant à nouveau la main de Zoelie, froidement, il remit les siennes dans ses poches. Et, sans l’attendre, fit volte-face afin de marcher dans la direction du château. C’était une soirée de merde. Et Trystan avait hâte qu’elle s’achève.
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MessageSujet: Re: Confessions (sans frustration?) [PV] Ven 09 Aoû 2013, 21:33

« La situation la plus insupportable n'est pas le malheur subi, c'est le malheur imaginé. »
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Malgré le ton léger de la rouquine, ce fut d'une voix relativement bête que Trystan lui répondit son mensonge. Mensonge? Bien entendu. Tout le monde avait peur de quelque chose, et Trystan n'était pas une exception à la règle. Alors, de quoi avait-il peur? L'esprit de Zoe l'empêchait de penser à des conneries comme « Aww, il a peur pour mwaaa » [insérer un ton nunuche un peu trop rose et nasillard], ce qui serait sans doute faux, de toute façon. Elle n'imaginait pas que son amoureux soit le moindrement un peu altruiste, même avec elle.... quoiqu'au fond... peut-être. Après tout, il avait un cœur, ça, c'était prouvé depuis longtemps. La jeune femme regarda l'homme châtain. Que ce cachait-il sous ce visage dur, et un brin faux? Il avait sans aucun doute une peur un peu plus physique. Les araignées? L'eau? Le feu? Les hauteurs? Les espaces clos? Les espaces trop peuplés? Le noir? Les enfants? (…) Zoelie s'engageait officiellement à trouver la faiblesse que l'orgueil masculin de l'ancien Empereur refusait de lui avouer. Sinon, niveau psychologique, peut-être qu'il craignait qu'Irianeth ne le retrouve ( ou que la Reine découvre son subterfuge machiavélique (chut...)) ou que son identité soit révélé au grand jour. Zoe se sentait impuissante face à ce qu'il se refusait à lui dire. Il avait sans doute peur aussi pour ses collègues/amis sur Irianeth. Peur de les croiser, de devoir leur mentir, peur de choisir à nouveau, dans des situations délicates... et pleines d'autres choses. Oui, Trystan avait beau être un homme arrogant qui taisait ses faiblesses, il restait un être humain. Peut-être un jour serait-il assez à l'aise avec sa compagne pour lui avouer tout sans orgueil. Et ce jour-là n'était pas prêt d'arriver! Puis, même chose pour les rêves. Trop stupides, disait-il. En avait-il honte? Pensait-il qu'elle allait le juger? Ou encore, se frustrer? Ce n'était pas... impossible qu'elle réagisse mal, dépendant du sujet. Par exemple, si son rêve était encore de conquérir tout Enkidiev, NÉCESSAIREMENT elle le prendrait mal. Et si son rêve était de faire du ballet en tutu rose, NÉCESSAIREMENT elle rirait (et l'aiderait au moins à l'habiller, pour le plaisir des yeux). Sauf que ses rêves étaient probablement très loin de ce que pouvait imaginer Zoe. Enfin, elle tenta de se mettre à sa place, et ce qu'elle pensa la fit aussitôt se sentir mal à l'aise. Il rêvait peut-être d'être libre, de pouvoir être lui-même à Émeraude, d'avoir quelque chose à faire de ses journées, de ne pas se sentir coincé en permanence. Il rêvait aussi de ses enfants, de cette vie à la fois simple et complexe qu'il menait sur Irianeth. Il rêvait de... et où était-elle, elle, dans tous ces rêves qu'elle lui imaginait? Nulle part. Nulle part, et même si ce n'était que ses propres impressions, cela la terrifiait et l'attristait à la fois.

Maintenant, il parlait de ses interdits. Oh, c'était ça qu'il avait voulu dire, par « interdits ». Des sujets à ne pas aborder. Irianeth, Ellyn, ses enfants, ses conquêtes. Ah non, connaissances. Ne pas en parler? Impossible. Désolée. Désolée Trystan., C'était tellement trop... sincèrement, c'était vraiment une « bonne » idée de mettre des tabous entre eux? Encore? Oui, c'était des sujets sur lesquels ils seraient capables de s'engueuler des heures et des heures durant, mais tout de même.... Des tabous.... non. Elle avait donc bien fait de ne pas comprendre la question et de ne rien lui avoir dit. Parce qu'elle avait multiples sujets qui la rendait mal à l'aise, bien sûr, qu'elle répudiait, mais... il faut de la communication dans un couple, non? Oh. Stratégiquement parlant, oublions la communication donc. T-Tant mieux, elle n'avait jamais eu l'intention de lui en parler, de toute façon )faux). Elle ne lui faisait pas assez confiance, de toute façon. Pas du tout. Puis, il n'était pas enclin à l'aider. Merveilleux. MERVEILLEUX, vraiment. Heureusement qu'il avait lâché sa main précédemment, sinon elle se serait gardé elle même cet honneur Enfin, elle ne l'aurait pas lâché brusquement comme lui l'avait fait, mais aurait tout bonnement laissé tomber celle de son amoureux sans force aucune. Et bien entendu, il ne l'aurait pas retenu. Il ne la retenait jamais (et ce depuis le début, n'est-ce pas?). Bon, pour revenir à Trystan et sa non-collaboration, forcée d'admettre que c'était tout de même en partie normal. Il avait fait sa vie sur Irianeth. Il n'allait pas œuvrer contre eux. D'accord. D'ACCORD. Elle n'allait rien lui dire et ça, elle se le promettait ardemment. En un sens, cela lui faciliterait les choses. Il ne pouvait pas se plaindre  qu'elle ne lui faisait pas confiance, si lui-même avait mis dans la catégorie « tabou » les sujets à caractère potentionnellement meurtrier de cette terrible question. Enkidiev contre Irianeth. Il était pour Irianeth, pour sa fille et son écuyer C'était... totalement normal. Et elle, elle était pour son royaume, pour sa propre famille, pour ses amis. Pour Émeraude. Ils avaient, en fin de compte, des intérêts presque communs. Mais totalement opposés. Soupir. Que c'était compliqué. Comme d'habitude, quoi. Et dans toutes ces complications, Zoelie n'était pas bien. Elle ne pouvait pas être heureuse. Alors, elle allait devoir faire passer cette histoire au deuxième plan et empêcher que l'esprit la trucide en l'utilisant comme preuve. Cette histoire, et Ryan, et Lou, et Ellyn, et le manque de liberté de Trystan, et son malheur et... STOP! Non. Elle... elle ne pouvait pas ignorer tout ça. Elle ne pouvait juste... pas. Tant pis si ça la rendait malheureuse. Elle survivrait. Elle n'aurait qu'à dire à Trystan qu'elle était heureuse. Et il la croirait sûrement. Disons qu'elle était généralement honnête, tout comme lui. Mais un petit mensonge, pour le bien commun, cette fois, c'était légitime, non? Elle repensa à ce qu'elle avait dit à leur première visite au village. Hmm. Pas de mensonge entre eux... Mais... mais... le bonheur... elle ne pouvait pas dire à Trystan que son honnêteté, que ses conditions que ses tabous la détruisaient. Sinon, il allait refuser d'être honnête, et lui mentirait. Ce serait donc probablement pire (ou pas). Pas de mensonge entre eux... sauf peut-être si c'était pour le bien de Trystan, si c'était pour lui permettre à lui de se sentir mieux dans cet enfer qu'était Émeraude. Cet enfer où elle « l'obligeait » à vivre, car il voulait être avec elle. Lui aussi était un brin masochiste, non? Ou juste amoureux. Sauf qu'il était malheureux dans son amour. Cela n'avait aucun sens. Ça ne pouvait pas durer. Eux. C'était déjà...voué à l'échec.

Des pensées négatives? Non... jamais, voyons. Disons qu'avec celles-ci, Zoelie se sentait plutôt neutre face aux révélations explicites de Trystan. Elle ne ressentait même pas de jalousie pour ses conquêtes célestes, et restait de marbre par rapport aux meurtres. Son amoureux était un assassin. Du moins, il l'avait été, elle le savait. Rien ne la fit vraiment tiquer, dans cette tirade sur ses boucheries, sauf le commentaire sur Maryska. « Emmener à le croire », hein? Un peu comme elle présentement? Serait-elle un jour traiter de traitresse comme il lui avait déjà balancé à la figure? Serait-elle obligée de fuir, de fuir jusqu'à Irianeth? Ce serait totalement le comble. Non, mais elle, elle ne fuirait jamais. Elle assumait sa (bêtise) relation avec Trystan. Un peu trop peut-être. Il avait changé. Voilà. Elle le jugerait pour ses actions présentes et futures, et non pas pour les honneurs passés. Si seulement tout le monde était capable de faire comme elle, tout serait tellement plus facile...mais même avec cette bonne volonté, elle n'arrivait pas à suivre ce dogme à 100%. La preuve : elle ne lui faisait pas 100% confiance. De la « prévention », songeait-elle. Mais cela restait hypocrite de souhaiter que tout le monde suive cette façon de pensée utopique si elle ne le faisait même pas. Zoe se taisait et continuait à écouter l'homme qui disait à présent des choses qui la rendaient un peu moins neutre. Elendil. Elle se souviendrait de ce nom. Par la façon dont Trystan le décrivait, il semblait sympathique. Son « seul » ami, hein? Et il l'agaçait. Pour ça, Zoe pouvait compatir avec l'inconnu, c'était bien du genre à Try de lancer des bêtises à quelqu'un qu'il appréciait. Puis Janita. Oh, il y avait quelqu'un qui lui faisait penser à elle sur Irianeth? Il avait voulu « l'emmener avec lui? » OK, ce n'était sans doute pas une esclave de son harem alors. Probablement quelqu'un de jeune. Une enfant donc? Trystan avait voulu apporter une petite fille avec lui, qui n'était même PAS sa propre fille. Étrange. Comment aurait réagi la jeune magicienne s'il avait trimbalé cette enfant? Heu... heu... elle n'arrivait même pas à répondre à cette question qu'elle se posait. Dommage, la réponse était intrigante. Elle y penserait plus tard peut-être. Plus tard ou... bon, disons-le tout de suite, s'il fallait que l'ancien Empereur tienne à une petite fille rousse, autant que ce soit leur enfant à eux et //SBAFF//. Suffit!Pas de ce genre de mauvaise idée. Il n'était pas heureux, et elle peinait à l'être, alors ce n'était pas le temps de tomber enceinte. D'ailleurs, ce ne serait probablement jamais le bon moment. Tout allait toujours être trop fragile et précaire entre eux. Ils n'auraient pas d'enfants, même si leur relation durait miraculeusement plus longtemps que prévu. Pincement de regrets? Non. Ne vous imaginez rien.

Elle secoua la tête, et pour chasser ses idées étranges et pour dire à Trystan que non, il ne lui avait jamais raconté comment et pourquoi il avait réellement quitté l'Empire. Oh. Donc il n'avait jamais prévu la rejoindre réellement. HMMM. Ça commençait bien, ces aveux. Il parla d'une démone. Il accentuait le fait qu'il n'avait rien fait avec elle. Zoe, elle, s'en foutait un peu. Enfin, pas vraiment, mais le récit de Trystan la captivait trop pour qu'elle s'en fasse à ce détail. Captiver négativement parlant, soit dit en passant. « Et je t'ai choisi toi ». Ah oui? Tu n'as pas encore juste simplement paniqué parce que tu avais peur de cette démone? Tu as fui Irianeth, tout simplement. Tu n'as pas vraiment choisi, non? Tu regrettes. « Parfois, ça me manque ». Bon, et bien voilà. Alors, qu'est-ce que tu fais ici? Oh, tu ne « PEUX PAS » y retourner. Tu es si pris ici? C'est horrible. La Reine d'Émeraude grimaça. Donc, il n'était pas « VRAIMENT CERTAIN » de pouvoir la trahir. Oh. OH QUE C'ÉTAIT RASSURANT. Son esprit riait, son cœur se serrait, comme d'habitude. Bonne chance pour être capable de dormir, maintenant. Elle avait beau s'illusionner intensément, il y avait une limite à s'aveugler ainsi. Trystan « l'aimait » par principe. Pour se convaincre lui même qu'il n'avait pas tout perdu, pour ne pas complètement sombrer. Il se raccrochait à elle sans savoir que son honnêteté la tuait. Il parlait d'une voix brisée, alors que Zoe restait un peu en retrait étonnée et détruite par ce qu'il disait. Elle voulait cesser de l'écouter. Elle se savait encore au bord des larmes. Un sentiment poignant de révolte désespérée s'empara d'elle, tandis que l'autre poursuivait en disant qu'il était carrément mal, ici. Il s'empara de sa main. Elle ne réagit pas. Il la lâcha. Elle ne réagit pas non plus. Il avança. Elle ne bougea pas d'un poil, la gorge serrée.

-Mais... je ne comprends pas pourquoi tu t'acharnes à vouloir être malheureux. Va-t-en Trystan, va-t-en, tout simplement...?

Elle avait un ton mi-brisé, mi-stupéfait, abasourdie par ce qui lui sortait de la bouche. Pourquoi est-ce qu'elle lui demandait de partir? Elle ne voulait pas qu'il parte. Mais...

-Pourquoi rentrer à ce château que tu n'aimes pas, pourquoi rester dans cette vie si c'est pour rêver à ta gloire passée?

Ton très très doux.

-Que ce soit clair, je ne t'accuse de rien. C'est juste que je ne comprends pas. Encore. Tu es malheureux, tu t'emmerdes ici, tu es... forcé d'être ici? Non, pas vraiment, mais...  Parce que tu ne peux pas retourner là-bas? Trystan, tu peux partir d'ici quand tu veux, tu le sais ça? Je ne vais jamais envoyer de gardes à tes trousses, je ne vais jamais t'obliger à rester. Je sais que tu m'aimes pour l'instant, mais toi qui ne croit pas que ça va durer nous, jusqu'où es-tu prêt à aller dans cet inconfort constant avant de craquer et de partir? Je préférerais que tu ne te détruises pas, que tu ne renonces pas à tout pour moi je... pas si ça implique une incapacité à être heureux. C'est probablement un peu tard pour te demander ça, je sais, mais je ne peux tout simplement pas être heureuse si tu es malheureux. Je pourrais te mentir et te dire le contraire, mais... non.

Elle n'avait pas eu l'intention de ramener ça à elle, mais si Trystan acceptait de se faire du mal délibérément, peut-être qu'il comprendrait mieux l'impact si elle montrait à quel point elle était aussi impliqué.

-Est-ce que tu veux tout de même continuer? Même si tu n'es pas « vraiment certain » que tu peux ne pas me trahir? M-moi... je vais toujours espérer. Je suis bonne là-dedans. Même si ça me fait peur que... tout ça..

Grande inspiration.

-Si tu ne veux pas... je veux dire, si... si tu crois que ce serait mieux pour toi de partir, dès demain je peux te faire seller un cheval, juste pour que tu te rende à la frontière...et de là, u pourras aller où tu veux, tu pourras reprendre ton aspect normal, ton caractère, être toi-même... Ce n'est pas dans tous les royaumes que tu es si connu. Dans plusieurs villages tu pourrais te promener tranquillement et personne ne te reconnaîtrait. Surtout maintenant que tu es « mort ». Niveau danger, tu as un peu choisi le pire, le plus engagé dans la guerre, le plus...horrible pour toi.

Léger sourire un peu forcé. Un peu beaucoup.

-Mais... ailleurs, peut-être que tu pourras trouver un moyen d'être heureux... Par contre, si tu vois une alternative qui pourrait faire en sorte que... que... enfin... que tu... non, mais je ne veux pas t'obliger hein... c'est juste que...m-moi je suis quand même contente que tu sois là... alors... si tu peux rester... et tout de même être...heu... heureux? alors ce serait l'idéal...

Elle avait détourné le regard. Elle avait juste terriblement envie de se lover contre lui, puis de s'excuser pour toutes les conneries qu'elle déblatérait. Ensuite, ils pourraient rentrer comme si de rien n'était. Et faire semblant d'être heureux.
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MessageSujet: Re: Confessions (sans frustration?) [PV] Sam 10 Aoû 2013, 12:30

Il y a un mécanisme d'auto-défense au fond de chaque être humain, qui le pousse à refuser de se laisser détruire par l'inévitable.
~ Michelle Guérin ~

Mais pas de cette manière-là. Non. Vraiment pas. Et Trystan ne s’était absolument pas attendu à cela. Qu’elle ne comprenne pas, encore, c’était prévisible. De toute manière, Zoelie n’avait jamais réputée pour ses capacités de compréhension. Bien au contraire. Mais de là à… à lui demander de p-partir… Elle n’avait jamais osé, auparavant. Et il avait toujours été très clair pour Trystan qu’elle ne le retiendrait pas le jour où il souhaiterait s’en aller. D’une certaine façon, il était libre. Pas entièrement, certes. Mais ce n’était pas très grave. C’était cela qu’il avait tenté de lui expliquer. Il était amplement conscient de tous les efforts qu’elle pouvait faire pour rendre sa vie à Émeraude la plus agréable possible. Ou, en tout cas, la moins désagréable possible. Sauf que cela ne pourrait jamais lui permettre d’être entièrement libre. Pas s’il s’en tenait à sa définition de la liberté. Mais, en définitive, peut-être que personne n’était entièrement dépourvu d’entraves. Peut-être que Zoelie avait raison. Peut-être que ce que Trystan décidait de voir comme d’affreuses chaines n’était rien de plus que de responsabilités légèrement plus encombrantes que d’autres. Pas de quoi en faire un drame. Et l’ancien Empereur n’en avait pas fait. Ou, tout du moins, il n’avait pas eu l’intention d’en faire. Mais la tempétueuse rouquine devait probablement avoir mal interprété ses paroles. Elle avait dû se focaliser sur les points problématiques et empêcher son esprit d’anesthésier ce problème. Non. Cela aurait été beaucoup trop simple. Au lieu de cela, elle préférait lui demander de partir. Et qu’est-ce que c’était que ça, d’abord ? Un ordre ? Une demande ? Une question ? POURQUOI FAISAIT-ELLE CA ? Trystan avait arrêté de marcher dès qu’elle avait prononcé cette stupide phrase. Il n’avait pas voulu y croire. Puis, lorsqu’elle la répéta, il fut forcé d’admettre que ce n’était pas une simple erreur auditive. Toutefois, il ne comprenait pas pourquoi Zoelie s’acharnait à lui proposer cela. Est-ce qu’il… Est-ce qu’il avait dit quelque chose qui allait dans ce sens ? Était-elle désespérée à ce point ? À moins qu’elle ne fasse cela dans l’espoir qu’il comprenne à quel point elle lui était indispensable. Sauf qu’il le savait déjà, ça. Et c’est pour cela qu’il ne partirait pas. Qu’importe ce qu’elle pourrait dire. Son opinion resterait inchangée. Pourtant, il ne bougeait toujours pas. Il tentait de ne pas céder à la colère. Il essayait de comprendre. Mais il n’y parvenait pas. D’autant plus que Zoelie continuait à déblatérer n’importe quoi. Ne pas aimer le château d’Émeraude ? Pardon ? Rêver de sa gloire passée ? PARDON ? Bon. Zoelie était devenue folle. Génial.

Et voilà qu’elle décidait de tout mal interpréter. Sauf que, à présent, Trystan s’était retourné. Il était plutôt déterminé à trouver une preuve de la folie soudaine dont était atteinte la Reine d’Émeraude. Mais il ne parvint pas à trouver quoique ce soit de concluant mis à part une douceur exubérante qui le révoltait quelque peu. Comment parvenait-elle à prononcer de telles horreurs tout en restant si calme ? Était-ce un complot ? Était-ce elle qui rêvait de se débarrasser de lui et qui, trop lâche pour l’admettre, se cachait derrière de faux prétextes, lui rejetant la faute sur le dos ? Non, non, non. Elle était assurément bien trop concernée par le bonheur de son amoureux pour agir de manière aussi manipulatrice. Et puis… elle l’aimait. Il en était persuadé. Tout comme lui l’aimait en retour. Mais malgré cela, elle lui avait demandé de partir. Est-ce que… Est-ce que cela le détruisait vraiment de rester à Émeraude ? Bien sûr, il y avait de nombreux aspects de sa vie ici qui le répugnaient mais… Pas à ce point. C’était Irianeth qui l’avait détruit. Pas Émeraude. Grâce à ce royaume verdâtre (et à Zoelie, surtout) il avait eu la chance inouïe de pouvoir recommencer sa vie. De repartir de zéro. De s’inventer un passé pas trop honteux et de découvrir la joie que pouvait procurer l’expérience du bonheur. Alors… Était-il heureux ? Oui. Partiellement. En grande partie. Sauf que cela ne semblait pas suffire à Zoelie. Alors que, pour lui, c’était assez. Trystan ne s’était pas plaint. Ou plutôt, il n’avait pas voulu se plaindre. Si ses paroles s’étaient apparentées à une jérémiade, ce n’était absolument pas voulu. Il… Il n’avait pas besoin de plus. Il avait Zoelie. Et un simili de liberté. Comment pourrait-il décemment exiger plus ? Bien évidemment, ce n’était pas parfait. Mais cela ne pourrait jamais l’être, n’est-ce pas ? D’ailleurs, lorsque la Reine lui avait demandé ce qu’elle pouvait faire de plus pour lui, il lui avait bien précisé de ne surtout rien changer. Alors POURQUOI ne comprenait-elle pas que… que… qu’il n’était pas malheureux. Et ce n’était pas car il PENSAIT être heureux qu’il ne l’était pas mais plutôt car il n’avait pas expérimenté cette sensation suffisamment longtemps pour être certain de la reconnaitre. Et puis, en tant qu’arrogant orgueilleux et plaintif égocentrique, il était tout à fait normal d’émettre certains doutes dans ses propos. AINSI DONC, l’orgueil était le coupable. Et, pour finir, Zoelie était malheureuse. Car elle croyait que Trystan l’était également. C’était officiellement une soirée de merde. Et elle lui disait tout cela d’un ton tellement doux que… qu’il se sentait coupable. Quoique, après tout, il l’était. Comme d’habitude.

Oh. À présent, elle lui posait la question ? Y avait-il encore une chance pour que tout ne soit pas absolument détruit ? Mais… Mais, comme toujours, c’était à cause de ce qu’il avait dit. Serait-il capable de trahir Zoelie ? Non. Oui. Probablement pas. Mais ce n’était pas si important que ça. Ce qu’il avait voulu dire, c’était surtout qu’il lui était impossible de retourner sur Irianeth sans avoir à la trahir. Rien de plus. Il n’était absolument pas question de volonté quelconque là-dedans. Et pourtant, c’était ainsi qu’elle avait décidé de l’interpréter. Arff. Ils n’étaient rien de plus que deux handicapés de la communication. Même des sourds et muets auraient pu faire mieux. Mais elle… elle continuerait d’espérer. Bien. Alors, lui, il s’accrocherait à elle. Toujours. Même si elle avait peur. Car c’était normal d’avoir peur. Ce n’était pas être faible que d’avoir peur. Juste être humain. Et avoir suffisamment de courage pour parvenir à faire taire son orgueil. Ce que Trystan n’avait pas été capable de faire un peu plus tôt. Et, puisqu’il ne répondait toujours pas (mais se concentrait plutôt sur les stupides larmes qui venaient encombrer ses globes oculaires) elle décida de lui reproposer de partir. STOP, ZOE ! STOP ! Et où irait-il, hein ? N’importe où ? Vraiment ? Ce n’était pas envisageable. Il ne partirait pas. Pas sans elle. Sauf si… Sauf si elle le forçait à agir de même. Mais il lui semblait bien que ce n’était pas (encore) le cas. Et tout ça pour quoi ? Car Émeraude était « horrible » ?! Et c’était la Reine de l’ « horrible » royaume qui venait d’affirmer cela ? Trystan ne comprenait plus rien. Bon. Il fallait juste qu’il soit heureux, c’est ça ? Mais… Il l’était déjà… Donc il devait trouver le moyen de l’être un peu plus encore ? Sauf qu’il n’avait pas d’idées pour cela. Et, s’il ne trouvait pas de solutions, est-ce que Zoelie irait jusqu’au bout de sa requête pour le forcer à partir ? Ou comprendrait-elle que toute cette discussion était absolument absurde ? Non. Elle ne comprendrait pas. Bon. Elle semblait tout de même vouloir qu’il reste. Enfin, c’était ce qu’il avait retenu de ses paroles. Sauf qu’il devait… trouver le moyen d’être plus heureux. C’était stupide. Il n’avait pas d’idée. Pas de solution. Et elle ne parlait plus. C’était à lui de répondre. Sauf que, pour le moment, il se contentait de la regarder. Complètement abasourdi par ce qu’il venait de se passer, Trystan éprouvait beaucoup de difficultés à remettre ses idées en ordre. Il ne savait pas quoi répondre. Il n’était absolument pas certain de parvenir à trouver les bons mots. Il… Personne ne l’avait jamais quitté, avant.


- J’ai peur d’Émeraude. J’ai peur de ce qui va se passer quand la vérité sera révélée. J’ai peur de ce qui risque de t’arriver à toi. J’ai peur que l’on tente de nous séparer. J’ai peur que tu cesses de m’aimer. J’ai peur que tu réalises que toute cette histoire est grotesque. J’ai peur de ce que l’Empire complote. J’ai peur que tu décides d’arrêter de me croire. J’ai peur que tu ne me fasses jamais confiance. J’ai peur de te décevoir. J’ai peur de ne plus jamais vouloir être honnête avec toi. J’ai peur que t-tu me demandes de partir. J’ai peur que tu le penses sérieusement. J’ai peur de ma réaction. J’ai peur d’accepter. J’ai peur de te perdre. Encore.

La voix de l’ancien Empereur était tellement faible qu’elle en devenait à peine audible. Il n’avait pas bougé. Son regard humide était toujours fixé sur Zoelie. Pourquoi avait-il décidé de répondre à une question qu’il avait préféré contourner un peu plus tôt ? Oh. Trystan avait simplement décidé de tuer son orgueil.

- Et j’ai peur du vide.

De le tuer entièrement. De cette manière, il pourrait s’autoriser à ne sombrer dans la colère. Et, plus important encore, à se montrer vulnérable. Parce qu’après tout, dès qu’il s’agissait de Zoelie, Trystan l’était complètement. Alors, sans l’orgueil pour lui envenimer les pensées, il pourrait se permettre d’être sincère. Et peut-être parvenir à empêcher l’inévitable.

- Écoute, Zoe… J-Je ne sais pas quoi te dire… Ce n’est pas car je ne crois pas à l’amour éternel que tu dois… que NOUS devons tout arrêter là… C’est… Tu n’as pas le droit de me demander cela. Bien sûr qu’Irianeth me manque de temps en temps. Mais je ne regrette en rien ma vie d’avant… La gloire dont tu parles est assez… tranchante… Je n’en veux plus. C’est normal que tout ne soit pas parfait. Après tout, cela ne fait que trois mois que je suis ici… Il faudra plus de temps pour atteindre le réel bonheur. En attendant… Ce n’est tout de même pas si terrible. N-N’est-ce pas ? Je… Je ne savais pas que je te rendais à ce point malheureuse et… Ce n’est pas ce que je voulais. Moi, je… je suis heureux. Je crois que je le suis. Évidemment, il y a des problèmes m-mais… On s’en sort toujours, non ?!

Il ne lui laissa même pas le temps de répondre. Le très léger sourire (forcé) qui s’était formé sur son visage disparut alors qu’il apportait lui-même une réponse à cette stupide question.

- Ou pas. Car… Je… Je n’ai pas d’alternative. Pas de solution miracle. Pas de sortilège pouvant arranger… tout ça. Alors… Je sais que c’est un peu stupide… Commencer par tenter de me défendre pour ensuite… accepter… m-mais…

Accepter ? Accepter quoi ?! Accepter de partir…

- D’accord. Non. Désolé. Je ne peux pas partir. Je n’ai pas envie de partir, Zoelie. Je ne veux plus jamais avoir à vivre sans toi. Tu c-comprends ? Mais je ne veux pas te rendre malheureuse pour autant alors… J’en sais rien. Je… Je peux arrêter d’être honnête, si tu veux… Mais il faut que tu saches que… ce n’est pas car certains aspects d’Irianeth me manquent que… que je suis encore du côté de l’Empire. Si je ne veux pas parler de stratégies… C’est surtout car je ne veux pas avoir à choisir. Mais peut-être que c’est ça, le problème. Peut-être que c’est cette fausse neutralité qui est nocive… Peut-être qu’il suffirait que je m’implique plus pour Émeraude pour que… Qu’est-ce que t’en penses ?

Lui-même ne semblait pas très convaincu par cette idée. Mais il n’avait rien trouvé de mieux. Il n’aurait jamais dû accepter de se prêter à ce stupide jeu. De toute manière, les jeux tournaient toujours à la catastrophe. Trystan aurait dû le savoir.
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MessageSujet: Re: Confessions (sans frustration?) [PV] Sam 10 Aoû 2013, 23:02

« C’est quand une personne ose prendre des risques et  s’impliquer personnellement qu’elle peut grandir et évoluer. »
Herbert Otto

Lui, il la regardait. Elle le savait, elle sentait son regard cherchant peut-être le sien détourné. Il n'y avait pas un son autour d'eux. Enfin, si, il y avait quelques bruissements créés par le vent, mais c'était les mots de Trystan que Zoelie attendait. Un « Je pars. » ou un « Je reste. » C'était tout ce qu'elle avait besoin d'entendre, pour que ses pensées continuent leur cheminement, car pour l'instant, elles étaient figées dans une impasse particulièrement douloureuse appelée « incertitude ». Elle avait peur. Et... et lui aussi avait peur? Elle releva la tête, pour croiser son regard malgré l'obscurité des bois. Ses peurs. Il lui disait ses peurs, tout doucement, d'un ton très bas. Dès la troisième, des larmes coulèrent sur les joues de la petite reine. Elle se sentait tellement stupide, à être toujours incertaine, à douter, à avoir peur de tout et de rien, à imaginer ce que Trystan pouvait bien imaginer, en se trompant sans cesse (ou presque). Elle l'écoutait, en clignant des yeux chaque fois que sa vue se brouillait trop, pour que s'échappent ces petites perles d'eaux salées qui sillonnaient le long de ses joues rougies. Cette fois-ci, l'honnêteté de Trystan la libérait. Elle lui faisait du bien, et ce, même si elle pleurait silencieusement. Ils étaient tellement trop humains, ces deux-là. À la fois maladroits, émotifs, peureux et beaucoup trop amoureux. Lui, il avait peur de sa propre réaction. Elle le comprenait. Elle le comprenait. Elle craignait souvent, elle aussi, ses futurs dires, ses futures inquiétudes, les sachant d'avance stupides et non fondées ( et même si elles l'étaient, elles restaient stupides ). Elle avait plus peur de sa propre impulsivité que de celle de son amoureux. Elle craignait de faire des gaffes. Et lui aussi, apparemment. Il avait peur de la perdre. Elle secoua doucement la tête. Il ne la perdrait jamais. Elle en était convaincue. C'était probablement cette vague d'émotion un peu irrationnelle qui la faisait songer ainsi, mais elle se laisser bercer par celle-ci. Elle voulait rassurer l'homme qui était trop loin pour elle. Elle voulait s'excuser. S'excuser mille et une fois d'avoir osé lui demander de partir. Elle voulait lui dire qu'elle n'avait jamais pensé à ce qu'elle avait dit. C-ce qui était... peut-être faux...m-mais elle avait honte de ses paroles. Elle voulait lui répéter sans cesse qu'elle avait besoin de lui, même s'il le savait. Puis enfin, elle voulait évidemment lui dire qu'elle l'aimait. Que oui, elle avait peur, mais qu'elle l'aimait.

Le problème, c'est qu'elle avait beau être totalement déraisonnable dans certain sujet, il lui restait (malheureusement) encore un  brin de rationalité, qui lui soufflait que malgré tout, rien n'était arrangé. Qu'il n'avait pas encore répondu. Qu'il pouvait toujours partir après avoir dit ça. La magicienne aux cheveux rouges sentait le vent dévier ses larmes de leur route, et l'une d'elles vint s'immiscer entre les lèvres de la reine, lui laissant un goût salé dans la bouche. Elle n'était définitivement qu'une enfant pleurnicharde. Tant pis. Il avait peur du vide, finalement. Zoelie ne sourit pas, même si c'était « drôle » qu'elle en raffole, à voler toujours partout comme un oiseau. Elle ne lui poserait pas de question. Elle avait la gorge beaucoup trop serrée pour dire quoi que ce soit, ou pire, pour se moquer de lui. Elle préférait se traiter elle-même de tous les noms et continuer à verser des larmes, parce que son cœur était beaucoup trop expressif. Elle écoutait son amoureux, qui ma foi, réfléchissait un peu plus qu'elle et sa tête folle. Effectivement, ce n'était pas parce qu'ils n'allaient pas être ensemble pour l'éternité qu'ils devaient cesser de se fréquenter. N'est-ce pas? Même si... à quoi bon vouloir bâtir quelque chose avec quelqu'un, si un futur était impossible? N-non, ce n'était pas exactement la même problématique. C'était un peu plus complexe. Zoe se chassa cela de la tête. Tout ce que disait Trystan la rassurait et la calmait, si bien que les larmes se tarirent tranquillement. Il ne la rendait pas malheureuse. Pas du tout. Enfin, oui, lorsque lui était malheureux. Mais c'était tout. Il disait qu'il était heureux. Sauf qu'il y avait encore un problème. « Je crois que je suis heureux ». Encore. Encore. Encore. BORDEL. Il ne pouvait pas... Il n'était pas heureux, c'était certain. On ne peut pas ne PAS SAVOIR si on est heureux ou non. Zoe détestait ça. Elle se crispa. Elle en avait marre. Pourquoi est-ce qu'i- Ok. Stop. Stop. Elle pouvait peut-être essayer de passer outre ce commentaire qu'il avait rajouté. Même s'il lui donnait la nausée. Même si désormais, peu importe ce qu'il dirait, elle ne repenserait qu'à cette putain de phrase de merde. Bravo Trystan. Bravo. Zoe elle, rebaissa les yeux. Il faisait frisquet, maintenant. Elle frissonna. Elle était à nouveau triste et ses yeux montrèrent qu'ils avaient encore beaucoup de larmes d'emmagasiner. Elle pourrait encore pleurer bien davantage. L'ex-Empereur lui disait qu'ils s'en sortaient presque toujours. Il avait presque un air plus enjoué. Zoe ne releva pas la tête, particulièrement déprimée par LA phrase. Et ensuite vint le « Ou pas ». Qui signifiait qu'ils ne pouvaient pas s'en sortir. Pas de celle-ci. Pas de la situation qu'avait soulevée la jeune femme. Il n'avait pas de solution. Bien entendu. C'était normal. Ils avaient trop de problèmes pour pouvoir les régler. Tout simplement trop. Maintenant, Trystan acceptait. Il acceptait de partir. Zoe était médusée. Elle releva la tête. Une légère plainte incontrôlable s'échappa d'entre ses lèvres, comme une protestation quasi silencieuse. Non. NON. Il ne devait pas partir. Pas après avoir dit tout ça. Mais s'il n'était pas heureux... s'il n'était pas heureux, alors oui, il devait partir?

D'accord. Elle le pensa en même temps que Trystan le dit. Sauf que lui rajouta un « Non » par la suite, en écho à ceux mentaux de Zoelie. Non, il ne partirait pas. Il n'avait pas envie de partir. Vraiment? Vraiment? Même s'il était malheureux, il ne partirait pas? Si la reine d'Émeraude était soulagée d'un poids immense, il lui restait l'impression amère que cette discussion ne pourrait que se répéter, encore et encore, tant qu'il ne serait pas heureux. Même s'il ne voulait plus vivre sans elle. Même si elle ne voulait plus vivre sans lui. Ils étaient condamnés à-...enfin, c'était normal. Elle, Reine d'Émeraude et lui, ancien Empereur d'Irianeth... elle sourit doucement, tandis qu'il lui expliquait qu'il ne voulait pas choisir, et qu'il n'était plus du côté de l'Empire. Évidemment que tout était compliqué. Évidemment, que tout le serait toujours. Ils étaient masochistes, les deux. Ils criaient, pleuraient et se chamaillaient en souffrant, les deux. Mais étrangement, étrangement, ils s'en sortaient toujours plus vivants. Peut-être qu'avec un peu de positivisme, on aurait également pu dire que les choses se plaçaient, à travers ces éclats. Qu'il y avait une progression, malgré les larmes et les déchirures. Déjà, Trystan pensait qu'il pouvait peut-être... s'impliquer. À Émeraude. S'impliquer? Même s'il avait peur de ce royaume et des dangers qu'il encourait à y rester, à parler à n'importe quel habitant? Parce que n'importe qui pourrait surprendre une faute glissée dans les paroles du blondin. N'importe qui pouvait...Non. Pas tellement, en fait. Il suffisait d'un peu de chance. Et tout irait bien. « Tout » étant relatif. Viendraient encore des colères, des incompréhensions, des quiproquos, des malheurs, oh oui, plein de malheurs. Mais ils pourraient, peut-être, au final, voir la lumière au bout du tunnel. Dans longtemps. Dans très longtemps. Probablement dans trop longtemps pour qu'ils soient encore ensemble. Mais ça, ce n'était qu'un « détail ». Allons! C'est trop facile de trouver des problèmes à ces deux-là. C'est trop facile d'imaginer le pire, de leur construire un destin d'amour affreux et torturé. Et s'il suffisait simplement, pour une fois, de ne plus réfléchir, et de laisser les choses aller? Zoelie inspira puis expira, avant de se rapprocher de Trystan, jusqu'à aller son petit corps contre le sien en l'enlaçant. D'abord de façon hésitante, plus les secondes passaient, plus elle le serrait fort. Finalement, elle murmura :

-J-je ne veux pas que tu partes... j'ai été idiote de dire ça... mais... je ne veux tellement pas que tu sois malheureux... ici...

Elle se décolla un peu, après quelques secondes de silence.

-Ça pourrait être une bonne idée, de t'impliquer...

Mais pas dans les stratégies. Pour ne pas l'obliger à choisir.

-Tu pourrais essayer de trouver un travail... c'est sûr qu'il n'y a rien qui ressemble vraiment à ce que tu faisais avant, mais... c'est l'occasion de découvrir de nouvelles choses...au pire, si tu n'aimes pas, tu changes de boulot et... c'est toi qui vois... Je peux te montrer une liste des établissements présents, de retour chez nous, si tu veux...

Elle renifla et se recula en se frottant les yeux. C'était pratique, qu'il fasse noir. Trystan ne voyait probablement pas ses yeux bouffis, et d'ici leur arrivée, ils redeviendraient normaux. Zoe prit la main de son compagnon, et commença à marcher près de lui. Elle avait la chair de poule à cause du vent du soir, et en restant ainsi à proximité du corps de Try, elle se réchauffait. De plus, une forêt la nuit n'était pas toujours très accueillante, et celle d'Émeraude était plutôt grande. Ils marchaient pour retourner au château.

-On rentre n'amour... Merci pour ce que tu as dit ce soir.  Et désolée encore.

Elle le remerciait de son honnêteté. De tout ce qu'elle avait appris. Les complots, le viol, les tueries, les secrets, les peurs... tout. C'était un petit pas, pour elle, pour eux. Elle savait maintenant que même avec tout ce qu'il avait fait, avec tout ce qu'il avait dit, elle l'aimait encore. Il lui semblait presque que son attachement pour l'homme était à toute épreuve. Après avoir entendu tout ça, elle arrivait encore à être à l'aise (bien que bouleversée) et à lui tenir la main. Tout irait bien dans le futur, alors, non?
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Confessions (sans frustration?) [PV]

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