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A rude épreuve [TERMINER !]

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MessageSujet: A rude épreuve [TERMINER !] Dim 07 Avr 2013, 15:38


/!\ RP se déroulant un an après la guerre! /!\

Dix-sept ans c’était écoulé. Dix-sept sept ans à attendre, à croire, à espérer …Dix-sept à chercher. Inconsciemment. Aveuglement. Désespérément. Déjà, dix-sept ans… Si seulement, il avait une piste. Vers où se tourner ? Vers où regarder ? Vers où épier ? Mais rien. C’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Etait-elle en vie ? Etait-elle morte ? Aucune idée, jamais il n’avait retrouvé son cadavre. Dans quel royaume habitait-elle ? Turquoise ? Opale ? Béryl ? Rubis ? A moins qu’elle ne se trouve devant ses yeux à Emeraude ? Non ! Non ! Impossible … Il le serait … Peut être était-elle une vagabonde, petite voyageuse entre toute ses terres ? Et si … elle était sur Irianeth !? Oh ! Pauvre de moi, quel destin aurais-je offert à ma fille ? Mais tout ça ne sont que des suppositions, des possibilités … Le royaume est trop vaste. Enkidiev ? Irianeth ? Par où ? Et dans quel sens chercher ? Puis … A quoi ressemblait-elle ? Cheveux long ? Court ? Brun ? Blond ? Châtain ? Les yeux verts ? Bleu ? Marron ? Gros nez ? Petit nez ? Svelte ? Musclé ? Maigrichonne ? Sac à patate ? Le dernier souvenir qu’il avait d’elle – si on peut appeler cela un souvenir – est cette petite enfant aux longs cheveux noirs et lisses le regardant avec ses yeux vert dur et sombre Elle ressemblait énormément à sa mère ce qui l’avait fait douté de l’exactitude de sa paternité mais d’une certaine manière il savait qu’il était lié à elle. Oui elle, sa fille, Daewen … Ou le paquet comme l’avait appelé sa mère … L’ennui c’est que se souvenir appartient à une de ses visions et qu’il a délibérément fui faces à ses évènements. Honte. Lâcheté. Remord. Un mélange de sentiment qui à chaque année pèse sur son cœur … Pourquoi avait-il agi ainsi ? Pourquoi n’avait-il pas sauvé l’enfant des bras d’une pute ? Pourquoi fuir alors qu’elle avait tant besoin de lui ? Tout cette multitude de question lui tourné dans la tête … Laissant place au vide, à l’amertume et au regret. Les évènements l’avaient tout simplement dépassé. Il ne s’y attendait pas. Il ne s’y était pas préparer. Il avait eu besoin de réfléchir, d’y voir clair … Comment réagiriez-vous si du jour au lendemain on arrivait devant votre porte de chambre d’hôtel pour vous livrer un paquet ? Un paquet qui est de toute évidence votre fille !  Et quand il eut le temps de réfléchir, de comprendre son erreur et de revenir sur ses pas … Elle était plus là … Partie entre les mains malvoyante d’une mère vicieuse …Je me suis haïs pendant des jours, des mois et des années … J’ai haïs mes pouvoirs. Ce pouvoir de lire dans le futur… S’il n’avait pas su à l’avance l’existence de sa fille jamais il n’aurait pris si lâchement la fuite … Non, jamais !  Alors voilà maintenant, dix-sept ans que son cœur se ronge par le regret et les remords. Dix-sept ans à espérer … Aujourd’hui, cette enfant a sûrement vingt-quatre ans, une jeune femme dans l’étendue et la beauté de sa jeunesse. Or, c’est quand le désespoir et l’abandon font surface que les plus miraculeuses surprises apparaissent.

Voilà depuis une journée qu’il chevauchait sur les terres d’Emeraude rejoignant en toute hâte vers Turquoise, son royaume natal, son unique et dernier espoir. Il étrange de se dire que cette histoire finirait peut être là où tout à commencer. Il n’était d’ailleurs pas retourné à Turquoise depuis la perte de sa fille. Trop de souvenir. Trop de culpabilité. Mais c’est dans ce dernier effort qu’il avait décidé d’écouter les doux murmures colporter par les villageois. Quels murmures ? Ah il trouvait ça un peu absurde d’avoir suivie de vieux ragots … Bouh … Au point, où il en était ! Ses murmures étaient son dernier recours. On racontait qu’une femme de toute beauté, voyagée de royaume laissant derrière elle de nombreuse victime tel une parfaite assassin. Il avait eu dire qu’elle se trouvait à Turquoise …. Comme par hasard … Se rendant dans différent village, il l’avait cherché à savoir sa destination, son prénom et un moyen de la contacter. Dans tout ça, il avait appris qu’elle s’appelait A’élys, un bien drôle de prénom et il lui a envoyé un courrier réclamant une rencontre dans mon village natal et  ses services. Après tout qui mieux qu’une assassin ou qu’un vagabond connaît mieux le pays comme sa poche et pourrait l’aider à retrouver sa fille … Peut être cela semble-t-il dérisoire ? Irréaliste ? Mais que peut-il faire d’autre dans de telles conditions ?

Aaron est à l’auberge. Cette auberge. Celle où vingt-quatre ans plutôt, il rencontra une femme et donna naissance à une enfant. Une enfant qui dix-sept ans plutôt, il aurait pu protéger… Maudite auberge ! Et pour une raison qu’il n’arrivait pas à expliquer, il avait choisir de retourner dans cette auberge. Etait-il idiot ? Peut-être … Les années ne l’ont pas arrangé ! En tout cas, rien à changer. Tout est resté comme dans ses souvenirs. Sa main caressa les vieilles pierres du bâtiment. Il donna son cheval à un palefrenier et entra dans le bâtiment. Même odeur. Même agencement. Même patron. Tout est pareil à une chose près … ça a vieilli ! Et c’est là qu’on se dit : Putain ! Ce que j’ai pris un coup de vieux ! C’est comme se recevoir un raz de marée en pleine tronche ! Il soupira… La vie. Le temps. Rien de plus normal et habituel. Après un petit tour devant le tavernier, il monta dans sa chambre et s’installa …

***

Le soir arrivait. La nuit tombait. Assis sur son lit, le mage passait la main dans ses cheveux grattant d’un air nerveux son cuir chevelure. Pourquoi cet aire paniqué ? Etait-il stressé ? Pour quoi ? Pour qui ? Il respira fortement et se leva pour faire quelque pas dans la chambre, tournant en rond. Il jeta un coup d’œil par la fenêtre. La rue était animée et on entendait en bas les gens entrer dans l’auberge parlant, criant et rigolant joyeusement. Il se frotta le visage une dernière fois et descendit rejoindre les villageois, s’installant à une table bien précise qu’il avait réservé. Ses yeux balayaient la salle, observant les moindres gestes des clients. Il semblait chercher quelqu’un … Non, il attendait quelqu’un. Il l’attendait elle, cette assassin dont il avait tant entendu parler. Il était nerveux. Il n’était pas sûr qu’elle vienne à son rendez-vous… Il n’était pas sûr qu’elle accepte sa demande… Car s’il demandait ses services ce n’était pas pour tuer quelqu’un mais pour retrouver quelqu’un. Il était prêt à payer fortement s’il le fallait … Le doute remplit son cœur. Peut-être … Peut être que sa requête était trop demandée, irréalisable ! Tsss … Qu’est-ce qu’il faisait ? A quoi s’attendait-il ? Il commanda à boire, attendant son invité, prêt à tout pour le tout ! Tenter sa chance. Oui c’est ce qu’il ferait, il ne baisserait pas les bras et tenterait sa chance !

Le temps s’écoula et toujours personne en vue … Aaron soupira presque que convaincu que la jeune femme ne viendrait pas. Qu’allait-il faire ? Continuer à la chercher jusqu’à la trouver de lui-même ? Partir de ce royaume maudit et abandonner les recherches ? Comment pourrait-il abandonner les recherches ? C’était trop dure … Pourtant que pouvait-il faire d’autre ? Il ne savait plus où chercher. Cette histoire n’avait plus ni queue ni tête … Il finit d’une traite son verre, décidé à partir et à remonter dans sa chambre quand la porte de l’auberge s’ouvrit … Une vague du passé explosa sur lui. Elle était là, l’assassin ! Avança droit vers lui d’un pas assuré, le regard froid et sombre. Pourtant, il lui semblait être revenu pendant un court laps de temps être revenu dans le passé quand il avait rencontré la mère de sa fille, la pute en d’autre terme ! Mais non, il se trouvait bien dans le présent, il en avait la certitude. Ses pouvoirs ne lui jouaient pas des tours … Comment … ? Que… ? Cette ressemblance … Il ne bougea pas d’un pouce fixant la jeune femme en face de lui. Rêvait-il ? Le portrait caché de la pute … sans de tout évidence son arrogance et ses petites manières pour séduire les hommes. La femme devant lui, lui aspirait plus de la méfiance. Froide. Dur. Une peau légèrement mate. Aucun sourire. Elle prit place en face de lui et ils se regardèrent, se défiant du regard. Qu’attendait-elle ? Ah bah oui qu’il parle ! Après tout c’était lui qui l’avait convié … Par où commencer … :

- Bonsoir, je suis Aaron. Je vais être claire dès le départ. Je recherche ma fille depuis dix-sept ans et je souhaite que vous m’aidiez si c’est possible. Je sais que vous êtes une assassine mais vous voyager tellement. Vous avez du rencontrer beaucoup de monde …. Brefs ! Voilà ! Aujourd’hui, elle doit avoir environ votre âge, vingt-quatre ans. Elle s’appelle Daewen. Elle a les yeux verts comme vous. Elle a les cheveux noirs, long et fin comme vous … Elle a …

Sa phrase resta en suspens. Il observait le visage de la jeune femme en face de lui se transformer au fur et à mesure qu’il parlait … Etait-elle en colère ? Etait-elle surprise ? Mais de quoi ? Qu’avait-elle ? Qu’avait-il dit ? Il la regardait … S’il devait décrire sa fille, il l’aurait décrit comme elle … Non ! N’importe-quoi ! A quoi pensait-il ? Cela est impossible … Une assassin …

- Voilà bien longtemps qu’on ne m’avait pas appelé ainsi.

Son cœur fit une embardé. Comment ? Une assassin ? Que lui était-il arrivé pour qu’elle en arrive là ? Au moins, elle n’était pas une péripatéticienne comme sa mère …  Que devait-il faire ? Que devait-il dire ? Elle continuait de le regarder froidement… A quoi pensait-elle ? Et bien ce ne fut pas dur de le savoir ! Une lame sortit de sa manche et vint rapidement se planter dans la main d’Aaron posé sur la table. Il n’avait même pas eu le temps de réagir. Ah ! Sale gamine ! La douleur était atroce et il sentait le sang chaud sortir de sa main …  

Aaron fixait le vide devant lui. Il cligna plusieurs fois des yeux et quand la porte claqua pour laisser entrer dans l’auberge la jeune femme assassin, il comprit. Il venait de voir le futur. Que devait-il faire ? Que devait-il dire ? Il était hors de question qu’il se retrouve avec un poignard planté dans la main ! Surtout par sa propre fille … Mais il ne pouvait pas fuir, il ne pouvait plus fuir. Il avait passé tant d’année à la chercher que la voir ici dans cette auberge … était tout bonnement le plus beau cadeau que la vie lui avait fait jusqu’à ce jour même si elle tentait de le tuer. Il comprenait qu’elle puisse lui en vouloir de faire intrusion dans sa vie … Il ne réagit pas comme dis sept ans plus tôt. Il resta assis, la regardant s’approcher de sa table. Seulement, il prendrait quand même en compte sa vision. Il avait tellement rêvé de cet instant, de retrouver sa fille que maintenant il ne savait plus vraiment quoi faire ni quoi dire pour qu’elle ne le prenne pas mal. Un désolé serait sûrement insuffisant …

- Bonsoir. Je suis Aaron. Je vous attendais justement … Et je vous cherchais. Je vous ai cherché pendant dix-sept ans  …


Il retint sa respiration, continuant de la fixer pour évaluer ses réactions. Il était hésitant. Le terrain était miné et chacune de ses paroles pouvaient enclencher une bombe à tout instant.  Il passa la main dans ses cheveux et réfléchis.

- Avant de vous expliquer … Dois-je vous appelais A’élys comme la majorité des personnes ou … Daewen ?

Là, il lui semblait en avoir assez dit. Il ne voulait pas la brusquer trop vite, ni lui faire peur. Il voulait que tout se passe bien … Il voulait apprendre à la connaître et rattraper le temps perdu. Il se frotta les mains nerveusement. Agissait-il bien ? N’en avait-il pas trop dit ? Ah ! Tant d’hésitation … En la regardant, il revoyait le portrait de sa mère décédée … Qu’avait donc pu être son enfance ? Le flot de remord l’envahi. Daewen … ma fille …


Dernière édition par Aaron le Jeu 26 Sep 2013, 07:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A rude épreuve [TERMINER !] Dim 21 Avr 2013, 08:43

D
ans un monde où survivre signifie dénoter de cette masse d’hommes incapables, il faut savoir se trouver une vocation, un « métier ». J’ai choisi celui d’Assassin. Car cela me colle beaucoup plus, cela me ressemble beaucoup plus. Une Assassin. J’ai tout de même réussi à me faire une petite réputation ! Oh, tout le monde ne me connait pas. Mais c’est déjà ça de prit. J’ai déjà deux rois qui me connaissent d’un peu trop près. Il faudrait qu’un jour j’aille rendre visite à la nouvelle Reine d’Emeraude. Cela pourrait être… Marrant, non ? Et aussi, une visite à l’Empereur. Pourquoi voudrait-il me rencontrer ? Car je suis une belle femme, nouvelle recrue dans l’élite d’Irianeth. Il voudrait sûrement me connaître… Ou pas. Je n’étais pas encore sûre. Devais-je le rencontrer oui ou non ? D’un côté, j’en avais envie. Voir de près l’homme qui met à mal Enkidiev. Mais, d’un autre côté, non. Car s’il me juge incompétente, je peux très bien mourir dans la minute. Que faire dis donc…

Je suis toujours sur le continent d’Enkidiev. Je n’ai encore jamais mis les pieds sur Irianeth. Peut-être le devrais-je… Un jour. Pas maintenant. Pas alors que la guerre est sur les talons des deux camps. Je me devais d’être prête. Et quoi de mieux que de passer dans son royaume natal pour pouvoir y… Prêcher. Oui, j’ai bien dis prêcher. Dans la forêt. Cette forêt qui est si accueillante… Si chaleureuse… Là où la Nature y est la plus forte. Je me suis donc mis en route pour Turquoise. Car je voulais d’abord pouvoir y faire mes adieux. Je ne reviendrais sûrement jamais plus dans ce royaume. Cela me désole. Mais… Si Enkidiev est prit par Irianeth… Peut-être qu’en entrant dans les louanges de Trystan… Je pourrais… Avoir le Royaume ! Où je pourrais entrainer de futurs Assassins à la solde d’Irianeth ! Les Turquais sont réputés pour être de grands guerriers. Cela plairait sûrement à Trystan. M’enfin, cela restait à voir…

J’étais arrivée. J’étais arrivée, et je me suis immédiatement dirigée vers la forêt. Je n’avais plus de vivres. Je n’avais pas mangé depuis deux jours. J’aurais d’abord dut passer par une auberge. Mais je ne le pouvais pas. Je devais d’abord aller dans la forêt. Je parcourus quelques lieux avant de m’agenouiller au sol, près d’un arbre vénérable. Un arbre que j’affectionnais beaucoup. Il était grand et massif. Ainsi que proche de la fin. C’est peut-être une raison pour laquelle j’étais si proche de lui. C’était étrange dans un sens, mais c’est ainsi. Décrochant ma cape, je la posais à mon côté, puis je levais les yeux vers les branches de l’arbre faisant barrière au soleil. Là, ainsi positionnée, je fermais les yeux. C’était comme cela que j’avais l’habitude de prier. Oui, je priais. Pas pour un Dieu. Pas pour la Déesse des arbres. Je priais pour la Nature. Plus forte que n’importe quelle espèce. Plus forte qu’un Dieu.

Je restais dans cette position au moins une bonne heure. Avant que mes besoins primitifs viennent reprendre le dessus sur ma raison. Me relevant, je poussais un soupire en regardant le tronc de cette arbre. Nous ne nous reverrons peut-être jamais…

<< Que la Nature et la Terre te sois clément. Que la Nature et la Terre me pardonnent. Que la Nature et la Terre sachent que jamais je ne les trahirais… >>

Baisant trois de mes doigts, je les plaçais alors sur le tronc de l’arbre. Ridicule ? Peut-être. Moi je ne trouve pas cela ridicule. J’aurais presque juré pouvoir sentir l’énergie de la Terre et de la Nature à mes côtés alors que je faisais ce simple geste. Sans plus de cérémonie, je pris ma cape, je masquais mon visage et je pris la route pour une auberge.

C’est en titubant que je réussis à ouvrir la porte. M’asseyant lourdement sur une chaise, je réussis à articuler trois mots à une serveuse qui comprit assez aisément que j’étais en hypoglycémie. On me servit un véritable festin. Je pus manger plus qu’à ma faim, et lorsque j’eus finit le jour allait bientôt laisser la place à la nuit. Appuyée nonchalamment contre le dossier de ma chaise, j’observais le ciel tout en repensant à la visite que j’ais eut pendant que je mangeais.

Un messager est venu me déranger. J’ai longuement hésité entre le tuer tout de suite ou le laisser parler. Je ne sais ce qu’il m’a prit, mais j’ai décidé de l’écouter. Etrange non ? Bref. Il m’expliqua que j’avais un potentiel client. Et que ce client me recherchait depuis maintenant longtemps. Il était prêt à payer une grosse somme d’argent pour sa demande, et il me demandait d’aller le rejoindre dans une auberge d’un village particulier. Faisant un signe de main agacé, j’ordonnais silencieusement à l’homme de se retirer. Ce village… Je sais… Je… Je fermais les yeux. Ce village… Pourquoi ce village ? Je n’avais pas envie d’y aller. Trop de souvenirs douloureux. Ce village que je hais tant. Le village qui m’a vu naître. Mon client me demandait d’aller là-bas.

Je ne sais pas si j’ai le droit d’avoir des clients d’Enkidiev, maintenant que je suis sur Irianeth. Mais, ma nature est plus forte que tout. Alors, bien que j’aie une forte répugnance envers ce village et après plusieurs heures de réflexion, je sortis dans la nuit froide. Le temps était maussade aujourd’hui, ce qui n’empêchait pas les gens de sortir et de s’amuser dehors. Le parcours que j’avais à faire jusqu’à l’auberge du rendez-vous n’était pas très long, mais je devais tout de même m’activer. Mon client devait penser que je ne viendrais pas…

J’ouvris les portes de l’auberge en grand, et je marchais lentement et silencieusement vers mon client. Je le reconnus facilement car il me fixait avec beaucoup d’insistance, et grâce à ses yeux d’un vert profond. J’eus un petit malaise qui passa inaperçu. J’avais cette impression que… Non. Je reconnaissais toujours les personnes que j’avais rencontrées jadis. Son air familier était sûrement dut à une parenté avec un autre de mes clients. Rien de plus, rien de moins. N’est-ce pas ? Je m’approchais de mon client tandis que les autres voyageurs bavardaient joyeusement entre eux, buvant et s’éclaffant. D’un côté, ils me dégoutaient, d’un autre, ils me faisaient envie. J’aurais aimée avoir une vie comme eux, simple et comblée de petits plaisirs particuliers. Les ignorant, je reportais mon regard vers mon client, mes yeux ne lâchant pas les siens tandis que je m’asseyais en face de lui.

Il commença à parler. Evidemment, puisque c’est lui qui m’a convoqué. Il s’appelait Aaron. Il dit qu’il m’attendait… HAHA, le contraire m’aurait étonné. Avait-il déjà oublié que je n’étais ici que parce qu’il m’avait envoyé un petit message ? Il enchaina en disant qu’il me cherchait. Qu’il m’avait cherché pendant 17 ans. J’haussais un sourcil. 17 ans. Mais. Mais. Dix-sept ans plus tôt… Je n’étais qu’une gamine. Il me cherchait depuis que je suis une gamine… Pourquoi ? Je ne le connaissais pas, mais il… Il semblait me connaître. Mes muscles se tendirent légèrement, et je devenais nerveuse. Qu’est-ce qu’il me voulait à la fin ?

Il reprit la parole. Pour me demander s’il devait m’appeler A’élys ou… Da… Da… Daewen… Même le penser est horrible. D’où ?!!!! D’où il connaissait mon véritable nom ! Je tiquais. Le silence s’installa. Il était nerveux et stressé, cela se voyait. Il avait peur de ma réaction. Si je n’avais pas été en contact avec la Nature précédemment, j’aurais effectivement eut une réaction violente. Il me faisait un peu pitié aussi.

Je m’avançais sur ma chaise, posant mes mains aux doigts entrelacés sur la table, j’approchais mon visage de celui d’Aaron tout en gardant une distance raisonnable.

<< Appelez-moi A’élys, je hais particulièrement mon nom de jeune fille ! >>

Je me reculais un peu. J’avais parlé d’une voix calme, bien qu’emprunt de sarcasme et d’une froideur sans égal.

<< D’où connaissez-vous mon nom ? Qu’entendez-vous par là en disant que vous me cherchiez depuis 17 ans ? >>

Mon ton se fit sévère, mon visage aussi. Mes sourcils étaient froncés, montrant à la fois mon incompréhension et mon agacement. Je pris soin de prendre mes deux dagues dans mes bottes et de les enfoncer chacune de chaque côté de nous deux, dans la table en bois. Preuve que je ne lui ferais pas de mal. Jusqu’à ce que j’ai la vérité tout du moins… Et j’avais encore mes lames cachées… M’adossant contre le dossier de ma chaise, je tapotais la table en bois de mes logns doigts fins, attendant ses réponses.
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MessageSujet: Re: A rude épreuve [TERMINER !] Ven 03 Mai 2013, 06:12

Quoi ? Qu’est-ce qu’il avait son prénom ? Daewen … C’est jolie non ? Daewen ! Daewen ! Dawen ! Pourquoi tant de haine envers un simple prénom ? Que lui était-il donc arrivé ? Que c’était-il passé pour qu’elle le déteste à ce point et qu’elle le change ? Pourquoi ?? Oh non ! Qu’avait-il fait à cette pauvre enfant ! Les remords le submergèrent une nouvelle fois. Comment avait-il pu laisser cette enfant à son tragique destin ? Aaron passa les mains sur sa figure, ne savant quel mot employé pour ne pas l’effrayé, ne sachant comme s’y prendre avec sa propre fille. Elle lui en voudrait. C’était certain. Elle le détesterait. Il comprendrait. Elle chercherait même à se venger peut être … Mais se venger de quoi ? Comment aurait-il pu savoir ? Il n’était pas le dieu de la destinée ! Il … Oh et puis zut ! Il entendait ses questions et ne fut pas surpris en la voyant sortir ses dagues… il l’avait vue … Il gardait son pouvoir en action de façon à ce qu’elle ne lui plante pas un de ses poignards dans la gorge. Seulement deux ? Il se doutait bien qu’elle en avait d’autre … Elle était quand même une assassin … Une assassin ! Oh la la la … Ce qu’il aurait voulu remonter le temps … Enfin bon, ce n’était pas le moment de s’apitoyer sur son sort, il devait être fort !

Sans rien dire, il la vit s’adosser sur sa chaise et tapoter la table. Etait-elle nerveuse ? Anxieuse de ce qu’il pourrait lui révéler ? Il l’observa et remarqua qu’elle avait le même caractère que sa mère enfin loin d’elle d’en faire une putain ! Son regard sévère et son agacement. Son visage. Il constata que la couleur de ses yeux étaient à l’identique des siens. Il soupira et se redressa sur sa chaise. Employé les mots justes … Il ne dit rien pendant un moment, cherchant ses mots et par où commence car il fallait bien admettre que lui aussi avait été pris de cours. Jamais, il n’aurait pensé que sa fille aurait été l’assassin qu’il avait fait demander. Aurait-il préféré que ce soit quelqu’un d’autre ? Pas vraiment. Au moins, elle savait se défendre et il en était fier. Il était seulement dommage qu’il découvre qu’elle ne recèle aucune magie en elle. Elle tenait beaucoup plus de sa mère que de lui pensa-t-il… Vue comment été sa mère, la situation risquée d’être compliqué … hum hum !

- J’ai grandi dans ce village et j’avais seize ans ou plutôt… il y a vingt-quatre ans, j’ai rencontré ta mère …

Il se tue un moment. Il n’allait pas lui raconter qu’à ce moment-là, il était complètement ivre et que sa mère l’avait complétement séduit avant de consumer leur … son ? désir charnel et de s’emparer de son argent. Il n’avait d’ailleurs aucun souvenir de ce soir-là. Quelques fois des images lui revenaient en tête mais il en avait plus honte qu’autre chose. Il passa donc cette petite légère explication de son histoire. On ne puisse pas dire qu’être née dans de tel condition était très glorieux … Mal à l’aise à cette remémoration de souvenir, il se racla la gorge et repris …

- Après cette rencontre, je n’ai plus jamais revue ta mère et je suis devenue un mage de la tour d’Emeraude. Enfin brefs … Il y a seulement dix-sept, je suis revenue dans ce village, dans cet auberge et c’est là que j’ai découvert ton existence … Je ne savais pas … Jamais, elle n’avait cherché à me contacter pour me dire… Elle a cherché à me le dire … Mais, je l’ai appris d’une autre manière et … et … je ne savais pas quoi faire … Tu avais sept ans à ce moment-là. Toi et ta mère êtes venues me voir mais je n’étais plus là …

On l’impression qu’Aaron parlait en message codé. Il bafouillait carrément, hésitant sur certain mot sans lui dire clairement qu’elle était sa fille. Qu’avait-il de difficile de dire qu’elle était tout simplement sa fille ? Au lieu de baratinée, une histoire complétement incompréhensible où il ne finissait que la moitié de ses phrases. Il zappait des passages, ne racontant pas son histoire dans sa globalité. Il avait peu de sa réaction. Que penserait-elle s’il lui révélait qui s’était bonnement enfuit lors de la connaissance de son existence ? Il frotta ses yeux et son visage essayant de s’armer du peu de courage qu’il avait.

- Daew … Je veux dire A’élys, excuse-moi. Quand j’ai pris conscience que ta mère avait pour but de te vendre à Irianeth, je suis directement partie te cherché … mais quand je suis arrivé sur les lieux, le mal était fait. J’ai essayé de retrouver ta trace. J’ai fouillé la région de fond en comble pendant des semaines voire des mois … Je n’ai pas cessé de te chercher pendant ses dix-sept années mais en vain ton prénom ne sonnait nulle part comme je l’espérais. Aucun jour ne passe sans que …

Sans qu’il ne regrette sa lâcheté de t’avoir abandonné … Mais il se tue … Il avait été difficile qu’il se l’admette à lui-même alors comment expliquer son comportement à sa propre fille. Cela ne lui ferait que du mal, peut-être même plus mal que ce qu’elle avait vécu. Après tout s’il s’était montré responsable, la vie de la jeune femme serait certainement différente et il en avait bien conscience. Il esquissa un léger sourire navré. Navrée de quoi ? Que ce soit lui son père ? Peut-être que si cela était tombée sur un autre homme qu’Aaron, armée de bien plus de courage que lui, elle serait une jeune femme heureuse à l’âme pur ne traînant pas derrière elle une marée de sang …

- A’élys, je suis ton père et … et je suis prêt à répondre à toute tes questions et à t’aider, même si je constate que tu as du apprendre à te débrouiller toute seule pendant toute ses années…

Ses yeux fixaient ceux de la jeune femme. Que pensait-elle ? Que ressentait-elle ? Il lui aurait été aisée de le savoir mais il était peut être préférable qu’il ne s’immisce pas en elle pour le découvrir. Il était préférable qu’il ne lui fasse pas plus de mal qu’il en avait fait. Il constata que jusqu’à présent, il n’était pas mort alors il y avait peut-être un espoir …
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MessageSujet: Re: A rude épreuve [TERMINER !] Mar 07 Mai 2013, 14:53

I
l reprit la parole. Cet homme dénommé Aaron. Cet homme qui en savait beaucoup trop sur moi. S’était-t-on déjà croisé ? Non. Je n’oublis jamais un visage. Enfin, je crois. La seule personne à savoir mon vrai prénom était… Stannis d’Opale. Stannis. Jamais il n’aurait fait cela. Surtout que je doutais vraiment que Stannis est révélé mon prénom à cet inconnue. Il n’avait pas la tête d’un Opalien. Ni même d’une personne ayant assez d’importance pour pouvoir côtoyer la royauté. Cette impression de… Familiarité… J’avais vraiment l’impression de l’avoir déjà vu, ou connu, ou toute autre chose. Qui était-il ? Que me voulait-il ? J’avais un mauvais pressentiment. Et je pouvais même sentir qu’il avait des pouvoirs, mon instinct me le dictait. Pourtant je reste là. Pourquoi ne le tuais-je pas tout de suite ? Peut-être que… Dans mon inconscient… Je savais que… Que je devais rester. Pour découvrir cette vérité. Une vérité que je ne me sentais pas prête d’entendre.

Il parla, donc. Disant qu’il avait vécut à Turquoise – donc ce n’était pas un Opalien ! – et qu’il avait… Rencontré… Ma mère. Il avait rencontré ma mère. Va’ysis. Ma mère. Cette femme exaspérante, exécrable, détestable. Cet être qui ne pensait qu’au plaisir charnel. Cet être qui me fit regrettée jusqu’à sa mort ma venue au monde. Il connaissait ma mère. Peut-être est-ce pour cela que j’ai une impression de déjà-vu. Peut-être faisait-il partit des hommes qui venaient si souvent dans mon ancienne maison, partager la couche de ma « mère ». Mais… Pourquoi me cherchait-il alors ? Avait-il eut pitié de moi ? Avait-il eut l’occasion de me sortir de cet enfer, mais n’en a rien fait ? Est-ce le remord qui le ronge, la culpabilité ? Fronçant les sourcils, je m’immobilisais à ces mots. Tendue, je redoutais ce qu’il allait bien pouvoir dire par la suite…

Après une pause et un moment d’hésitation, Aaron reprit son explication. Et min impatience augmenta au fur et à mesure. Où voulait-il en venir ? Il dit ne plus avoir revue ma « mère » après ce jour où il l’avait vu – ou plutôt pénétrer, n’est-ce pas ? – puis il dit être devenu mage. Apparemment, il n’avait pas connaissance de mon aversion pour les détenteurs de magie. Mais son honnêteté était touchante. Peut-être est-ce une raison au fait que je ne l’ai pas tué. Pas tout de suite. Je buvais ses paroles comme si elles allaient m’apporter les réponses aux questions que je me pose depuis que notre entretien a commencé. Dix-sept ans ont passés avant qu’il n’apprenne mon existence – donc il n’était pas venu dans la maison de Va’ysis. Mais en même temps, il l’a rencontré il y a de cela vingt-quatre ans ! – le reste de ses paroles furent… Embrouillées. Je ne comprenais presque rien. Il bafouillait. Il me cachait des choses. Il tentait de se justifier.

Il fit une pause, sûrement pour reprendre le bout de ses pensées. Mon esprit était bloqué lui aussi. En temps normal, j’aurais compris ce qu’il voulait dire. Mais, là, ça me touchait directement. Et mon esprit faisait blocage dessus. Il ne voulait pas que j’apprenne de moi-même ce qui allait se produire ensuite. Pourquoi mon esprit se fermait-il ? Pourquoi ne puis-je pas comprendre ? Pourquoi mon esprit ne voulait pas comprendre ? C’était si ridicule. Pourquoi devrais-je attendre qu’il me révèle cette vérité ? J’étais impatiente. Impatiente de comprendre. Et cela m’agaçait. Pourquoi n’en venait-il pas au fait ? Il s’excusa alors. S’excusait-il de m’avoir appelé encore une fois Daewen, ou s’excusait-il pour les paroles qui vont suivre ? Il dit s’être lancé à ma recherche lorsque ma mère voulut me vendre à Irianeth. Des sueurs froides me firent frissonner. Des souvenirs revinrent dans mon esprit.

“ C’était ce fameux jour, où tout avait change. Ma mère, ainsi que mon père, se préparait pour un voyage. Ou faisait semblant de se préparer. J’étais heureuse alors. Heureuse car nous allions voir d’autres Royaumes, découvrir de nouvelles choses. Je sautillais partout dans la maison, et ma mère ne disait rien contre cela. D’habitude, dès que je manifestais de la joie, elle me punissait. Là, elle n’en fit rien. Alors j’en ais grandement profité. Je me souviens… Je me souviens lui avoir demandé où nous allions. Elle s’était alors tournée vers moi, et me fit un grand sourire. Elle aussi était heureuse. Mais je n’ais compris ce sourire que bien plus tard. Elle ne souriait pas pour les mêmes raisons que j’étais heureuse, à ce moment-là. Elle souriait car elle allait se débarrasser de moi. Et c’était tout ce qu’elle fit. Juste un sourire. Aucunes paroles. Et, dans mon insouciance, je ne vis rien… ”

<< A’élys, je suis ton père et… >>

Cette phrase me fit revenir sur terre. Je n’écoutais plus. Il n’y avait que cette phrase qui résonnait dans ma tête. « Je suis ton père ». Oui, il avait bien dit cela. Non, je ne rêvais pas. Bien sûr, je savais que l’homme qui jouait le rôle de mon père dans mon enfance ne l’était pas. Pourtant, je me suis tout de même posée la question de savoir si c’était vraie. Son regard… Son regard disait la vérité. Ses yeux… Ses yeux étaient d’un vert profond, vif et éclatant. Comme les miens. C’est mon père. L’homme qui n’était pas là. L’homme qui aurait put changer tout ça. Ce que je suis. Mon enfance. J’aurais été comme les autres femmes. Je serais en train de chercher époux en pensant aux éventuels enfants à venir. Je serais heureuse. Il n’avait pas été là. Il aurait put empêcher tout ça. Mais il n’avait pas été là. Il. N’avait. Pas. Eté. Là. Il aurait put… Il aurait put… Me sauver…

Ma bouche s’entre-ouvrit alors que je prenais conscience de cette situation. C’était mon père. J’avais un mage pour père, mais ça c’était rien comparé au vide qui s’est immiscé en moi. Je ressentais… Un vide profond, tout d’abord. Puis de la tristesse. Une profonde tristesse. Je devais certainement avoir les yeux tout écarquillés. Ma tristesse se mua en incompréhension. Mon incompréhension en solitude. Ma solitude en dégout. Mon dégout en haine. Pourquoi. Pourquoi n’avait-il pas été là ? Pourquoi n’avait-il pas empêché tout ça ? Savait-il seulement ce que j’ai enduré ? Savait-il seulement tout le mal que cette Va’ysis à causer, alors qu’il aurait put… Il aurait put… Mais il n’avait pas été là. Il n’avait pas… Il…

Ce fut plus fort que moi. Une larme, brulante, cinglante, coula le long de ma joue. Une seule. Une larme qui reflétait ma douleur. Ma tristesse. Et ma haine. Je n’étais pas heureuse de le retrouver. Non. Car il était responsable de tout ce qui m’est arrivé. Il était, le seul, et l’unique responsable. J’avais l’impression de suffoquer, de manquer d’air. J’avais la nausée, et la tête qui tournait. C’était… C’était mon père. Aaron, le Mage. Un mage ! Et je n’avais aucuns pouvoirs. Mais ça, je m’en fichais. Cette simple phrase résonnait dans mon esprit… Celle qui criait… Celle qui criait avec rage…

<< Tu es mon père… >> murmurais-je alors.

Je n’avais même pas conscience que cette phrase est sortit de mes lèvres. Je retirais mes mains de la table, et m’éloignais le plus possible, me plaquant contre la chaise. J’eus d’abord peur, et cela put se lire sur mes yeux. Peur de cette vérité qui prenait alors tout son sens, comme si je le savais depuis le début. C’était maintenant clair comme de l’eau de roche, limpide, translucide même. Et ma réaction fut rapide, claire, nette et précise, elle aussi. Je me suis relevée d’un bond avant qu’il ne puisse répondre, je le pris par le col de sa chemise et je ramenais son visage vers le mien. Mes yeux lançaient des éclairs, ma main s’approchait de trop près mes dagues plantées dans la table de bois. Oui, il avait eut raison de redouter ma réaction.

<< Pourquoi ?! >> criais-je alors. << Pourquoi m’as-tu laissé ?! Pourquoi, toi qui avais les moyens, pourquoi ne m’as-tu pas sauvé alors que tu en avais l’occasion ?! Pourquoi, dis-moi, pourquoi as-tu seulement osé poser la main sur cette femme, qui fut obligée de m’engendrer ?! >>

Tout le monde pouvait nous entendre, mais ils faisaient mine de rien. Me connaissaient-ils ? Peut-être pour quelques-uns. D’autres c’était par courtoisie, sûrement. Une dispute familiale ne devait pas être interrompue par des tierces personnes non intéressées.

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MessageSujet: Re: A rude épreuve [TERMINER !] Lun 24 Juin 2013, 17:43

Ses émotions. Son visage. Sa bouche. Ses yeux. Aaron arrivait à tout lire sur le visage en face de lui. Sur ce petit visage … Il lisait chacune des émotions de la jeune femme. Il voyait bien son incompréhension, sa douleur et puis, … Là. Plus loin. Là, juste au plus profond de ses yeux, de ses beaux yeux verts similaire au siens, il distinguait parfaitement cette haine. Cette haine qui l’avait consumé petit à petit. Il savait parfaitement que cette haine se retournerait contre lui. Il savait que tout ça s’était sa faute. Il savait qu’il avait complétement MERDE !! Oui complétement ! Et la seule chose qu’il espérait aujourd’hui, était d’avoir une chance de se rattraper. Et pourtant qu’elle fut son étonnement quand il vit cette larme couler sur sa joue. Comment était-ce possible ? Non ce n’était pas de voir sa fille pleurer qui l’étonner mais de ressentir au fond cette douleur. Là tout au fond de son cœur, il ressentait se petit pincement. Voir cette larme sur sa joue lui faisait autant de mal que la douleur de la tristesse qui l’avait déversé sur cette joue. Pourquoi ressentait-il ça ? Après toutes ses années de recherche, peut-être c’était-il attaché à sa fille ? Cette fille qu’il ne connaissait pas. Etait-ce possible ? Etait-ce réellement possible de s’attacher à quelqu’un qu’on ne connaissait pas bien qu’elle soit sa propre fille ? Wouh !! Toutes émotions là … Wouh !! Trop d’émotion ! On parle souvent de la fibre maternelle mais quand n’est-il de la fibre paternelle ? Etait-ce ce qu’il ressentait en ce moment même ? Cette corde paternelle qui vibrait dans son cœur. Pendant toute ses années, il avait pensait qu’il ne possédait pas tel corde à son arc. Il l’avait toujours pensé depuis qu’il avait tué les assassins de ses parents. La première fois qu’il avait tué des hommes … Tient devrait-il lui dire que ses grands-parents sont mort ? Oh … Ah l’heure qu’il est, elle devait en avoir rien à faire qu’il soit enterré six pieds sous terre. Brefs ! Seulement … devant cette larme, cette simple larme, il n’avait qu’une seule envie : réconforter sa fille à tout prix ! Il aurait bien voulu la saisir dans ses bras. Lui dire qu’il était infiniment désolé. La réconforter. Faire tout ce que les pères font avec leurs enfants quand ils n’ont pas le moral mais il doutait fortement que sa fille âgée d’une vingtaine d’année se laisserait faire devant une marque d’affection … Non pas vraiment … Surtout que là, devant le regard qu’elle lui jetait mieux valait s’abstenir… Hum Hum … Situation gênante. Que devait-il faire ? Allait-elle lui parler ? Lui poser des questions ? Ou devait-il dire quelques choses ? Il ne fit rien car là en face de lui, il savait. Il savait ce qu’elle s’apprêtait à faire. Il l’avait vu…

Là, comme une tigresse affamée de chair fraiche, elle se jeta sur lui l’attrapant par le col de sa chemise. Il la regardait. Il l’écoutait. Mais pas une seule fois, il ne broncha gardant littéralement une mine stoïque. Non il ne laissa transparaître aucun étonnement sur son visage. Il s’y était attendu et avait préparé le coup. Ses yeux fixaient ceux électriques de sa fille. Quant à sa main ? Que croyait-elle ? Qu’il n’avait pas vu les poignards ? Qu’il ne voyait pas sa main se diriger lentement vers ses armes ? Il était quand même magicien ! Il avait plus d’expérience qu’elle ! Il ne doutait qu’elle soit devenue forte aux maniements des armes, plus forte que lui c’était certain mais le monde magique lui semblait être inconnu… Aaron sans la moindre hésitation fit léviter les poignards dans les airs et l’envoya se planter dans un mur à l’autre bout de la salle. Les clients ? Quels clients ? Ah eux ? Hé bien si la moitié des clients n’étaient pas parties dans moins d’un quart d’heure s’est sûrement qu’ils étaient tous suicidaire dans ce village ! Il fallait bien avouer que l’animation que père et fille mettaient en place était sûrement intéressante à voir. Bien que son apparence soit totalement calme, les paroles de sa fille l’avaient légèrement hérité. Comment pouvait-elle parler comme ça alors qu’elle était ignorante ? Décidément, elle avait carrément le tempérament de cochon de sa mère ! C’était bien sa veine !

- Ecoute ! Je suis prêt à répondre à toute tes questions alors ça ne sert à rien de me menacer de la sorte. De plus, je suis magicien et je peux voir tes attaques à l’avance alors garde ton énergie pour plus tard. Je vais tout t’expliquer… mais la tu m’étrangles …


Aaron inspira profondément et attendit que sa fille le lâche pour lui raconter toute l’histoire alors là après, elle pourrait s’énerver comme bon lui semblait. Le mage se racla légèrement la gorge et du faire appel à ses souvenirs.

- Il y a vingt-quatre ans j’ai eu des gros problèmes de pouvoir que je ne maîtrisais pas. Enfin surtout un pouvoir, qui me permet de voir trois dimensions : le passé, le présent et le futur d’une personne. C'est-à-dire que je voyais la personne trois fois à chaque instant t et que c’était très perturbant. Là seul méthode que j’ai trouvée à cette époque fut l’alcool et je n’en suis pas très fier … Et c’est un jour où j’étais soul que j’ai rencontré ta mère, exactement ici dans cette auberge. Le reste de la soirée, je ne m’en souviens pas et je crois que ses mieux ainsi … Puis, quelques jours après je me suis finalement rendue à Emeraude pour devenir un mage. Plus jamais je n’entendis parler de ta mère jusqu’au jour où je revins sur Turquoise. J’étais dans ma chambre et j’ai eu une vision … une vision de toi et ta mère frappant à ma porte de chambre… Et bien sûr, ta mère m’annonçant que j’étais père d’une fillette de sept ans. Comme ça ! Sans rien ajouté de plus. En gros, c’était : Aaron, voilà ton paquet cadeau ! A ce moment, j’étais perdu. Jamais je n’aurais pensé avoir une fille. Je ne savais pas quoi faire. Je ne savais pas m’occuper d’une enfant. J’étais complétement paniqué… Et j’ai pris la fuite car ce n’était qu’une vision. Je suis sorti. J’ai réfléchi. Je ne savais pas quoi faire et puis … J’évite compris qu’il valait mieux pour toi que je te reprenne à ta mère. Seulement quand je suis revenu… vous n’étiez plus là… vous aviez disparu. Pendant, des jours, des semaines ou des mois, je ne sais plus trop, je suis parti à ta recherche. J’ai cherché partout. J’ai traversé tous les royaumes. J’ai tout fait pour essayer de te retrouver mais tu semblais t’être volatilisée. Même depuis dix-sept ans, je n’ai jamais abandonné les recherches. Je continuai d’espérer… Alors je comprends que tu m’en veuilles d’avoir eu une instant de lâcheté dans ma vie mais sache que j’ai toujours mis en œuvre pour pouvoir te rechercher !

Avait-il répondu à ses questions ? Allait-elle le comprendre ou tout simplement continuer à le haïr ? Ah la la … pas facile d’être père ! Qui plus est quand votre fille est une assassin qui voudra votre peau ! Aaron passa la main dans ses cheveux nerveusement et fixa sa fille.

- Je suis profondément désolé de tout ce que tu as pu subir et je ferai n’importe quoi pour te venir en aide …
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MessageSujet: Re: A rude épreuve [TERMINER !] Mar 02 Juil 2013, 10:23

J
e le tenais. Je tenais presque sa vie entre mes mains. J’aurais put lui briser la nuque d’un coup sec. J’avais tellement fait ça que c’est devenu presque… Mécanique. Pourtant je n’en faisais rien. Je continuais de le regarder droit dans les yeux. Ces yeux… Verts… Comme les miens. Je les tenais de lui, mes beaux yeux verts. J’avais une rage folle qui bruissait dans mon cœur, un dégout profond pour cet homme. Mon. Père. C’était mon père. Un mage en plus ! Moi qui déteste particulièrement les mages. Les êtres dotés de magie plus précisément. Il avait même réussit à me faire verser une larme ! Moi qui croyais que plus aucunes de ses perles rondes et salées ne couleraient le long de ma joue… Comme si je n’avais pas assez souffert dans ma vie, voilà que le destin m’amenait un père que je n’avais pas envie d’avoir ! Je me portais très bien sans lui. Je me porterais même mieux sans lui ! Pourquoi a-t-il fallu qu’il me recherche, et qu’il me trouve surtout ! Pourquoi n’est-il pas mort, tout simplement ! Je ne serais pas si… Blessée… Car, savoir que j’ai de la famille me rappel douloureusement ma mère. Et toutes les maltraitances qu’elle m’a fait subir. Cela n’arrangeait pas vraiment mon état de penser à cette stupide femme égoïste. Et ce n’était pas bon pour lui.

Mes dagues volèrent alors à travers la pièce pour se planter quelque part derrière moi. Je ne regardais même pas où elles avaient atterrit, ni même s’il avait blessé quelqu’un avec son petit tour de passe-passe. Je me sentais vulnérable sans mes dagues. Et, lorsque je me sentais vulnérable, c’était les moments où j’étais le plus dangereux, et redoutable. Car j’aurais tendance à… Agir avant de parler, pour vite me sortir de ce pétrin improbable. J’avais envie de fuir. Envie de partir, loin de lui, de ne jamais le revoir, ni même de penser à lui. Je voulais qu’il sorte de ma vie, qu’il n’y soit jamais entré. Je voulais … Je voulais tellement de choses, mais jamais elles n’arrivent. Il est là maintenant. Devant moi. Il semblait calme. Mais je voyais que je l’ais énervé. Je m’en fiche en fait. Mais je ne pouvais m’empêcher de le regarder. De l’étudier. Lui qui était mon père. Je ne pourrais pas m’empêcher de penser à lui maintenant. Si j’essais de fuir il me rattrapera. Si j’essais de le combattre, je… Je… Je ne suis… Je ne suis pas sûre, de pouvoir le tuer. Moi qui ais tant voulu tuer de mes propres mains mes parents, là, je doutais de pouvoir y arriver. Je voulais fuir, je voulais ne plus le revoir, je voulais qu’il sorte de ma vie comme il était entré. Mais, étrangement, j’avais l’impression qu’il n’était jamais partit.

Il parla. Non, je ne voulais pas écouter. Je ne voulais pas écouter ces explications. Je voulais continuer de le haïr, je ne voulais pas de lui, je voulais qu’il comprenne qu’il ne pourra pas… Que… Je ne pourrais pas l’aimer. Jamais. La blessure était encore là, vive, profonde. Elle me rendait vulnérable. Il me rendait vulnérable. Je ne voulais pas l’écouter, je ne voulais pas de ses explications, je ne voulais pas qu’il me parle. Je voulais qu’il me haïsse, je voulais qu’il soit dégouté de moi, de ce que je suis. Il n’aime pas ma mère, je le sais, et je sais aussi que je lui ressemble beaucoup. Alors, pourquoi est-ce que je pouvais encore voir cette tendresse dans ses yeux ? Cet… Amour… Il avait vu, que je ressemblais à ma mère. Pourtant, il ne me détestait pas. Il n’était pas dégouté. Il continuait à me témoigner de l’affection. Je ne voulais pas de son amour, ni de son affection, encore moins sa compassion. Je voulais qu’il me laisse tranquille. Malgré qu’une partie de moi… A besoin de lui. D’une famille.

Lorsqu’il dit que je l’étranglais, j’eus du mal à capter qu’il me demandait de le lâcher. Ce que je fis. Bien que je n’aimais pas ses remontrances. Depuis quand je me laissais me faire disputer de la sorte ? Je n’étais plus une enfant bon dieu ! D’où s’octroyait-il le droit de me donner des leçons, lui qui n’a jamais été présent dans ma vie, lui qui m’a obligé à rester avec ma mère, à subir des souffrances physiques et morales, et à devenir ce que je suis maintenant ! Il n’avait pas le droit, et je ne devrais pas lui obéir comme une enfant obéissante. Je n’étais pas obéissante. Je l’étais. Mais la personne qui me servait de mère a détruit cette partie de moi. Je n’ais aucunes raisons valables pour lui obéir, à lui. Pourtant, je le lâchais, et je me rassis. Mais j’étais toujours en colère. Et même plus que précédemment ! Lançant un regard bien noir et perçant dans la direction de mon père, je tapotais la table de mes longs doigts fins, impatiente que cet entretien se finisse rapidement.

Il me raconta sa vie. Cool. Super. Il me racontait sa vie là ! Vous vous rendez compte ? Etais-je obligée d’écouter ses déboires et ses idioties ? Apparemment oui… Car, bien que je veuille ne pas écouter, juste l’ignorer pour qu’il comprenne que je ne voulais pas de lui, mes oreilles entendaient distinctement chaque mot, chaque syllabe qu’il prononça. Il possède un pouvoir spécial, celui de voir le passé, le présent et l’avenir. Plutôt flippant comme pouvoir. Bref. Il dit qu’il eut des problèmes de contrôle de ce pouvoir dans sa jeunesse. Pauvre de lui. C’est pour ça qu’il existe une institution spécialisée pour les enfants incontrôlables ! Il aurait dut y aller, au lieu de se noyer dans l’alcool ! Comme ça, ma venue aurait put être évité. Mais non, il a préféré choisir le chemin de la facilité. Normal. C’est vrai que l’alcool était la solution à tous nos problèmes. Tien. D’ailleurs, je commandais une bière, pour m’aider à faire passer ma colère. Quoique. En fait, l’alcool me rendait encore plus incontrôlable ! C’était l’effet inverse pour mon très cher papa. On est différent sur plusieurs points. Ma bière arriva en un rien de temps, et je bus une gorgée sans me gênait outre mesure que mon père regardait. J’étais assez grande désormais pour boire nan mais oh !

Oh, nous nous trouvions dans l’endroit où mes parents se sont rencontrés. Je vais mettre une croix rougeâtre sur cet endroit pour me rappeler de ne plus y aller. Car maintenant, j’avais encore plus envie de tout démolir. Envie que je noyais avec ma bière avant qu’elle ne me submerge. Il dit qu’il ne se souvenait pas de la suite, après la rencontre avec ma mère, et j’en remerciais le ciel ! Les détails gores comme ça, c’est pas trop mon truc. Bref, ensuite il est allé apprendre l’art de la magie (enfin). Comme on dit, mieux vaut tard que jamais ! Enfin, dans la relation père/fille qui se déroulait en cet instant, j’aurais plutôt optée pour le « jamais »… Puis il revint à Turquoise, allez savoir pourquoi. Bon, c’est vrai que Turquoise était vraiment un magnifique Royaume ! Qui aurait été bien meilleur sans toutes ses superstitions ridicules. Mais bon, on ne change pas les mentalités en claquant des doigts. Et c’est alors qu’il eut une vision de ma mère lui apportant son enfant (en l’occurrence, moi) dans tout son tact et sa fermeté naturel. Alors que je voulais rester dans l’optique de « je te hais pour ce que tu as fais », je ne pouvais que comprendre son désarrois, surtout lorsque l’on apprend qu’on est parent par une personne dénuée de toute compassion. Mais il avait quand même agis sans penser aux conséquences, il avait fuit ses responsabilités, dans les deux sens du terme. Et lorsqu’il comprit son erreur, c’était trop tard. J’étais partie. A l’heure qui l’est, si nous n’avions pas été attaqués sur la route, je serais une esclave d’Irianeth (n’ayant pas de pouvoirs). Et ces tentatives pour me retrouver étaient louables, dans le sens de « je veux rattraper mon erreur », mais il n’empêche que j’avais toujours ce gout amer dans la gorge, et cette haine envers lui. Malgré que je comprenne ses explications, je ne pouvais qu’être toujours aussi en colère contre lui.

Il finit par dire être désolé, et qu’il était maintenant présent si j’avais besoin d’aide. Mais, être désolé ne changera pas ce qui a été fait. Savait-il seulement tout ce que j’ais enduré ? Oui, il avait eut un instant de panique alors il s’est enfuit, mais son incompétence a eut beaucoup de conséquences graves sur ma vie. Ce n’est pas avec un désolé que tout va s’arranger et que nous allions nous balader main dans la main tel la parfaite famille réunie. Et, encore une fois, j’avais les larmes aux yeux… Pourquoi faut-il qu’il me fasse autant pleurer bordel ?!

<< Je comprends. Je comprends pourquoi tu t’es enfui. Mais je ne peux pas… Je ne peux pas juste… Tout effacer et recommencer à zéro car tu t’es excusé. Pendant 7 ans, j’étais torturée mentalement et psychologiquement par ma mère ! Tous les jours, à la moindre petite chose qui lui déplaisait. Le fait même que je souriais l’énervait au point qu’elle me fouettait ! Elle a voulut me vendre à Irianeth, tu sais. A l’heure qui l’est j’aurais put être une esclave là-bas ! Ou bien morte. A la place, j’ai vu ma mère se faire violer et tuer avant de me faire violer par une bande de brigand. J’ais dut fuir et apprendre à me battre pour pouvoir survivre. Alors tu crois vraiment que je vais pouvoir accepter que tu entres maintenant dans ma vie comme si rien ne s’était passé ?! >>

Au fil de mes paroles, j’haussais le ton. Au fil de mes paroles, je me suis avancée sur ma chaise pour me pencher en travers de la table. Mais je ne me rendais compte de rien. J’étais énervée, j’avais envie de pleurer et je n’arrivais pas à m’arrêter de parler. J’avais mal aussi. Mentalement. La blessure que je tentais de cacher et de refermer est maintenant plus présente que jamais. Mes paroles pouvaient être blessantes, mais je m’en fichais. Il fallait que ça sorte. Et il fallait que je me retienne de pleurer aussi. Sinon je vais pêter un câble ! Et lorsqu’enfin mon débit de parole s’arrêta (je crois bien que j’étais en train de crier à ce moment-là, ma gorge irritée me le fait savoir), je me rendis compte que j’avais cassé mon verre de bière dans la main et je saignais, tandis que je serais mes deux poings à tel point que mes jointures étaient blanches et que je me plantais les ongles dans ma peau. Oui, si je n’étais pas si bouleversée, les personnes tout autour de moi seraient déjà morte.
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MessageSujet: Re: A rude épreuve [TERMINER !] Jeu 04 Juil 2013, 13:40

Tristesse. Voilà ce qu’Aaron voyait dans les yeux de sa fille. De la tristesse. Il lui avait offert un futur cruel et intolérable. C’était sa faute. Tout ça été de sa faute et il en avait pleinement conscience. Il n’aimait pas voir ses yeux verts humide. Non, il n’aimait pas ça … Il sentait son cœur se pinçait. Il sentait sa tristesse se répercuté en lui. Empathie. Comment était-ce possible alors qu’il n’avait … qu’il n’avait jamais eu de relation père/fille ? Il ne savait même pas comment changer les couches d’un bébé, ni faire les devoirs d’un bambin, ni savoir quoi répondre aux enfants qu’ils lui posent des questions existentielles. Il ne sait pas comment se comporter avec un simple enfant. Alors quand l’enfant en question était sa fille et qu’elle était plus une femme qu’un enfant maintenant et bien … il savait encore moins faire. Si seulement il avait eu un manuel. Le guide d’un bon père pour les nuls ! Ou truc du genre… Mais non que dal ! Alors comment devait-il réagir ? Comment devait-il réagir quand elle lui disait qu’elle comprenait ? Et un peu soulagé d’un côté … Mais là n’était pas vraiment le vrai problème. Comment devait-il réagir quand elle lui affirmait qu’elle ne pourrait jamais recommencer à zéro et tout effacer ? Et bien … compréhensible à son tour. Il ne lui demandait pas de vouloir jouer les fifilles gentilles ! Non au contraire, il savait bien qu’il arrivait un peu tard pour que cette absence soit puisse changer la fille de la jeune femme. Elle était assassin. Et bien elle était assassin ! Elle était d’Irianeth. Et bien soit ! Elle était d’Irianeth. Il savait que ça avait dû être dur pour qu’elle en arrive là toute seule. Alors lui en voulait-il d’être dans le camp adverse ? Non. Oh ça non ! Jamais ! Elle s’était faite une place et c’était le plus important. Elle avait su vivre et survivre. Elle avait su combattre et faire face. Alors non jamais, il ne pourrait lui en vouloir de s’être fait une destinée. Ce qui lui importait le plus c’était qu’elle était vivante. C’était le principal, non ? Le principal pour un père de voir sa propre fille vivre et réussir là où elle désirait. Le reste n’avait peu d’importance. Il était même plutôt fier d’elle. Elle n’avait pas sa faiblesse de cœur ni sa lâcheté. Elle avait le véritable tempérament de sa mère. Un tempérament pour lequel il devrait certainement plus se méfier. Enfin bon … Sa fille était là et c’était le plus important. Alors non jamais, il lui demanderait de changer.

Jusque-là, il comprenait. Il savait comment réagir à la situation mais la suite devint plus compliquer … Comment devait-il réagir quand elle lui révéler son passé douloureux ? Torturée. Battue. Fouettée. Et tout ça, par sa propre mère. Jamais, il n’aurait pu penser que la femme qu’il avait rencontré un soir dans une auberge aurait pu être aussi cruelle et atroce. Comment pouvait-on blesser son propre enfant ? Comment n’avait-il pas pu savoir plus tôt qu’il avait eu une fille ? S’il n’était pas parti étudier à Emeraude alors … alors elle serait sûrement avec lui. Et s’il n’avait pas fui, il lui aurait évité les sordides idées de sa mère. Décidemment, aucun de ses choix n’avait été favorable à cet enfant. Bien qu’il ne possède pas une fibre paternelle très développé, jamais il n’aurait pu lui faire subir le moindre mal. Aaron soupira nerveusement. Passant la main dans ses cheveux. Si sa mère était encore vivante, il lui aurait fait payer. Il l’aurait vendu lui-même à Irianeth. Pour le peu de souvenir qu’il avait d’elle, il lui en voulait d’avoir été une mère abominable. Les paroles de l’assassin résonnaient dans la tête du mage. Comment ? Comment ! AHH ! Encore heureux que cette pute de bas étages soit enterré six pieds sous terre ! Il s’en voulait et il lui en voulait à cette ignoble bonne femme !

A cet instant, Aaron était énervé contre tout ce qu’il avait ignoré. Il ne savait pas quoi dire à sa fille à part être désoler. Mais ce n’était rien. Rien comparé à tout ce qu’elle avait vécu. De simples excuses n’arrangeraient pas les choses, il en avait conscience. Alors quoi faire ? Comment réagir ? Quoi dire ? Il ne savait pas. Les mots ne lui venaient pas. Et il ne pouvait pas tuer une morte déjà morte ! Alors quoi faire ? Son esprit était comme torturé mais … Mais rien ne l’aurait préparé aux derniers aveux qu’elle lui fit. Non rien ! Comment réagir quand votre propre fille avouer s’être fait violer ? Non mais comment ? Même un simple manuel ne pourrait d’écrire la souffrance que pouvait ressentir un père face à cette vérité. Ses poings se serrèrent. Comment pouvait-on faire ça, oui ça, à une fillette ? Aaron prit sa tête entre ses deux mains, horrifié à l’idée que des gens aussi dépourvue d’amour vivait tranquillement en ses terres. Que ce soit sa fille ou une autre le problème était le même ? Ils existaient ! Ses sales porcs existaient ! Est-ce vraiment Irianeth qu’on devrait combattre ou cette sale vermine ? Vraiment désespérant. Humiliant. Le monde est loin d’être en paix. Aaron passa les mains sur son visage et releva la tête en entendant l’éclat de verre. Qu’est-ce que … ?

Tout se déconnecta dans son esprit en voyant les paumes des mains ensanglantés de Daew… d’A’élys ! Wouah !!! Elle saigne ! Elle saigne ! Elle saigne ! Et … Et .. Elle fait rien … Oui Aaron voyait bien qu’elle était énervée mais elle devait faire quelques choses…. Là ! Là toute suite ! Sans attendre son avis, Aaron siffla un serviteur pour qu’il vienne leur nettoyer tous les morceaux de verre et il se saisit des mains de sa fille. Doucement et concentré, il passa sa paume de main sur les siennes et la magie opéra. Certes, elle n’apprécierait certainement pas son geste mais il devait le faire. C’était comme ça ! Il se sentait obliger de le faire. L’avoir souffrir c’était le faire souffrir. Comment réagir quand sa fille se blesse ? Hé bien … là il ne s’était même pas poser la question et avait suivi son instinct. Il souffla de soulagement en voyant les mains de sa fille cessait de saigner.

- Je … Hum … Je ne vais pas rentrer dans ta vie si tu ne le souhaites pas. Tu seras maintenant que j’existe tout simplement. Je voulais simplement te retrouver pour … pour m’excuser mais je me rends compte que mes excuses ne sont rien comparés à tout ce que tu as traversé alors … Je ne vais pas jouer le rôle du père, ni toi de ma fille … Je serais toujours là pour toi si tu as besoins de quelques choses …


Aaron ne savait pas trop quoi dire. Il parlait d’un ton calme et doux pour lui faire comprendre qu’il n’exigeait rien d’elle. Qu’elle pouvait là, maintenant partir comme si rien ne s’était passé. Même si s’était légèrement blessant. Mais il comprenait tout à fait ! Remarquant qu’il tenait toujours ses mains entre les siennes, il les libéra et recula vers le fond de sa chaise. Aaron était quelqu’un de passif. Il était le contraire parfait de la mère d’A’élys. Non à la violence ! Il aurait pu être peut être un père attentionné…
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MessageSujet: Re: A rude épreuve [TERMINER !] Sam 20 Juil 2013, 09:43


E
st-ce que j’avais mal ? Non. Enfin. Je ne ressentais pas la douleur dans mes mains. J’étais trop occupée à me gérer moi-même. Depuis que je suis toute petite, j’avais des prédispositions à la violence, au combat. C’est grâce à ça que j’ais pus apprendre aussi rapidement et facilement à me battre, à développer mon propre style de combat. Mais, cette « prédisposition » avait une contre partie. Cette contre partie est une folie meurtrière. Appelez cela de la schizophrénie si vous voulez, c’est peut-être plus simple à comprendre, bien que ce ne soit pas entièrement ça. Si je ne voulais pas succomber à cette folie meurtrière, et donc faire un massacre jusqu’à ce que ma soif de sang soit apaisée, je devais moi-même tuer. C’est une des raisons qui m’ont poussée à devenir Assassin. Car je pouvais tuer librement. Mais je n’étais pas si libre que cela. Je devais attendre des contrats. Et, parfois, les contrats se faisaient rares. D’où les différents massacres qu’il y a eut. Ainsi, j’ai rejoins Irianeth. Enfin, ce n’est pas la première raison qui m’a poussé à choisir un camp. Mais elle rejoint les autres. Irianeth me donnait régulièrement des sortes de contrat, je devais tuer des personnes sur Enkidiev. Parfois même des personnes indésirables sur Irianeth. Mais ces dernières étaient rares.

Là raison pour laquelle j’ai voulu prendre ce contrat-là, est par soucis d’argent. Malgré la bataille à Ombre, Irianeth m’avait tout de mêmes donné différents contrats, peu il est vrai, mais il y en avait toujours. C’est pourquoi, là, maintenant, je suis très étonnée de ressentir dans mon esprit cette envie viscérale de faire couler le sang, de voir ce liquide vif et excitant qu’est la source vitale humaine. Alors que la colère, l’horreur, et la peine se battaient en duel dans mon cœur, ma folie meurtrière venait elle aussi se mettre dans la partie. Il y avait longtemps que je n’avais pas perdu le contrôle de mes sentiments, peut-être est-ce un autre facteur de présence de ma schizophrénie… Ceci expliquerait cela. Immobile, les muscles tendus, je me battais intérieurement pour reprendre le contrôle sur mon esprit. Je pourrais aussi laisser ma folie s’emparer de moi, et je n’aurais plus à me préoccuper de mon … mon Père. Je prendrais plaisir à lui faire du mal, physiquement et mentalement. C’est toujours dur de se faire torturer par son propre enfant. M’enfant, c’est une chose que je ne connaitrais sûrement jamais, moi qui suis peu réceptive à l’idée de me faire toucher par un homme. Il suffit que je me laisse aller, et mon corps fera ce qu’il sait faire le mieux : torturer, briser, et tuer.

Un contact tout chaud. Douillet. Presque agréable. C’est ce qui me ramena à la réalité. Le contact des mains d’Aaron sur les miennes. Tournant mon regard vers la table, je remarquais alors le sang qui s’écoulait lentement de mes paumes, les bouts de verre brisés et l’alcool qui s’étendait sur la table. Un serveur vint nettoyer rapidement les dégâts, mais je pouvais sentir son anxiété, ainsi que sa peur. Avait-il peur de moi ? J’espérais que oui. Etrange non, que je veuille qu’on est peur de moi ? Mais, en même temps, ces personnes ont raisons de me craindre. Car j’étais… Assez instable comme femme. Bien que j’arrivais à me contrôler. La plupart du temps. Là, par exemple, il s’en ait fallut de peu pour que je me jette sur mon père pour le transpercer plusieurs fois, me délectant de l’horreur dans ses yeux et de sa douleur, avant de le laisser mourir dans la souffrance. La chose, le geste qui chassa ma folie meurtrière pendant un temps de mon esprit, fut le contact des mains d’Aaron. Je ne faisais même pas attention à ce qu’il faisait à mes mains, j’étais encore perplexe quant au fait qu’il est réussi, inconsciemment, à me faire reprendre le contrôle.

Levant un regard troublé vers mon père, je l’écoutais distraitement parler. Mais je compris l’essentiel de ses paroles. J’avais la possibilité de le laisser entrer dans ma vie, de l’appeler papa et d’aller nous balader main dans la main dans un champ de fleurs multicolores. Ou, je pouvais le rejeter tout net, le laisser planter là, dans cette auberge, seul avec sa conscience. Bien qu’il ait comprit que les excuses ne servaient à rien avec tout ce que j’ai vécu, je ne pouvais pas m’empêcher de ressentir cette colère contre lui. Tout ceci… Toute ma vie aurait été refaite en plus blanc que noir s’il avait été là au moment où il aurait dut être. S’il avait prit ses responsabilités en main. Si, au lieu de fuir comme un lâche, il aurait accepté de suivre le destin qu’on lui avait choisi. Mais c’est trop tard. Depuis le moment où il a fuit, c’est trop tard. Trop tard pour commencer une relation père/fille. Trop tard pour me faire oublier ce que j’ai vécu, ce que j’ai fais. Trop tard pour que je passe du côté du « bien ». Car, j’étais une Assassin. J’étais mieux entrainée que le plus compétant des soldats. Je connaissais mille et une façons de torturer une personne. Je me délectais de voir la mort. C’est trop tard. Tout simplement. Je ne pouvais changer ce que je suis. Et lui non plus. Personne ne le peut. De plus, je doute que j’ai réellement envie de changer. Une partie de moi, oui. Cette partie voulait tout pardonner, tout recommencer à zéro pour pouvoir profiter de la famille retrouver. Mais, elle était largement dominer par ma colère, mon dégout, et ma raison.

Car c’est trop tard.

Je m’éloignais de lui. J’éloignais mes mains des siennes, mon corps du sien, mon regard du sien. Je ne voulais plus entendre. Je ne voulais plus voir. Je ne voulais plus ressentir. Je voulais être loin d’ici, je voulais arrêter de penser, oublier son existence, je voulais vivre comme avant, tuant les cibles, vivant ma vie, devenant de plus en plus célèbre en tant qu’Assassin, gagnant en estime et en réputation. Montant les échelons. Toujours plus haut. Mais… Un poids…Un poids me retenait vers le fond. Ce poids, c’était lui. Que je le veuille ou non, que je l’admette ou non, il avait toujours été là. Il avait toujours été ce poids me retenant d’avancer. Ce chemin qui pouvait tout changer dans ma vie. Une seule question se posait.

Est-ce que j’en avais envie ?

<< Est-ce… La honte, ou la culpabilité, qui t’obligeât à me rechercher ? Pourquoi n’as-tu simplement pas… Oublier que j’existais ? Pourquoi ne t’es-tu pas fait à l’idée que j’aurais put être… Tout simplement… Morte ? Tu dois être déçu. Tu dois regretter de m’avoir cherché depuis tout ce temps. D’avoir été aussi patient. Je suis une Assassin, une Assassin accomplissant les ordres d’Irianeth. Je tue, je torture, et j’en prends plaisir. >>

Je levais un regard froid en direction des pupilles vertes de mon père.

<< Est-ce… Réellement, ce genre d’enfant, que tu veux ? >>
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MessageSujet: Re: A rude épreuve [TERMINER !] Lun 19 Aoû 2013, 08:00

L’éloignement. Alors qu’il venait tout juste de la retrouver, il sentait un fossé continué de se creuser entre eux. Un jour pourrait-il être réellement proche ? Aaron en doutait fortement. Ne jamais dire jamais. Mais à cet instant précis, cela lui semblait impossible. Elle se retirait. Elle s’éloignait. Que devait-il faire ? Pas grand-chose. Trop de temps était passé et il ne le rattraperait jamais. C’était comme courir à leur perte. Que pouvait-il bien rattraper d’ailleurs ? Ils étaient si différents. Le mage laissa échapper un soupir. Il se doutait bien des questions que sa fille allai lui poser, même si certaine lui semblait dénué de sens. La réponse était logique. Quoi ? Comment ? Oui, comment il aurait pu oublier son enfant ? Son propre enfant ? Il y a des personnes pour qui ça ne les dérangent pas d’écarter leurs progénitures de leur vie comme s’ils étaient plus une gêne qu’autre chose. La mère d’A’élys en était l’exemple même mais il y a les autre personnes. Ses personnes qui ont besoin de les voir grandir, de les voir heureux, de leur faire plaisir, de les aider dans les moments les plus délicats, de les soutenir à chaque pas dans leur vie. Ils ont cet instinct, se devoir parental en eux. Aaron faisait tout bonnement parti de cette catégorie de gens. Alors s’il avait pu oublier qu’elle exister ? Non cela lui était inimaginable. Totalement impossible. Il ne pouvait pas oublier une enfant qu’il avait mis au monde seulement pour effacer ses remords et sa culpabilité. Non. Cela aurait été encore plus humiliant. Avait-il pour autant tenter de le faire ? Plus d’une fois oui comme tout être humain qui souhaite tourner la page et passer à autre chose. Pendant deux - trois jours, il essayait de penser à autre puis des que quelqu’un lui parlait d’une fillette retrouvait morte ou vivante, il ne pouvait s’empêcher de reprendre ses recherches. Vivante ? Morte ? Cela lui était égal ! Heu … Non cela ne lui était pas franchement égal. Bien sûr qu’il préférait mille fois plus la retrouvée vivante !! Mais quand bien même elle aurait pu être morte … Lui était-ce vraiment venu à l’idée qu’elle aurait pu être morte ? Non pas vraiment. Une partie de lui n’avait jamais cessé de penser qu’elle était là sur le continent, vivante. Qu’aurait-il fait s’il avait retrouvé son cadavre ou une preuve quelconque de sa mort ? Cela ne lui avait pas forcément traversé l’esprit… Cependant, il aurait pu lui faire une sépulture plus correct afin qu’elle trouve la paix dans les plaines ou un truc du genre. De toute manière, il aurait continué de rechercher coute que coute sa fille (parce que retrouvé son cadavre sur un si vaste territoire était un peu compliqué).

Être déçu ? Déçu de qui ? De quoi ? Ce petit mot le réveilla de ses pensées sombres sur la mort de sa fille. Comment pouvait-il être déçu d’elle ? Non la question ne se posait même pas car comment pouvait-il lui porter le moindre jugement alors que c’est en partie de sa faute si elle est devenue ce qu’elle est aujourd’hui ? Oui, comment ? Comme elle le disait si bien, elle était une assassin appartenant à Irianeth. Et bien s’il devait juger, il dirait que pour une fillette qui a du s’élever toute seule, elle avait réussi à survivre et à donner un but à sa vie. Pour être assassin, elle devait être un parfaite un sacré combattante. Alors il était normal pour Aaron qu’elle sache tuer et torturer. Bon de là à en prendre plaisir … C’était son métier. Un univers bien éloigné du siens. Aaron n’est pas un guerrier. Il préfère rester derrière et aider les blesser. Il n’était qu’un simple médecin. Bien sûr, il savait se défendre en cas de besoin mais quitte à choisir, il préférait rester à l’arrière… L’opposé extrême de sa fille. Quel genre d’enfant il voulait ? Au départ, il aurait dit que de toute manière, il ne souhaitait pas d’enfant. Mais ça s’était avant… Avant qu’on lui annonce qu’il avait une fille. Une fille de sept ans. Il ne s’était pas vraiment mis dans la tête un « genre » d’enfant. Non… En fait, il se rendait compte qu’il ne s’était pas réellement fait d’idée ou d’allusion sur ce qu’il souhaitait ou ce qu’il attendait de sa fille. Non pas du tout même … Il avait eu pour seul et unique but de la retrouver. Aussi simple que ça … C’était bizarre à réaliser mais c’était la stricte vérité. Alors que devait-il répondre à sa fille ? Aaron se racla légèrement la gorge.

- Tu ressembles beaucoup à ta mère. Tu as son impulsivité… Mais tu ne seras jamais elle. Alors si on t’annonçait que tu avais mis au monde une petite fille mais qu’on t’a caché sa naissance. On aurait pu te dire que tu as eu un enfant mort à la naissance ou quoique ce soit. Puis… sept ans après, tu découvres l’existence de cette enfant… Que ferais-tu ? Comment réagirais-tu ? Tu sais son existence. Mais tu ne sais pas où il est. Que ferais-tu ? Arriverais-tu à l’abandonner sans une once de remord ? Ou … Ou le chercherais-tu ? Je n’ai jamais pu me résoudre à chercher. Je devais chercher. Je devais savoir. Morte ou pas. Je devais te chercher. Pas à cause des remord, non … Tout simplement, parce que tu es ma fille. Je devais te chercher. Je devais veiller sur toi. Je devais prendre soin de toi. Bon, j’ai pleinement conscience que ceci n’est plus réellement nécessaire … Tu es une assassin et je respecte ce que tu es devenue. Je ne voulais pas de genre d’enfant … Je voulais simplement que cette enfant soit en sécurité et heureux. Et je pense qu’en te voyant actuellement, je n’ai pas à m’inquiéter … Aurais-je raison de m’inquiéter ?

Le mage leva le bras et commanda deux autres bières. Il passa les mains dans ses cheveux … Que faire ? Il ne pourrait pas avoir cette relation père-fille et … et maintenant ? Les bières arrivèrent et il reprit la parole.

- Maintenant, la situation est effectivement compliquée. Tu appartiens à l’ordre d’Irianeth et je travaille pour Enkidiev… Sache que tu resteras pour moi, ma fille et que même s’il n’y a pas ce lien. Je serais là …

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MessageSujet: Re: A rude épreuve [TERMINER !] Mar 20 Aoû 2013, 07:07


J
e ressemble beaucoup à ma mère. Et, franchement, ce n’était pas vraiment ce genre de chose qu’il faut me dire. S’il avait tenté de me rassurer, c’est fichu. Je ressemblais beaucoup à ma mère, autant physiquement que mentalement ? Son impulsivité ? Voulait-il dire cela pour ne pas me vexer complètement ? Y avait-il d’autres traits de caractère qu’il ne voulait pas me dire, pour ne pas que je sois blessée ? Malheureusement, le mal était fait. Je ressemblais à ma mère, c’est tout ce qui restait dans mon esprit, et qui me dégoutait. Je ne pouvais pas changer d’apparence pour ressembler à une autre, et je pouvais encore moins changer de personnalité d’un claquement de doigt. Je doutais d’avoir la persévérance, ainsi que la volonté. Je ne serais jamais elle ? Qu’en savait-il ? Il ne la connaissait que de vue, moi je la connaissais entièrement, dans toute son horreur. Il ne me connaissait pas non plus, alors comment peut-il prétendre que je ne serais jamais elle ? Peut-être que… Peut-être que, plus tard, je m’amuserais avec les hommes, par simple gout de la luxure. Un léger frisson parcourut mes bras. Non, je ne pourrais jamais m’amuser à de telles choses, j’avais déjà dut mal à accepter qu’on me touche amicalement, alors faire l’amour quotidiennement ? Non, je ne pourrais sûrement pas devenir ce genre de personne. Le passé de quelqu’un influe énormément sur son futur. Peut-être est-ce pour cela qu’Aaron dit que je ne lui ressemblerais jamais, car j’ai vue ce qu’elle était, et j’ai subi son mauvais caractère (mauvais caractère que j’avais hérité, d’ailleurs), alors je ne deviendrais peut-être pas comme elle. Mais je ne devais pas oublier que j’avais ses gènes en moi, et qu’il se peut que… Plus tard…

Je chassais tout ça de mes pensées. Je n’avais pas envie de penser à l’avenir, je n’avais pas envie de prévoir ce que je ferais dans l’avenir lointain. L’avantage, lorsqu’on est Assassin, c’est qu’on a pas besoin de faire de grands et longs projets d’avenir, ou encore de se poser des questions ridicules sur la vie ou le futur, le destin. C’était vraiment libérateur. Les gens ont tendance à devenir complètement fou, ou complètement obsédé par l’avenir qu’ils peuvent avoir. Certains allaient jusqu’à payer des sommes faramineuses pour des charlatans qui leur promettent une vie longue rempli d’or et de belles femmes (ou d’homme, pour les femmes). Alors qu’aux moindres faux pas ils peuvent se retrouver six pieds sous terre. C’était passablement ridicule, mais je ne pouvais pas les juger non plus. Nous avons des chemins différents, un point de vue différent, un passé différent, donc forcément, nous étions différents. Nous pensions différemment. Pourtant, il y en a qui ne se gêne pas pour juger les autres car ils sont différents d’eux. C’était un comportement que je trouvais odieux et passible de la peine de mort – infligée par mes soins, si vous voyez ce que je veux dire. Mais j’étais une Assassin, je ne faisais pas la justice, bien que je pourrais très bien me reconvertir en justice women traquant et tuant les mauvaises personnes sur le continent d’Enkidiev. Mais le métier d’Assassin était beaucoup plus amusant. Surtout quand on avait Irianeth en protectorat et commanditaire. D’ailleurs, je ne tuais pas d’innocentes personnes, ce serait franchement n’importe quoi. Pourquoi Irianeth irait envoyer un Assassin sur une personne sans importance, innocente jusqu’aux bouts des ongles ? Non, évidemment, ce ne serait pas logique. M’envoyant une gifle télépathique, je me reconcentrais sur les paroles de mon très cher père.

Il me planta le décor d’un scénario pour que je me fasse à l’idée de ce qu’il a dut endurer. Le problème étant que j’avais plutôt du mal à m’imaginer moi dans cette situation. Je ne voulais pas d’enfants – désolé papa, tu ne seras pas grand-père – alors si l’on me dit que j’avais perdu le mien à la naissance, je sauterais de joie. Si je découvre qu’il est en vie, et qu’il est libéré dans la nature en proie à diverses maltraitances, je m’en ficherais pas mal. Mais, n’étant pas mère, je ne sais pas si mon instinct maternel reprendrait le dessus sur la barrière que je me suis érigée entre moi et mes sentiments. Alors, tout changerait, et je traquerais mon gosse, j’interrogerais toutes personnes ayant des informations sur lui, je torturerais les personnes qui lui ont fait du mal jusqu’à ce qu’ils soient brisés entièrement, et je retrouverais mon enfant. Bien sûr, c’était plus facile pour une Assassin de récolter des informations et de voguer de Royaumes en Royaumes qu’un Mage, donc j’aurais sûrement plus de facilité à retrouver mon enfant. Et, si je prenais le point de vue d’une mère Assassin qui veut retrouver son enfant, pour sûr que je ne lâcherais pas l’affaire tant et si longtemps que je n’ais pas le corps de l’enfant dans les bras, mort ou vivant. Vivant, de préférence. Alors je comprenais un peu mieux la position dans laquelle avait été mon père. Et je comprenais aussi, qu’au fil de ses paroles, que je sois paysanne, guerrière, meurtrière ou bourreau, cela ne ferait aucunes différences pour lui. Je resterais avant tout, sa fille. Son questionnement de savoir s’il devait s’inquiéter pour moi m’interpella. Il ne savait pas pour ma folie meurtrière, il ne savait pas ce qu’encourait les personnes qui m’entourent si jamais je me laissais gagner par ma soif de meurtre et de sang. Ce sera sûrement … Quelque chose qui l’inquiétera. Et il voudra m’aider, c’est sûr. M’aider à me contrôler, ou mieux, m’aider à l’éradiquer. Si seulement c’était possible… Mais ma fierté se refusait à toute aide, alors je n’ai jamais cherché une personne pour… Ca. Mais bon, si une Assassin vous demandait de l’aider pour un petit problème de schizophrénie, vous accepteriez ?

Le silence se fit suite à la dernière phrase de mon père. Il sera là quoiqu’il arrive. Cela veut-il dire que si je me fais capturer par Enkidiev, il viendra me sauver ? J’imaginais bien que cela sera difficile, en particulier si je me fais capturer par Emeraude. Là, il me faudra plus que mon paternel pour me sortir de là ! Mais j’avais déjà… Enfin, j’aurais très bientôt Phèdre, pour m’aider, et j’ai eut des rumeurs sur une guilde d’Assassin. Je pourrais me faire de très bons alliés, et de ses alliés je pourrais me sortir de n’importe quel mauvais pas. Aaron et Phèdre se chargeront de distraire les gardes, tandis que d’autres me libèrent de mes chaines. Et le tour est joué ! Bon, bien sûr, mieux valait que Phèdre et Aaron aient une couverture en béton pour ne pas qu’ils se fassent pourchasser pour trahison. Mais je savais pertinemment que les Sorciers d’Irianeth avaient une potion permettant de changer d’apparence. Mais. Pourquoi est-ce que je me fais un plan de fuite alors que je n’étais même pas capturée ? Bon, mieux vaut prévenir que guérir non ? Mais je n’étais pas là pour prévenir de quoique ce soit. Pas maintenant. Ce fut au bout d’un long silence – et de quelques longues gorgées de bières – que je repris la parole.

<< Je comprends. Difficilement, mais je comprends. Pour ce qui est de t’inquiéter de quelque chose… Non, tu n’as pas à t’inquiéter, je gère la situation et… De toute façon, il n’y a sûrement rien à faire pour changer ça. >>

Mes paroles sont un peu inquiétantes, non ? Je ne le remarquais après les avoir prononcé, et je pris une autre gorgée de bière. Vue le profil que j’avais de mon papa, euh père pardon, il allait assurément s’inquiéter et vouloir me poser des questions. Et je ne lui en voudrais pas, si jamais ses questions passaient la barrière de ses lèvres. Après tout, il semblait avoir sa fibre paternelle qui le travaille depuis que nous nous sommes rencontrés, alors… Me grattant la gorge, je pris la parole pour ne pas lui laisser le temps de me poser des questions, si jamais il avait eut l’intention de m’en poser évidemment.

<< Quand tu dis… Que tu seras là… Si j’ai un problème. Cela inclus-t-il que, si je me fais capturer par un Royaume d’Enkidiev, tu viendras me sauver ? >>

J’étais plus calme maintenant, bien que je ne veuille toujours pas me rapprocher de lui. En fait, si ma curiosité n’était pas piquée au vif, je serais déjà partie sans demander mon reste. Quoique, j’aurais d’abord finit ma bière avant quoique ce soit, bien sûr ! Cependant, je savais que ma question était. Disons… Disons qu’elle pourra sembler une obligation pour Aaron de venir m’aider, vue qu’il ne m’a pas aidé lorsque j’étais petite. Il pourrait se dire que ce sera pour racheter sa faute, alors il ne le fera pas de gaieté de cœur. C’est pourquoi je m’empressais d’enchainer :

<< De ton plein gré, bien sûr, pas par une obligation quelconque. Et, il existe des potions de camouflage pour que tu puisses prendre une autre apparence, comme ça pas de risques de trahisons et de poursuites. Je pourrais ravoir mes dagues au fait ? >>

Car oui, mes dagues étaient toujours bien plantées je-ne-sais-où, quelque part derrière moi, loin de moi. Mes dagues me permettaient de me sentir plus en sécurité, à vrai dire. Et aussi, j’avais la flemme d’aller les chercher et donc de fournir un autre spectacle à la clientèle à l’oreille trop baladeuse. Heureusement que j’avais ma cape pour ne pas qu’ils me reconnaissent ! Les mains autour de ma chope de bière, je regardais fixement les prunelles vertes de mon père. C’était vraiment… Etrange, de mon point de vue, de voir ses propres yeux. Car la ressemble entre nos yeux étaient frappantes.
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MessageSujet: Re: A rude épreuve [TERMINER !] Dim 22 Sep 2013, 16:17

Elle comprenait. A’élys comprenait. Oui sa fille comprenait dans quelle situation il avait été. Pourtant, il avait encore cette sensation de sentir comme un nuage noir au-dessus de leur tête. Un nuage qui pouvait éclater à tout instant. Certes, elle pouvait comprendre mais elle n’était pas obligée de l’accepter. Elle pouvait le tuer à n’importe quel moment. Changer d’idée et se braquer contre lui. Encore faudrait-il alors déjouer ses pouvoirs… Ce qui n’était pas gagné. Aaron l’écouta et surveilla le moindre de ses gestes. Bien qu’elle soit forte, il nota dans ses paroles une légère faiblesse. Une hésitation. De quoi parlait-elle quand elle disait qu’il n’y avait rien à faire pour changer « ça » ? Qu’est-ce que c’était se « ça » ? Et … Et qu’en savait-elle, il peut peut-être toujours essayer de l’aider ? Il peut peut-être trouver un remède ? Il est médecin ! Enfin si le « ça » est un problème de santé ce qui n’est pas forcément dit car à tout point de vue, A’élys semblait en parfaite santé… Alors quoi ? Il l’observa comme s’il cherchait le moindre petit indice à cette question sur son visage, dans ses gestes ou dans ses yeux. Et puis, comment devait-il le prendre ? Elle venait quand même à l’instant de lui avouer qu’il y avait un « ça ». Etait-ce une simple erreur de sa part ? Une envie de lui parler ? Une confession de sa fille ? Etait-il censé creuser ? Cherché ce qu’était ce petit « ça » ? Mais c’était trop tard… Bien que son cerveau tourna à fond les méninges, le temps c’était écoulé et sa fille changea de sujet, ne lui laissant le temps de poser la moindre question … Trop lent… Il avait été trop lent… La chance d’aider sa fille et de la connaître un peu mieux c’était tout simplement envolé. Devait-il s’en vouloir ? Un peu car une partie de lui ne pourra jamais cesser de penser aux problèmes qui torture sa fille et qui d’une façon le torture aussi … Etait-ce alors ça être père ? Tant d’inquiétude … Toujours de l’inquiétude. Est-ce que ça passe un jour ? Non ! Jamais ! Il en avait la certitude maintenant.

Hein ? Quoi ? Les yeux d’Aaron perdues dans une légère brume fixèrent la jeune assassin quand elle lui demanda s’il irait la sauver si elle se faisait capturer. Il ouvrit la bouche. Puis, la referma. Oh puis non, il la rouvrit comme s’il allait parler. Puis la referma comme pour méditer quelques secondes. C’est-à-dire que … Il n’avait jamais pensé à ça ! Il avait l’impression de se faire écarteler les bras comme si sa patrie et son amour pour Enkidiev lui tirait la partie droite de son corps et que sa fille à elle seule tirait sa partie gauche. Un dilemme. Voilà à quoi il était confronté… Etait-ce un test de sa fille ? Il arqua légèrement un sourcil… Que faire ? Il s’imaginait sa fille aux mains des gardes la traînant comme une larve. Cette image lui fendit le cœur. Il s’en voudrait certainement deux fois plus en voyant ses doux yeux verts périr dans l’oubli. Mais … Car oui il ne peut y avoir qu’un mais ! Face à tout un peuple qu’il a durant tant d’année cherché à protéger, il les trahissait tous… Et même s’il avait un stupide camouflage, il devrait affronter leur regard jour après jour bien qu’ils soient ignorants. Il culpabiliserait. Il n’y trouverait plus sa place. Il se perdrait lui-même et bien que cela soit difficile à avouer … il aurait tout simplement honte de les avoir poignardés dans le dos en laissant échapper sa fille, une assassin redoutable… Oui un vrai dilemme… Qui choisira-t-il vraiment ?

Les deux dagues retraversèrent la salle à toute vitesse pour venir se planter sur la table du côté d’A’élys. Il les avait presque oublié celle-là ! Pourtant il aurait pu les laisser encore planter sur le mur le temps de leur échange … au cas où … Mais elles étaient là, planter devant eux au centre de la table. D’une certaine manière, il enlevait une barrière de méfiance pour laisser place à une subtile confiance. Certes, il lui restait encore ses pouvoirs. Seulement, si sa fille avait l’œil, elle comprendrait que bien qu’elle soit une assassin du camp ennemi, elle resterait sa fille… Enfin ça c’est à elle de juger…

- Si tu te fais prisonnière … Je ne te libèrerai pas.


Oui voilà. C’était ça la stricte vérité. Il avait eu beau se morfondre pendant toute ses années sur la disparition de sa fille, jamais il ne pourrait trahir un peuple qui l’avait soutenue. Un peuple qui l’avait aidé. Et s’il était là aujourd’hui devant sa fille, c’est justement en parti à cause d’eux. Jamais il n’aurait pu aller bien loin sinon sans les petits encouragements, les petits mots de confiance ou … ou de suggestion. Après tout… Comment avait-il sur qu’une certaine A’élys était dans le coin ? Grâce au ragot de ce peuple. Ils ne le voient peut être pas toujours mais Aaron à toujours l’oreille tendue, préparée à écouter les derniers petits potins.

- Je ne peux pas trahir mon peuple… même s’ils ne sauront jamais ce qui s’est passé. Je t’aiderai en revanche pour que tu sois traité dans les meilleures conditions…

Hum … c’était difficile à avouer et peut être assez surprenant mais c’était ça décision et personne ne pourra lui faire changer d’avis. Ça lui brisait le cœur. Le dilemme est trop important. Il pouvait l’aider de toute les manières qu’elle voulait mais pas celle-là … Non jamais… Il était bien trop fidèle.

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A'élys D.
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MessageSujet: Re: A rude épreuve [TERMINER !] Mer 25 Sep 2013, 13:53


« Déception, jamais tu ne me quittes. »

U
n silence. Le silence, juste le silence entre nous deux. Après ce qui ressemblait à une « discussion civilisée », un pétage de plomb virulent, un moment d’émotion un peu trop touchant… Il n’y a que ce silence. Que je hais. Je l’ai haï dès qu’il est apparu, ce silence. Pourquoi existe-t-il ? Pourquoi s’est-il insinué entre moi et mon… mon père ? Pourquoi ne parles-t-il pas ? Pourquoi ce silence s’éternise-t-il, me faisant douter de ma propre question ? Avais-je bien fait de lui demander pareil chose ? Tout portait à croire que nous. Ce silence me renvoyait en écho les sonorités de ma question, mettant le doute dans mon esprit. Non pas celle qui parlait de mes dagues, non. Celle qui lui demandait clairement s’il avait assez d’amour paternel en lui pour vouloir à tout prix me sauver d’une mort certaine. Car, si je suis emprisonnée quelque part, en sachant que je suis une Assassin d’Irianeth, on n’allait certainement pas me laisser en vie. Ou peut-être que si, si jamais ils pensaient que ma mort engendrerait trop de remous dans les mœurs d’Irianeth. Et qu’ils passaient à des attaques plus offensives. S’ils savaient… Ma pauvre petite vie ne vaut absolument rien, aux yeux d’Irianeth. Un Assassin n’est rien, à leurs yeux. Pour le moment. Ils comprendront bien vite qu’il vaut mieux les avoir dans leur camp, que contre eux. Bref.

Non.

Il refuse. Il refuse… Il refusait ! Il refusait d’aider sa propre fille ? Une froideur s’empara de mon cœur. Celui-ci s’était laissé s’attendrir, il s’était laissé toucher par Aaron. Mais sa réponse le glaça jusqu’à ses plus sombres tréfonds.  Mon visage n’exprimait rien d’autres que cette soudaine froideur. Mon corps, parfaitement immobile, exprimait mon désir d’éloignement. Tandis que mon regard était vrillé dans celui d’Aaron. Il ne cilla pas. Il était parfaitement conscient de sa décision, il ne l’avait pas prise à la légère. Est-ce que cela lui en coutait de dire cela ? Il n’en donnait pas l’impression. Je savais que ce n’était pas le plus parfait des pères, mais là, il battait des records. J’avais vu des parents prêts à tout pour sauver leurs enfants, même si cela consistait à trahir leurs amis, leur camp. Aaron préférait rester fidèle à son camp, plutôt qu’à son sang. Qu’est-ce que j’aurais fait moi, à sa place ? Déjà, il fallait que je me mette dans la peau d’une femme ayant eut un enfant, ce qui était assez difficile étant donné que je n’en ais jamais eut, que j’espère n’en avoir jamais, et que je ne veux pas avoir. En clair, je ne peux pas me mettre à sa place pour savoir ce qu’il vit, par quoi il a dut passer pour arriver à cette conclusion, ce dénouement. Un dénouement loin d’être heureux.

<< Très bien. >>

Ce furent mes seuls mots. Deux petits mots de rien du tout, mais qui exprimaient bien ma pensée. Ou plutôt, mon ressentit. Le néant. La froideur absolue. Un détachement qui ferait peur à plus d’un. Un détachement qui me fait peur à moi-même d’ailleurs. Mais je ne flanchais pas. Mon visage toujours impassible. Mon regard toujours fixe. Mon corps toujours aussi droit. A la suite de mes deux petits mots, je pris mes dagues par leur pommeau et les retirer de la table d’un geste brusque et rapide. L’on pourrait croire que je m’apprêtais à transpercer Aaron pour sa traîtrise, son énième traitrise…, envers moi. Mais je n’en fis rien. Lentement, je ramenais mes lames vers moi pour les ranger dans leur étui, dans mes bottes. Le silence perdura. Silence… Toi que j’ai haï, voilà que je t’utilise. Je ne dis absolument rien d’autres. Je ne m’énervais pas. Je ne lui criais pas dessus. Je n’étais pas triste. Je ne pleurais pas. Je… Je ne ressentais rien d’autre que ce néant qui glaça mon cœur et mon corps. C’était des moments comme ça, où il ne fallait absolument pas me contredire, ou m’attaquer. Car je serais impitoyable. Je tuerais. Simple, rapide, avec netteté. Une dague en plein cœur. Presque sans douleur. J’aurais pu, là, à cet instant, alors que je me levais de ma chaise, me pencher vers mon « père », sortir mes lames cachées à mes poignets et le transpercer d’un coup. Il n’aurait rien vu venir. Il aurait juste… Eté surpris. Il aurait ouvert la bouche pour sortir un son qui ne viendrait jamais. Il aurait regardé ma lame dans son cœur avec effroi. Des spasmes auraient agités son corps alors que lentement, sa vie lui échappait des mains. Et je serais repartie, sans plus, sans un mot, avec cette froideur implacable qui m’habitait en cet instant. J’aurais put. Mais je ne l’ai pas fait.

Lançant quelques piécettes sur la table pour payer ma part dans les boissons que j’ai but, je me détournais. Ni plus ni moins, je me dirigeais de mon pas souple et silencieux jusqu’à la porte. Rajustant ma capuche sur ma tête, je n’accordais aucuns regards envers les villageois qui me regardaient partir avec une appréhension dans les yeux. Je ne prêtais aucunes attentions aux chuchotements sur mon passage. Mon travail ici avait été finit. Aaron a retrouvé sa fille. Mais sa fille aurait voulut ne jamais le retrouver. Déception, jamais tu ne me quittes.

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A rude épreuve [TERMINER !]

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