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Renaissance [PV Val]

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MessageSujet: Renaissance [PV Val] Mer 15 Juin 2011, 13:02

Le crépuscule tombait lentement sur le petit village elfique situé à proximité du royaume d'Argent. Les habitants qui y vivaient se préparaient à la tombée de la nuit. Les hommes contemplaient leurs dernières prises de poisson avant de ranger leurs filets, ou alors terminaient de dépecer le gibier qu'ils avaient tué lors de la chasse du matin. Les femmes allumaient le feu et commençaient à préparer le repas, attendant le retour de leur mari ou de leur fils, tout en jetant un œil aux enfants les plus jeunes qui s'amusaient en courant autour du feu. Tamina, jeune elfe aux oreilles pointues et aux cheveux blonds, participait à tout cela en maniant un couteau qui lui servait à découper la viande en morceaux, tandis que sa mère, penchée sur le feu, les faisait cuire. Concentrée sur sa tâche, Tamina ne prêta pas attention lorsque sa mère rentra dans une hutte faite en bois et en ressorti avec un petit sac de toile brune.

- Tamina ? Tamina, tu as entendu ce que je viens de te dire ?

- Qu'est ce qu'il y a mère ?

- Ce que tu peux être distraite parfois ma fille ! Je veux que tu ailles chercher des herbes aromatiques pour la viande. Et en même temps, tu iras lui porter ça, dit-elle en tendant le sac à sa fille.

- Mais enfin mère, c'était déjà moi il y a trois jours !

- Tu sais bien que c'est le tour de notre famille de s'en occuper ce mois-ci, c'est comme ça et râler ne te servira à rien ! Aller, file maintenant !

-Mais elle est tellement étrange ! Ses yeux me font peur !

-Aller, dépêche-toi, répliqua la femme en retournant vers le feu.

Sachant qu'il serait inutile de continuer à protester, la jeune fille prit le sac dans ses mains et s'enfonça dans la forêt. Contrairement à certaines personnes de la race humaine, les Elfes ne ressentaient aucune peur en s'y aventurant. C'était leur milieu naturel, celui que leurs ancêtres avant eux avaient connu et qu'ils n'avaient jamais quitté. Quelques pas plus loin, Tamina repéra les herbes dont sa mère avait besoin. Prenant son couteau, elle les coupa soigneusement. Elle aurait aimé mettre plus de temps à réaliser sa tâche. Au lieu de retourner au village, la jeune fille avança plus loin encore dans la forêt. Elle suivait un petit sentier usé par le temps, si bien qu'il était presque effacé. Elle arriva en vue d'une petite cabane miteuse, qui ne semblait pas vraiment entretenue. Il y avait du bois qui aurait eu besoin d'être remplacé, de même pour les feuilles et la chaume de la toiture. Qui pouvait bien avoir l'idée saugrenue de vivre dans ce lieu ? Ne voyant personne à proximité, la jeune fille se rapprocha timidement de la cabane. Posant son sac à proximité de l'entrée, elle se retourna pour repartir et poussa un cri de stupeur. Elle était là. Elle n'avait pourtant fait aucun bruit. Restant muette de stupeur, elle se décida à ouvrir la bouche, se sentant menacée par le regard froid qui la dévisageait.

- Je... Je suis venue apporter le dîner. C'est... dans le sac là-bas.

Il était aisé de remarquer que la jeune fille faisait un gros effort de maîtrise pour ne pas s'enfuir en courant dans la seconde. Osant poser son regard dans celui de la femme en face d'elle, Tamina se sentit comme hypnotisée. Ces pupilles bleues dans lesquelles brûlait l'étincelle de la folie... Voyant que la femme n'avait aucune réaction, Tamina dit d'un ton peu assuré :

- Bon, je vais y aller, on m'attend au village.

Sur ce, la jeune fille se retourna définitivement et partit au village.
La femme elle, ne bougea pas d'un poil, même lorsque la jeune Elfe ne fut plus qu'un point noir se mouvant entre les arbres de la forêt. Ses yeux paraissaient voir des choses qu’elle seule était en mesure de distinguer. Au bout d’un petit moment, la femme sortit de sa torpeur et fit lentement deux-trois pas pour rejoindre la hutte. Elle s’assit lentement devant l’entrée, ouvrit le sac et en ressorti un fruit qui ressemblait à une pomme. On avait l’impression qu’elle ne prenait aucun plaisir à le manger, qu’elle faisait cela uniquement parce qu’elle y était obligée. Ce qui n’était pas faux d’ailleurs. De plus, la petite lueur d’intérêt dans ses yeux ne s’y trouvait pas. Mais il faut dire que cela n’avait pas toujours était comme ça, loin de là... Mais personne n’avait compris jusqu’ici ce qu’il en était réellement pour elle, ce qui lui était véritablement arrivé...
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MessageSujet: Re: Renaissance [PV Val] Jeu 16 Juin 2011, 12:54

La mort dans son sillage, Val continuait son voyage en direction de son village natal, le village qui avait vu naître ses pouvoirs, le village où il avait tout rencontré, l'amour, l'amitié, la joie. Il était heureux à l'époque, ses combats à l'épée avec son meilleur ami jadois, sa belle future fiancée... Néanmoins, un soir tout avait changé, pour sauver sa fiancée, il avait du tuer des hommes, six hommes assassinés qui créèrent un gouffre à l'intérieur de Val. Il se souvenait de deux phrases que son père disait souvent " Il y a une part d'obscurité à chacun de nous, il n'appartient qu'à nous de la dévoiler ou pas ". Son père avait aussi dit à l'enterrement des six voleurs (puisqu'ils étaient du village) une autre phrase destinée à l'assassin, dont l'identité restait inconnue au village alors que c'était son propre fils, il avait dit " Cet assassin paiera de toute façon, à chaque meurtre, notre âme se déchire et jamais ne se recompose ". Son vieux père n'avait jamais su à quel point il avait eu raison, à quel point la part d'obscurité avait rempli Val. Pourtant, aucune haine n'habitait Val, aucune colère, il était un trou noir, un puits d'indifférence, et cela, on le voyait très bien en le voyant, ses yeux, tels un lac gelé ne laissait transparaître aucune émotion mais on voyait toujours dans ses iris un éclat malfaisant, un éclat effrayant, si effrayant que très peu osaient le regarder en face. Il avait aussi raison sur un autre point, son âme était si déchirée qu'il n'en restait que des miettes, presque irrécupérables, signe des dizaines ou même centaines de meurtres qu'il avait commis, et ce, au nez et à la barbe de tout le monde, jamais personne n'avait tenté de le capturer.

Val avait décidé de retourner sur le royaume d'argent afin de retrouver son père et ses amis afin de leur faire subir un sort... peu enviable, tuer des humains lambdas ne lui procuraient que peu de plaisir désormais, le challenge était minime, la peur dans leur yeux trop grandes, ils mourraient trop rapidement, bref, les tuer était devenu inintéressant... Tuer des êtres connus, des gens qui viendraient se jeter dans ses bras en lui demandant où il était passé, puis impitoyablement leur rentrer sa lame dans leur ventre, voir leur surprise, leur peur, leur incompréhension, car Val se nourrissait des sentiments de ses victimes, et un cocktail comme celui, rien ne pourrait jamais l'égaler, même pas un chevalier d'Emeraude, même pas un immortel, même pas un Dieu. L'excitation qu'il ressentait à l'idée de tuer ses anciens proches exaltaient dangereusement ses pulsions de sorte qu'il devait à présent tuer encore plus souvent, ces pauvres humains tués ne représentaient pour Val qu'un substitut, qu'une victime, pour lui, ces gens ne méritaient pas de vivre.

Il déboucha sur une clairière, une clairière qu'il reconnut comme la dernière grande étendue de plaines avant d'atteindre la forêt des Elfes. De toute évidence Val ne tiendrait pas le voyage sans se faire une victime. Un rictus traversa son visage, il n'avait jamais goûté à la souffrance des elfes... Val accéléra le pas afin d'arriver le plus vite aux environs de la forêt. Une fois à la lisière, il se mit à être extrêmement discret, il savait que les Elfes étaient un peuple fuyard et lâche qui maîtrisaient les armes à distance, il s'agissait donc d'être prudent s'il ne voulait pas y laisser des plumes. Il commençait à faire sombre dans la forêt lorsqu'il vit un village apparemment regroupé au niveau du feu. Quelques minutes plus tard, il vit une belle jeune elfe s'enfoncer dans la forêt. Val n'était pas sensible au physique des personnes, c'est pourquoi il ne prêtait aucune attention à la beauté de la jeune elfe. C'est aussi parce qu'elle était partie seule qu'elle allait mourir, désormais, la traque commençait.

Il la suivit pendant un moment, puis lassé de marcher, il s'assit contre le tronc d'un grand arbre, attendant qu'elle revienne puisqu'il savait qu'elle repasserait par là pour revenir. Il n'avait plus qu'à attendre, tel le prédateur caché attendant sa proie. Néanmoins, il se lassa vite de rester assis et décida de suivre le chemin qu'elle avait prit. Enfin il la rencontra... la peur dans les yeux !? Elle était donc déjà apeurée avant de le rencontrer... Intéressant, il irait pousser l'enquête après l'avoir tuée. Il reposa son regard sur la jeune elfe qui avait l'air affolée... et pourtant résignée, comme si elle savait ce qui allait se produire. C'est à ce moment qu'il se rappela que les elfes pouvaient lire dans les pensées... Peu importait, il lui attrapa un bras avec sa main gauche et de sa main droite prit l'épée rouge sang enfermée dans sa cuisse.


- N'aies pas peur jeune elfe, tu ne sentiras presque rien...

Sur ces mots il empala la jeune elfe qui ne trouvait pas le force de parler dans cette situation. Elle ne mit pas longtemps à s'écrouler, sans vie... Il soupira.

- Je pensais vraiment que j'allais m'amuser pourtant...

Sur ces mots, il soigna sa blessure mais garda son épée en main. Il se dirigea ensuite vers l'endroit d'où venait la jeune elfe, il soupira à nouveau, à présent, il commençait à faire nuit ce qui n'arrangeait pas Val, il n'avait pas la visions nocturne. Il continua donc, un peu au hasard afin de trouver l'autre source de peur dans cette forêt. Il y avait des fois où il regrettait de ne pas pouvoir lire dans les pensées, il aurait pu se repérer plus facilement.

Quelques minutes plus tard, il déboucha sur une minuscule clairière sur laquelle se trouvait une cabane miteuse. " Une cabane hantée " pensa t-il. Il s'avança d'un pas décidé en direction de la maison, avec l'envie de découvrir qui avait pu faire peur à cette jeune elfe avant elle. Au moment où il allait rentrer, il entendit un bruit derrière, il se retourna lentement et vit une autre elfe. Mais celle-ci était différente, elle semblait être la, le tout sans être présente, comme une coquille vide. " Un peu comme moi en moins maléfique ". Il s'avança jusqu'à être proche d'elle. Elle n'avait aucun mouvement de recul. Il planta ses yeux dans les siens, en principe n'importe qui aurait été pétrifié ou au moins apeuré mais elle ne montrait aucune réaction. L'idée de la tuer lui vint à l'esprit avant de se rappeler qu'il aimait uniquement la peur et la souffrance des mourants, or elle ne paraissait montrer aucune émotion.

C'était pour la deuxième fois en quelques minutes qu'il regrettait de ne pas pouvoir lire dans ses pensées. Cependant, sa bonne faculté de déduction et de sciences du visage lui démontra que c'était une sorte de carapace afin d'atténuer une souffrance immense et un puits sans fond de désespoir. Ensuite, son regard montrait un mélange de folie et de désespoir, elle ne paraissait même plus avoir envie de vivre. De plus, son attitude face à un meurtrier à qui elle pouvait lire les pensées et qui a une épée en main ne pouvait prouver que deux choses : soit elle était complètement suicidaire, soit elle avait les moyens de le contrer en cas d'attaque. Vu son physique il penchait pour la première solution, néanmoins, ses bras paraissaient assez forts pour tenir une épée ce qui prouvait au contraire sa deuxième hypothèse. Val, toujours avec son sourire et son regard glacial lui demanda.


- Dis moi, femme elfe, pourquoi n'as tu pas peur, soit tu ne crains pas la mort, soit tu as les moyens de me contrer.

Il tenta de changer son approche en voyant son visage qui ne paraissait réfuter aucune de ses deux thèses. Dans ce cas, il fallait qu'elle rejoigne les rangs d'Irianeth, pour cela, il savait qu'il fallait feindre de s'occuper de ce qu'une femme veut et la flatter, même si il sentait que cette approche avait peu de chances de marcher avec une femme à ce point désespérée.

- Qu'est ce qui peut rendre une si belle femme si triste et inexpressive. Un abandon, une trahison, la perte d'un être cher ?

Il attendit, dans la nuit qui venait de tomber dans la forêt, une réaction de la part de cette femme elfe si intéressante aux yeux de Val, si intéressante qu'il envisageait même de parler avec elle sans la tuer, une première pour lui...
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MessageSujet: Re: Renaissance [PV Val] Ven 17 Juin 2011, 18:02

Après son maigre repas, l'Elfe se leva lentement. Ses pensées étaient entourées par ce brouillard habituel qui ne la quittait jamais. Alors qu'elle n'avait fait que quelques pas, elle sentit une présence étrangère juste à l'entrée de la cabane, où elle s’était assise un instant plus tôt. Se rapprochant de l'endroit en question, la jeune femme put apercevoir un homme. Elle l'observa d'un air détaché, la question de ce qu'il faisait là n'effleurant même pas son esprit. Pourtant, elle désirait savoir s'il n'était qu'un voyageur égaré ou s'il était venu ici avec un but précis et comptait s'attarder dans les parages. Dans les deux cas, l'Elfe savait qu'il partirait bien vite après s'être rendu compte que sa présence était indésirable. Peu importe ce qu'il cherchait ou voulait, il n'aurait pas de réponse de sa part. L'homme semblait à présent l'avoir repérée puisqu'il se rapprocha d'elle. Impassible, la jeune femme le laissa planter son regard dans le sien sans broncher. A une autre époque, elle aurait certainement eu une réaction face à ces yeux verts qui semblaient la transpercer comme le feraient des lames de couteaux. De toute évidence, cet homme n'avait pas des intentions pacifiques, mais l'Elfe ne laissa rien paraître face à cette constatation. On aurait dit qu'il était un prédateur cherchant à impressionner sa proie le temps de repérer quel était son point faible afin de passer à l’attaque.

- Dis moi, femme elfe, pourquoi n'as tu pas peur, soit tu ne crains pas la mort, soit tu as les moyens de me contrer.

Les paroles mirent du temps à prendre un sens. Cela faisait longtemps que personne ne s’était adressé à elle d’une manière aussi directe. Toujours est-il que l’homme avait raison sur les deux points. La mort ne l’effrayait pas, mais jusqu’à ce jour, elle n’avait toujours pas daigné la prendre. C’était une chose bien pire qui s’était emparée d’elle : la folie. Il y a plusieurs années de cela, trois ans environ, elle avait frôlé la mort à cause du chagrin d’avoir perdu sa fille ajouté à la maladie soudaine qui s’était déclarée sans que personne ne puisse vraiment la soigner. La guérison avait lente, mais jamais totale. Et les séquelles étaient toujours présentes aujourd’hui... Quant à sa capacité à se défendre, certes, en théorie elle la possédait. Mais contre un adversaire solide et en pleine possession de ses moyens, rien n’était moins sûr. La jeune femme frotta son pied contre le cuir souple de sa botte droite. La petite dague s’y trouvait toujours. Cependant, les capacités en combat qu’elle avait acquises au fil des années s’étaient largement émoussées suite à cette longue période d’inactivité. De même que pour la maîtrise de ses pouvoirs qu’elle avait plus ou moins délaissée. Pourtant, ceux-ci pouvaient se révéler tellement utiles... Un gâchis diraient certains...

- Qu'est ce qui peut rendre une si belle femme si triste et inexpressive. Un abandon, une trahison, la perte d'un être cher ?

Cette fois-ci, l’homme réussit à ébranler son insensibilité. Extérieurement, elle ne montra rien d’autre que son impassibilité, mais au fond d’elle même, les souvenirs et les émotions cherchaient à passer outre la barrière d’insensibilité qu’elle s’était érigée. Son instinct lui disait de prendre sa dague et de le tuer avant qu’il n’arrive un événement regrettable. Ces souvenirs, ces précieux souvenirs qui étaient restés cachés derrière la folie pendant toutes ces années... Oui, cet homme avait raison, il l’avait abandonnée, puis il lui avait volé... Oh, non, elle ne se rappelait plus ce qu’il avait pris, mais c’était tellement important... Mais attendez... Une image se détachait dans sa tête... Un nourrisson, avec de grands yeux violets... Oui, c’est ça, ils voulaient lui prendre son enfant ! Il devait avoir été envoyé par eux, n’est-ce pas ? Mais elle ne leur laisseraient pas à nouveau l’occasion de lui faire du mal, elle allait prendre les devant cette fois-ci. Fixant toujours l’homme avec un regard glacé, la lueur de folie plus présente que jamais, la femme sortit sa dague et d’un mouvement rapide la posa sur le cou de l’homme. Entrant dans son esprit, elle lui fit parvenir les paroles qu’elle aurait pu dire à haute voix. Mais cela faisait trop longtemps qu’elle ne s’était pas exprimée au moyen de sa voix. Communiquer par télépathie lui avait toujours semblé plus naturel, plus spontané.

**N’essaye pas pas de m’avoir, ils ne pourront rien contre moi cette fois-ci !**

Cette action équivalait pratiquement à un suicide. Pourtant, elle avait vu l’imposante épée rouge que l’homme avait à sa main et qu’il savait manier à la perfection. Si elle était en mesure d’affirmer cela, c’est parce que suite à son intrusion dans l’esprit de l’homme, elle avait sans le vouloir glané quelques informations, notamment sur ses activités de tueur.

**Qu’est-ce qu’ils me veulent ? Je leur ai pourtant déjà donné ma fille ! Qu’est-ce que je pourrais leur donner de plus ?**

Il y avait de la haine dans ses paroles avec un sentiment de résignation, comme si elle ne croyait pas vraiment à ses paroles. Mais dans ses années de solitude, de renfermement sur elle-même et de folie ; où se mêlait de temps à autre des moments de lucidité, elle avait fini par oublier la cause de son état. Elle s’en souvenait petit à petit, la barrière mentale qui retenait ses souvenirs commençant à s’effriter. Sentant cela, l’Elfe pressa un peu plus l’homme. Un instinct sauvage la poussant à vouloir tuer l’homme s’était emparé de tout son être, mais elle voulait d’abord savoir une chose. Elle savait qu’il fallait faire vite parce que l’homme n’allait pas tarder à riposter, il n’avait pas l’air d’être habitué à se sentir contrarié.

**Dis moi pourquoi est-ce qu’ils t’ont envoyé alors !**

Sa voix était froide et sauvage ; il était aisé de comprendre qu’à ce moment, uniquement la folie et l’instinct guidaient ses paroles et son attitude. Plus rien n’avait d’importance mis à part l’homme en face d’elle qu’elle croyait être un envoyé des Dieux. Effectivement, dans son raisonnement, cet homme était un émissaire des Dieux, ceux là mêmes qui avaient voulu que sa fille naisse et lui soit enlevée. Cela pouvait paraître désolant de se rendre compte que l’Elfe n’avait pas tourné la page après ce triste événement. Qui sait si elle y parviendrait un jour puisqu’à ce moment précis, sa vie ne semblait ne plus tenir qu’à un fil, étant donné qu’elle était entre les mains d’un meurtrier...
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MessageSujet: Re: Renaissance [PV Val] Sam 18 Juin 2011, 06:47

Val n'était pas surpris, rien ne pouvait le surprendre. Il était juste... déconcerté ? Ou un sentiment du même genre, l'elfe avait encaissé sa première réplique avec une impassibilité qui aurait été effrayante pour une grande partie de la population d'Enkidiev. C'est comme si elle était dans une autre dimension, qu'il la voyait sans vraiment la voir. Ce qui aurait aussi expliqué le fait qu'elle n'ait pas réagi à son regard d'ordinaire si impressionnant pour les autres, néanmoins son regard n'avait pas changé, la folie, le désespoir et la souffrance s'y trouvaient toujours. C'est à ce moment là que Val comprit ce qui avait fait peur à la jeune elfe qu'il avait tuer avant d'arriver ici. Cette femme elfe était impressionnante de beaucoup de points de vue, il semblait impossible de tenir une conversation avec elle, elle semblait, tout comme Val, avoir un regard si effrayant que personne ne voulait l'approcher. D'un certain point de vue, ils étaient semblables, ils affichaient tous les deux une indifférence et un regard effrayants. Cependant, l'une semblait "juste" désespérée et folle tandis que l'autre ne respirait que la mort, il ne souffrait pas, il n'était pas triste. Il aimait juste ce qu'il faisait...

De toute évidence, elle ne pouvait pas se trouver dans une autre dimension, elle n'avait donc pas réagi, Val agrandit son sourire. Son activité préférée, à part les meurtres bien sur, était d'interpréter les silences. Néanmoins, cela s'annonçait difficile, son regard n'avait pas changé. Encore une fois, cela donnait quelques options. La première, qui paraissait la plus plausible était qu'elle n'avait pas entendu, et qu'elle serait par conséquent sourde. Deuxième option : elle n'avait pas réagi ni répondu car Val avait eu raison, mais encore une fois, sur quel point avait-il eu raison ? La mort ou les pouvoirs ? Et dernière option, elle voulait garder la réponse secrète, surement parce qu'elle n'avait aucun pouvoir et qu'elle voulait survivre. Cette femme était décidément très difficile à cerner. Val avait beau réfléchir, ses hypothèses se valaient.

De plus, elle encaissa sa deuxième réplique sans changer non plus, c'était navrant, et cela aurait tendance à confirmer la première hypothèse de Val, cette elfe était surement sourde. Il pensa alors à la tuer. Si elle était sourde et qu'elle ne pouvait entendre ce que disait Val, alors elle ne présentait aucun intérêt pour lui. Dans tous les cas, il n'aurait pas fait ce détour pour rien, malgré sa surdité apparente, cette femme avait un regard qui ne trompait pas et qui aurait transpercé un peu n'importe qui. A la place de ça, ce serait lui qui allait la transpercer et se réjouir de voir le sang de l'elfe couler, le plaisir de voir ce qui se passerait dans les yeux de l'elfe une fois qu'il l'aurait empalée sur son épée, voir la souffrance physique se mêler à la folie dans son regard. Oh oui, il allait adorer ça ! Il raffermit sa prise sur son épée rouge sang, pensant au bonheur qu'il allait éprouver dans peu, très peu de temps...

C'est à ce moment la que dans ses yeux, il vit la folie qui grandissait. Val pencha légèrement la tête en signe de décontenance. Elle n'était donc pas sourde, juste lente à la détente. Il la vit alors se pencher rapidement puis bondir pour menacer Val avec sa dague. Ce dernier aurait facilement pu contrer la dague avec son épée, puis la tuer. Néanmoins, cette femme elfe l'intéressait de plus en plus et il voulait voir ce qu'elle lui réservait. Le renversement de situation n'en serait que plus marrant et enivrant. Il sourit encore de plus belle et en ferma les yeux de plaisir avant de les rouvrir. Il lui donnerait un coup de pied dans le ventre pour la repousser, lui trancherait son bras armé, attendrait quelques minutes en la voyant se tordre de douleur par terre, avant de lui enfoncer son épée dans le ventre et attendre, en la regardant dans les yeux, qu'elle se vide de son sang. Décidément, il allait passer un très bon moment. C'est dans ses pensées morbides que Val entendit une voix dans sa tête.


**N’essaye pas pas de m’avoir, ils ne pourront rien contre moi cette fois-ci !**

Donc toutes ses théories s'effondrèrent et laissèrent la place à une certitude. Cette femme elfe avait des aptitudes magiques très développées. Ce qui excitait Val au plus haut point, il n'avait jamais tué de personnes avec des pouvoirs magiques, il se voyait bien esquiver quelques rayons incandescents avant de finalement la tuer. C'est alors qui interrompit ses pensées, si elle était capable de lui parler par le biais de ses pensées, elle devait sans aucun doute lire dans ses pensées. Val n'avait pas prêté une grande attention au contenu des paroles de l'elfe, des paroles de folle. De une, parce que de toute façon, si il voulait la tuer, il la tuerait, il n'avait pas développé ses pouvoirs pour se retenir. De plus, elle avait involontairement excité Val, ce qui a fait remonté ses pulsions meurtrières à la lumière du jour. Elle reprit la "parole" ou plutôt l'incursion dans son esprit.

**Qu’est-ce qu’ils me veulent ? Je leur ai pourtant déjà donné ma fille ! Qu’est-ce que je pourrais leur donner de plus ?**

Est ce que vous savez quel plaisir ça fait de savoir que l'on avait raison, Val avait déjà évoqué la perte d'un être cher ainsi qu'un abandon. Néanmoins, ce qu'il ne comprenait pas, c'est ce "ils", cela ne pouvait pas le concerner puisqu'il avait toujours agi seul, il avait toujours été seul. Il n'avait jamais voyagé avec quelqu'un. Elle avait du le lire dans l'esprit de Val. Encore une preuve de sa folie. Néanmoins, une idée lui vint à l'esprit. Une idée qu'il jugea excellente. Il s'était toujours considéré comme l'émissaire du mal, comme celui qui disait aux gens biens des choses qu'ils ne voulaient pas entendre, comme quoi ce n'est pas parce qu'on est Enkidiev qu'on est le bien. Les chevaliers d'Emeraude pour Val représentaient autant le mal que ceux d'Irianeth. Sauf qu'ils se cachaient derrière le principe stupide de défendre leur terres. En suivant ces arguments, Val n'avait qu'à dire qu'il tuait tout intrus dans son espace vital et il n'avait plus qu'à dire qu'il faisait le bien.

Il ne savait d'où venait les pouvoirs de cette elfe. Peut-être étaient-ils dus à sa condition d'elfe ? Ou alors elle avait des pouvoirs qui faisaient qu'elle restait enfermée dans cette forêt, dans cette cabane miteuse ? Ou alors de la tour des mages comme cette Célène ? Ou était-elle autrefois un chevalier d'Emeraude s'il était chanceux ! Mais il n'en savait rien pour le moment. Il ne tarderait pas à le savoir, il en était persuadé ! Elle reprit dans sa folie.


**Dis moi pourquoi est-ce qu’ils t’ont envoyé alors !**

Elle ne lâchait pas le morceau, elle avait beau être dans l'esprit de Val, elle persistait à croire qu'il avait été envoyé par le voleur de son enfant qui était surement un mari malheureux qui voulait élever son enfant seul. Mais ? Ce "ils" suggérait donc que son mari appartenait à un groupe, une sorte de classe, de race. Il ne lui restait qu'à deviner qui pourrait représenter cette classe. Cela ne pouvait pas être les elfes, puisqu'elle en était une et vivaient chez eux. Ce n'était pas non plus les fées, Val ne ressemblait aucunement à ses frêles créatures ailées. Ce n'était pas les chevaliers non plus, Val ne ressemblait pas à un émissaire des chevaliers. De qui un homme comme Val, tout vêtu de noir, grand, pâle pouvait-il être l'émissaire. Donc pour Val, les kidnappeurs de son enfant ne pouvaient venir que d'Irianeth donc il était la représentation, ou alors du monde céleste mais il doutait fortement que ceux-ci viennent kidnapper un enfant. A moins que cet être céleste soit le père auquel cas, il aurait pris l'enfant en trahissant la femme elfe. Ces deux possibilités étaient probables. Il allait donc prendre un risque et présenter Irianeth comme ce qui pourrait la sauver, le tout en profitant de sa folie. Et si jamais c'était effectivement Irianeth qui avait volé son enfant, il ne lui resterait plus qu'à la tuer. En fait, il prenait le risque pour elle. Val ne risquait rien, soit il tuait soit il recrutait, ces deux possibilités lui plaisaient presque autant l'une que l'autre.

Néanmoins, il ne comptait pas négocier avec une lame qui s'appuyait sous sa gorge. Il s'entailla discrètement la cuisse avec sa main gauche pour y sortir une lame de moins de dix centimètres qui lui serait très utile. Il lui donna un coup de pied dans la ventre pendant qu'elle délirait encore, contra sa tentative de contre attaque et lança son scalpel de la main gauche en direction de sa main. Néanmoins, il n'était pas aussi précis de la main gauche que de la main droite et lui transperça le poignet à la place. Ce qui eut tout de même l'effet escompté. Mais le sang qui s'écoulait du poignet de Naryaa mettait Val en transe, il voulait voir ce sang couler. Il voulait la voir souffrir. Il voulait la voir mourir. Il s'approcha d'elle en marchant doucement, une lueur malsaine dans les yeux. Il tendit son bras tenant l'épée vers la tête de l'elfe et s'arrêta de sorte que la pointe de son épée soit appuyée au dessus de son nez, entre les deux yeux. Du sang coula, Val avait volontairement mis trop peu de force pour transpercer son crâne. Mais il ne pourrait pas se retenir indéfiniment, il était un tueur après tout. Il décida de tenter sa chance.


- Tu sais, ce n'est pas parce que je suis froid, distant et que je me débrouille bien en combat que je suis un émissaire des royaumes célestes.

Il crut la voir tressaillir. Il sut qu'il avait vu juste. Il poursuivit.

- Je me nomme Val, je suis un sorcier d'Irianeth. Et toi qui es tu ? Je ne pense pas que le royaume céleste choisisse leurs victimes par hasard...

Croyant toute menace écartée de la part de la femme elfe il retira son épée, la libérant de la pression de la pointe de son épée sur son front.

- Que font les gens d'Enkidiev ? Ils ne t'aident pas ? Sont-ils tous comme cette elfe qui est venue te voir tout à l'heure ? Ont-ils tous peur de toi comme d'un démon ? Il paraît clair qu'Enkidiev de veut pas de toi, tous ont peur de toi. Je suppose que personne ne t'as parlé aussi longtemps que je ne l'ai fais. Peut être que personne n'est apte à t'accepter ici, mais il en est tout autrement de l'autre côté de l'océan.

Val ne doutait pas de ses paroles, mais il ne savait quel effet ces paroles pourraient avoir sur la femme elfe en face de lui.

- Ta souffrance, ton désespoir, ta folie... Les habitants d'Enkidiev prennent cela pour une tare. C'est pour ça que tu te caches dans cette cabane miteuse ? A Irianeth, ce sont des qualités, elles te permettent de faire abstraction de certaines vraies tares comme l'altruisme, la pitié, la peur de mourir.

Il inspira profondément et termina sa tirade.

- Tu as l'occasion de renaître.





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MessageSujet: Re: Renaissance [PV Val] Dim 19 Juin 2011, 14:13

Alors qu'elle avait pourtant pressenti une prochaine offensive de l'homme à son égard, l'Elfe n'avait esquissé aucun mouvement pour se préparer à la contrer. C'est pourquoi lorsque l'homme lui donna un coup dans le ventre, elle se contenta d'encaisser le coup, déséquilibrée en arrière. En plus de lui couper le souffle, cela l'empêcha de continuer à accéder à l'esprit de l'homme. Le contact avec celui-ci coupé, l'instinct de survie prit le dessus sur toute autre pensée ou forme de raisonnement humain pour la pousser à se défendre. Portant des coups de dague vers l'homme à l'aveuglette, elle ne réussit pas à l'atteindre. Alors qu'elle tentait une nouvelle fois d'entailler le bras de l'homme, ou toute autre partie de son corps d’ailleurs, une douleur fulgurante lui traversa le poignet. Se reculant dans le but de se mettre hors de portée de l'arme de l'homme, elle vit les conséquences du coup qu’il lui avait porté. En vérité, c'était toute la fine lame rouge qui était maintenant fichée dans sa chair. Un filet de sang coulait déjà le long de son avant bras. L'entaille était fine, mais très profonde; la lame avait visiblement tranché la veine de son poignet. Le sang, de la même couleur que la lame, s'écoulait de plus en plus de la blessure, commençant à goutter sur sa tunique crasseuse et sur ses pieds nus. L’Elfe resta dans un premier temps hébétée devant ce spectacle. Mais la douleur qu’elle éprouvait commença à diminuer en laissant place à la fascination. Le sang... Sa couleur, son odeur, sa texture, elle les avait oubliés... Pourtant, elle l’avait déjà fait couler il y avait... Oh, elle ne savait plus quand c’était, mais le souvenir lui revenait très précisément en mémoire à présent.

Elle était allongée dans une hutte. Les yeux mis-clos, elle entendait les babillages incessants du prêtre guérisseur et le bruit de ses pas. En changeant le linge mouillé posé sur son front, elle l’avait entendu dire : « Non, mademoiselle, vous êtes trop faible. La fièvre a failli vous tuez il y a deux jours, il faudra encore vous reposez pendant au moins trois semaines. Et puis, vous n’êtes même pas en état de vous lever ! ». Remuant faiblement les lèvres, elle lui avait répondu : « Mais je dois aller chercher ma fille ! Elle n’est pas très loin, je reviendrai bientôt ! ». Le prêtre avait alors ramené un linge propre en murmurant avec désolation : « Elle délire encore. » Mais l’Elfe ne voulait pas être contrariée. Non, ce vieil homme n’allait pas l’empêcher de réaliser son projet. Ses bottes étaient posées juste à côté du lit où elle se trouvait. Levant la main, elle utilisa son pouvoir de lévitation, consommant une faible quantité d’énergie étant donné que l’objet qu’elle souhaitait prendre était relativement petit. Le prêtre avait le dos tourné, il ne remarqua donc pas la dague que l’Elfe tenait entre ses doigts. Avec un rictus de douleur, elle leva la dague et l’envoya dans le cou du malheureux prêtre lorsque celui-ci s’approchait du lit, au moyen de son pouvoir de lévitation. Totalement surpris, celui-ci n’avait rien tenté. Il avait seulement porté ses mains à son cou, comme pour essayer de stopper le flot de sang qui commençait à se déverser. Mais bien évidemment, cela n’avait servi à rien et peu à peu, la vie s’était échappée de son corps. Naryaa avait regardé, la vue brouillée, le sang couler sur le sol, éclabousser ses mains et ses vêtements, l’homme s’effondrer de douleur aux pieds de son lit... Sa main était allée chercher le sang encore chaud répandu sur le sol. Oui, c’était rouge, un peu visqueux, mais fascinant, n’est-ce pas ? Ses yeux s’étaient fermés sur la vision de sa main rouge, sa conscience perdue à cause de la fièvre... Les habitants du village n’avait pas tardé à se rendre compte de ce qui était arrivé. Certes, ils n’avaient pas accusé totalement Naryaa, qui pendant plusieurs jours encore avait déliré sous l’effet de la fièvre. Cependant, lorsqu’on l’avait jugée apte à survivre seule, elle avait été condamnée à vivre à l’écart du village. La plupart des habitants la craignaient à présent, mais d’autres l’avaient prise en pitié. Certains villageois s’étaient alors organisés pour lui apporter de la nourriture, bien que Naryaa n’ai jamais pris la peine de les remercier une seule fois.

Sa blessure l’élançait toujours, mais c’était à présent une douleur sourde, cachée derrière la fascination du sang. Elle était encore en train de contempler son poignet lorsqu’elle sentit une nouvelle douleur entre ses deux yeux. Levant la tête, elle s’aperçut que l’épée de l’homme lui rentrait légèrement dans la peau. Un mouvement trop brusque et son cerveau était touché. L’Elfe était maintenant à sa merci, n’ayant plus sa dague qui se trouvait sur le sol à quelques pas d’elle ; ne pouvant même plus tenter de s’enfuir. Son regard allait de l’homme, qui avait un regard de dément, à sa blessure. Il voulait quelque chose. En plus de l’avoir empêchée de nuire, l’homme avait réussi à capter son attention. Ses paroles arrivaient jusqu’à elle, délivrant leur message. Il n’était pas envoyé par eux... C’était difficile à croire, mais il n’avait pas l’air de mentir. Dans sa folie, Naryaa doutait, chose qui généralement annonçait un moment de lucidité prochain. Parce que les personnes atteintes de ce mal ne doutent pas normalement. Cet homme s’appelait Val... Il venait d’Irianeth, le continent maudit... Oui, les choses lui revenaient petit à petit en mémoire, phénomène qui était périodique et incontrôlable. Elle se souvenait à présent qu’elle avait passé presque toute sa vie à combattre ce continent, les hommes insectes qui l’habitaient et les chevaliers qui venaient pour détruire. Il voulait maintenant savoir qui elle était... Vaste question, à la fois simple et complexe. Elle ne voulait pas répondre toute suite. Son moment de lucidité n’avait pas atteint son point culminant et puis l’homme n’avait visiblement pas terminé. Elle sentit l’épée de l’homme se retirer de son front. C’était mieux...

Non, les gens d’Enkidiev n’avaient rien fait... Ils prônaient la tolérance, mais cette tolérance était réservée aux bien-nés, aux courageux, aux magiciens... En réalité, les faibles, les malades, et tous les autres, n’étaient que supportés par leur famille une fois enfant ou alors vieillard, et encore, mais une fois lâchés dans le monde, il n’avait personne pour les guider. Il leur fallait survivre seul. Et comme ils ne répondent pas aux critères imposés par la société, les gens les rejettent, ont peur d’eux, les maudissent, les considèrent comme des démons... Même le roi d’Emeraude en personne avait été délaissé pendant de nombreuses années avant de rencontrer les personnes qui s’étaient acharnées pour l’aider. Mais sans elles, il aurait pu rester dans sa condition de rejeté de la société. Juste parce qu’il était différent... Encore une fois, l’homme avait raison, personne ne s’était attardé dans les parages pour parler avec elle... Non, les Elfes étaient trop superstitieux pour ça. Lorsque Val lui donna une une perspective d’avenir, il lui sembla que son cœur allait s’arrêter de battre. C’était réellement possible d’être acceptée sur l’autre continent ? Ses pensées étaient confuses, une partie encore régie par la folie, l’autre tentant de s’y soustraire pour atteindre un possible moment de lucidité.

Surtout que l’homme enfonça le clou, comme s’il percevait ses doutes.


- Ta souffrance, ton désespoir, ta folie... Les habitants d'Enkidiev prennent cela pour une tare. C'est pour ça que tu te caches dans cette cabane miteuse ? A Irianeth, ce sont des qualités, elles te permettent de faire abstraction de certaines vraies tares comme l'altruisme, la pitié, la peur de mourir.

Des qualités... Elle aurait presque eu envie de sourire. Mais dans cet instant où tout semblait être limpide, elle savait qu’il fallait renoncer à cette vie. Tout oublier et repartir à zéro. En oubliant tout le reste, en gardant simplement sa souffrance, son désespoir, sa cruauté nouvelle, sa fascination pour le sang... Pour s’en servir une fois là-bas. Enkidiev n’était qu’un continent pour les hypocrites et les faibles, elle n’en faisait désormais plus parti. Elle avait la vérité entre ses mains.

- Tu as l'occasion de renaître.

C’était presque surnaturel tellement il lui semblait que l’homme connaissait ses pensées. Elle voulait accepter, mais quelque chose la retint. Elle devait d’abord faire un trait sur son passé. Tout oublier, sinon, elle ne pourrait jamais vraiment renaître. Regardant Val dans les yeux, elle dit :

- Je suis Naryaa. J’étais chevalière d’Emeraude. Elle s’appelait Nalawë...

Une larme roula sur sa joue à cette évocation. Mais ce serait la dernière ; il n’y aurait plus de place pour ces faibles sentiments dans sa nouvelle vie. En acceptant d’oublier sa fille et son passé de chevalière d’Emeraude, elle renonçait à une partie de sa folie. Mais uniquement à celle qui l’empêchait de vivre pleinement. A présent qu’elle était dans un état de lucidité stable, qui serait plus ou moins permanent par la suite, mis à part de brusques accès de folie incontrôlables, elle regarda à nouveau sa blessure. Certes, le sang était si attirant, magnifique en soi, mais il fallait penser à refermer la blessure maintenant. Avec un sentiment de regret, elle arracha la dague de son poignet avec une grimace de souffrance, mais sans aucune plainte. Arrêtant de manière provisoire et assez peu efficace hémorragie avec sa tunique, elle plaça sa paume droite au-dessus de sa plaie. La lumière qui en sortit était violette. L’essence même de la magie en elle avait changé, en même temps que le changement opéré dans son cœur. Elle laissa couler l’énergie réparatrice dans sa paume. La blessure devint moins profonde, le sang coulait déjà moins. Lorsqu’elle ne se sentit plus assez forte pour continuer à se guérir, elle arrêta le flux d’énergie. La plaie n’était pas totalement refermée, mais elle guérirait toute seule. Arrachant une partie de sa tunique, elle fit une bande autour. Elle rendit le scalpel à Val après avoir ramassé sa propre dague.

- Puisses-tu continuer à tuer tes ennemis encore longtemps.

Marquant une pause, elle planta son regard bleu glacé dans celui de Val et dit :

Emmène moi. Je veux renaître comme tu l’as dit.

Se tenant droite, elle était prête à s’en aller. Elle ne prenait rien d’autre que sa dague et les vêtements qu’elle avait sur le dos. S’encombrer d’autre chose aurait été emporter des regrets. Il ne le fallait pas. Et puis son futur l’attendait, elle ne devait pas le faire attendre.
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MessageSujet: Re: Renaissance [PV Val] Lun 20 Juin 2011, 05:28

Plus la rencontre passait, plus Val était déconcerté. Cette femme elfe lui ressemblait presque. Ils n'avaient que peu de différences. La première était la façon dont elle était devenue comme ça, elle avait été trahie, jamais les autres ne l'avaient aidé. Enkidiev l'avait abandonnée dans sa folie. Ils le paieraient bien assez tôt. Lui avait juste tué en protégeant une amie... puis tout comme l'on est addict à la cigarette ou à la drogue, Val n'avait plus jamais réussi à sortir de la spirale infernale du meurtre. La deuxième différence, qui pouvait se régler, c'était que cette elfe n'avait surement jamais tué pour le plaisir du sang, pour le plaisir de voir la souffrance, le désespoir dans les yeux de sa victime. Là se situait la différence entre quelqu'un qui tue pour sa nécessité et un psychopathe fini et irrécupérable comme Val. Quelqu'un qui tue uniquement pour le plaisir de voir la souffrance, quelqu'un qui n'accorde aucune valeur à la vie humaine. Et néanmoins, personne ne l'avait pourchassé, par peur ? Il n'en savait rien. Toutes ces rêveries sur le sang l'amenèrent à se rappeler d'un évènement qu'il n'oublierait jamais. Sa première série de meurtres de sang froid sur la plage à Argent.

En effet, comme aurait-il pu oublier un tel moment de plénitude. Voir le sang couler pour la première fois, voir le désespoir envahir le regard de l'ennemi. Le désespoir était tout de même son émotion favorite. Comment ne pas aimer torturer mentalement une personne pour voir apparaître dans son regard une résignation et un désespoir jouissifs... Le voir être incapable de crier tellement la peur lui colle au ventre. Oh oui, il paraissait évident que Val aimait voir la peur dans le regard de ses victimes. Malheureusement, avec son regard, c'était chose facile et faire peur n'était plus un réel challenge. C'est pour ça que ce qu'il adorait désormais c'était de faire souffrir. Il ne put réprimer un sourire à l'évocation de la première fois qu'il avait fait souffrir. Qu'est ce que c'était bon ! Tout ce sang qui coulait, un regard suppliant, car il ne faut pas oublier le résultat d'une torture réussie ! Pour réussir une torture, il faut absolument que votre victime vous supplie de l'achever. Cette phrase lui provoquait un tel bonheur qu'il accédait à sa requête. Sa grandeur d'âme l'étonnerait presque. Il se rendit enfin compte d'une chose, en fait il aimait autant tuer que faire saigner, que faire souffrir, que d'inspirer le désespoir, que de recevoir des supplications. Décidément, il adorait tuer, c'était vraiment une occupation fort plaisante. Il en avait presque oublié de penser à son premier meurtre, quel étourdi, on se perd souvent dans ses pensées quand on parle de choses plaisantes. Et puis, à quoi bon en parler, il était inexpérimenté, raconter comment il avait fait ferait de lui la honte des psychopathes et ce, même si c'était incontestablement son meurtre le plus plaisant et le plus justifié ! Il avait osé le qualifier de "Blafard horrible". C'était blasphématoire. Néanmoins, il n'oublierait pas de demander à la future nouvelle recrue d'Irianeth si elle avait déjà pris plaisir à tuer. Si c'était non, il faudrait qu'elle revienne sur Enkidiev avec lui et qu'il lui montre les joies du meurtre. Val ne put s'empêcher d'élargir son sourire. Il était vraiment comblé, à quoi bon goûter à l'amour et l'altruisme sur Enkidiev alors qu'Irianeth donne la permission de tuer tous les habitants d'Enkidiev qu'on veut ? Et à présent, il remboursait la dette qu'il pensait avoir en amenant une nouvelle recrue sur le continent noir. Même si elle n'avait pas encore accepté, il ne doutait pas trop de sa réponse. Comment refuser de rejoindre le continent noir ?

Val retint un petit rire, il venait d'avoir un moment d'inattention qui aurait pu lui coûter la vie. Mais il paraissait toujours en chair et en os. La femme elfe n'avait pas bougé d'un cil, elle l'observait toujours, avec sa pointe de démence qui commençait à descendre. Elle devait sûrement réfléchir... Pourquoi faire semblant de réfléchir alors qu'elle avait le choix entre finir sa vie cloîtrée dans une forêt où elle était délaissée et haïe et un continent qui l'accepterait telle qu'elle était actuellement, folle et revancharde. Cependant, Val décida d'être patient pour une fois. Il allait l'occasion d'être utile pour l'empire. Vu les sous-effectifs d'Irianeth actuellement, une recrue ne pouvait pas faire de mal. En effet, l'empire était en sous-effectifs à cause des épreuves de sélection. Il avait vu un cours de combat des élèves d'Emeraude en plein air. Ils se battaient contre des mannequins en bois. Il avait été stupéfait, à Irianeth, les cours de combat étaient au moins des combats à mort contre des hommes insectes. A chaque minute de cours les élèves d'Irianeth risquaient leur vie. Il avait voulu organiser la dernière épreuve, l'examen, mais il n'avait pas pu. Il n'était pas habilité à tester les capacités magiques soi-disant... Mais une épreuve de survie en milieu hostile avec Val à ses trousses, ne faut-il pas rivaliser d'ingéniosité pour survivre ? Et en plus, il aurait pu se faire plaisir. Ah la la, il continuait à dériver, heureusement qu'il n'avait pas une ennemie en face, sinon il serait surement déjà mort. Le temps passe tellement vite lorsque l'on pense à cette dernière.

- Je suis Naryaa. J’étais chevalière d’Emeraude. Elle s’appelait Nalawë...

Il avait failli ne pas entendre sa réponse, ce qui aurait été un plaisir en moins. Une élite de ce continent allait rejoindre le continent noir. Une élite qui avait en plus perdu les tares habituelles des chevaliers d'Emeraude comme la pitié, l'amour et toutes les futilités de ce genre qui ne faisaient qu'entraver le jugement d'un vrai combattant. C'est ce qui différenciait un chevalier d'Emeraude d'un chevalier d'Irianeth. Les premiers n'étaient que des paons, bons à se pavaner avec leur cuirasses sertis d'émeraudes, incapables de comprendre pourquoi en un contre un les chevaliers d'Irianeth étaient plus forts... Justement parce que ces derniers ne se souciaient pas de leur réputation, et surtout, leur entraînement n'était pas le même. Val, pourtant un sorcier émérite de l'empire aurait eu du mal à réussir l'examen que l'empereur leur avait concocté. Naryaa était en train de tirer un trait définitif sur son passé. Surement le meilleur choix qu'elle n'avait jamais fait. Elle venait de quitter le sentier de la faiblesse pour rejoindre celui de la force. Néanmoins, il lui cachait que ce serait très difficile pour elle, même si elle était actuellement en train de tirer un trait sur son ancienne vie, il subsistait le fait que son entraînement n'était pas à la hauteur. Il irait voir Draken, le chef de l'ordre. Il lui amènera Naryaa et lui seul pourrait décider si elle était apte à entrer dans l'ordre. Quelle que soit la future décision du chef. Elle aurait à passer des épreuves. Et des épreuves du niveau chevalier, Val en serait surement incapable. A moins qu'il ne s'agisse de combattre à l'épée...

Il ne prêtait aucune attention au nom de la fille qu'on lui avait enlevé, après tout, ces sentiments la devaient disparaître, même pour elle. Une larme roula sur sa joue. Val pencha légèrement la tête sur le côté de décontenance. Elle n'allait pas être triste, il lui fallait oublier cette émotion. Il lui faudrait forger son esprit donc... Mais Val se remit vite à sourire. Une partie de la folie paraissait quitter le regard de Naryaa qui gardait à présent un regard froid, déterminé, un regard de tueur. Il faillit la féliciter pour ce regard très convaincant, Draken ne pourrait que la prendre. Une ancienne chevalière d'Emeraude qui en plus à un regard comme celui-ci.... Pour Val, elle était digne de devenir chevalière.

Elle se concentra sur sa blessure. Il n'y était pas allé de main morte. La voir se guérir. Quel horreur, le sang était si joli à voir, comment pouvait-on refermer sa belle blessure. Ce rouge, comme ses lames, un rouge intense, pur, magnifique. Nul doute qu'il n'existait aucun rouge plus pur que celui du sang. Cette journée était parfaite, il faisait complètement nuit à présent. Il regarda les étoiles d'un air songeur en se posant une question existentielle ** Je me demande ce que ça ferait si je tuais un dieu ou un immortel **. Oui, la presque totalité des pensées de Val était concentrées sur son occupation favorite, à savoir faire tuer. Elle lui rendit son scalpel, il en lécha le sang, oui, il aimait le goût du sang en plus, avant de replacer le scalpel dans sa cuisse droite et de refermer la blessure pour éviter que l'instrument prenne la fuite.

- Puisses-tu continuer à tuer tes ennemis encore longtemps.

Il ne prit même pas le temps de réfléchir avant de répondre, le sourire aux lèvres.

- Oh ne te fais pas de souci pour ça, tant qu'il y aura des humains sur ce continent, j'aurais mes victimes.

Il la vit regarder autour d'elle avant de répondre enfin ce qu'il attendait depuis un certain temps même s'il n'avait jamais réellement douté de la réponse.

- Emmène moi. Je veux renaître comme tu l’as dit.

Val lâcha un petit rire et souris à Naryaa.

- Tu fais le bon choix. Direction le royaume d'Argent, de là-bas, nous partirons à Irianeth demander au chef de l'ordre s'il veut t'intégrer à notre ordre. Cependant tu n'as pas trop à te faire de soucis... Tu auras juste une remise en forme niveau Irianeth à faire.

C'est alors que l'étrange couple se mit en route en direction du royaume d'Argent et des bateaux de l'empire. Il irait rendre visite à sa famille plus tard, mais il les massacreraient tous, un par un. D'ailleurs, cette légère frustration fit remonter les pulsions de Val alors qu'ils traversaient le royaume des fées. Pourquoi ces créatures encore plus lâches et frêles que les elfes se cachaient-elle. C'était frustrant. Il allait devoir tenir en espérant qu'il allait pouvoir tuer des élèves recalé à l'examen. La fin du voyage se passa silencieusement et ils arrivèrent pour lever du soleil. Il aimait ce moment car il donnait l'impression que le ciel saignait. Cette fois, il prit soin de ne pas se perdre une nouvelles fois dans ses pensées. Il alla parler à l'insecte qui s'occupait, ou du moins faire un monologue puisque ce dernier ne comprenait rien au langage humain. Néanmoins, la collectivité avait de lui l'image de quelqu'un qu'il ne vaut mieux pas contrarier, il acquiesa donc de la tête à la fin des paroles de Val. L'elfe et l'"humain" montèrent sur le bateau et l'insecte de peur de représailles, ordonna la mise en marche du bateau.

- Direction Irianeth, je suis sur que tu vas t'y plaîre Naryaa !


[ Rp terminé à moins que Naryaa ne veule absolument répondre. Je commencerais le plus vite possible un post Draken-Naryaa et moi pour la procédure d'exception Wink ]
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Renaissance [PV Val]

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