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Les liens du sang [Pv Hayden]

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MessageSujet: Les liens du sang [Pv Hayden] Lun 14 Fév 2011, 18:39

Le démon, assit sur le bord du gouffre, laissait ses yeux plonger dans le vide sous lui. Les quelques mètres de chutes, la cime des arbres... puis le sol, en un sens tout cela était si attirant, presque enivrant. Enfin mettre une fin à ce désœuvrement. Mais si il ne mourait pas..? Si sa chute ne faisait que le priver de ses jambes, de ses bras..? Le laissant comme une enfant avorté, incapable de bouger, dépendant des autres, de leur pitié c'était simplement écoeurant. Pendant un moment encore, il laissa choir ses yeux au pied de la falaise, sur la masse verte des arbres. Son conscience perdue dans la masse nébuleuse de ses pensées. Les bras rejettes derrière lui, les pieds balançant dans le vide, à quelque dizaine de mètres du sol. ça faisait un moment qu'il était là... Qu'il n'avait pas bougé de son promontoire. Mais pour une fois, ce n'était guère son errance qu'il l'avait menée ici. C'était pour une fois bel et bien un motif qui l'avait poussé à rejoindre Émeraude. Une raison de plus qui venait l'éloigner du gouffre qui s'ouvrait devant lui. Un petit fils... Chose étrange, attirant sa curiosité. Son premier fils, déjà, n'était pas réellement né de sa volonté. Ce n'étai qu'un point qui lui était égal sur cette grande plaine qu'avaient crée les Dieux. Un de plus... Ses pas avaient finit par le ramener à Zénor, le royaume de son fils, quoique quelque peu illégitime, il n'avait par conséquent guère de droit sur ces terres... À cette idée, un nouveau sourire, pure ironie, vint embrasser son visage. Cette nonchalance, cette incurie qui le caractérisait tant, vanité illusoire à préserver sa liberté. Cette même prétention qui le rendait aujourd'hui prisonnier de lui même, incapable de se résoudre à mettre un point à son histoire...

Il avait donc rejoint le royaume de Zénor, faisant son chemin jusqu'au Palais de la dynastie ancestrale, quoiqu'un peu troublée une génération plus tôt. Cela faisait bien des années qu'il ne s'y était pas rendu. Il n'en avait pas pour autant oublié le chemin le plus sûr pour atteindre la chambre du suzerain. Du moins, celui par lequel il avait le plus de chances d'y parvenir.
Une fois qu'il eût atteinte cette dernière, le soleil basculait par delà la ligne d'horizon. Mais Néras était seul dans la lumière tamisée de la pièce. Posant ses yeux sur la pièce, il en fit doucement le tour, laissant ses doigts courir le long des meubles cependant qu'il passait à côté. Il finit par trouver une carafe pleine de ce qui était surement, l'un des meilleurs vins de Zénor. Son fils avait les mêmes penchants que lui. Il saisit une des coupes qui trônait près de ce qu'on aurait presque pu appeler une sculpture de verre, tant la facture de la bouteille était fine, et laissa doucement couler le liquide carmin dans le récipient. Finalement, il s'approcha de la fenêtre, cependant qu'il portait le bord du verre à ses lèvres. Laissant le liquide parfumé investir son palais. Toujours épaulé contre le cadre de la fenêtre, il contempla l'Horizon jusqu'à ce que l'astre du jour s'y soit évanouit, et que plus aucune touche pastel ne teinte l'Océan. Et, à ce point entre le jour et la nuit, ou aucun astre, ni lune ni soleil ne vient couronner le ciel. S'offrant, pour quelques instants à peine, si éphémères, dans toute sa fragilité et sa nudité au genre humain. Ce point ou la pièce, n'était plus guère éclairée que par la lumière illusoire de cette heure sombre, Néras se détourna de la fenêtre, venant se placer dans l'un des confortables fauteuils de la pièce.
Alors, sa coupe toujours en main, négligemment assis sur le siège, Néras posa un regard qui se voulait vide et insistant sur la porte, attendant qu'Uriel fasse son apparition dans la pièce. Chose pour laquelle le démon ne dut pas patienter trop longtemps...

La porte finit par s'ouvrir, laissant apparaître le visage creusé d'Uriel de Zénor. Fermant la porte derrière lui, il finit par tourner la tête vers la fenêtre et aperçut la silhouette de Néras sur le fauteuil. Il sursauta, portant la main à la garde de son arme, avant de reconnaître ce qui devait être son père biologique. Un sourire plein de sarcasme sur les lèvres, Néras adressa à son fils une pique sur sa paranoïa avant de boire une nouvelle gorgée de vin. Le roi, reprenant sa contenance, se dirigea vers Néras et se servit lui aussi une coupe de vin, gardant pour lui toute remarque sur le manque de gêne de son fils. Depuis longtemps déjà convaincu qu'elles étaient biens inutiles. Uriel reboucha la carafe, et vint prendre place sur le siège qui façait celui du démon. Posant son regard sur le visage de Néras, le suzerain dévisagea ce dernier pendant un moment. Contrairement au sien, et malgré les années qui s'étaient écoulées, il demeurait inchangé, autre trace de la pureté de sa lignée. Au bout du moment, il finit par prendre la parole, venant troubler le silence qui s'était installé dans la pièce.

-"Que viens tu faire ici ? La dernière fois que tu est venu dans ce château, je devais avoir cinq ans de moins..."
Et le vieil Uriel disait vrai. Il y avait en effet une demie décennie que Néras ne s’était pas tenu dans cette chambre, face à son fils. Il n’avait toutefois jamais vraiment considéré ce dernier en tant que tel. Néras aurait été dans tous les cas incapable d’afficher une figure paternelle. Toutefois, des décennies d’errance qu’il avait passé sur ce continent, il y avait certaines périodes où il se sentait attiré par ce château. Les étranges créatures qu’étaient les humains l’avaient toujours attiré, sa curiosité du moins. Leur capacité à vivre les choses si intensément ou encore celle bien contradictoire de pouvoir se lasser si facilement des choses malgré leur existence si éphémère. Uriel lui, offrait un entre deux entre ce qu’il était et ces créatures, ce qui le rendait tout particulièrement attirant aux yeux du démon, tout particulièrement étonnant.
Mais, en dépit de ça, il appréciait la compagnie du roi de Zénor, tant que ces rencontres demeuraient brèves et n’étaient pas trop récurrentes. Et malgré tout, Uriel appréciait lui aussi ces moments. Même si cet être l’avait abandonné et n’avait jamais eu aucune considération envers lui, même si pendant de longues années il l’avait maudit. Il trouvait quelque soulagement dans ces entrevues. À la question du vieux roi, Néras n’eût qu’une réponse nonchalante. De toute façon, il n’avait guère de raison d’être venu ici. Tout comme pour la plupart de ses actes.

Ils conversèrent pendant un moment, de tout et de rien, le roi plus que le démon, qu’avait-ce dernier de bien intéressant à raconter dans tous les cas. Et, peut-être le vin aidant, ils en arrivèrent à aborder un sujet qu’ils n’avaient jamais abordé avant. Peut-être la vieillesse grandissante du roi rendait-il ces préoccupations plus pressantes… C’est ainsi que Néras apprit la naissance de Hayden, celui qui était son petit fils. Leur discutions partirent ensuite vers des sujets plus vagues, et Néras finit par reprendre congé. Quand Néras reprenait la direction du Nord, et que le château de Zénor disparaissait derrière son épaule, la lune s’était déjà levée, au milieu d’une myriade scintillante d’étoiles.

Doucement balancé par le galop de sa monture, Néras laissait ses yeux se perdre dans le ciel d’encre au dessus de lui. La lune s’étalait dans le ciel, majestueuse. Elle avait presque atteint la moitié de son cycle, mais n’était pas encore pleine. Les rayons de l’astre venaient caresser le visage de Néras, rendant la teinte de sa peau encore plus pale qu’elle ne l’était habituellement, offrant quelque chose d’encore plus étrange aux traîts du démon. Son visage toujours tourné vers la voûte céleste, il ferma les yeux. Savourant le vent contre son visage, fourrageant ses doigts dans les cheveux du démon pour les faire virevolter. Néras prit une inspiration et laissa échapper un long soupir, rapidement absorbé par le bruit mat des sabots sur la route de terre.
Les paroles qu’il avait eût avec Uriel ne cessaient de tourner dans sa tête, et plus il pensait au descendant qu’il venait de se découvrir, plus l’envie de rencontrer ce dernier devenait prisante. Un nouveau carrefour prenait forme dans l’avenir, à nouveau, les possibilités sur multipliaient, l’avenir devenait flou. Hayden était comme un catalyseur. De nouveau choix apparaissaient, et l’avenir se divisait de nouveau en une infinité de possibilités. Cela faisait tellement longtemps que Néras cheminait sur une ligne droite, incapable d’apercevoir la moindre courbe, le moindre changement sur sa voie, c’en était presque enivrant…
C’est ainsi que Néras avait prit la route des royaumes qui connaissaient la neige, ainsi qu’il avait prit la route d’Émeraude.

Et le revoilà sur cette même, falaise, avec ce même désir, cette même curiosité qui faisait vibrer son âme. Il se tenait maintenant debout face au vide, au néant. Le regard plongeant au pied de la falaise. Mais non, il avait quelque chose à faire… Ce n’était pas encore temps, s’il parvenait à y arriver un jour, le moment n’était pas encore venu. D’autres choses le séparaient encore de ce gouffre. Il se détourna, et, toujours de sa démarche nonchalante, il se mit à descendre de son promontoire, s’enfonçant sous l’ombre mouchetée des arbres, reprenant la route par laquelle il était venu.
Quand, finalement, il atteint le bourg d’émeraude, l’après midi touchait à sa fin. Par delà la cime des arbres, le soleil disparaissait derrière l’horizon, plongeant le ciel et les écharpes de nuages d’un orange pastel. Remontant l’artère principale du bourg, alors que l’ombre des bâtiments se répandait sur la route, sans qu’aucune lueur vacillante ne vienne les repousser. Au fur et à mesure qu’il s’approchait du château, cette sensation de liberté devenait de plus en plus forte. Pareille au remous d’une cascade, de plus en plus audible, net au fur et à mesure qu’on s’en rapproche.
Autour de Néras, les gens de Bourg-d’Émeraude regagnaient leur foyers, alors que d’autres pénétraient dans les tavernes, attirés par la lumière chaleureuse, la promesse d’un repas chaud et de l’ambiance qu’apportait la bonne bière, selon les établissements… Mais Néras, le regard fixe devant lui, continuait d’avancer en direction du château. Quand finalement, quand la première enceinte apparût à Néras, un sourire s’empara de son visage. La flèche de la forteresse s’élevant à l’assaut du firmament, promesse silencieuse.
Le démon resta un moment immobile, fixant le château, réfléchissant au meilleur moyen de pénétrer en son sein sans être vu. Il finit par choisir le point d’observation plus discret qu’offrait un banc de pierre, à a quelques mètres de lui. Il s’assit sur ce dernier, et ramena la capuche de sa tunique loin sur sa tête, dissimulant ses traits aux moins curieux.
Alors que Néras fixait les pointes acérés de la herse, un homme franchit les battants ouvert de la porte, marchant dans sa direction. Il était de grande taille et, malgré la pénombre, on lui devinait un teint halé. Il ne portait rien sur la tête, laissant apparaître des cheveux courts, d’un noir profond. D’après ses armoireries et l’épée qui battait sa hanche, ce devait être un chevalier d’émeraude. Néras avait déjà entendu bien des allusions sur ces derniers, mais jamais il n’en avait rencontré formellement un. Toutefois, quand Néras posa ses yeux sur le regard de l’homme, fixant le bas du bourg, il fût convaincu de son identité. La couleur si particulière de ses iris, d’un rouge si sanguinaire, c’était l’homme qu’il était venu voir. De tels yeux, promesse d’une telle folie ne pouvait appartenir qu’à la lignée de Néras. Il sentait presque son sang courir dans les veines de l’homme. Les veines de Hayden…

Le vieux démon était décidément bien chanceux de le croiser ainsi, il n’aurait donc pas besoin de se donner tout ce mal pour connaître l’homme qui se désignait comme son petit fils. Le capuchon toujours rabattu sur sa tête, Néras attendit que l’homme soit plus loin pour quitter son banc. Il se mit à le suivre, laissant un écart assez conséquent pour ne pas donner à Hayden l’impression de le suivre. C’est la direction des bois que prit ce dernier, Et où Néras le suivit. Il s’y enfonça seul, sûrement animé du désir de quelque calme et quelque solitude. Quand le chevalier disparut dans les bois, le démon attendit encore un petit moment, puis s’approcha du tronc d’un arbre, l’enliassant de ses bras avant de s’y hisser silencieusement.
Le démon continua ainsi de suivre la promenade de l’homme, consumé par une curiosité maladive. Les humains étaient si faibles, inférieurs sur tant de points aux démons de Jerianeth. C’était des créatures défectueuses, éphémères. Toujours terrassées par de simples anomalies de leurs croissances. Mais Néras trouvait ces êtres si attirants. Combien de fois était-il tombé sous le charme de ces créatures.. ? Cela avait même aboutit à l’homme que le démon voyait en face de lui. Si fragile, et pourtant, en un sens, encore plus parfait que lui-même. L’humain était capable d’une telle passion, il avait la capacité de vivre les choses d’une façon qui lui était si propre, si intense. Et, cette fragilité faisait peut-être ce qui les rendait aussi achevés, idylliques aux yeux du démon, ce qu’il enviait le plus profondément chez eux, et ce qu’il n’avait jamais pu avoir. Ce qui les rendait capables de cette passion, d’être plus libres que ce qu’il ne pourrait jamais être, libre de l’éternité, libre de mourir. Libre peut-être de la seule chose que Néras ne pourrait jamais posséder. Cette fragilité qui les rendait si beaux…

[Bon, c’est pas super super long pour un post d’introduction, mais j’éspère que ça te plaira Smile Enjoy ]
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MessageSujet: Re: Les liens du sang [Pv Hayden] Mer 30 Mar 2011, 08:41

[ Petit, mais je pédale avec Hayden ]

Être père, être roi. Deux choses qui se ressemblent beaucoup plus qu'il ne l'aurait imaginé au départ. Dans les deux cas, il devait faire bonne figure devant les autres, devant ses enfants, pour donner l'impression qu'il sait ce qu'il fait. Le sait-il vraiment? Non, pas du tout. Il n'avait aucune idée de ce qu'il faisait là. Tous ses enfants allaient bientôt essayer de voler de leurs propres ailes et Hayden avait la mauvaise impression qu'ils allaient s'écraser. Il était loin d'être un bon père. Aucune patience pour n'importe quoi. Incapable de tolérer le moindre écart de comportement sans se mettre à crier et punir. Lyra dans tout ça? Elle était celle qui faisait que les enfants allaient bien et qu'ils en étaient là. Lui, il devrait tout simplement disparaitre de leur vie avant que tout soit perdu. Combien de temps lui restait-il avant la fin? Quelques heures, jours, années? Il avait déjà du annuler ses cours pour cause d'agressivité contre les élèves. Quels écuyers voudraient de lui comme maitre après cela? Personne et se serait beaucoup mieux ainsi. Il n'était pas fait pour prendre soin des autres, il avait plutôt besoin que les autres prennent soin de lui. Hayden était en vie grâce à un mensonge qu'il s'était formé. Il y croit même tellement qu'il ne se souvient plus qu'à l'origine, cela est un mensonge.

Quel est ce mensonge? Qu'il peut vivre comme un humain! N'importe quels autres démons lui auraient affirmé que cela est un souhait impossible, mais il ne vit pas avec des démons. Rapidement comme ça, on peut croire qu'il a réussi, que tout va bien, qu'il a une belle femme, des enfants merveilleux et un rôle important. Et s'il était malheureux ? Oui, tout avoir ce qu'on veut ne garantit en rien le bonheur. Hayden avait cru qu'avoir une femme et une famille ferait disparaitre sa peine, sa souffrance, mais elle reste toujours présente. Il ne savait pas pourquoi, mais il savait qu'il n'était pas complètement heureux, il lui manquait quelque chose, comme un trou à l'intérieur de lui, un trou qui hurlait de souffrance. Suite à des texts divers, il ne trouva jamais ce qu'il lui manquait tellement, cette substance inconnue. Sa souffrance, il n'en parlait à personne. Bien sûr, il s'isolait et était bête comme ses pieds, mais les gens autour de lui en avaient tellement l'habitude qu'il ne voyait pas à quel point il était triste et seul. De toute façon, tout le monde était si occupé que la peine d'un pauvre homme n'avait aucune importance et c’était toujours mieux ainsi.

Il n'avait besoin de personne, enfin, la présence des gens n'apaisait pas sa peine. Personne ne lui donnait ce dont il avait réellement besoin et Hayden ne pouvait même pas le demander, car il ne savait même pas ce qu'il voulait. C'était aussi une des raisons de ses grandes colères incontrôlables, être triste sans savoir pourquoi était une chose déprimante et épuisante. Il se supportait à peine lui-même, alors il ne voulait même pas imaginer comme cela était pour les autres autour de lui. Il avait même eu une récente dispute avec Kosuké. Oui, son Kosuké. Celui-ci l'avait provoqué dans une blague et Hayden avait très mal répondu. Son meilleur ami était habitué à ses sautes d'humeur, mais il y a des jours où on ne peut pas endurer les paroles des autres. La conversation s'était finie très sèchement et Hayden n'avait jamais cherché par la suite à aller s'excuser. Pas qu'il n'en voyait pas la nécessité, mais s'il se rendait chez son ami, il y avait bien plus de chance qu'une autre dispute éclate. Hayden était à fleur de peau, la moindre remarque le faisait grimper sur ses grands chevaux et la moindre critique l'amenait à la déprime. Il n'était pas en état d'aller s'expliquer ... il avait besoin de quelque chose.

Le grand roi, après un matin très mouvementé à ne rien faire dans la bibliothèque, avait décidé de sortir pour prendre l'air. Cela n'allait rien changer à son état actuel, mais il préférait toujours aller dans la forêt pour pleurer sur son malheur que de le faire devant ses enfants à l'heure du souper. Ses enfants n'avaient pas à savoir et à voir leur père faible et malheureux, ils avaient le droit de penser que celui-ci était parfaitement heureux au château avec leur mère. Ils étaient trop jeunes pour qu'Hayden commence à leur parler ouvertement de ses problèmes d'identités. Pour Lowen, c'était plus compliqué, il ne voulait pas que son fils s'identifie à son père et commence lui aussi à avoir des problèmes d'identités en se posant les mêmes questions que son père. Il n'avait pas a avoir une vie comme lui, déjà que le destin lui avait épargné d'être un démon à part entière. Oui, Hayden était jaloux de son fils, il aurait aimé naitre avec une partie d'humain en lui, tout aurait été plus facile, il n'aurait eu qu'à faire un trait sur une partie de lui-même et pas un trait sur lui-même au complet. N'est-ce pas ce que l'ordre d'Émeraude avait fait? Un grand trait sur sa personne pour le forcer à devenir quelque chose d'autre. L'ordre n'était pas les seules responsables, il avait accepté cela sans broncher, mais aujourd'hui, il ne savait pas ce qui aurait été le mieux.

Et s'il essayait d'être lui-même? Peut-être serait-il moins agressif qu'il ne le pensait? Le problème est que s'il prenait la chance d'être lui-même et qu'il blessait, ou pire tuait, quelqu'un, la vie qu'il s'était construite s'écroulait en quelques secondes. Devait-il vivre malheureux, mais avoir une vie ou vivre heureux en risquant de détruire sa vie? Que dirait Lyra? Que diraient les enfants? Pourraient-ils comprendre son malheur et vouloir tout risquer ou bien ne voulait aucun changement? Après tout, le sacrifice d'une personne pour sa famille était monnaie courante, demander de tout risquer serait un acte égoïste... Il pouvait peut-être encore tenir et se débarrasser de cette souffrance, après tout, il ne connaissait personne de sa race, peut-être qu'après un certain temps cette douleur disparaissait. Il aimait se bercer dans les mensonges et les croire jusqu'à oublier qu'à l'origine ce n'est qu'un mensonge... Les démons ne vivent pas heureux, en fait, pas avec des humains. S'il n'avait pas sa place ici, alors se pouvait-il qu'il y ait un endroit qui l'attende, pour le rendre heureux? S'il avait sa place ici, alors pourquoi n'était-il pas tout simplement heureux avec sa famille? Trop de question, pas assez de réponses. Lassé de cette vie qui tourne en rond autour de sa souffrance. Lassé de cette vie qui ne va nulle part.

Il n'était pas seul dans cette forêt, mais cela ne le frappa pas immédiatement. Il mélangeait cette présence à la sienne, comme si elle se ressemblait trop pour avoir une différence distinguant les individus. Il crut pendant un long moment que cette présence était la sienne et qu'il était seulement en mauvais état pour comprendre ce qui se passait réellement autour de lui. Il se rendit instinctivement à la rivière qui traversait le bois, pour s'y rendre une bonne marche était nécessaire, mais pour le faux démon les longues marches n'étaient pas un défi. Son corps respirait la santé physique, il respirait les jeunes années d'un homme. Arriver à cette rivière, Hayden n'y pénétra pas. Il aimait voir une rivière, il aimait regarder l'eau, mais son contact se trouvait à être désagréable pour lui. Ses vêtements se retrouveraient trempés, lui collerait à la peau et lorsqu'il marcherait pour revenir cela allait l'énerver au plus haut point. Il valait mieux de revenir dans un état serein et calme d'esprit. Il resta donc debout, les bras croisés, regardant l'eau se frapper contre les roches. C'est dans ce moment de calme qu'il ressentit pour une deuxième fois cette présence. En l'analysant, il comprit que cela n'était pas la sienne, mais qu'elle s'en rapprochait d'une manière dangereuse. Quelqu'un le suivait et l'observait. Hayden détestait ce genre de personne et maintenant qu'il était roi il devait rester sur ses gardes. Retournant la tête vivement, il fixa cette présence qu'il voyait maintenant. Il, car son allure avait loin d'être celle d'une femme, se tenait dans les arbres.


- Qu'est que vous me voulez?

Lorsque quelqu'un suit Hayden, c'est qu'il a quelque chose à lui demander, car on ne suit pas un homme de sa carrure et sa mauvaise humeur seulement pour s'amuser, c'est beaucoup trop dangereux.
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MessageSujet: Re: Les liens du sang [Pv Hayden] Dim 01 Mai 2011, 16:39

Toujours perché dans les arbres, le vieux démon continua à suivre Hayden à travers les bois. Malgré les années qui l'avaient marqués, son corps était encore dans une forme étonnante, ce de par sa race. Il était animé d'une force sauvage lui permettant d'évoluer à travers les branchages des solides centenaires. Pendant un moment, le roi d'émeraude traversa simplement la forêt, trop perdu dans ses songes pour ressentir la présence qui le suivait, où peut-être trop habitué à ressentir des auras si différentes à la sienne pour faire la part entre cette dernière et celle de Néras. Sa capuche le couvrant toujours le visage, Néras se rapprocha de celui qui était son petit fils. Il n'avançait maintenant plus, les bras croisés sur sa poitrine, il contemplait les remous de la rivière d'un air songeur, indécis même. Le démon s'approcha encore, il n'était maintenant plus qu'à quelques mètres de Hayden. Il pouvait apercevoir la course de l'eau qui se heurtait contre les rochers, le son cristallin de cette dernière. Enfin il y était, cette pensée qui hantait ses songes depuis des jours. Le remous de l'eau, les milliers de possibilités qui s'offraient, indistinctes, la croisée des chemins. Il se tenait accroupi sur une branche d'un vieux chêne, une main posée sur cette dernière, l'autre, ballant dans le vide. Son regard perdu sur la rivière. L'endroit était assez calme, en dehors du chant de quelques chants d'oiseaux, on entendait rien sinon le son de la rivière. Pourtant, L'ésprit du démon résonnait d'un brouhaha de pensées. Là où, soudain, l'étonnement venait briser la monotonie lassante de ses années, la dernière chose, peut-être qui avait encore de la valeur à ses yeux, ou, tout du moins, la dernière à attribuer de la valeur à ses jours. Comme milles murmures venant se glisser à son oreille, bribes de son passé, désoriantatants, enivrants.
Brusquement, Hayden se retourna vers Néras, plantant ses yeux directement dans ceux du Démon, grâce aux sens magiques que ce dernier possédait. D'une voix qu'il voulait glaciale, presque autoritaire, du moins, c'est ainsi que Néras l’interpréta, Hayden demanda au vieux démon ce que ce dernier lui voulait. Néras ne répondit pas tout de suite, considérant comme absurde et inutile de rester perché sur cette branche. Quittant le regard pourpre du roi d'Émeraude, le démon se laissa glisser de la branche jusqu'au sol, où il atterrit dans un bruit mat. Il porta alors ses deux mains au capuchon qui couvrait sa tête et le retira, révélant ainsi ses traits au démon. Ses yeux, rouges, presque semblables à ceux d'Hayden... Ils se tenaient maintenant l'un en face de l'autre, deux êtres à la carrure impressionnante. Impressionnante car ils étaient musclés, certes, mais surtout parce qu'elle était peu commune, inhumaine. Néras porta alors ses deux mains à la capuche qui couvrait ses traits, la rabattant sur sa nuque. Leurs regards se mêlèrent alors, rouge sangs, fresques semblables. En les observant, on retrouvait dans leurs traits quelque ressemblance, legs d'une lignée de démon. Ils avaient la même mâchoire. Néras, les yeux toujours plongés dans ceux d'Hayden, prit finalement la parole, rompant le silence qui s'était instauré entre les deux démons. Il n'avait aucune idée de ce qu'il lui voulait, il n'avait pas prévu les choses beaucoup plus loin. Toutes les fois où il s'était projeté, il s'était arrêté à ce moment, là où il se retrouverait finalement en face de lui. Qu'allait-il faire, le prendre dans ses bras..? Et puis quoi d'autre, il n'avait pas fait un bon père, il ne ferait pas un meilleur grand père. Les démons ne faisaient pas de bons pères. Ils n'étaient pas vraiment capable d’affectivité, du moins, pas dans le sens ou les humains l'entendaient. Alors il ne lui voulait rien vraiment, que le rencontrer. Il n'aurait sû dire ce qui l'avait poussé ici, ni même ce qu'il faisait ici. C'était une question à laquelle il n'avait su répondre tout au long de sa vie. Il parla d'un air calme, tout en secouant doucement la tête

-" Je ne te veux rien, vraiment. "

Tout en parlant, un sourire s'était creusé au coin de la lèvre du démon.

[Désolé, c'est pas très long, mais j'avais pas vraiment de raison de dire autre chose ou d'en rajouter. ]
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MessageSujet: Re: Les liens du sang [Pv Hayden]

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