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Le temps des révélations... [PV Lyon <3]

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#Zeïlia

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Rôle : Chevalier d'Émeraude
Âge du personnage : 35 ans
Date d'inscription : 25/06/2008

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Âge: Mort à 35 ans
Rôle: Chevalière d'Emeraude
MessageSujet: Le temps des révélations... [PV Lyon <3] Dim 20 Déc - 21:24

Le vent soufflait lentement sur Émeraude, cette nuit-là. La voix de l'élément résonnait à travers villages, clairières, champs et à travers chaque fenêtre ouverte du château d'Émeraude. Les vêtements suspendus à de grandes cordes tressées virevoltaient, claquaient et donnaient un air calme et serein à la scène. Il n'y avait pas un son, le soleil n'avait toujours pas décidé de sortir de sa cachette. Les étoiles, hautes dans le ciel, brillaient toujours de milles feus, guidées par la lueur pâle et douce de la Lune qui s'élevait gracieusement au centre du ciel, de sa pâle lumière blonde, inondait les champs de reflets clairs. De la forêt s'élevait le réconfortant murmure de la vie. Des chouettes qui scrutaient la nuit à la recherche d'une souris ou d'un autre petit animal qui pourrait leur servir de repas. Les plus gros animaux, pour la plupart, diurne, étaient profondément endormis et, de leur respiration forte et profonde, donnait une énergie magique à la forêt.

Le village était plongé dans la pénombre, la vie semblait y avoir été balayé par un coup de vent et pourtant, on ressentait encore l'énergie passée, cette énergie lumineuse et forte de la joie, de l'ambition et du bonheur de vivre. Quelques lanternes illuminaient timidement l'allée centrale du village, dessinant les gras contours de barils ou d'un puit attendant patiemment qu'une main ferme vienne y puiser son eau. Il y avait quelques auberges où l'on y discernait trace de conscience active, des hommes en train de jouer aux cartes, un couple de jeunes adultes récemment mariés qui fantasmait sur leur vie future, rêvant d'une maison gigantesque, de 4 ou 5 enfants en santé avec un champ, un énorme champ de blé où ils élèveraient des poules et des vaches et pourquoi pas des lapins? Par la faible lueur qui parvenait de leur chambre, on pouvait voir leurs sourires heureux et francs.

Un peu plus à l'est de là, de grands murs de pierre s'élevaient au-dessus du sol plat de la plaine. De hautes herbes avaient grandi à leurs côtés, profitant des encavements des pierres pour y faire glisser leurs branches et utiliser le mur comme appuie pour résister aux vents parfois féroces qui auraient pu les déloger facilement, mais qui, grâce au mur, peuvent enfin s'approcher de ce ciel bleu qu'elles veulent tant atteindre de leurs feuilles vertes. La lune permettait d'apercevoir les contours sombres du château d'Émeraude, ses hautes tours parsemées de fenêtres pour la plupart, fermées de volets d'une couleur sombre, qui au soleil rayonnait telle une émeraude. La grande cour du château était silencieuse, parfois entrecoupée d'éternuements des solides gaillards qui agissaient comme garde aux portes du château et un peu partout sur la muraille. On entendait parfois quelques cris de chevaux qui, réveillés pour une quelconque raison, désiraient rappeler à leurs maîtres qu'ils avaient faim ou soif. Bien vite ils se taisaient, se rendant compte que la nuit était toujours tombée et que personne ne viendrait à eux, ils se rendormaient plus ou moins rapidement.

Chevaliers et écuyers dormaient tous à poing fermé, les yeux clos, la respiration lente, leur tête s'activait à faire passer différentes images derrière leurs paupières, ces images qualifiées de "rêves". Les élèves étaient tous, eux aussi, bien plongés dans les ténèbres de la nuit, enveloppés dans leurs draps d'amour et de bonheur, surveillés par l'affection de leurs professeurs attentionnés et protégés par la magie de l'amour humain. Leurs petits coeurs battaient lentement un rythme naturel, heureux, leurs visages endormis, souriants illuminait la nuit de cette joie nocturne. Tout le monde dormait profondément, mettant de côtés tous leurs problèmes pour reposer leur corps et leur esprit, sauf elle.

Au nord de la grande cour du château d'Émeraude. À cet endroit précis, où il y avait un magnifique saule pleureur, où coulait une petite rivière, que l'on aurait très bien pu qualifier de ruisseau aussi, c'est à cet endroit qu'elle était. Cet endroit qui évoquait pour elle tant de souvenirs, aussi tristes qu'heureux. Le vent soufflait lentement sur Émeraude cette nuit-là, faisant danser les feuilles du saule gracieusement, libérant une douce harmonie de son de froissement, de frottement et de sifflement. Le calme régnait sur l'endroit, comme si tout ce qui s'y était passé n'avait jamais eu lieu, comme si tout avait disparu, emporté par le même vent qui créait cette symphonie. Le noir régnait sur l'endroit, on ne discernait les choses que grâce à la Lune. Enfin, sauf à quelques moments précis où l'on entendait sa respiration s'accélérer, peu après, une douce lumière blanche inondait le coin paisible. En s'y attardant un peu plu longtemps, on pouvait l'apercevoir elle, cette jeune femme, âgée alors de seulement 19 ans, son mince corps d'un blanc crème recouvert simplement d'un chandail moulant, noir et d'un pantalon qui lui arrivait au genou, de la même couleur. Sa chevelure de feu était tressée et descendait paresseusement dans son dos, jusqu'au creux de ses reins. Quelques mèches rebelles en sortaient à différents endroits, se lâchant d'un seul coup pour être emporté dans les courtes vagues de vents qui passaient de temps en temps. Les petites mèches se mettaient alors à virevolter dans une danse dénudée de sens.

Son visage était paisible, calme, serein, mature. Son regard, profond ne regardait rien en particulier, elle était simplement là, perdue dans son propre monde magique, enfermée dans ses propres pouvoirs, elle négociait, d'une certaine façon, avec eux. Ses mains, remontées au niveau de son nombril, écarté de façon à former étrangement la forme d'un V. À ce moment-là, il n'y avait pas une seule once de lumière. Il y avait seulement la poitrine de la jeune femme qui se soulevait et se rabaissait plus ou moins rapidement et le son qu'elle faisait, ce son caractéristique d'une personne essoufflée.

Près d'une minute passa avant qu'elle ne rabaisse ses bras. Son corps se soulevait toujours, elle avait trop forcé l'espace d'un instant, son corps avait supporté le tout, mais il avait besoin d'un rapide moment de répits. Elle ne pourrait pas reprendre l'exercice avant quelques minutes encore. Sa respiration se calmait lentement, faisant de moins en moins de bruits jusqu'à n'être plus qu'un léger fond sonore, accompagnant la symphonie musicale que créait le saule, avec ses branches tombantes et ses longues feuilles minces et fragiles. La jeune chevalière n'était tout simplement pas chaussée, ses petites sandales de cuir traînaient un peu plus loin dans le noir de la cour du château. Elle avait décidé de les enlever étant donné qu'elle avait plutôt de la difficulté à s'entraîner si elle n'était pas directement sur le sol. Peut-être avait-elle besoin d'un quelconque lien avec la terre ferme pour fonctionner. Était-ce une question d'équilibre? Peut-être, elle-même ne le savait pas, elle savait seulement que les résultats étaient plus concluants lorsqu'elle ne se chaussait pas et n'avait pas son armure sur elle. Le poids que l'armure représentait empêchait la jeune femme de mettre correctement au point les différents exercices qu'elle voulait effectuer. Ainsi, elle ne portait ni chaussures, ni chaussettes, ni armure, ni fanfreluches inutiles que les dames semblaient adorer porter ni rien d'autre de superflue.

Sa respiration calmée, elle inspira longuement, fermant les yeux avec douceur et sérieux, ses bras minces, mais pourtant puissants, se relevèrent dans leur position assignée. Quelques secondes passèrent avant que les yeux de la jeune femme ne s'ouvrent de nouveau, découvrant ses pupilles dilatées remplies d'une détermination recouverte d'une couche épaisse de calme et de sérieux, elle voulait réussir. Elle allait réussir. L'espace d'un battement de coeur, l'énergie magique de la jeune femme se concentra au plus profond de son coeur, devenant aussi petit qu'une miche de pain, se concentrant de plus en plus, rapetissant de volume de plus en plus. Elle fronça les sourcils, ce n'était pas quelque chose de très douloureux, mais cela ne faisait pas réellement du bien non plus. L'énergie magique tournoyait en elle, ses membres se mirent à osciller. De l'extérieur, on aurait dit qu'il ne se passait rien de très spécial, elle avait simplement l'air d'avoir froid et de trembler, ave une drôle de tête cependant. C'était à l'intérieur que tout se passait en fait, son énergie magique, elle la remodelait complètement son énergie, elle décuplait son propre potentiel magique, comme elle avait appris à le faire durant son temps d'écuyère. Enfin, elle n'avait pas appris cette technique de découplage là. Celui d'avant, elle le faisait physiquement, matérialisant d'une certaine façon, une partie de son énergie pour la faire doubler de volume et ainsi envoyer une attaque légèrement plus puissante sur le coup, mais pas autant demandant qu'une attaque directe avec son énergie sans transformations.

Le volume de l'énergie diminua encore un peu plus, cependant, Zeïlia commençait à faiblir, bien qu'il ne s'agissait que de la manipulation d'énergie, cet exercice était très demandant. Son visage se tordait d'une manière plutôt étrange, ses dents serrées, elle tentait de retenir l'énergie cumulée. Finalement, lorsqu'elle sentit qu'elle avait atteint la limite, d'un rapide mouvement, Zeïlia vint fracasser ses deux mains l'une contre l'autre, juste devant son coeur. Ses deux paumes se touchaient complètement. Il passe bien quelques secondes avant que Zeïlia, qui avait fermé les yeux pour se concentrer, n'ouvre ses paupières pour observer la nuit de ce regard vide qui la caractérisait tant. À ce moment-là, la jeune femme sembla prendre 10 ans, son visage prit une allure sage, sereine et âgée. Ses traits se tirèrent au fur et à mesure que ses mains s'éloignaient l'une de l'autre, une douce lumière dorée se répandait autour de la jeune femme. À l'endroit où elle avait fracassé ses mains, une petite bille de lumière tourbillonnait sur elle-même. Cette petite bille n'était pas plus grosse qu'une tête d'épingle, elle était ridiculement petite, elle semblait si faible, si facilement destructible. Elle semblait être en verre et dotée d'une lumière dorée qui provenait de son centre. Zeïlia arrêta de bouger ses bras lorsque chaque main fut à peut près à 30 centimètres de l'autre. C'est à cet endroit que Zeïlia manquait normalement, elle était capable de se rendre à matérialiser son énergie concentrée, mais elle n'était pas capable de la manier et de laisser s'échapper un niveau contrôlé de magie, qui, il faut bien se le rappeler, s'exerce sous forme lumineuse pour notre petite Zeïlia.

Inspirant profondément, la jeune femme fit s'avancer lentement ses mains, la petite bille, après une fraction de seconde à résister à l'attraction des mains dû abandonner et suivre les mouvements de sa créatrice. Lentement, la petite boule lumineuse avançait, les bras de Zeïlia s'arrêtèrent, mais ses paumes, tournées en direction de la petite bille, continuèrent de s'avancer, se tournant pour traîner la bille magique plus loin devant la jeune chevalière. Un silence profond régnait, Zeïlia contrôlait parfaitement sa respiration, arrêtant son mouvement quelques fois pour inspirer lentement ou expirer au même rythme. Zeïlia arrêta complètement de bouger lors la petite boule lumineuse fut à environ une dizaine de mètres d'elle. Expliquée ainsi, l'activité semblait simple, mais pourtant, plus Zeïlia tenait la petite bille contenant son énergie éloignée, plus il lui fallait dépenser une quantité phénoménale d'attraction et donc, de matière magique. La bille était un peu reliée à Zeïlia par de longs fils magiques que la jeune femme essayait de retenir, car la quantité d'énergie que pouvait laisser s'échapper la petite bille n'était pas dangereuse, mais tout de même assez puissante pour affoler quelques personnes et en réveiller d'autres.

Il passa près d'une minute pour que Zeïlia bouge de nouveau. Elle avait, d'une certaine façon, prit le temps nécessaire à son corps pour s'habituer à la puissance qu'elle devait dégager par ses paumes, puisque normalement, lorsqu'elle ne faisait que créer différentes balles de lumières plus ou moins puissantes, elle laissait son énergie émaner de son corps complet, cela lui permettait un meilleur contrôle de la balle de lumière et elle pouvait faire différentes choses à la fois. Mais, étant donné que ce qu'elle essayait n'était qu'un projet sur lequel elle travaillait depuis quelques mois, elle n'était pas capable de contrôler la balle simplement en laissant son énergie s'échapper librement de ses membres. Donc lorsque la petite Zeïlia bougea de nouveau après cette minute de silence complète, ce ne fut pas pour continuer de faire avancer la boule, mais bien pour en libérer une partie de l'énergie, la lumière dorée qui émanait de la petite bille blanchit jusqu'à devenir un blanc pur, un blanc aveuglant. Zeïlia refermât alors ses poings d'un coup sec rapide, ses sourcils se froncèrent et elle coupa momentanément le lien qui l'unissait à la bille pour bouger rapidement ses main, paume en direction de la bille, droits et crispés. Elle ne devait surtout pas se relâcher maintenant, elle devait à tout prix essayer de rester calme, de modeler sa puissance. Peut-être en avait-elle fait trop? Peut-être...

La lumière prit peut-être, quelques fractions de seconde à réagir à la liberté, elle commença par tourner au blanc, diminuer pour finalement réagir correctement, de la petite bille, minuscule et qui semblait si faible, une lumière intense, puissante et aveuglante s'en échappa. Elle répandit autour de la jeune femme sa puissance, une vague d'énergie balaya alors la cour du château, illuminant chaque recoin de l'endroit. Aux yeux de Zeïlia, cette lumière n'était rien, puisqu'il s'agissait de sa propre puissance, l'effet que la lumière aurait eu sur quelqu'un d'autre ne l'atteignait pas. En ce moment, Zeïlia faiblissait, ses jambes tremblaient, ses minces bras devenaient mous, il lui sembla alors que contrôler la puissance, lorsqu'elle avait été libérée une première fois, devenait impossible.

Le temps passait, Zeïlia était étourdie, la balle aspirait sans cesse son énergie, elle puisait dans les dernières réserves de la femme, Zeïlia dû faire ce qu'elle n'aurait jamais voulu faire normalement. Frappant de nouveau ses mains devant elle, elle éloigna une fois de plus ses deux mains l'une de l'autre. La petite bulle d'énergie, alors loin de Zeïlia, fut comme aspirée par l'énorme boule sombre qui lévitait devant la jeune fille, entre ses deux mains. Lorsque la petite chose eut complètement disparut dans la plus grande, Zeïlia relâcha ses muscles et la grosse balle d'énergie ne fit que "s'évaporer".

Cette balle, elle avait appris à la faire apparaître grâce à Natsil, le copain de son ancien maître. Étant le dieu de la lumière, il avait maintes fois aidé Zeïlia à développer ses capacités magiques, lui apprenant comment contrôler adéquatement le niveau d'énergie, comment s'amuser avec ses balles de lumières et comment, plus tard, elle pourrait utiliser ses pouvoirs. Natsil lui avait aussi appris à créer cette balle sombre qui "aspirait" sa propre énergie. En fait, il s'agissait un peu d'un vortex qui donnait au plus profond de l'âge de Zeïlia. Ce vortex ne pouvait aspirer rien d'autre que la propre énergie de la jeune femme chevalier. C'était sa façon de recycler son énergie, de pouvoir rester debout, sans tomber. Pourtant, elle n'aimait pas utiliser cette technique, cela lui rappelait qu'elle avait échoué, si elle avait réussi, elle n'aurait pas eu à l'utiliser puisqu'elle aurait correctement dosé son énergie. Zeïlia s'en voulait d'avoir échoué, elle voulait créer cette technique le plus rapidement possible pour apprendre à l'utiliser adéquatement, mais elle était en retard. Si elle ne pouvait pas aider en aveuglant, qu'allait-elle bien pouvoir faire? Oui, c'était bien ce qu'elle essayait de faire, une petite bille magique capable d'aveugler durant quelques instants un certain nombre d'êtres qui la regarderait plus ou moins directement. Ainsi, sur le champ de bataille, elle pourrait aveugler ces êtres répugnants qu'étaient les insectes d'Irianeth. D'après les notes de leurs ancêtres, les insectes n'appréciaient pas la lumière, elle pouvait donc profiter de cela pour aveugler leurs bataillons quelques secondes, le temps de laisser les chevaliers en abat quelques-uns. C'était ce qu'elle tentait de faire, mais elle n'avait toujours pas réussi, elle devait se dépêcher, mais pourtant, elle n'était pas capable d'arriver correctement au résultat désiré.

Essoufflées, Zeïlia tomba à genoux, prenant appui sur ses mains, elle laissa sa tête pendre, ses petites mèches rebelles se pavanaient devant ses yeux en était parfois repoussée par les maigres caprices du vent. Son coeur battait la chamade, elle serrait les dents, les poings férocement crispés. Le froissement des feuilles du saule se fit de nouveau entendre, faisant redescendre le calme sur la grande cour, enfin presque. Des pas précipités retentirent, brisant le doux et profond silence de la grande cour. Lorsque le bruit métallique d'armures parvint aux oreilles de la jeune femme, celle-ci tourna lentement la tête, redressant piteusement son corps affaiblit par l'exercice passé. Lorsque les pas cessèrent, Zeïlia rabaissa la tête avant de se donner un petit élan pour se relever.

- Dame Zeïlia? Vous allez bien? Nous avons vu une lumière, s'est-il passé quelque chose?

Il s'agissait de trois hommes, deux plutôt corpulent et un autre, plus petit et plus maigre, il semblait assez faible et environ du même âge que la chevalière, peut-être même un peu plus jeune. Les deux hommes avaient le visage inquiet, mais sans plus, ils étaient simplement curieux de savoir ce qui s'était passé pour qu'une telle lumière apparaisse, le plus jeune, quant à lui, semblait complètement trembler de peur, ce qui lui passait par la tête, ça se lisait sur son visage, il craignait une attaque. Il avait peur de mourir, à travers son regard bleu, camouflé par un rideau de cheveux bruns, Zeïlia pouvait facilement y déceler de la peur. Le plus jeune et un des deux hommes tenait chacun une torche où brûlait un feu faible, sur le point de mourir. Zeïlia se releva lentement, toujours essoufflée, elle esquissa un mince sourire, prenant appui sur ses genoux pour essayer de mettre correctement ses idées dans sa tête et elle se redressa.

- Non non, je vais bien! Il ne s'est rien passé d'alarmant, nous vous en inquiétez pas! Je ne faisait que m'entraîner.

Le regard du plus jeune fut légèrement surpris, les deux autres hommes sourirent à la jeune femme en hochant lentement la tête. Il ne devait pas être rare qu'un chevalier décide d'aller s'entraîner en pleine nuit au beau milieu de la cour du château. Cela les rassuraient aussi un peu, de savoir qu'un chevalier était debout et que s'ils avaient un problème, que le chevalier pourrait vite venir à leur secours. Cependant, le jeune homme, probablement un nouveau parmi les gardes, car, de la façon qu'il observait Zeïlia, il semblait affreusement douter de sa parole et la jeune chevalier ne manqua pas de le remarquer, elle fit un simple sourire au garçon, releva la main à la hauteur de son épaule, paume vers le ciel et laissa une toute petite boule lumineuse apparaître au creux de sa main. La boule devait avoir la grosseur d'une petite pomme et elle lévitait au creux de sa main. La lumière qui en émanait était dorée, comme la lumière qui émanait des flammes d'un feu de camps.

La lumière éclaira alors le visage émerveillé du jeune homme. Était-ce la première fois qu'il voyait ainsi un chevalier utiliser ses pouvoirs? Pourtant, il n'était pas rare de voir un chevalier s'entraîner, peut-être était-il toujours au mauvais endroit au mauvais moment. Il n'avait peut-être tout simplement pas eu la chance de voir cela de près. Il était aussi, peut-être toujours assigné de nuit, comme garde, ce qui pourrait expliquer la raison pour laquelle il ne voyait pas les pouvoirs des chevaliers. Les deux autres gardes observaient avec amusement l'expression du plus jeune, il leur rappelait la première fois où il avait vu quelque chose du genre. Depuis le temps, ils avaient appris à arrêter d'observer avec béatitude les capacités des chevaliers, ils avaient arrêté de les envier, se disant qu'ils pourraient être célèbres, ils les respectaient maintenant, leur travail n'était pas des plus faciles. Ils risquaient leur vie à chaque fois qu'ils quittaient le château.

Bien sûr, les deux gardes âgés connaissaient très bien l'histoire de Zeïlia, ce qu'elle avait fait, ce qu'elle était sensé avoir vécue. Il y avait parmi les gardes, des hommes qui la détestaient, pas juste parce qu'elle était jeune et qu'elle avait trahi l'ordre, mais aussi car certains avaient des liens avec la servante qu'elle avait assassinée. Ceux-là méprisaient la jeune femme, bien que celle-ci faisait tout pour être mieux qu'elle ne l'était vraiment. Enfin, au moins, les deux gardes du moment avaient de la compatie pour la jeune fille, ils étaient témoins des efforts qu'elle faisait pour être à la hauteur des attentes qu'on avait d'elle. Ils comprenaient que cela ne devait pas être très facile, ils lui firent un mince sourire respectueux et baissèrent la tête lentement. L'un deux tourna les talons t commença à avancer pour retourner à son poste habituel, l'autre releva son énorme main pour attraper la tête du plus jeune, encore fasciné par la petite boule lumineuse, il fit tourner la tête du garçon et l'emmena avec lui, marmonnant différentes choses sur les chevaliers et la façon dont il fallait s'adresser à eux et les regarder.

Zeïlia, qui avait eu le temps de retrouver un rythme de respiration calme, ferma sa main d'un seul coup lorsque les gardes eurent disparu de son champ de vision, la petite balle lumineuse éclata pour se désintégrer en une légère plus dorée. Zeïlia resta quelques secondes à sourire, toute seule, au beau milieu de la nuit, avant de soupirer, baisser la tête et tourner son regard perdu en direction du saule aux branches dansantes. Elle n'avait plus vraiment envie de continuer à s'entraîner, pas qu'elle était épuisée, non, elle se sentait simplement inutile, incapable et complètement stupide. Elle n'était pas capable de faire une chose aussi simple qu'aveugler? N'était-ce pas une chose simple? Elle n'avait qu'à créer une lumière vive! Et pourtant, pourtant, de toutes les façons qu'elle avait essayées, aucun n'était réellement capable d'émettre une lumière aussi vive et frappante que celle de la bille concentrée.

Soupirant de nouveau, Zeïlia laissa ses épaules s'affaisser avant de relever la tête vers le ciel, ses mèches de feu glissèrent sur son visage pour finalement être emporté par le vent. Le regard émeraude de la jeune femme observa le ciel sombre. À quel moment avait-elle fait cela pour la dernière fois déjà? Cela devait bien faire plusieurs mois qu'elle n'était pas restée là, à regarder les étoiles, elle avait été trop prise dans les derniers mois à s'entraîner la majeure partie de la nuit et le reste des nuits, elle essayait toujours de dormir, puisqu'elle devait entraîner son écuyère le matin et une grande partie de la journée. Cela lui prenait tellement de temps, que la dernière fois où elle avait eu une nuit à elle avait été la nuit de l'attribution, car elle avait été complètement incapable de dormir. Cette nuit-là, elle l'avait passée sur les murailles, avec Lyon. Relevant la tête vers l'endroit où ils étaient, Zeïlia sourit pour elle-même avant de secouer la tête, elle ne devait pas retourner dans le passé et y vivre, elle devait essayer de voir les prochaines fois où elle pourrait refaire cela, au lieu de simplement se remémorer les bons moments de sa vie.

Inspirant lentement, Zeïlia s'étira, plissant les yeux et laissant un drôle de petit bruit sortir de sa gorge, lorsqu'elle se relâcha, elle soupira lentement. Il était encore tard dans la nuit, elle n'avait pas beaucoup de temps avant que le soleil ne se lève, peut-être pourrait-elle aller faire un tour aux cuisines, voir ce qu'elle pourrait grignoter en attendant le lever du soleil pour aller s'entraîner une fois de plus avec Lyllianna. La femme chevalier n'avait pas sommeil du tout. Elle n'avait pas dépensé autant d'énergie qu'elle ne l'aurait voulu en fait, ce qui lui donnait encore suffisamment d'énergie pour rester éveillé le restant de la nuit et la journée suivante. Il devait bien lui rester un peu plus d'une heure avant que le soleil ne se lève. Mais bon, elle se fichait un peu du temps qu'il lui restait, étant donné qu'elle avait donné congé à Lyllianna pour la journée. Elles n,avaient pas arrêté de s'entraîner depuis plusieurs semaines, elle pouvait donc lui laisser une bonne journée de repos pour socialiser un peu et aller voir ses amis. Zeïlia savait bien qu'être écuyer pouvait un peu briser des liens d'amitié étant donnés qu'ils avaient beaucoup moins de temps pour se voir qu'à l'état d'élève. Ce fut donc une autre des raisons pour laquelle Zeïlia avait donné le choix à Lyllianna de faire ce qu'elle voulait.

Zeïlia secoua lentement la tête, inspira, ferma les yeux, expira, ouvrit les yeux et s'approcha de ses sandales de cuir, plus loin, près d'un mur du château. Elle les ramassa du bout des doigts, se redressant gracieusement, le ciel commençait calmement à être illuminé. Au-dessus des hauts volcans, on pouvait très bien remarquer que le ciel prenait une teinte plus claire, plus grise, moins noire. Qu'allait-elle bien pouvoir faire de sa journée? Voulait-elle flâner dans le château? Non, elle le voyait beaucoup trop souvent, elle devait sortir, mais pour aller où? Le village était-il attrayant au point où elle pourrait aller perdre une journée complète là-bas? Non, pas vraiment, le village avait beau offrir différentes activités, à chaque fois qu'elle s'y retrouvait, elle finissait toujours surchargée de tâches données par les villageois qui semblaient adorer profiter du fait qu'elle n'était qu'un jeune chevalier sans réelle puissance psychologique, elle était faible et ne savait pas dire non. Ils profitaient de cela pour lui faire faire différentes choses. Bien qu'aider faisait toujours plaisir à la jeune femme, cette nuit-là, elle voulait fuir l'humanité, se retrouver seule. Peut-être pourrait-elle aller se coucher dans un champ et observer les nuages passer au-dessus de sa tête, cela lui permettrait de prendre du repos, de rester calme toute la journée sans être dérangée et qui plus est, elle n'aurait que le son du vent comme compagnon. Elle s'imaginait déjà, assoupie, au beau milieu d'un champ de blé, le vent ferait danser les épis dans de magnifiques vagues blondes reluisantes pendant qu'elle, elle serait en train de rêver d'une vie meilleure, une vie simple où elle se serait déjà mariée aurait probablement des enfants, avec un charmant fermier fort. Elle pourrait être une femme simple, banale avec déjà peut-être un ou deux enfants. La plupart des jeunes femmes du peuple se mariaient autour de 17 ou 18 ans. N'en avait-elle pas déjà 19? Bien sûr, elle n'était pas encore vieille, elle avait toujours du temps devant elle, mais elle avait l'impression que ce temps passait tellement vite, elle n'avait toujours pas trouvé quelqu'un qui semblait l'avoir remarqué, il fallait dire qu'avec sa réputation, elle n'était pas le meilleur choix pour un homme. Les hommes de son âge rêvaient tous d'une femme forte capable d'élever une grande famille. Pas une simple petite gamine, minuscule et faible, chevalier qui plus est! Ils ne voulaient probablement pas non plus d'une femme en ayant déjà tué une autre. Elle était un meurtrier, tout le monde le savait, et la plupart des gens la redoutaient encore!

Soupirant lentement, Zeïlia enfila ses sandales, attachant les lanières après ses petites chevilles. En se relevant, Zeïlia ferma les yeux, avant de les rouvrir quelques secondes plus tard en prenant la même direction qu'avaient prise les trois gardes un petit moment auparavant. Ses pas étaient lents, sa tête baissée et ses bras se rejoignaient dans le dos de Zeïlia. Une fois de plus, la jeune femme se perdit dans sa rêverie. Comment aurait été sa vie si elle n'avait pas eu de pouvoirs? Serait-elle morte dans la petite grotte où elle s'était cachée, plus jeune, après la mort de sa mère? C'est une possibilité, mais si elle avait réussi à survivre? Comment aurait-elle grandit, serait-elle encore la petite gamine écervelée qui ne pensait qu'à elle? Elle n'aurait pas rencontré Isklive, aurait-elle tout simplement réussit à se faire des amis? Aurait-elle rencontré la bonne personne pour elle? Peut-être aurait-elle rencontré son âme soeur! Mais elle n'aurait pas su qu'il s'agissait de lui alors! Tout de même, elle serait heureuse, ailleurs, car bien sûr, elle aurait fui Émeraude!

Zeïlia en était certaine, elle ne serait pas resté à Émeraude, cet endroit lui procurait beaucoup trop de vieux souvenirs assez douloureux, surtout à propos de sa mère, cette femme qui ne l'avait pas élevée comme sa propre fille, mais comme une esclave, une servante. Zeïlia n'avait donc pas connu l'amour maternel, ni paternel, n'ayant jamais connu son père, elle ne pouvait pas vraiment avoir été aimé par celui-ci. Elle serait probablement allée vivre à Rubis, ou peut-être bien à Perle, ou dans probablement n'importe quel royaume, tant que ce n'était pas Émeraude. Bien sûr, Zeïlia avait vécu à Émeraude, bien qu'avec ses souvenirs de sa maison et de ce qu'elle y avait vécu, ils avaient rapidement été balayés par d'autres souvenirs plus heureux, meilleurs et elle avait pu vivre normalement dans le royaume, sans vraiment avoir de difficulté à s'adapter ou a bien fonctionner. Ses débuts avaient été difficiles oui, mais avec le temps et grâce aux membres de l'ordre, elle avait changé.

Zeïlia l'atteignit finalement, cette énorme porte qui s'ouvrait paresseusement sur le monde extérieur. Les gardes étaient en train d'abaisser le pont et essayaient, avec l'aide de serviteurs, d'ouvrir la grande porte en tournant d'étranges roues qui étaient reliées aux portes par d'énormes cordages et de grosses chaînes massives. Étant donné que le soleil allait se lever sous peu, les serviteurs et les gardes devaient ouvrir les portes, coïncidence excellente avec les plans de la jeune femme chevalier. Croisant les bras, Zeïlia posa son attention sur les gardes, ignorant ses rêveries habituelles. La porte commençait à paresseusement s'ouvrir, laissant entrevoir les champs de l'autre côté du pont. Le pont était déjà abaissé, les serviteurs qui s'étaient affairés à cette tâche redescendaient piteusement les marches qui menaient au haut de la muraille, c'était de cet endroit qu'ils montaient et abaissaient le pont. Les portes furent ouvertes d'environ un mètre lorsque Zeïlia demanda à passer. Les gardes l'observèrent curieusement, ne s'était-elle pas entraîné toute la nuit? Pourquoi sortait-elle sans même dormir un peu? Elle était folle du travail peut-être!

L'homme auquel elle s'était adressé bougea d'un pas, montrant ainsi à Zeïlia qu'elle pouvait y aller, qu'elle avait le champ libre. La jeune femme répondit poliment par un sourire et en inclinant rapidement la tête, elle passa par l'ouverture, marchant lentement au centre du pont. Le bruit de ses sandales sur le bois était presque inaudible, sauf si on se concentrait bien fort et écoutait attentivement, on pouvait discerner le léger frottement du cuir sur le bois. Zeïlia avait atteint la route lorsqu'elle entendit des pas précipités derrière elle. Se tournant lentement, elle vit le plus jeune des trois gardes arriver, le visage presque inquiet. Il s'arrêta à environ un mètre et demi du chevalier, il prit appui sur ses genoux, rattrapant son souffle. Courir avec une armure comme la leur ne semblait pas quelque chose de très simple. Zeïlia attendit, ne le pressant pas, de toute manière, elle n'avait pas grand-chose à faire. Lorsque le garçon se releva complètement, Zeïlia remarqua qu'il était à peine plus grand qu'elle. Il ne devait pas avoir plus de 16 ou 17 ans ce garçon. Souriant gentiment Zeïlia l'invita à exprimer ce qu'il voulait lui dire.

- Vous... Vous, eum... Vous ne prenez pas de cheval? Je veux dire, vous... Vous n'allez pas vous fatiguer?

Zeïlia ne fit que secouer calmement la tête, elle n'en avait pas besoin, elle voulait aller s'étendre dans les champs, dans le silence le plus complet, un cheval, bien qu'agréable à monter, ne ferait que du bruit lorsqu'elle s'arrêterait. Elle préférait y aller à pied et dépenser plus d'énergie dans la marche que d'y aller à cheval, conserver son énergie, mais être dérangée. Donc, souriant une dernière fois au jeune garçon, Zeïlia tourna les talons et continua sa route, suivant le chemin de terre battue qui s'éloignait majestueusement à travers champs et plaines. Derrière elle, le jeune garçon rentra bredouille dans la cour, les deux autres gardes lui demandant ce qu'il avait dit à Zeïlia. Lorsqu'il eut expliqué qu'il ne comprenait pas la décision de la jeune femme d'y aller à pied, les deux autres rigolèrent.

- Tu sais mon p'tit, il y a de nombreux mystères à propos des Chevaliers d'Émeraude. Ne te poses pas trop de questions, ça ne te servira à rien de toute manière!

Le jeune garçon tourna alors la tête dans la direction que Zeïlia avait prise. Un mystère n'est-ce pas? Souriant, le jeune garçon haussa les épaules et retourna à la roue de droite pour continuer à ouvrir les énormes portes. Il se posait encore d'autres questions par rapport aux choix étranges des chevaliers, mais si les autres disaient qu'il ne devait pas s'en faire, alors il tenterait de suivre leurs conseils! Perdant son sourire, il redoubla d'ardeurs. Tant qu'à Zeïlia, elle n'avait fait que marcher, toujours droit, un pas après l'autre, relevant parfois la tête pour observer le ciel qui s'éclaircissait de plus en plus.

Les pas de Zeïlia furent au début plutôt rapides, mais ils ralentirent de plus en plus jusqu'à n'être qu'un traînement. Elle n'avait absolument rien à faire, elle ne savait même pas où elle voulait aller, tout ce qu'elle faisait, c'était marcher, avancer sans arrêt, sans se retourner. Devant elle, tout ce qu'il y avait, c'était des champs de blé, de maïs et des champs de fleurs. Plus loin encore, il y avait la forêt. Peut-être pourrait-elle s'y rendre, c'était toujours calme et elle n'aurait pas le soleil plombant directement sur elle. Elle pourrait donc éviter les brûlures désagréables. Satisfaite de son idée, Zeïlia sourit doucement, se tournant pour marcher de dos, les mains dans celui-ci, jointes. Ses yeux montèrent jusqu'à voir les volcans au-dessus du château imposant d'Émeraude. Les volcans filtraient une partie du soleil qui allait bientôt surgir complètement pour inonder le continent de sa lumière dorée et brillante.

Zeïlia finit par s'arrêter sur le bord du chemin, cela devait bien faire une heure qu'elle marchait, le soleil était sorti de sa cachette depuis un on petit bout et la jeune femme commençait à avoir chaud. Zeïlia s'assit au sol, sur la terre encore tiède. Elle enleva ses sandales et se massa calmement les pieds en observant le ciel qui était beaucoup plus clair qu'avant, quelques petits nuages passaient çà et là au gré du vent. Zeïlia se concentra donc sur ceux-ci, observant longuement leurs différentes formes. Certains ressemblaient surtout à des animaux, d'autres à des objets. La jeune femme essaya même de reconnaître différentes personnes à travers les nuages, sans résultats. Elle avait espéré un instant que les Dieux lui passent un message à travers les nuages, qu'elle sache un peu à quoi s'attendre, si elle devait se méfier de quelqu'un, se lier avec une autre et ainsi de suite, mais il lui sembla alors qu'elle était stupide. Elle n'était pas un chevalier particulier dans l'ordre, elle faisait partie des normaux parmi les étranges. Oui, les étranges étant tous les chevaliers, ils sortaient du lot en ayant des pouvoirs. Et elle n'était qu'une simple femme chevalier, ayant la capacité de créer des sphères de lumière et n'ayant rien d'autre comme rôle que chevalier et maître. Non pas qu'elle était déçue de son rôle de maître, loin de là, elle adorait la petite femme qui avait été mise sous sa tutelle, elles se ressemblaient tant au niveau physique que c'en était assez frappant.

Zeïlia avait essayé, dès la première journée en tant que maître, de tisser des liens serrés avec son écuyère, Zeïlia avait fait de son mieux pour enseigner à Lyllianna la meilleure façon d'agir au sein de l'ordre, comme son maître le lui avait appris auparavant. Elle s'était occupée de Lyllianna comme une grande soeur l'aurait faite, elle l'avait protégée, surveillée et s'était inquiétée pour la petite, comme si elle avait été de sa propre famille. Cela faisait donc un peu plus d'un an que la jeune Lyllianna était sous la tutelle de Zeïlia d'Émeraude. Celle-ci n'en revenait toujours pas, elle avait réussit à garder une écuyère durant un an complet, la petite fille n'avait pas été rejetée parce que son maître était "celle qui un jour tua une servante".

Arrêtant de masser ses pieds, Zeïlia se releva, inspirant une grande bouffée d'air. Relevant la main jusqu'à sa tresse, attrapant rapidement la petite lanière de cuir pour tirer dessus. Elle rangea le petit fil de cuir dans une de ses poches de pantalon et passa rapidement ses doigts à travers ses cheveux, les faisant virevolter un peu autour d'elle. Le vent les faisait se balancer tranquillement dans son dos et sur les côtés de son visage. Elle aimait tellement la sensation d'avoir les cheveux au vent, cela lui donnait un avant-goût de la liberté du vent et la faisait toujours rêvasser un peu plus.

Ce fut donc avec un sourire en coin et les cheveux dans le vent que Zeïlia reprit sa route, bien sûr, après avoir remis ses sandales de cuir dans ses pieds salis par la terre. Elle partit d'un pas un peu plus rapide cette fois, se mettant même parfois à gambader. Une raison à cette soudaine envie joyeuse? Une simple bonne impression, Zeïlia sentait que sa journée serait plus amusante qu'elle ne l'avait prévue. Probablement à cause de sa fierté d'être le maître de Lyllianna qui lui remontait en tête et la rendait de bonne humeur, mais c'était tant mieux pour elle!

Il fallut donc environ 30 minutes à Zeïlia pour qu'elle n'arrive à la lisière de la forêt, là, elle se guida à l'aide de ses sens magiques pour ne pas s'approcher trop près d'une tanière d'ours ou d'un animal sauvage qui pourrait la blesser. Elle se dirigea donc simplement vers un coin plus espacé dans la forêt, une petite clairière, pas très grande, où le soleil inondait de sa lumière un carré d'herbe baigné de fleurs. Zeïlia s'y arrêta, s'installant sur une grande roche plate, à l'ombre d'un arbre gigantesque qui montait haut dans le ciel azure. À cet endroit, elle passerait sa journée à réfléchir et à se reposer, seule, en silence, simplement en paix avec elle-même.
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MessageSujet: Re: Le temps des révélations... [PV Lyon <3] Dim 27 Déc - 15:02

Un léger, mais long grincement tira Lyon de son profond sommeil, quoiqu'il serait le dernier à s'en plaindre, il aurait préféré un autre réveil matin. Voyant qu'il n'arriverait plus à se rendormir, le jeune homme ouvrit lentement les paupières et regarda autour de lui, le grincement était toujours audible, ça devenait même énervant. Il dû attendre une dizaine de secondes avant de se rappeller que les portes du château était juste en face de sa chambre, bien que beaucoup plus bas. La vision brouillé par le sommeil, il regarda la porte de sa chambre, en cherchant un point visible jusqu'à ce que sa vue devienne à nouveau claire. Par réflexe plus que par besoin, il sonda la chambre voisine, celle de son écuyère, toujours dans les bras de la nuit, c'était aussi bien comme ça. Il sonda le reste du château, à la recherche d'une quelconque trace d'activité suspecte, mais il ne remarqua que les sentinelles habituelles, quelques serviteurs du château et bien entendu les éternels lèche-botte royal qui ne semblent jamais dormir, quelle ennuie...

Voyant que tout était plus ou moins normal, Lyon pris appuie sur ses deux coudes et prit position assise sur son lit, les jambes en losange devant lui et ses paumes appuyé sur ses genoux. Il n'avait pas fait de cauchemare cette nuit, étrangement, il avait rêvé pour une fois en plusieurs années. Qui sait, un signe du ciel pour lui dire que ces cauchemars étaient partis en vacance, on peut toujours rêver. Il fit le compte des évenements récents pour voir s'il avait quelque chose de spécial à faire pour la journée, voyant bien que non, il balaya du regard sa chambre en voulant chercher quelque chose qui pourrait l'aider à passer une journée passable. Il tourna lentement sur lui-même grâce à ses bras et mit ses deux pieds au sol. À peine cette action achevé qu'il sentait déjà une source d'énergie se jumeler à la sienne, une seconde présence s'infiltra dans son corps et pris place à coté de sa propre personne. Il reconnu bien évidamment l'énergie que dégageait son partenaire, Zephyr. Lyon laissa à peine à celui-ci le temps de le narguer et lui dit simplement:

*Alors on fait quoi aujourd'hui? *

Grommelant de se faire poser la même question tous les matins, l'Autre décida de lui faire la surprise plus tôt que prévu:

*Va te regarder dans une glace, t'as plus de couleur que d'habitude *

Intrigué plus qu'intimidé, le jeune homme se leva, lentement, puis se dirigea d'un pas fatigué vers le mirroir de sa chambre, une antiquité certe, mais toujours utile. Il remarqua effectivement qu'en une nuit, son oeil gauche était passé du vert forêt à un jaune-vert plutôt voyant. La surprise pris place pendant une seconde et fût tout de suite remplacé par une panique plus ou moins contrôlé:

*Qu'est-ce qui est arrivé à mon oeil?*

Zephyr pris une seconde à peine pour chercher des termes qu'il comprendrait puis fini par répondre:

*En fait, ça a été progressif, ça fait un moment que ton oeil gauche change de couleur, mais je l'ai caché avec une illusion, donc ça ne parraissait guère. Étrangement, depuis cette nuit, le sort ne marche plus, alors ton oeil à vraiment cette couleur. Et pour répondre à ta question, c'est l'effet d'un contact prolongé avec mon énergie, ton oeil devient de la même couleur que le miens autrefois. Mais t'en fait pas, il n'y a pas d'autre effet que celui-là, pour l'instant, je m'en suis assuré.*

*Bon, ça pourrait être pire je suppose. On peut le cacher autrement?*

*J'pourrais, mais ça va te coûter un petit entrainement*

*Et c'est quoi le rapport dans l'histoire? T'aurais pu faire ça depuis le début non?*

*Bien entendu, mais j'voulais m'amuser un peu*

*Et qu'est-ce que je peux faire pour vous aujourd'hui, mon cher?*

Voyant que l'Autre réfléchissait, Lyon en profita pour s'habiller de son chandail vert et de son pantalon d'un vert plus foncé. Puis il fut pris d'un frisson avant même d'entendre la réponse de Zephyr:

*Tu vas te bander les yeux et, avec ton armure au complet, tu vas sauter par la fenêtre, tu vas devoir aller jusqu'au pont-levis sans toucher le sol de la cour une seule fois, le tout sans te faire voir par les gardes.*

Lyon soupira d'agacement, quoique connaissant son double, ç'aurait pu être pire. Il marcha vers la fenêtre et regarda en bas, aucune prise jusqu'au niveau de la porte, puis un escalade pour atteindre la muraille et une course jusqu'au pont-levis, un marathon magique en percepective. Il se retourna et se dirigea vers le mur où pendait ses pièces d'armures. Il enfila d'abord la cotte, puis l'armure, il attacha les lanières, pris les gantelets qu'il attacha à leur tour, enfila ces bottes et mit son épée en bandouillère.

*Prend le morceau de tissu sur ta chaise pour te bander les yeux, et puis, voit ça du bon coté, c'est un très bon entrainement. Si tu manques ton coup par contre, tu vas finir en crêpe.*

Ravalant la tirade qui lui brûlait la langue Lyon pris le bout de tissu en question et se banda les yeux avec. Il se servit de ses sens magiques pour atteindre le bord de la fenêtre et "regarda" en bas. Il senti le vent lui balayer les cheveux pendant qu'il analysait sa future épreuve. Chose faite, il eut un sourire ironique:

*Ça va être intéressant*

Puis sans prévenir, il se laissa basculer dans le vide, le temps sembla ralentir lorsqu'il utilisa un peu de magie pour que son corps reste à une distance respectable du mur alors qu'il y adhèra ses bottes pour ralentir. Il puisa ensuite dans les pouvoirs de Zephyr pour créer d'espèce de cordes magiques et passer d'un balancement directement à la muraille sans avoir à aller sur le cadre de porte.

*Faudrait que j'ais access à tes pouvoirs plus souvent, c'est vraiment incroyable*

Sans bruit, il passa à coté de la tour des sentinelles qui gardait la porte et se jeta à pieds joints sur le pont-levis. Il retira son bandeau lorsqu'il entendit ses deux pieds claquer d'un son lourd sur le sol en bois du pont. Ébloui l'espace d'un instant, il regarda les sentinelles qui le regardait les yeux gros comme des pommes. Il sentait en même temps l'énergie familière de Zephyr lui entourer l'oeil gauche, c'était déjà ça. Il regarda les gardes et d'un sourire narquois, il dit en s'adressant autant à eux qu'à Zephyr:

- Belle journée pour faire de l'escalade, n'est-ce pas messieurs?

Le jeune garde qui le regardait, bouche bée, sembla se réveiller d'un rêve. Les yeux retournés il alla se perdre parmis les autres gardes. Voyant qu'il n'avait plus rien à faire ici, Lyon suivi le chemin de terre qui ne menait il ne savait où exactement, il avait juste envie de marcher jusqu'au soir. Ses pas le mena jusqu'à un chemin qu'il connaissait, c'était le chemin qu'il avait pris, il y a dix ans maintenant, pour venir au château. Que de souvenirs, pas tous très heureux, malheureusement. Sans savoir pourquoi, il continua à marcher jusqu'à atteindre, envirron dix minutes plus tard, sur l'ancien village où il avait grandi. Il avait changé, plus peuplé qu'avant, et plus présentable aussi. Il ne reconnaissait presque rien, mais il était certain que c'était ce village, il sentait encore la trace magique qu'il y avait laissé, bien que très peu perceptible, elle était encore repérable par un esprit aiguisé, ou par deux. Il passa à travers le village, sans remarquer la foule de curieux qui regardait avec jalousie les perles vertes de l'armure qui scintillait au soleil. Sans leur prêter attention, Lyon accéléra le pas vers un petit sentier envahi par la végétation et fini par arriver dans une immense clairière, là où il avait grandi. Le jeune homme pouvait encore se souvenir de l'évenement qui avait marqué l'endroit, et c'est pour ça que ça ne l'étonna pas de ne plus voir de maison, où il y en avait une autrefois.

Voyant qu'il n'était pas tout seul, Lyon se contenta de prendre un brin d'herbe d'où émanait une petite quantité quasi imperceptible d'énergie qu'il avait laissé là, surement lorsqu'il avait brûlé la grange. Il mit le brin d'herbe dans sa bouche, en laissant une partie à l'air libre et coupa par la forêt pour décourrager les curieux qui le talonnait.

*Quelle bande de parasite, et dire que t'as vécu dans ce trou*

*Croit le ou non, mais j'préfère ne pas en parler.*

*Pourquoi t'es venu trainer dans le coin alors?*

*Demande aux pieds, moi j'voulais pas quitter mon lit pour commencer.*

Ils continuèrent à marcher jusqu'à une clairière près de la lisière de la forêt, là, ils tombèrent sur un autre concentration d'énergie, mais celle-là était plus perceptible, et plus connue aussi. Pour en être sûr, le jeune homme grimpa dans un arbre et regarda un peu plus loin. Il ne fût guère étonné de voir Zeilia, en train de paresser sur une roche plate. Il l'observa pendant un moment, puis sauta par terre et se dirigea vers elle. Sans s'en rendre compte, il poussa un sifflement avec le brin d'herbe qu'il avait dans la bouche, sifflement assez aigu pour être entendu, sauf si la jeune femme dormait.

*Si elle dort, elle va finir par cuire sur cette roche*

L'image était amusante, mais pendant seulement un moment, il s'approcha de la roche avec un air interogateur pointé sur la jeune femme alors qu'il marchait vers elle.

[Erf, j'déteste se poste, mais faites pas de commentaire, même s'il est nul, ça reste mon plus long XD]
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MessageSujet: Re: Le temps des révélations... [PV Lyon <3] Dim 31 Jan - 16:42

Rien. Il n'y avait absolument rien qui agaçait l'esprit de la jeune chevalière. Les paupières closes, elle s'était assise sur la pierre, les mains entre les genoux, le dos recourbé, ses longs cheveux roux entourant ses épaules de leur douce caresse enveloppante et protectrice. Les longues mèches brillantes terminaient leur couverture sur les côtés du visage pâle de la jeune fille. Le vent semblait s'être calmé, peu à peu, la chevelure de feu de la délicate enfant n'était donc pas emportée vers le ciel, répandant une pagaille certaine sur la tête de la jeune dame. Un délicat sourire étirait les pâles lèvres de la jeune chevalière, la lumière du jour plombait alors directement sur elle. Cela devait bien faire quelques heures qu'elle était dans la forêt, seule, au milieu de ce silence à la fois inquiétant et réconfortant. Le soleil avait ainsi pu continuer sa trajectoire et venir s'installer confortablement au centre du ciel pour inonder la pierre, où Zeïlia s'était alors assise, de sa lumière immaculée.

Ainsi se retrouvait Zeïlia d'Émeraude. Assise, son regard vert maintenant posé sur les fleurs qui jonchaient le sol, Zeïlia ressemblait bêtement à une statue, ou même, en fait, à un simple cadavre. Son corps, pâle comme la craie, ses lèvres manquant de rouge, ce regard vide et cette chevelure dansante au gré du vent, elle semblait dormir d'un sommeil profond et duquel elle ne se réveillerait jamais, prisonnière de ses propres paupières. Son corps s'était refroidi légèrement, pas assez pour qu'elle soit malade, mais tout de même, le temps qu'elle avait passé à l'ombre du grand arbre avait laissé ses marques. Cependant, puisque le soleil lui offrait alors sa chaleur sur un plateau d'argent, Zeïlia reprendrait vie. Les reflets dorés et bruns qui nageaient librement à travers les cheveux de Zeïlia offraient, en plus de l'allure cadavérique, des allures d'une poupée de porcelaine. D'une beauté calme et fragile, elle pouvait être froissé au moindre courant d'air, déplaçant une mèche, la faisant frissonner, à chaque battement de cils, l'image qu'elle projetait changeait. Bien sûr, les changements étaient moindres, délicats, quasi imperceptibles, mais pourtant, ces changements étaient là!

Pourtant, Zeïlia n'était qu'un petit détail à l'intérieur de la toile qui s'offrait, magnifique, aux yeux du premier venu. Bien qu'elle était seule source humaine au milieu de cette verdure, elle n'était pourtant pas le seul être vivant. Tout ce qui se trouvait autour d'elle ou presque respirait et se nourrissait en permanence, puisant tout autour d'eux ce qu'ils avaient besoin pour survivre dans ce monde merveilleux, bien qu'hostile. Ces grands arbres, feuillus comme conifères se dressaient majestueusement, étirant leurs longues branches toujours plus haut vers ce ciel bleu, ce monde utopique auquel tous les arbres semblaient être attachés. En fait, il ne s'agissait pas seulement des arbres, mais bel et bien de tous les végétaux, toutes les plantes et fleurs s'étiraient de leur plus haut pour tenter, bien que vainement, d'atteindre le bleu ciel. Même, chaque brin d'herbe, de ses quelques centimètres, tendrait une main désespérée vers cet immense océan azure, tentant bêtement de pouvoir toucher ce bonheur éternel, mais pourtant, qu'était-ce, ce bonheur? Était-ce avoir la lumière du jour sans arrêt, pouvoir agrandir ses racines, devenir gigantesque? Mais où cela mènerait-il l'arbre, ou ce petit brin d'herbe tout bête? Seraient-ils meilleurs? Plus puissant? Ne serait-il pas plutôt une proie de choix pour tout être dévorant sans cesse cette végétation sereine?

Ainsi, Zeïlia n'était rien, au beau milieu de ce champ parfumé, égayé de couleurs pâles, claires, sincères. Chacune des petites marguerites donnait sa propre touche de gaieté à l'ensemble de l'endroit, chaque tige, chaque pousse, chaque petite feuille y donnait du sien pour faire de cet endroit ce qu'il était, un coin enchanteur, paisible ou se reposait alors une simple femme. Celle-ci avait lentement relevé la tête, le soleil arrivait sur son côté droit, ainsi, elle n'était pas aveuglée par la lumière. Son regard semblait alors avoir décollé, rendu dans des contrées lointaines, familières à son coeur, mais toujours inconnues à ses yeux. Souvenir paisible, idolâtré, peut-être seulement un rêve, un songe, une pensée, pourtant, elle était heureuse. Ses lèvres, tirées lentement vers ses oreilles, ses joues, rosées par la simple fraîcheur de son âme, ses traits, bien que tirés par la fatigue et l'épuisement, semblaient rayonner d'un désir profond de rire, de crier et de dépenser une foule d'énergie qu'elle, malheureusement, n'avait pas.

L'air s'engouffra vivement dans ses poumons, alors que son visage ne laissant rien paraître. Zeïlia retient le gaz quelques secondes avant de la laisser s'échapper par sa bouche entrouverte, laissant du même coup ses frêles épaules s'affaisser. Le calme se ressentait même dans l'air qu'elle respirait, tout était si paisible, si silencieux, si elle avait pu se transformer en statue, être immortel, toujours présent et pourtant absent, elle se serait transformée à ce moment-là. À cet endroit précis, être protégée du soleil le matin, ainsi pouvoir se réveiller à l'heure qu'elle le voulait et s'éteindre tard, avec le coucher du soleil et ce, sans cesse, pour l'éternité.

Souriant un peu plus, Zeïlia s'étira lentement, émettant un simplement petit bruit représentatif de l'acte qu'elle faisait. Ce simple son brisa, d'un seul coup le calme qui s'était installé dans la clairière. Un bruissement d'ailes retentit, comme si l'oiseau avait patiemment attendu qu'un autre son brise cette quiétude avant de prendre son envol, avant de quitter, avec peut-être une touche d'amertume, ce doux cocon naturel qu'était ce petit coin de pays, oublié, éloigné, seul. Tous les bruits qui s'étaient alors effacés de l'esprit de Zeïlia reprirent leur place, le simple bruit d'un lièvre creusant dans la terre à la recherche d'une jeune pousse d'une plante comestible, ou encore, le simple sifflement du vent entre les branches. Durant le court moment où Zeïlia s'était bêtement déconnectée de la réalité, ses oreilles et ses yeux s'étaient clos, laissant libre cours à l'imagination de la jeune femme.

Zeïlia baissa les bras, replaça du bout des doigts le tissu noir qui lui servait de chandail, et repoussa ses longues mèches rousses derrière sa tête, laissant la fraîcheur de la brise venir caresser sa nuque, qui était jusqu'alors protégé et réchauffé par le foulard naturel de la jeune femme. Ses cheveux, qui étaient tressés le matin même, mais qu'elle avait tout bonnement défait, lui donnant un peu plus de fraîcheur et de liberté. Garder des cheveux tissés serrés toute une journée pouvait finir par devenir plutôt lassant et cela devenait aussi très inconfortable lorsqu'elle se reposait sur le dos, à plat sur la pierre qui lui servait de lit, plutôt dur cependant. Il était donc, à la fois plus pratique et plus confortable de garder ses cheveux libres comme l'air, mais bien sûr, lors de batailles, il lui fallait absolument les tresser très serrer ou sinon, les retenir tous ensemble par un cordon de cuir. Elle ne pouvait se permettre d'être aveuglé par ses cheveux pendant une bataille et ceux-ci pouvaient l'empêcher de voir un certain angle à un certain moment en venant se mettre sur le côté de sa tête, peut-être cela lui serait-il fatale!

Regardant un instant à gauche, puis à droite, Zeïlia se repoussa de la roche, se laissant tomber sur ses jambes qui pendaient du bord de la pierre, elle eut un rapide moment d'incertitude par rapport à son propre équilibre. La situation s'ajusta rapidement et Zeïlia pu prendre pied correctement, bougeant d'une jambe à l'autre pour chasser les fourmillements qui commençaient à l'attaquer au niveau des chevilles et du bas des jambes. Après s'être, une fois de plus, étirée de tout son long, la jeune femme entreprit de marcher un peu dans la minuscule clairière. Bien sûr, il n'y avait pas grand-chose à observer, mais tout de même, la jeune demoiselle se trouva un sujet d'observation bien agréable. S'étant accroupie, la jeune femme regardait, avec des yeux émerveillés, une simple, petite mais tout de même mignonne, chenille. Zeïlia hésita à tendre la main vers la petite chose, pourtant, avec un regard protecteur, elle rendit le bout des doigts et effleura le petit insecte qui se roula assez rapidement en une petite boule poilue. Zeïlia s'émerveilla du phénomène, elle adorait autant les animaux que les insectes, bien que la plupart des gens trouvaient les insectes tels les chenilles banals et plutôt répugnant, Zeïlia, elle, redécouvrait toujours un nouvel aspect de la petite bestiole. La petite chenille, pas plus grande que le bout de ses doigts, finit par dégringole de la feuille où elle se trouvait quelques secondes au paravent. La chevalière, avec un petit sourire moquer, écarta lentement la tête d'une fleur pour retrouver la petite boule multicolore et l'attraper, elle l'observa longuement au creux de la main, respirant lentement et évitant de bouger trop brusquement. Lorsque la petite chose baissa enfin sa garde, Zeïlia approcha sa main lentement de la feuille où la chenille était apparue, elle traversa de la main à la feuille sans trop de difficulté et la femme chevalier pu se relever, satisfaite d'avoir pu toucher la petite chose sans vraiment l'avoir déranger dans son fonctionnement et dans ses habitudes.

Zeïlia fit une quarantaine de pas à travers les fleurs, elle faisait bien attention de n'en abîmer aucune. Elle savait bien que les brins d'herbes étaient robustes et étaient capables de se redresser, même après qu'elle les ait écrasés de tout son poids, mais elle craignait pour les petites fleurs, si délicates, immaculées et tellement fragiles. Elle prit donc tout son temps pour avancer, à petits pas lents, faisant un grand cercle, la ramenant à son point de départ, la grande pierre plate, Sa grande pierre plate. Lorsqu'elle revint à cet endroit, elle grimpa lentement sur son perchoir, se traînant paresseusement jusqu'au centre de la roche. Là, elle délassa ses sandales de cuir et les laissa tomber sur le côté de la pierre, où elle dégringolèrent bêtement jusqu'à s'écraser mollement sur une pierre plus petite, plus ronde, et qui semblait s'effriter.

Zeïlia soupira bruyamment cette fois, ce qui fit dresser les oreilles des lapins et tourner la tête aux quelques renards qui traînaient ici et là. Elle se laissa tomber sur le dos, arrêtant net de faire des sons, elle observa longuement le ciel, scrutant les moindres nuages blancs du ciel. Le bleu pur du ciel contrastait avec les feuilles vertes des arbres. La douce demoiselle referma lentement ses yeux, écoutant les doux battements de son coeur. Le rythme effréné qui activait cet organe fascinait, d'une certaine manière, l'esprit de la jeune femme, elle ne comprenait pas toujours pourquoi les battements de son coeur s'accéléraient, parfois, il lui semblait même que cela devenait douloureux, insupportable, qu'elle aurait pu arracher son coeur et le jeter à bout de bras. Cependant, en même temps, cette "douleur" n'en était pas réellement une. Telle une flamme d'un feu réconfortant, il y avait cette chaleur qui accompagnait la douleur. Cette chaude couverture réconfortante qui vous donne simplement envie de sourire, même si vous pleuriez, cette chaleur est là, prête à vous prendre dans ses bras, à vous consoler et à vous soutenir. La jeune femme ramena ses mains sur son coeur, serrant ses minces doigts les uns avec les autres et rapprochant le plus qu'elle le pouvait, ses bras contre elle-même. Elle tourna la tête, orientant son corps vers la clairière, ses jambes se replièrent et elle sembla alors, si fragile, prête à éclater, d'un moment à l'autre. Songer à cette douleur et à cette douce chaleur la faisait souffrir.

*Pourquoi?!*

Son corps se recroquevilla sur lui-même, ses yeux se plissèrent, elle ne comprenait pas, comment se faisait-il qu'elle n'avait qu'à songer à cela pour que la douleur revienne la hanter. Était-elle possédée par une quelconque chose? Peut-être était-elle encore sous un des effets magiques de Drace! Étrangement... Zeïlia ouvrit grand les yeux, encore dans sa position de protection, mais elle venait de réaliser quelque chose. La douleur, en fait, n'était pas du tout physique, elle ne sentait pas comme si son coeur allait arrêter de battre, ni comme s'il allait exploser, c'était bien plus profond, plus lointain. C'était comme si son coeur battait juste... Trop fort. En fait, il battait très normalement, bien qu'un peu plus rapidement qu'à son habitude, mais la douleur était surtout psychique, mais pourquoi? Pourquoi cela lui arrivait-il à elle? Se repoussant lentement, Zeïlia retomba sur le dos, les yeux clos, sa respiration était lente, son coeur battait fort, mais régulièrement. Le son de la propulsion du sang résonnait dans ses oreilles, tout était redevenu calme, enfin, à ce moment-là, tout l'était encore, il n'y avait aucun son, aucun bruissement de feuilles... Rien!

Jusqu'à ce bruit. Ce minuscule sifflement, ce petit cri de la forêt. Pourquoi elle releva la tête au lieu de rester couchée, tranquillement? Nul ne le sait, elle-même, n'en a aucune idée, peut-être le cours des choses aurait-il été différent si elle n'avait pas relevé la tête, intriguée et surprise par ce son, si différent des petits bruits discrets et doux de la forêt. Celui-ci était plus strident, plus puissant, ce n'était pas animal, c'était très aigu et elle n'avait pas vraiment entendu de chose semblable, il lui sembla. Zeïlia s'était donc redressé, les mains sur la roche, retenant ainsi le haut de son corps droit, sa tête se tourna dans la direction de la majeure partie de la clairière, elle balaya l'endroit du regard, rien pour le moment, jusqu'à ce que, surgissant, pour Zeïlia, de nulle part, Il fasse son entrée. Lui, ici? Pourquoi?! Pourquoi?! Que lui voulait-il?

- Aheuuuh...

D'un seul bond, Zeïlia s'était relevée, regardant autour d'elle avec une certaine inquiétude et une hésitation qui semblait plutôt difficile à cacher. Le visage de Zeïlia, qui était alors, depuis le matin, pâle et calme, laissa place à une surprise quasi exagérée et avait adopté une teinte rosée, voir, rouge. Elle ne faisait que répéter les mêmes mots, incapable de prononcer quoi que ce soit, les mots s'arrêtaient au milieu de sa gorge et formaient une gigantesque boule qui empêchait Zeïlia de dire quoi que ce soit. Stupide, idiote, sans cervelle, maladroite? En effet, elle était toute cela et encore bien d'autres choses. Avait-elle vraiment été si surprise par Sa soudaine arrivée? Peut-être s'attendait-elle à être seule toute la journée, sans voir signe de vie humaine, sauf peut-être un message télépathique de son écuyère ou d'un frère d'arme. Les messages télépathiques, elle ne s'en faisait pas, elle ne sursautait jamais à leur arrivée, mais cette fois, ce fut la personne au complet qui apparut, et elle n'était pas vraiment restée sur ses gardes, ce qu'elle faisait normalement.

Lentement, Il s'approchait d'elle. Sur le haut de son perchoir, la jeune femme bégayait bêtement une quelconque excuse à sa présence là. Mais qu'est-ce qu'elle racontait celle-là? Elle n'avait aucunement besoin de donner une excuse, une raison, elle était aussi âgée que lui non? Elle avait le même rang de plus, pourquoi devait-elle s'expliquer, elle n'avait qu'à rester là, dire un simple "salut" bien gracieux et discuter normalement avec lui! Pourquoi fallait-il toujours qu,elle finisse par agir n'importe comment, n'importe où et qu'elle raconte strictement n'importe quoi. Il finirait par se dire qu'elle était folle et ne lui parlerait plus, peut-être! Elle devait se calmer.

*ZEÏLIA D'ÉMERAUDE!! RESTE CALME!!*

Finalement, elle inspira à fond, alors qu'Il s'approchait toujours un peu plus d'elle, il lui fallut une fraction de seconde pour se calmer légèrement de la frousse qu'elle s'était, elle-même, donné, puis elle inspira. Très lentement, l'air s'engouffra dans ses poumons, ses oreilles étaient bouchées à tout son, tout ce qu'il y avait, c'était cet affreux battement intense de coeur. Il devait se calmer lui aussi, ce n'était pas grand-chose non? Alors pourquoi avait-elle encore mal? La douleur de tout à l'heure n'était pas passée! Cela devait certainement être cela non? C'était... Logique? Finalement, Zeïlia prit un visage qu'elle essaya de faire le plus normal possible, e qui ne sembla pas vraiment marché, mais de toute façon, elle pourrait mettre cela sur le dos de la surprise, n'était-ce pas le cas? Donc, rougissant bêtement de plus belle, Zeïlia prononça ses premiers mots compréhensibles, cependant, elle était hésitante et commençait à reculer lentement, question de pouvoir s'enfuir d'une seconde à l'autre de Lui.

- Ahh... humm.. Ly- Lyon...

Ce qui arriva à ce moment, Zeïlia s'en souviendrait longtemps. Ce fut probablement la chose qui déclencha un peu la suite. En reculant, elle n'avait rien regardé, elle n'avait pas repris ses sandales non plus, elle était chancelante, elle titubait et elle ne l'avait pas vu venir. La fin de la roche. Tout se fit bien trop rapidement, un instant elle posait son regard sur le visage, disons, différent de Lyon et l'instant d'après, elle sentait le sol se dérober sous ses pieds, sa tête basculer, sa vision aveuglée, brouillée par la précipitation de ses mèches rousses devant ce regard émeraude. Venait-elle de tomber car elle perdait conscience? Que venait-elle de faire? Un fracas, sa tête, contre le sol, non, elle n'avait pas perdu conscience, elle était bel et bien tombée du haut de sa grande roche plate. Comme elle s'en voulu. Ce fut un acte stupide et ridicule, elle laissa s'échapper un drôle de cri, suivit s'un simple "Outch". Elle n'avait pas tellement mal, c'était surtout sa crédibilité et son orgueil qui en prenait alors un coup.

Zeïlia resta un moment par terre, elle fini par relever la main et la frotter derrière sa tête pour s'assurer qu,il n'y avait pas de trace de sang, une chance pour elle, elle ne s'était pas cogné la tête sur une roche ou quelque chose de pointu, elle s'était seulement écrasé sur la terre, à la fois molle et dure. Elle se releva donc, laissant sa tête dépasser du haut de la roche, ses cheveux étaient en pagaille et elle avait un bout de bois dans ceux-ci. Elle fit un sourire gêné qui fut agrémenté d'une belle teinte rose sur ses joues. Elle frotta ses pantalons pour enlever la tête et replaça ses cheveux, faisant tomber le bout de bois sur le sol. Elle refit un mince sourire à Lyon avant de dire, d'une voix bien plus calme, bien que très gênée et complètement anéantie par le ridicule de la situation.

- Huum... J'ai... Manqué le bord... Et c'est que... Je... huum...

Lui avait-il demandé des explications?

Non!
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MessageSujet: Re: Le temps des révélations... [PV Lyon <3] Jeu 4 Fév - 19:22

Le sifflement sembla avoir un effet direct sur son amie, puisque celle-ci c'était mise à balayer la petite clairière du regard, un regard d'abord curieux et intérogateur, qui se changea rapidement en regard incertain lorsque ses yeux se posèrent sur le jeune homme. Bizarrement, Lyon n'en vit guère un problème et continua d'avancer lentement vers sa soeur d'arme. Pourquoi ce calme face à une attitude bizarre? Qui sait? L'habitude peut être? Ou même parce qu'il savait qu'elle était un peu bizarre, rien de plus normal? Mais il n'était pas très bien placé pour parler, lui qui partage son corps avec une entité magique, et que le comportement et le physique commençait peu à peu à changer, oh oui, question bizarrerie, il était un expert, le jeune Lyon en avait vu de toutes les couleurs dans sa vie.

Un vent léger vint lui fouetter le visage, arrachant le petit brin d'herbe qui ne tenait que péniblement entre ses lèvres, quelques secondes plus tôt. Lyon s'arrêta quelques secondes pour regarder les petits bouts d'herbes s'envoler et s'éloigné dans le lointain, puis comme de rien, repris sa marche qui l'approchait de son amie Zeilia. Celle-ci parraissait à la fois confuse et distance, la surprise première passée, elle devait se chercher de quoi à dire pour ne pas avoir l'air folle, c'était toujours comme ça quand il s'approchait d'elle, va savoir pourquoi. Il ralentit l'allure pour permettre à ses sens d'effleurer sa jeune amie, comme à son habitude, elle avait l'air tellement occupée à remettre de l'ordre dans ses pensées qu'elle ne paru pas s'apercevoir de sa mince présence qui l'entourait, et si elle s'en aperçu, elle n'en fit rien. Ses pensées semblaient être en ébullition, regarder ça à travers des sens magiques revenaient à regarder une ruche d'abeille jetée sur le sol. Cependant, il avait l'habitude de voir ce genre de chose chez la jeune femme, il retira donc son esprit du sien, ne voyant rien d'alarmant, du moins, pour lui. Il sentit au fond de lui la présence de Zephyr qui avait lui aussi assisté au spectacle.

*Elle va finir par devenir cinglée si elle à les pensées dans un tel désordre à chaque fois qu'elle te voit.*

*J'ai rien contre les cinglés personnellement.*

*Se serrait comme insulté un cousin lointain pour toi.*

*Venant de toi, ce n'est pas très insultant.*

Lyon sentit l'autre sur le point de sortir une autre pique, mais voyant qu'il n'avancerait à rien, il n'insista pas. Pour ses deux là, les combats mentaux étaient très fréquents, mais très souvent inutiles, puisqu'ils pouvaient percevoir les pensées de l'autres à l'avance et de préparer une réplique en une seconde, ces genres de conversations pouvaient durer d'une petite minute à une journée entière, ça devenait même pénible de dissimuler la présence de l'Autre après celà. Ça faisait quoi, 5 ans maintenant depuis qu'il avait accepter la présence de Zephyr dans son propre corps, depuis ce jour dans le désert, il avait entendu une voix dans sa tête, avait accepté un contrat et puis c'était le noir. Après plusieurs semaines, il avait finalement appris à vivre en communion avec l'élémental, ce n'était pas tâche facile, mais c'était faisable. Les deux se sont liés d'amitié, puis on finit par s'influencer l'un l'autre. Lyon qui était autrefois très distant et craintif envers les étrangers et maintenant beaucoup plus extraverti et aimable avec les autres, il a aussi beaucoup plus d'amis, alors que Zephyr qui n'arrivait pas à être sérieux sauf en situation de danger avait pris en maturité. C'est même pour celà qu'il s'est aventuré ici aujourd'hui, même s'il disait que ses pieds l'avaient mené ici, c'était parce que les deux voulaient voir la première fois où ils étaient entrés en contact, lors de la destruction de la grange à coté de son ancienne maison...

Voyant qu'il s'égarait dans ses réflexions, Zephyr lui envoya une petite décharge mentale pour le ramener à la réalité. D'abord un peu confus d'être de retour dans le vrai monde, il reprit rapidement ses esprits, voyant qu'il était maintenant très proche de la pierre où Zeilia était perchée...une seconde plus tôt... Ne voyant plus son amie, Lyon parcouru les derniers mètres qui le séparait de la roche au pas de course, puis il se pencha légèrement au dessus pour voir que Zeilia était tombée derrière.

*Elle n'est pas seulement maladroite avec ses pensées et les mots qui sortent de sa bouche, elle est maladroite tout court.*

*Je n'ai pas grand chose à redire là dessus.*

*Alors tais-toi.*

Toujours le même ton froid lorsqu'il refusait de se battre mentalement avec lui, quel jeune...

Il regarda sa jeune amie enlever la poussière sur son pantalon et de remettre de l'ordre dans ses pauvres cheveux qui semblait avoir beaucoup souffert de la chutte, tellement ils étaient en désordre. Il fixa la jeune femme pendant quelques secondes avant qu'elle ne lève le regard vers lui. En un instant, son visage déconcerté et confus changea pour afficher un sourire niais, elle dit en bredouillant, cherchant surement ses mots:

- Huum... J'ai... Manqué le bord... Et c'est que... Je... huum...

Lyon poussa un profond soupir, franchement, elle était désespérante, mais bon, elle restait une bonne amie à lui, qui sait si ce n'était pas pour cette raison qu'il aimait trainer avec elle. Il se pencha au dessus de la pierre, rapprochant son visage près de celui de la jeune femme, dangereusement près, il plongea son regard dans le sien, prenant un vilain plaisir à la voir perdre son faux sourire. Après quelques secondes dans cette position, il leva la main droite, l'approchant lentement du front de Zeilia, l'index en recroquevillé sous le pouce, et lui donna une pichenette sur le front. Le jeune chevalier se releva au complet, débarquant de la roche où il était agenouillé, ses genoux commençaient à l'élancer. Ayant repris son équilibre sur ses deux jambes, il regarda la jeune femme avec un sourire franc sur les lèvres.

- Tu penses trop Zei. Calme toi un peu, j'ai presque sursauté en lisant tes pensées, on dirait que j'étais un monstre de cauchemars venu pour te manger, relax un peu. Allons, laisse moi te donner un coup de main.

Sur ce, il se pencha à nouveau par dessus le rocher et tendit sa main gauche vers la jeune femme, il souriait toujours, la situation était en effet amusante, mais il voulait surtout montrer à Zeilia ce que c'était, un vrai sourire.
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MessageSujet: Re: Le temps des révélations... [PV Lyon <3] Lun 8 Fév - 19:30

Malaise! Ma-lai-se! Tomber comme ça, tout d'un coup, d'une manière tellement stupide de plus. Elle devait avoir l'air d'une belle idiote à ce moment-là, le visage couleur de pivoine et les cheveux en bataille. Comme si elle venait de faire une partie de cache-cache en forêt avec des enfants et qu'elle avait trouvé la meilleure cachette: enfouie en dessous d'un gros tas de feuilles mortes et de branches brisée et que soudainement, puisque introuvable pour les enfants, elle était sauvagement sortie en criant à tue-tête et en courant qu'elle était finalement arrivé au petit groupe, rougie par le manque d'oxygène créé par son cri et sa course. Ce qu'elle pouvait être maladroite, elle-même essayait, la plupart du temps, de faire attention où elle mettait les pieds, question de ne pas finir les jambes en l'air et la tête écrasée contre le sol. Mais que voulez-vous, Zeïlia était Zeïlia et elle ne pouvait pas être elle-même sans avoir toute cette maladresse avec elle. Pourtant, il lui sembla alors que normalement, elle n'était pas si maladroite, elle ne manquait pas de remarquer le bord d'une pierre sur laquelle elle était perchée.

Soupirant lentement, Zeïlia n'abandonna pourtant pas le petit sourire craintif et gêné qui ornait alors son visage baigné d'un rose inquiet. Ses mains tremblaient alors qu'elle les réunissait derrière son dos , peut-être essayait-elle de cacher cette gêne qui s'était éprit d'elle à cet instant. Elle était mal à l'aise devant Lyon. Elle ne savait pas trop comment expliquer ce qui se passait dans sa propre tête ni comment expliquer la façon dont les mots semblaient fuir sa bouche et comment elle ne faisait qu'entendre un gros brouhaha. Tout bourdonnait autour d'elle, le chant clair des oiseaux n'était plus discernable et le doux murmure du vent s'était transformé en un simple sifflement parmi tous ces sons plus ou moins clairs. Ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait en fait, pourtant, normalement, c'était beaucoup moins intense étant donné que les moments où elle croisait Lyon étaient, la plupart du temps, prévu. Soit pour une petite discussion, ou un petit entraînement amical. Est-ce que le fait qu'elle avait été plus que surprise par la soudaine apparition de Lyon dans son champ de vision était une bonne raison d'avoir réagit plus violemment? Avait-elle réellement besoin d'un certain temps pour se préparer à la présence du garçon? Pourtant elle n'avait pas peur de lui! Enfin, elle ne croyait pas avoir peur de lui, lorsqu'elle le voyait, ce n'était pas de la peur, pas de la crainte, il n'y avait pas trace de dégoût, et pourtant, pourtant, qu'est-ce qui pouvait ainsi faire palpiter son coeur?

Relevant rapidement la main à sa tête, Zeïlia, avec un petit rire forcé, joua avec une petite mèche de ses cheveux, ne sachant pas trop quoi dire pour détendre l'atmosphère, tout était beaucoup trop flou dans sa tête pour qu'elle puisse réagir rapidement et dire quelque chose d'aussi simple et logique que "Salut". Elle songeait même à dire "Non, tu ne m'as pas du tout fait peur, j'ai seulement vu une araignée sur le sol, là-bas et Parandar sait comment je hais les araignées..." Mais elle se retint, elle réalisa au dernier moment qu'il n'y avait pas vraiment de sens dans sa phrase, un ramassis de n'importe quoi, n'importe quand, à un moment où elle était perdue.

Ce dû être à ce moment-là qu'elle arrêta de respirer. Son souffle. Son souffle frôlait de près son visage. Ses joues se détendirent, sa main retomba lourdement le long de son corps, glacé par la peur? Non, par l'attente plutôt, mais l'attente de quoi? Ses mains avaient arrêté net de trembler. Elle n'avait pas tout de suite réalisé que le visage de Lyon s'était approché du sien, en l'espace d'un clin d'oeil, le visage de Lyon passa du "éloigné" et incertain à "trop près" et disons, inquiétant! Les idées qui se bousculaient alors dans sa tête s'étaient arrêtées toutes d'un seul coup. Il n'y avait plus rien autour d'elle, tout ce que son regard voyait, c'était les yeux de Lyon, tout ce que ses nez sentait, c'était l'odeur de Lyon et tout ce que ses oreilles entendaient, c'était le son de sa respiration. Hypnotisée? Non, pas exactement, Lyon n'avait absolument rien fait pour l'empêcher ainsi de bouger, elle était, disons le simplement, fascinée. Son désir le plus charnel à ce moment était simplement de tendre la main et de la déposer sur sa joue. Pourquoi? Humpf, elle était bien trop bête pour penser à cela!

Le visage de Zeïlia ressemblait maintenant à quelque chose entre la pivoine et le lys blanc. C'était, pour être plus clair, quelque chose d'extrêmement imprécis, elle passait du rose flamboyant au blanc craie, tout dépendait de ce qui lui traversait la tête, bien que les idées étaient rares étant donné la manière dont son cerveau semblait avoir cessé de fonctionner pour tenter, bien que vainement, d'arrêter le temps, laisser le visage de celui qui occupait ses yeux, là où il était. Son coeur battait trop lentement dans sa poitrine, mais chaque coup était tellement fort et tellement sonore dans ses oreilles qu'elle croyait exploser au coup prochain et pourtant, elle restait là, devant lui, devant ses yeux.

*Détourne le visage, allez, détourne-le, tu as l'air stupide!*

Elle avait beau se le répéter, cela ne donnait absolument rien, elle restait obnubilée par ses yeux, ils semblaient la traverser de bord en bord, mettant son esprit, son âme à nu devant lui. "Détourne les yeux au moins" Là encore, il n'en était rien, son corps, son esprit avait beau lui répéter le danger d'avoir l'air encore plus stupide, elle ne voulait perdre aucune seconde de faible temps qui lui était alloué devant lui, si près, tellement près qu'elle l'entendait respirer, qu'elle le sentait respirer! Son organisme reprit son fonctionnement normal, déchirant la dernière fraction de seconde qui lui avait été permise d'avoir pour le regarder, pour graver. Le courant d'air que créa sa main, elle le remarqua, elle le sentit venir comme s'il avait pris plusieurs heures à se diriger vers elle. Elle ne se défila pas, en fait, elle n'en avait pas le courage. Ses mains reprirent leur faible tremblement et elle sentit sa tête reprendre le cours normal des choses et elle s'adressa, une fois de plus, à elle-même.

*Stupide, stupide, stupide, stupide!!! Ce n'est pas un monstre, pas besoin de le regarder comme ça!!!*

La douleur se fit alors sentir, bien que minime, cela fit reculer Zeïlia d'un pas et elle plissa les yeux, laissant échapper un léger cri de douleur aigu. Ses mains se relevèrent naturellement vers son front, rougis par le petit point d'impact de la pichenette. Son visage se recula à ce moment, emportant loin d'elle cette image qu'elle ne savait pas trop décrire en elle-même. Était-ce de la crainte qu'elle avait ressentit à ce moment, était-ce simplement qu'elle ne voulait pas l'oublier qu'elle gravait ainsi ses traits dans son esprit? Était-ce par ce qu'elle ne croyait pas ce qu'elle avait vu qu'elle voulait ainsi revenir à ce moment-là? L'effrayait-il tant?

Pourquoi ne pouvait-elle pas agir normalement en sa présence? Pourquoi tout allait toujours bien avec tout le monde de l'ordre, sauf avec lui? Pourquoi finissait-elle toujours par devenir bête, maladroite, complètement gamine et qu'elle ne faisait rien d'autre que le regarder, comme s'il était une bête de foire et qu'elle était une passionnée des animaux étranges. Ce n'était pas compliqué, avoir une discussion décente, totalement banale, rigoler un peu, parler du beau temps et poser différentes questions sur son ami pour en apprendre plus sur lui, se lier toujours un peu plus d'amitié avec ce garçon qui était formidable! Elle aurait tellement voulu avoir l'air normale, être comme toutes les autres filles, avoir un visage délicat, blanc et angélique, avoir ses fines chevilles et une fine taille. Avoir un de ces sourires chaleureux qui nous donne envie de sourire et de dire que l'on est heureux. Avoir de longs et beaux cheveux blonds comme les blés qui lui descendraient à la taille dans une grande cascade de rayons dorés et brillants.

Si seulement elle avait pu être différente, être une vraie femme, pas un petit garçon manqué, bête, maladroite, complètement perdue, un peu trop lunatique, rousse, incapable de comprendre quoi que ce soit, toujours incapable de savoir ce qui se passait dans sa propre tête et encore bien des choses. Si seulement elle avait pu ne pas être elle! Alors peut-être. Peut-être l'aurait-il vu telle qu'elle était. Puisqu'elle était comme elle était, sa vision d'elle devait très certainement s'arrêter à la vision d'une parfaite enfant bête, alors qu'elle, elle voulait qu'il puisse la voir rire, la voir sourire, la voir être heureuse et pleine de vie en sa présence, elle voulait pouvoir lui parler de tout ce qui lui passait par la tête sans qu'il ne la regarde comme une parfaite inconnue. Elle voulait détruire ces barrières physique qui la séparait se son âme à lui, elle voulait se montrer comme elle voulait tant être!

Elle baissa alors sa main, un air déçu sur le visage, enfin, un peu? Elle s'était elle-même déçu?! Oui. Elle se décevait d'être autre chose que ce qu'elle voulait projeter. Le sourire qu'il lui offrit alors, elle n'osa pas le lui rendre, la franchise et la douceur qui s'en dégageait aurait complètement été gâché par sa faiblesse d'esprit et son manque de vivacité. Elle semblait dépérir sur place, se calant au plus profond de la forêt, fuyant son regard alors, trop enjoué. Bien qu'elle avait envie de lui sourire à son tour, faire comme d'habitude et rire de ce rire tellement bête, mais elle ne pouvait ses lèvres refusaient catégoriquement de se relever, de former cette courbe légère. Son corps au complet refusait de faire ce simple geste. Une quelconque raison? Pas exactement "quelconque", mai il y avait bien une raison, son rêve disparaîtrait, elle avait l'impression que l'illusion disparaîtrait au moment où le "but de la venue de Lyon" serait accompli.

Finalement, ce fut Lyon qui prit la parole, elle avait complètement oublié de parler la pauvre idiote! Était-elle réellement restée silencieuse ainsi tout ce temps? Il semblait bien que oui, Zeïlia l'avait bel et bien observé tout ce temps sans bouger, le scrutant d'un oeil incertain et timide. Elle devait avoir l'air d'une belle tarte, immobile, devenue complètement rouge. Ses oreilles firent résonner chaque mot prononcé dans son esprit qui s'était peu à peu calmé.

- Tu penses trop Zeï. Calme toi un peu, j'ai presque sursauté en lisant tes pensées, on dirait que j'étais un monstre de cauchemars venu pour te manger, relax un peu. Allons, laisse-moi te donner un coup de main.

Comme un beau coup de poing dans le ventre!

Les mots qui sortaient de la bouche de Lyon semblaient parvenir à Zeïlia par vagues plus ou moins longues, elle sentait chacun des mots s'imprégner paresseusement en elle. Il s'était bel et bien incrusté dans sa tête, ayant accès à chacune de ses pensées, les plus légères aux plus profondes, tout, elle n'avait pas vraiment prit le temps de remarquer quoi que ce soit, ce qui l'avait aussi empêché d'élever une solide barrière psychologique où elle aurait pu enfouir ses plus sombres secrets. Elle n'était pas en colère contre lui. Non loin de là, bon bien sûr, elle avait toujours détesté que des gens s'incrustent dans ses pensées les plus intimes, dans sa propre tête, mais il avait dit ne rien comprendre à ses pensées. En fait, ce n'était pas comme si elle-même y avait compris grand chose. Tout était toujours beaucoup trop flou!

Elle s'en voulait un peu étant donné la comparaison que Lyon avait fait avec un monstre venu pour la manger. Était-ce vraiment ce qu'elle voyait en lui, un monstre? Une chose répugnante qui dégoulinait de partout et qui avançait en grognant bêtement? Non! Elle ne voulait pas qu'il croie cela d'elle, elle ne voulait pas penser cela, elle ne voulait pas l'avoir pensé, elle n'avait pas peur de lui! Enfin, elle ne croyait pas avoir peur, elle n'était toujours pas capable de dire de quoi il s'agissait en fait, donc, elle ne pouvait promettre de ne pas avoir peur!

La main de Lyon lui apparut soudain, ses yeux semblaient avoir un peu déconnecté d'avec le monde réel pour la laisser seule dans la noirceur de sa tête pour songer aux paroles de son ami et comment elle pouvait y répondre. Elle posa premièrement des yeux incrédules envers le geste puis monta lentement la tête pour observer le visage rayonnant de Lyon. Il lui fallut bien quelques secondes avant de tendre lentement la main, incertaine de ce qu'elle devait faire. Elle hésita un moment avant de poser sa main froide sur la main de son ami. Le contact la fit frissonner son corps complet et elle écarquilla vivement les yeux, observant la main de Lyon qui tenait la sienne. La chaleur qui s'engouffrait en elle était non pas désagréable, mais plutôt calme, sereine, au point où elle ne pu, alors que son corps refusait ce geste peu avant, que sourire légèrement, ce même sourire qui, plus jeune, ne quittait jamais son visage. Enfin, jamais, une façon de parler, elle n'aimait pas les relations sociales sauf avec quelques personnes spéciales pour elle. C'était avec ces personnes qu'elle souriait ainsi, ce sourire enfantin, heureux, brillant.

Utilisant l'appui qu'Il lui offrait ainsi, Zeïlia sauta sur la pierre et traversa pour descendre du même côté que Lyon, un sourire bien plus naturel au visage. Celui qui un jour remarqua que le rire et le sourire étaient contagieux doit être fier de son annonce, c'était bien vrai, le simple fait que Lyon lui avait souri avait permis à Zeïlia "d'apprendre" comment faire et de le faire à son tour! Elle ne lâcha pas sa main. Enfin, elle aurait peut-être dû, mais elle ne le fit pas, sa tête était vers le sol et elle était, une fois de plus, perdue dans ses pensées, la main droite dans la main gauche de Lyon et sa main gauche qui tenait son bras droit. Sa tête fourmillait d'idées farfelues. Elle songeait plus que tout à ce qui se passait dans son coeur. Elle ne savait plus comment elle considérait les autres ni pourquoi Lyon sortait vraiment du lot. Bien sûr, il n'était pas seul à âtre différent dans sa tête, pour une raison inconnue, il y avait Isklive, mais elle connaissait la raison pour lui. C'était simplement par leur faux lien de sang. Ils étaient comme frères et soeurs, liés par l'énergie et l'attitude, il était différent, mais Lyon... Pourquoi? Ils n'étaient pas vraiment pareils, ils s'entendaient bien, mais cela s'arrêtait là, ils ne se connaissaient pas plus que cela, bien qu'elle aurait préféré en apprendre plus sur son frère d'armes.

Quelques secondes durent bel et bien passer pendant ce temps jusqu'à ce que Zeïlia relève la tête, un air interrogateur sur le visage quand elle la vit. Elle. Sa main! Elle ne l'avait toujours pas enlevée de là!! Ses doigts enlaçaient encore le contour de sa main, pourquoi elle ne l'avait pas enlevée de là elle?! POURQUOI?!

*IDIOOOOOOTE!!!!*


D'un rapide petit mouvement du poignet, la jeune fille se dégagea, rougissant de plus belle et elle émit un rire gêné, bien que le sourire qui ornait son pâle visage était, à ce moment-là, plus heureux que jamais. Elle ne su pas du tout quoi dire, sa langue devint pâteuse et ses jambes devinrent lourdes, pourtant, elle resta fière, debout, immobile. Ce qui lui permis de parler à ce moment-là? Le courage? L'envie de le garder près d'elle? L'empêcher de fuir face à sa maladresse et son lunatisme? Passer un coup de balais sur ce qui s'était passé? C'était un gros mélange de tout cela.

- Donc hum... Ly-Lyon? Qu'est-ce... Hum... Qu'est-ce que tu fais ici à cette heure? Normalement... On entraîne notre écuyer à cette heure-ci... Il me semble... Pour moi, c'est que heuu... Congé... Oui, je lui ai donné congé... Pour la journée!

Pourquoi est-ce qu'elle donnait encore des explications alors qu'il ne lui avait absolument rien demandé? Était-ce devenu une habitude avec elle? Peut-être que si... Peut-être que non. Il était si spécial, alors!
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Le temps des révélations... [PV Lyon <3]

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