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un pacte avec le diable ► sybille

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Chase
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Rôle : Noble d'Enkidiev de la lignée Harrison, branche des arts et revente (Rol'ay)
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Âge: 23-28 ans [G18]
Rôle: Noble héritier de la branche Rol'ay de la lignée Harrison
MessageSujet: un pacte avec le diable ► sybille Mar 17 Oct 2017, 12:51

Bruit de verres brisés et autres tapages, les serviteurs évités soigneusement d’entrer dans la cuisine où se disputaient les deux protagonistes.

« Tu n’y connais absolument rien ! »
« Je n’ai pas besoin d’être un fin connaisseur pour reconnaître de la pissette ! »
« Oh monsieur a un palais divin de part son affiliation au Rol’ay ? »
« Parfaitement ! J’ai du gout et du flair, moi. »
« Continue comme ça et je vais te [censuré au montage] dans le [censuré au montage] et le faire remonter jusqu’à ton œsophage pour que tu t’étrangles avec ! »
« Que de vulgarités dans une bouche si délicate, c’est insultant pour notre famille. »
« … Sors tout de suite de cette cuisine ! »
« Non ! Du moins pas si tu continues dans ton blasphème de servir à tes futurs invités un vin d’une qualité aussi misérable. »
« A moins que mon vin ne soit rejeté par l’un de tes fameux gouteurs au palais bien plus délicats que le tien – je précise – je ne changerai pas mon vin ! »

Quelques minutes plus tard, Aubin fut amener pour gouter le vin. Fort heureusement, celui-ci s’est avéré être déjà à Rubis lors de l’échange. Aubin n’était autre qu’un général à la solde des Rol’ay, ayant pour mission de rechercher de nouveaux artistes, mais aussi des denrées rares, et il avait aussi la qualification pour être gouter de mets et de boissons. Un bon homme à tout faire, dont je pouvais être fier.
Moi, Chase Rol’ay de la lignée d’Harrison, observait avec attention Aubin déguster le vin, attendant avec impatience ma victoire contre Gwendolyn Elhys de la lignée d’Harrison, ma très chère cousine.

« Ce n’est pas un des meilleurs, mais ce n’est pas de la pissette non plus. » Echange de regard noir entre moi et ma cousine. « Permettez-moi de vous conseiller un vin. »

Il nous sortit une bouteille qu’il avait amené avec lui – peut-être s’était-il attendu à cela, en même temps, les généraux des Rol’ay avaient malheureusement l’habitude des maintes querelles entre moi et Gwen sur les mets et les boissons à proposer aux invités lors des soirées Elhysiennes. Il faut dire que Gwen était une forte tête, tout comme moi. Fort heureusement, notre cousin Oan était plus calme et posé. Plus diplomatique lors de disputes des familles aussi. Bien entendu, face à d’autres personnes, nous ne nous nous comportons pas ainsi, tels des gamins de fanfare, après tout, nous avions une image à préserver.
Le vin d’Aubin était délicieux, bien meilleur que celui de Gwen, qui garda un visage impassible tout en validant le vin d’un signe de tête. Elle ne disait rien, mais je sentais en elle une forte frustration. Une semi victoire pour moi, et je ne pus m’empêcher d’avoir le regard hautain et fier à son encontre, même si ce n’était pas vraiment de mon fait, cette semi victoire.
Je finis donc par quitter la cuisine d’un pas qui se voulait là encore fier et droit, pour bien montrer toute la puissance de ma victoire. Je pouvais clairement sentir le regard assassin de ma cousine sur ma nuque, et je m’estimais heureux qu’elle n’ait pas le pouvoir de tuer d’un regard.

La soirée qui s’annonçait n’avait rien d’exceptionnel à d’autres. Comme quasiment toutes les fêtes organisées par les Elhys, j’étais présent pour faire mes propres affaires. Comme un intérêt commun. Oan n’avait pas ce problème lui, le problème de devoir se déplacer, se montrer pour faire du profit, se faire entendre : étant l’héritier du plus grand réseau de prostitution, son nom était déjà connu de tous, et les clients n’avaient pas besoin qu’on vienne toquer à leur porte pour leur proposer des prostituées pour qu’ils aillent d’eux-mêmes dans une maison Na’aril. (Au contraire j’aurais tendance à fuir si quelqu’un toquait à ma porte pour me proposer de m’envoyer en l’air avec une femme de joie).
C’était donc une fête où j’allais faire mon profit personnel. Enfin, pas si personnel que cela puisque c’est pour le compte de ma famille, les Rol’ay. Ma famille avait beaucoup de fonctions accordées, elle était vaste et bien garnie, entre la revente de mets, de boisson, d’œuvre d’art, d’informations, et de stupéfiants. Autrefois nous faisions la guerre aux Elhys pour avoir le pouvoir sur les marchés d’esclave, cependant nous la perdîmes, et dans un sens, cela valait mieux – nous en avions déjà bien gros à notre actif. Cependant, je voyais quand même plus loin, et j’aspirais à ce que la famille Rol’ay, ou plutôt que les Harrison tout entier, mettent la main sur l’industrie des assassins, espions, et voleurs. Plus particulièrement, de créer des guildes à notre nom. Ce serait très intéressant, et cela rapporterait certainement. Mais il fallait déjà avoir des membres compétents, dans cette pseudi-guilde, qui serait gérer en collaboration avec les trois familles (Rol’ay, Elhys et Na’aril). Autant pour fournir des planques que pour le recrutement ou l’appel d’offre. Même si je considère que la plus grosse partie de l’administration de la guilde se ferait par les Rol’ay, après tout.
Mais ! Je n’en étais qu’aux prémices, à l’ébauche de ce projet. Il fallait déjà que je commence à étendre mon réseau à quelques personnes de l’ombre, et c’est d’ailleurs l’objectif de ce soir.

Sibylle, telle était son nom, se couvrait d’un masque de noblesse pour des activités bien plus… illégales. Je m’étais longuement renseigné sur elle avant toute chose. Bien évidemment avant cela il a fallu la trouver, ce qui ne fut pas bien difficile via des espions bien placés. C’était une femme… intéressante, je devais bien l’avouer, et d’après un croquis, elle semblait plutôt jolie. C’est pourquoi, j’avais expressément demandé à Gwendolyn de l’inviter, en tant que noble, à notre fête de nobles. Une fête qu’elle ne pouvait se permettre de manquer tant l’entrée était sélective. Pas d’invitation, pas de fête. Je me demandais bien comment cette soirée allait se dérouler.

Je m’étais bien habillé sans trop en faire, pour ne pas trop me démarquer des autres, rester discret. Je saluais les premiers nobles qui arrivèrent au chalet où se tenait la réception. Le chalet était constitué de trois étages, et la réception se tenait au rez-de-chaussée, que l’on pouvait diviser grossièrement en deux parties : la partie cuisine non accessible aux invités et la partie salle de réception. Le plafond de cette dernière était haut, et la salle était ouverte sur le jardin extérieur grâce à des ouvertures en asques soigneusement sculptées sur l’entièreté du mur ouest de la salle. Cela ne donnait pas directement sur le jardin, il y avait d’abord comme un balcon faisant tout le pan de mur, dont le sol était recouvert de dalle, et il y avait aussi un « plafond » qui n’était en fait que le balcon du premier étage, soutenu par des colonnes de pierre ici et là, finement organisés. Ensuite il y avait le jardin, somptueux, ressemblant à un petit labyrinthe avec une fontaine en son centre. Des petites lucioles avaient été attirées via des phéromones inodore pour l’homme, et permettant ainsi d’illuminer d’une lumière naturelle le jardin. L’intérieur avait été décoré sobrement, sans en faire trop, tout en ayant ce petit « je-ne-sais-quoi » qui faisait toute la différence, rendant la salle chic et distingué. Des musiciens avaient été apprêtés, ainsi que quelques amuseurs de foules pour des spectacles à intervalles réguliers. Des prostituées de la maison Na’aril de Rubis avaient été recrutés pour faire le service, et plus si affinité. Le reste de l’immense salle était destiné à la danse et au papotage autour de table où, à la demande des serveurs et serveuses, pouvaient se retrouver très vite garnie de pleins de victuailles.

Je ne trouvais pas Sibylle dès la première fournée de nobles, et nous nous retrouvons bien vite envahie, à tel point que je fus bien vite accaparer par des noblesses venues me faire la cour dans l’espoir que je rompe mes fiançailles avec Dyana et que je me marie avec l’une des leurs. Il faut croire que même une bague ne peut retenir l’ambition. La soirée avait bien débuté depuis quelques heures avant que je ne trouve du regard ma proie du jour – enfin plutôt de la nuit – et j’abandonnais bien rapidement les personnes avec qui je discutais affaire – comme toujours – pour m’avancer avec assurance dans la direction de Sibylle, qui ne m’avait pas encore vu.

« Vous semblez ennuyée, » l’interpelais-je doucement, marquant ainsi ma présence. Elle se tourna alors vers moi, et je lui offris mon plus beau sourire. « Excusez-moi de vous importuner ! Je suis Chase Rol’ay de la lignée Harrison. Il me semble que l’on ne s’est encore jamais rencontré, ce qui est bien dommage pour une si charmante jeune femme. Permettez que je vous tienne compagnie ? Je saurais peut-être vous divertir. Souhaitez-vous un peu de vin ? »

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Sibylle
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MessageSujet: Re: un pacte avec le diable ► sybille Mer 15 Nov 2017, 10:29

Sibylle se regardait dans un miroir pendant que sa femme de chambre s’affairait à lacer les fils de son corset. Bien sûr, la jeune femme était amplement en mesure de se vêtir sans aide, mais elle appréciait son personnel. La fortune de son défunt mari lui avait permis de faire bâtir ce somptueux manoir et d’être en mesure de payer du personnel pour l’entretenir. De plus, il fallait dire qu’elle n’acceptait que des contrats lucratifs, ce qui faisait en sorte qu’elle ne manquait jamais d’argent. Il y avait toujours des gens, des riches, qu’ils soient nobles ou non, qui étaient insatisfaits. Le vice chez les gens de pouvoir n’était jamais dissimulé bien loin. Il y avait toujours une personne plus puissante, une menace potentielle, une femme infidèle, un amant à faire disparaître, toujours une bonne raison de faire appel aux services d’un assassin discret dont on ne connaissait pas le vrai visage. Lorsqu’elle rencontrait ses clients, l’assassin ne prenait jamais la même apparence. Son pouvoir lui était particulièrement utile dans le métier qu’elle avait choisi. Jamais on ne la retraçait. Elle réussissait toujours à changer au moins une partie de son visage, faisant douter ainsi la personne qui croirait l’avoir reconnue. Aussi, elle n’utilisait jamais le même nom lorsqu’elle rencontrait ses clients. Ses identités étaient multiples. Quelques rares personnes seulement connaissaient sa double identité de noble/assassin : son ancienne guilde, bien sûr, et quelques personnes un peu trop informées, munies d’un réseau d’informateurs vaste et efficace. Les autres personnes, qui ignoraient complètement son identité, la contactait via un réseau interminable d’intermédiaires. Sibylle se faisait un devoir d’être introuvable. Elle ne voulait surtout pas que l’on apprenne ses activités, disons, moins nobles. Après tout, elle adorait se complaire dans le luxe et la noblesse et se plaisait dans toutes les intrigues superficielles qu’offrait la noblesse du royaume de Rubis.

Sa femme de chambre se recula, ce qui interrompit le fil des pensées de l’assassin. « La robe vert émeraude. » Aussitôt, la servante s’inclina et se précipita vers l’immense armoire qui contenait toutes les somptueuses tenues de sa maîtresse. Bien sûr, son personnel ne connaissait pas ses activités plutôt meurtrières. Pour ses serviteurs, elle avait été une épouse exemplaire et elle opérait désormais un veuvage irréprochable. Certes, ils ignoraient complètement ses autres activités, beaucoup plus libertines. Sibylle aimait les hommes, bien qu’elle était incroyablement sélective en la matière. Pour préserver les apparences, lorsqu’elle passait la nuit avec un amant, elle se rendait chez l’homme en question. Une très grande partie de sa couverture résidait en son personnel. En effet, il n’y avait rien de plus bavard qu’un groupe de femmes de chambre. Par conséquent, la maîtresse des lieux savait pertinemment que ses servantes bavassaient à son sujet. Elle s’assurait simplement qu’elles papotent des bons sujets, ainsi elle s’acharnait à pratiquer un comportement irréprochable devant son personnel. Lorsqu’elle passait la nuit ailleurs, elle disait passer la nuit à prier. Sibylle avait en effet la réputation d’être une femme extrêmement pieuse, encore plus depuis la mort de son époux. Un sourire se dessina sur les lèvres de l’assassin à cette pensée. La noblesse pouvait parfois s’avérer si sotte. Elle ne voyait que ce qu’on mettait devant ses yeux, sans jamais regarder au-delà. La jeune veuve n’avait jamais mis les pieds dans une chapelle de toute sa vie. Elle détestait la religion et tout ce que cela impliquait. Cependant, il suffisait de lancer la rumeur de son extrême piété, accompagnée de quelques bijoux représentant les dieux et tous avaient été si facilement bernés.

Clarissa, sa femme de chambre, revint fièrement avec ladite robe couleur émeraude. Il s’agissait d’une pièce somptueuse, confectionnée par les meilleures couturières du royaume de Rubis. Sibylle ne la revêtait que très rarement, mais ce soir l’occasion l’exigeait. La noble tendit les bras et Clarissa entreprit d’y passer la robe. La jeune servante s’affaira à l’attacher et à la mettre en place. Lorsqu’elle eut terminé, elle se recula une fois de plus, permettant à sa maîtresse de se mirer une fois de plus dans la glace. Un bref sourire en coin montra à la jeune bonne qu’elle était satisfaite et la jeune fille se permit même un compliment que la maîtresse du manoir accepta. Elle savait bien que cette jeune domestique l’admirait à un point où cela atteignait presque la vénération. L’assassin s’acharnait subtilement, depuis quelques mois déjà, à la corrompre pour en faire éventuellement un pantin qu’elle pourrait utiliser pour ses sombres besognes. Les contrats se faisaient de plus en plus nombreux, et elle aurait sans doute besoin d’une personne qui irait à sa place rencontrer les clients. Clarissa, pour le moment, bien que pure et naïve, pourrait, grâce aux bons soins de la jeune femme noble, remplir ce rôle. Lorsque Sibylle quitta son reflet et se dirigea vers sa coiffeuse, un meuble de bois luxueusement ouvragé, la domestique s’inclina et s’apprêta à se retirer. « Clarissa, chérie, mes cheveux. » La jeune fille figea sur place. Sa maîtresse avait toujours été très claire, elle s’occupait toujours elle-même de sa propre coiffure. Aucune servante, aucune femme de chambre, n’avait jamais coiffé Lady Sibylle. Bien sûr, toutes en rêvaient. Il n’y avait pas plus grand honneur que de coiffer sa maîtresse, et ce, non pas seulement au manoir de Sibylle, mais partout sur le continent.

L’assassin se retourna vers sa femme de chambre. « Chérie, je n’ai pas toute la journée. » Se ressaisissant, Clarissa s’approcha de la coiffeuse et se posa derrière sa maîtresse. « J’ai un bal d’une très grande importance ce soir et je veux qu’on me remarque. » La domestique hocha de la tête, signifiant qu’elle comprenait. La jeune fille s’empara de la brosse et commença doucement à brosser la chevelure blonde de sa maîtresse. Alors que la petite s’affairait, le regard de Sibylle se posa sur l’enveloppe richement ornée qui trônait devant elle. Il s’agissait d’une invitation qu’elle avait reçu quelques jours auparavant. La noble famille Elhys, branche de l’incroyable lignée des Harrison, organisait une soirée privée. Seuls pouvaient entrer ceux qui avait reçu une invitation. Au début, cela avait surpris la jeune femme. Cependant, comme ses amies lui avaient rappelée lorsqu’elle avait discuté de sollicitation, elle était l’une des plus belles et sans doute la plus riche veuve du royaume. Quelqu’un, dans cette famille, voulait peut-être solliciter des fonds, ou encore, une épouse. La meurtrière s’était alors composé un air soulagé et joyeux, mais à l’intérieur d’elle, elle se doutait qu’il y avait sans doute plus. Au cours de ses contrats, elle en avait appris plus amplement sur cette prestigieuse lignée. Elle avait pris connaissance des activités, légales et illégales des trois branches des Harrison. Ainsi, elle se doutait bien que, même si sa présence pouvait effectivement être le fruit du hasard et être simplement liée à sa fortune, sans doute il y avait plus. Après tout, il y avait toujours anguille sous roche dans les réceptions privées. Pourtant, la jeune femme ne s’en inquiétait pas outre mesure. Elle avait été entraînée à se sortir de n’importe quelle situation. Il fallait simplement rester vigilant, tout en tentant de s’amuser.

Elle sentit les mains de Clarissa quitter sa chevelure et elle porta son regard sur le miroir en face d’elle. La jeune fille avait fait des merveilles. Sa chevelure blonde, presque blanche, tombait en une multitude de boucles sur ses épaules et la servante les avait regroupées d’un seul côté, les attachant légèrement, de façon à ce que toute sa chevelure retombe sur son épaule gauche. Sibylle esquissa un sourire satisfait. La domestique s’inclina et s’apprêta à quitter la chambre de sa maîtresse, sachant pertinemment qu’elle préférait toujours terminer sa toilette par elle-même. L’assassin se leva et alla s’asseoir sur le bout de son énorme lit. « Clarissa, ma belle, reviens par ici. » Encore étonnée, la servante s’approcha de sa maîtresse. Allait-elle lui demander de lui mettre ses bijoux? Elle ne le faisait jamais. D’ailleurs, personne ne savait où elle les conservait. La maîtresse des lieux fit signe à la femme de chambre de s’asseoir près d’elle, ce qu’elle fit de façon hésitante. « Je suis extrêmement fière de ton travail aujourd’hui. Dorénavant, tu seras la seule qui aura accès à cette chambre. J’ai besoin d’une personne de confiance et, après ton travail d’aujourd’hui, je crois que tu l’es. Dis-moi, Clarissa, puis-je te faire confiance? » La jeune domestique hocha de la tête en répondant qu’elle était touchée de cette marque de confiance et elle lui assura une loyauté sans faille. Sibylle composa un sourire rassuré. « Merci Clarissa. J’informerai le personnel de ta nouvelle promotion. Tu seras désormais intendante de mon manoir. » La jeune fille déglutit avec difficulté et accepta sa nouvelle tâche en hochant de la tête. La maîtresse retira une bague de son majeur droit et la remis à la nouvelle intendante. Il s’agissait d’une coutume dans la noblesse du royaume de Rubis, les intendants portaient une bague représentant les initiales de la famille qu’ils servaient. Clarissa s’agenouilla alors devant Sibylle et la remercia de l’immense honneur. Après lui avoir assurée qu’elle ne la décevrait pas, la jeune fille quitta les appartements de sa maîtresse. Un sourire vindicatif se dessina sur les lèvres de la meurtrière. Bientôt, elle aurait une associée.

La jeune femme se dirigea vers une autre armoire qui trônait dans sa chambre. En apparence, elle contenait son équipement de couture et de broderie. Cependant, lorsqu’on appuyait sur un certain endroit de la penture, le compartiment de couture laissait place à un autre compartiment où étaient dissimulés ses bijoux « spécialisés ». Il s’agissait de pièces de joaillerie que lui avait offert son défunt époux et qu’elle avait ensuite fait modifier pour les besoins de son emploi. Ainsi, elle prit son fidèle bracelet d’or, dans lequel était dissimulé une garrotte et opta pour un collier en or serti d’émeraudes. Il s’agissait en fait de fausses émeraudes, puisque chaque pierre était en fait empoisonnée. Si une pierre entrait en contact avec un liquide, elle se dissolvait à l’intérieur et libérait un poison. Finalement, sous les bijoux il y avait trois tiroirs, contenant les armes de l’assassin. Elle prit deux dagues et leur étui, qu’elle plaça à chacune de ses cuisses et une autre dague qu’elle plaça, toujours dans un étui et à la hauteur de sa taille, sous un pan de tissu de sa majestueuse robe. Comme elle ne partait pas en mission, elle jugea qu’elle n’aurait pas besoin de plus d’armement. Toutefois, elle n’était jamais trop prudente.

Sibylle arriva finalement au lieu où se tenait la réception. Un somptueux chalet entouré d’un jardin magnifique. D’un geste gracieux, la jeune femme tendit son invitation à l’employé qui les recevait et entra dans le bâtiment. Elle se mêla rapidement à la foule, qui était constituée de gens de la noblesse qu’elle avait l’habitude de fréquenter. Elle prit une coupe de vin qu’une servante lui proposa et discuta quelque peu avec Pénéloppe, l’une de ses amies, qui l’ennuya rapidement, puisqu’elle ne cessait de parler de son mariage fructueux et du bonheur de la vie conjugale. L’assassin réprima un haut-le-cœur et prétendit devoir parler affaire avec un ami de son défunt mari. Elle se dirigea vers un coin de la salle, de façon à pouvoir obtenir un petit instant de paix. Sa solitude fut de courte durée puisqu’un homme à la prestance presque princière s’approcha d’elle et lui adressa la parole. Son apostrophe la fit sourire. Elle devait l’avouer, elle était un peu ennuyée. Cette soirée si sélective manquait cruellement de divertissement. Du moins, selon son opinion. La majorité des invités semblait s’amuser et profiter de cette soirée excessivement exclusive. Sibylle, quant à elle, bien qu’elle adorait le luxe que lui conférait sa naissance noble, préférait de loin les activités plus illicites.

L’homme qui venait de l’interpeler se présenta. Ainsi, elle avait affaire au fameux Chase Rol’ay. Elle ne l’avait jamais rencontré, mais elle le connaissait de réputation. Il était le cousin de l’organisatrice de la soirée. La jeune femme écouta son entrée en la matière. « Je suis enchantée sire Rol’ay », dit-elle en inclinant légèrement la tête. « Je prendrai volontiers une coupe de vin. » Elle lui offrit un sourire charmeur. Elle se demanda bien ce que ce représentant de la branche Rol’ay pouvait bien lui vouloir. Elle n’était pas sans connaître ses activités plutôt illicites à lui. Lui parlait-il simplement parce qu’il la trouvait « charmante » ou avait-il d’autre dessein. Toute la noblesse savait qu’il était fiancé. « Je ne veux pas faire offense à votre cousine, mais en effet, j’ai bien peur que cette soirée soit moins palpitante que ce qu’elle laissait présager. » Elle battit légèrement des cils en croisant son regard. « Cependant, j’ai maintenant la nette impression qu’elle prendra une tournure différente. Ai-je raison ? » Cette phrase innocente cachait une infinité de possibilités. « Je suis Anne Carlisle, et je suis enchantée de faire votre connaissance, sire Rol’ay. » Sibylle avait volontairement décidé de ne pas donner son vrai prénom. Il s’agissait plutôt d’un test. Elle voulait voir comment il réagirait. L’avait-il approché seulement pour sa beauté, ou connaissait-il son identité. Et par conséquent, quelle identité connaissait-il? Bien peu de gens connaissaient ses activités criminelles, mais les Rol’ay n’était pas plus blancs qu’elle et trempaient aussi dans l’illégal. Chase ne réagit pas et lui fit un baisemain. L’assassin but une gorgée de vin. « Cette demeure appartient-elle à votre cousine ou bien s’agit-il d’une possession des Harisson? » Elle écouta sa réponse attentivement. « J’ai cru apercevoir des jardins. Avez-vous envie de prendre l’air? » Chase l’intriguait énormément. Il semblait différent des nobles qu’elle fréquentait. Bien qu’elle ne le connaissait pas, elle pouvait ressentir une noirceur à l’intérieur de lui qui s’apparentait à la sienne. D’une parfaite galanterie, il lui offrit son bras et elle s’y accrocha volontiers.
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