___




 


AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez|

Une perturbation dans la force (PV Jamère)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Meïlhor
Mercenaire / Assassin
avatar
Nombre de messages : 92
Rôle : Mercenaire
Date d'inscription : 14/03/2016

Plus sur le personnage
Âge: 26 à 31 ans en G 19
Rôle: Mercenaire
MessageSujet: Une perturbation dans la force (PV Jamère) Jeu 29 Juin 2017, 14:51

Jenna allait désormais sur ses six printemps, Elend quand lui en avait tout juste cinq. Meïlhor et Jamère vivaient un parfait bonheur avec leurs charmants bambins dans l'ancienne maison de Jubey à Rubis. La maisonnée n'avait plus rien à voir avec le temps où elle était habitée par l'assassin, le mercenaire l'ayant refait de toute parts, ce qui n'était pas pour déplaire à sa compagne, bien au contraire. Celle-ci avait tant de souvenirs douloureux dans cette demeure, désormais remplacé par les moments de complicité vécus avec ses enfants.
Elle et Jamère, par soucis de présence auprès de leurs enfants, partaient en contrat à tour de rôle. Jenna gagnant en autonomie, avait exprimé depuis peu le besoin d'aller rendre visite à sa tante Eyreen à la tour des mages. Sa fille se destinant à en faire partie, Meïlhor n'avait guère eut le cœur de le lui refuser. La petite semblait si enthousiaste à l'idée de découvrir son nouvel environnement, la blonde avait donc consentit à l'y accompagner pour observer les alentours. Elle devait s'assurer par elle même que son aînée n'y risquerait rien. L'idée de la laisser si jeune ne l'enchantait pas, doux euphémisme s'il en était. Protectrice, la jeune mère avait toutes les difficultés du monde à s'éloigner de sa si précieuse progéniture. Elle se devait de les protéger, n'étant pas encore en mesure de le faire par eux même. Jamère avait toutefois sut la convaincre et trouver les mots pour apaiser légèrement ses craintes. La tour était un endroit sure, Eyreen veillerait sur leur fille et tout irait bien. Oui, tout irait pour le mieux, ou Meïlhor ferait payer à tout ces  mages et à la fille d'Oxine  de n'avoir pût prendre soin de Jenna, comme ils se devaient.
Mauvaise foi oblige Meïlhor avait une peur panique de la magie, hormis celle de sa fille bien sur. Bon sang ne saurait mentir, après tout (wink, wink). Jenna était magique certes mais elle était avant toute chose sa fille et rien ni personne ne pourrait la détourner d'elle, jamais.
La petite famille c'était donc préparée tôt pour l'occasion et tout le monde avait accompagné Jenna pour ses premiers pas à la tour. Durant le voyage la mercenaire avait été particulièrement silencieuse craignant pour la suite de la journée. Elle avait alors laissé le bon soin à Jamère de divertir leurs rejetons, ce qu'il avait exécuté avec brio en leur contant divers histoire de son cru. Jenna observant sa mère soucieuse, lui avait posé quelques questions sur différentes plantes et poisons avec un sourire doux. Ce  que Meïlhor pouvait les aimer tout deux. Les laisser était difficile mais la blonde ne pouvait les garder pour elle seule, bien sur. Ils devaient construire leur propre vie, se construire, grandir et devenir ce que bon leur semblerait et leur mère les y aideraient, naturellement.
Faisant volt face, la mercenaire se gourmanda. Son aînée avait besoin de tout le soutien de ses parents aujourd'hui et c'est exactement ce qu'ils allaient lui offrir.  Passant une main dans la crinière rousse, sa mère offrit un sourire sincère à sa Jenna tout en répondant à ses questions. Les gestes d'affections étaient rare chez Meilhor, mais toujours lourd de sens.
Une fois arrivés, la visite c'était éternisé et Elend sage jusque là avait finit par s'impatienter. Aussi, Jamère avait il proposé à son garçon de laisser les filles finir tandis qu'eux irait au marché en quête de fabuleux trésor. Une telle proposition ne pouvait que réjouir l'enfant et ils laissèrent alors mère et fille explorer la tour. Meîlhor était heureuse de ce moment partagée et plus encore de la décision de son compagnon de la laisser rester. Elle ne voulait être en nul autre endroit. Vérifiant discrètement les points d'accès et la sécurité, elle se calmait au fil de la visite voyant l'endroit sur qu'il était. Jamais aussi sûre que leur demeure, mais tout du moins cela semblait suffisant. Retrouvant Eyreen, Jenna avait émis le souhait de rester avec elle n'ayant pas oublié l’existence d'une bibliothèque mentionné plus tôt par sa tante.
Meïlhor l'avait donc laissé pour quelques heures cette fois, à la tour. Jamère avait raison tout irait bien. Déambulant dans les rues sans but précis, Meilhor errait perdu dans ses songes. Savourant les quelques minutes de solitude qu'elle s'accordait. Temps calme rare et oh combien appréciable. Elle allait entre les étals du marché sans réellement s’arrêter sur aucun, furetant et observant ce qui pouvait attiser son attention. Un sentiment d'empressement naquis alors en elle manquant même de ne faire ce dérober ses jambes sous elle. Cette sensation ne lui était pas inconnue, elle l'avait déjà ressentit à une unique occasion. Lorsque Jamère était au prise avec Lios... Il se passait quelque chose et il fallait agir vite, elle en était certaine. Elend, Jamère ... Elle devait les retrouver immédiatement...
Elle ferma les yeux et se concentra sur le sentiment de crainte qui enflait en elle. Le visualiser pour être en mesure de le repérer. Les minutes s’égrenèrent et enfin Meïlhor était certaine de sa destination, aussi s'élança t'elle en courant pour les rejoindre au plus vite...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://rpg-chevalier.chocoforum.com/t11197-meilhor
Jamère
Armée - Soldat
avatar
Nombre de messages : 78
Rôle : Soldat et justicier à ses heures perdues
Date d'inscription : 21/03/2016

Plus sur le personnage
Âge: entre 28 et 33 ans en G19
Rôle: Soldat et justicier à ses heures perdues
MessageSujet: Re: Une perturbation dans la force (PV Jamère) Mar 18 Juil 2017, 17:39

Ce matin là, Jamère préparait sa troupe pour une excursion. À l'aube de ses sept ans, Jenna avait exprimé le souhait de se rendre à la tour, puisque c'était là qu'elle avait toujours voulu étudier. Ayant manifestée ses pouvoirs depuis un certain temps déjà, la fillette avait ainsi tout les droits de prétendre à suivre un enseignement magique.
Jamère était ravi des volontés de sa fille à se faire mage. Elle ne manquerait ainsi de rien, et elle serait en sécurité à la tour. De plus elle était jeune, et elle devait suivre un enseignement long – avec un peu de chance, il n'y aurait plus trace de conflit d'ici la fin de ses études ! Jamère était vraiment l'optimisme même. Enfin, c'était là le seul stratagème qu'il avait réussit à mettre en place pour se convaincre de laisser sa fille chérie, la prunelle de ses yeux, rejoindre la Tour.
Jenna avait en effet une place toute particulière dans le cœur de Jamère. Peut être parce qu'elle était la seule fille du couple. Ou plus vraisemblablement parce que, déjà, elle avait très bien comprit comment obtenir tout ce qu'elle voulait de son père. En même temps, la rouquine avait de qui tenir avec Meïlhor pour mère.

Justement aujourd'hui, Jenna était à l'honneur. On avait confié Melten et Luthèce à la bonne garde d'Oxine, comme souvent lorsqu'il fallait s'éloigner de la maison. D'autant que cette fois ci, le voyage entre Rubis et Émeraude serait une véritable expédition ! Les mercenaires y emmenaient leurs deux aînés, puisque Elend souhaitait lui aussi être de la partie. Bien souvent dans l'ombre de sa sœur, il la suivait absolument partout. Cela amusait Jenna, qui prenait son rôle d'aînée très au sérieux ! Il était si plaisant de voir les deux enfants occupés à jouer ensemble.

Pour en revenir au récit qui nous intéresse, le voyage s'était fait sans encombre. Arrivé à la frontière du royaume des Chevaliers pourtant, Jamère avait eu un pincement au cœur. Lorsqu'il avait jadis abandonnée la demeure de son enfance à la mort de ses parents, le géant s'était fait la promesse de ne plus jamais remettre les pieds à Émeraude. Il était tout à fait étonnant de voir avec quelle facilité il se permettait à présent de briser cet engagement. En y songeant, il avait vraiment été un adolescent un peu idiot, quand bien même il avait l'excuse d'être orphelin. Et puis, il était ici question de Jenna, c'était donc plus que justifié.

Bien que centré sur lui même, Jamère n'en avait pas manqué de porter attention à Meïlhor. La blonde n'était pas tranquille, il suffisait d'un regard dans sa direction pour s'en convaincre. Elle avait après tout plusieurs raisons de l'être, mais le brun ne savait dans quel ordre d'importance elles accaparaient l'esprit de sa compagne.

Le fait que Jenna ait témoignée très jeune de dons magiques, Meïlhor semblait l'avoir digéré. Après tout, c'était en sa présence que les-dits pouvoirs s'étaient manifestés pour la première fois. Lorsqu'il l'avait apprit à l'époque, Jamère n'avait su ce qui le sidérait le plus : que Meïlhor enseigne à une Jenna de cinq printemps comment lancer des couteaux, ou que sa fille soit une créature magique. Enfin, sans doute était ce plutôt l'idée de laisser la garde de sa fille à d'autres très prochainement qui taraudait la mercenaire ? L'idée ne plaisait pas davantage au brun, mais lui au moins lui se trouvait il réellement rassuré à l'idée de savoir qu'Eyreen veillerait sur sa Jenna. La fillette était tout à la fois la filleule et la nièce de la jeune apprentie magicienne, il était donc tout naturel qu'elle veille sur la rouquine.

Cette dernière justement n'avait eu de cesse de montrer des signes d'impatience durant tout le trajet ! Découvrir la tour semblait lui être aussi important que retrouver sa tante. La rouquine avait fait des allé-retour entre le cheval de son père et la monture de sa mère, taquinant Elend, tressant les crinières des cheveux, questionnant sa mère sur telles ou telles plantes découvertes au bord du chemin, ou demandant sans cesse s'il on était bientôt arrivé. Cette période de grands changements ne paraissait pas être pour elle source d'inquiétude, bien au contraire, et c'était bonne chose que cela. Du reste, Jamère avait distrait sa troupe comme il le faisait toujours avec l'une de ses histoires favorite : celle d'Arthur le pourfendeur des flammes, et de son destin tragique de voir la mythique Excalibur lui passer sous le nez au dernier moment.

Une fois au château, tout le monde avait rejoint une Eyreen visiblement ravie de recevoir de la visite. Elle s'était d'ailleurs fait un guide excellent, n’omettant aucun détail sur ce que serait le quotidien futur de Jenna. Si une telle exhaustivité ravie la fillette et remporta les faveurs de Meïlhor ( elle pouvait ainsi savoir très précisément où elle allait envoyer sa fille ), cela lassa bien vite Elend. Le petit garçon trépignait depuis un moment déjà, suspendu tantôt au cou de son père, tantôt accaparant l'attention de sa mère. Jamère avait donc décidé de le soustraire à cette visite qui l'avait depuis longtemps lassé. Abandonnant donc tout à la fois sa fille et sa compagne au bons soins de sa cadette, le mercenaire quitta le château pour gagner le village voisin. À l'allée, il avait pu constater qu'il s'y tenait une foire, ce qui serait bien plus divertissant pour le jeune Elend.

Son garçon hissé sur les épaules, Jamère profitait d'un moment de complicité toute particulière avec lui. Le mercenaire savait bien que ces derniers temps, Jenna avait été au centre de l'attention, quand les deux mercenaires n'étaient pas préoccupés par les jumeaux, encore en bas âge. Le blond Elend devait se sentir un peu délaissé parfois, ce qui était tout à fait inacceptable. Jamère avait été élevé en enfant unique, il ne connaissait donc rien des tourments que peux provoquer une enfance au milieu d'une grande fratrie. Conscient de cette ignorance, il avait donc à cœur de porter autant d'attention que possible à chacun de ses enfants. Le jeune homme était vraiment un père appliqué.  

Allant d'étales en boutiques, le mercenaire occupa efficacement son fils. Ainsi perché, le blondinet pouvait toiser le monde entier, et le marché, avec ses tentes bariolés et toutes ces nouvelles têtes à découvrir, était bien plus amusant que la visite d'un ennuyeux château. Les deux passèrent ils ainsi des heures agréables, qui leur feraient assurément de doux souvenir en commun.

L'un des avantage que Jamère pouvait tirer de sa très haute taille était d'y voir aisément au milieu d'une foule. C'est ainsi qu'il pu repérer même à bonne distance un visage ami. Le mercenaire s'était en effet peu à peu éloigner du centre du village, si bien que l'animation dans les rues commerçantes où il se trouvait à présent était bien moindre. Installé au pied d'une échelle, se tenait ce cher Azarel. Le charpentier semblait travailler sur l'enseigne d'une horlogerie, sans doute d'ailleurs était ce celle tenue par deux de ses frères. Jamère héla l’Émérien, et le rejoignit en quelques unes des larges foulées dont il avait le secret. Le charpentier était l'un des rares amis de Meïlhor, à tel point qu'il en avait été nommé parrain du tout jeune Melten, aussi le géant était agréablement surprit de le croiser ainsi.

Ayant reconnu Jamère, Azarel délaissa ses outils et le salua avec sa chaleur habituelle. En discutant, le mercenaire pu ainsi apprendre que le charpentier était à Émeraude pour aider les siens à un quelconque chantier. Comme ils se demandaient mutuellement des nouvelles, la discussion s’engagea, et cette conversation d'adulte lassa bien vite Elend. Le blondinet poussa de nombreux soupirs depuis les hauteurs où il était toujours perché. Le prenant en pitié, Jamère l'en laissa descendre. Au bout de la rue justement se trouvait d'autres enfants, occupés à jouer autour d'une minuscule fontaine qui marquait le centre d'une petite place. À peine eut il mit pied à terre que le garçonnet s'élança à toutes jambes vers les autres bambins de son âge. Jamère pouvait le garder à l’œil d'où il se tenait et d'autres adultes étaient présents. Il n'y avait rien à craindre.

Discutant toujours avec Azarel, Jamère ne vit guère le temps passer. Il se proposa même de prêter main forte au charpentier, qui se battait depuis un moment avec cette fameuse enseigne qu'il arrivait à peine à atteindre même juché sur son échelle. Tout cela occupa si bien notre mercenaire que lorsqu'il prit congés de son compère, non sans avoir convenu d'un rendez vous prochain avec Meïlhor le temps de leur séjour, il ne trouva plus guère Elend auprès de la fontaine. L'un des badaud qui trainait dans le coin, le voyant chercher, lui indiqua que son petit blondinet était parti joué en bordure de la forêt proche en compagnie de deux frères, là où ils avaient une cabane. Ayant remercié son interlocuteur, Jamère partit d'un pas léger retrouver son benjamin. Il était agréable de voir qu'il pouvait si vite se lier d'amitié avec d'autre jeunes de son âge en dehors de Jenna ! Elend pouvait parfois paraître si renfermé...

Jamère n'eut guère de mal à trouver la dite cabane. En chemin, il put croiser un gamin qui rentrait chez lui, courant comme si le diable en personne était à ses trousse. Sans doute l'un des deux frères dont lui avait parlé le passant un instant plus tôt. Cela inquiéta le mercenaire bien évidement. Au début, il avait pu se convaincre qu'il s'agissait d'un jeu, mais plus il avançait plus un mauvais pré-sentiment le tenaillait. Finalement, il parvint à la cabane. En effet, elle était située juste à la sortie du village. Elle était séparée des dernières maison par un ruisselet enjambé par un petit pont, visiblement lui aussi construction des enfants du coin. Tout était charmant ici. Il y avait même une balançoire suspendue à un arbre bas.

Pourtant, l'atmosphère était étrange. Un silence lourd planait sur l'endroit. Jamère se serait bien maudit, lui et sa stupidité : on ne perdait pas des yeux un enfant de cinq ans, fusse-t-il aussi calme et prudent qu'Elend, mais il n'en avait pas encore le loisir. Le mercenaire se mettait à craindre que son fils ait été la victime d'une mauvaise blague, les enfants pouvant se montrer très cruels entre eux. Bien naturellement, il s'inquiéta uniquement que du mal soit fait à son propre rejeton.

Le mercenaire jugea la situation absolument critique quand une odeur particulière vint chatouiller ses narines. Cette senteur lourde de fer, couvrant toute autre odeur, il ne la connaissait que trop bien. À présent parfaitement paniqué, Jamère avançait rapidement, balayant la zone d'un regard rendu bien sombre par la peur. Quand il repéra enfin Elend, son cœur manqua un battement. Le garçonnet était assis en tailleur dans la cabane construite par les enfant du village, et il faisait avancer devant lui une sorte de petit chariot à roulette en bois clair.
En bois clair et taché de sang.
À l'autre extrémité de la cabane, se trouvait un autre garçonnet. Celui là était allongé, et Jamère ne distinguait de lui que le dos. Un dos qui n'était soulevé par aucun souffle...

Le mercenaire s'introduisit sans ambages dans la cabane, et remit Elend sur ses pieds. Une rapide inspection lui apprit que le petit n'avait d'autre plaie qu'une vague écorchure au genou. Le chargeant sur son épaule, Jamère passa ensuite à l'autre. Il le tourna vers lui. Le crâne déformé et le teint livide de l'enfant confirmèrent les craintes du brun. Par acquit de conscience, il chercha un pouls qui n'existait pas pendant quelques rapides secondes. L'examen se révéla bien plus rondement mené qu'il ne l'aurait fallut, mais Jamère devait lever le camp. Cet enfant ressemblait beaucoup trop à celui que Jamère avait croisé en faisant route vers la forêt. Il ne savait pas qui s'en était prit a ce second garçonnet, mais il ne pouvait se résoudre à envisager l'hypothèse la plus probable...  

Quand il s'extirpa de la cabane avec Elend dans les bras, Jamère se mit à percevoir des éclats de voix lointain. Le premier petit garçon était allé chercher ses parents... regardant de gauche et de droite, le mercenaire dut se rendre à l'évidence : il n'y avait nul endroit où se dissimuler, les arbres étant bien trop clairsemés. La seconde constatation ne vint qu'ensuite : ce n'était pas non plus le lieu idéal pour un affrontement...

Elend toujours dans les bras, Jamère fit volte face et commença à s'enfoncer dans les bois. Il savait qu'il serait suivit et vraisemblablement retrouvé. Il devait simplement se mettre dans une posture où il n'aurait à affronter qu'un nombre réduit d'ennemi.

Le mercenaire avait beau établir déjà des plans de bataille, il se refusa tout bonnement à songer au pourquoi du comment de l'état du second petit garçon qu'il laissait derrière lui dans la cabane. Il n'avoua pas non plus son soulagement égoïste à trouver son petit garçon en un seul morceau, fusse-t-il couvert de sang. Temps qu'il ne s'agissait pas du sien...


Dernière édition par Jamère le Lun 25 Sep 2017, 06:58, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://rpg-chevalier.chocoforum.com/t11213-jamere
Meïlhor
Mercenaire / Assassin
avatar
Nombre de messages : 92
Rôle : Mercenaire
Date d'inscription : 14/03/2016

Plus sur le personnage
Âge: 26 à 31 ans en G 19
Rôle: Mercenaire
MessageSujet: Re: Une perturbation dans la force (PV Jamère) Lun 07 Aoû 2017, 16:26

Automne 1263, un an plus tôt

C'était cette fois à son tour de rentrer de mission. Celle-ci n'avait pas été aisé et Meïlhor avait hâte de retrouver son foyer. Bien sombre affaire qu'elle avait dut traiter à dire vrai, un jeune voleur qui c'était heurté au mauvais marchand.  Ce dernier avait payé cher pour obtenir ce qu'il considérait comme simple justice. La tête du dit brigand. La mercenaire était donc partit en quête du malandrin, mais n'avait trouvé en lieu et place, qu'un gamin un peu perdu. Forte de ses convictions, la blonde n'avait pas fléchis, les termes du contrat étaient des plus claire, elle devait le neutraliser pour toucher la récompense, ce fut donc chose faite. Sans joie ni cœur à l'ouvrage, mais exécuté tout de même. La jeune mère, depuis la naissance de ses enfants, se montrait légèrement plus empathique avec ses jeunes victimes. Elle accomplissait toujours ses offices, mais s’arrangeait désormais pour que les malheureux ne souffre pas.
C'était donc bien heureuse de retrouver les siens, qu'elle retourna à sa demeure. La compagnie de Jamère et de leurs enfants lui permettraient de ne pas songer aux moments désagréables qu'elle venait de passer. A son retour elle apprit de Jamère que Jenna et Elend avaient été sage, et leur mère leur avait visiblement manqué, puisque partit plus longtemps qu'a l’accoutumé. S'en suivit donc une scène de retrouvaille émouvante entre la mercenaire et sa famille. Ils étaient son foyer bien plus que la battisse en elle même. Elle aurait été chez elle partout ou les siens se trouvait. Force lui était tout de même de constater que l'ancienne maison de Jubey était désormais étonnement accueillante. La grande pièce centrale était spacieuse et aérée et désormais remplie de souvenir heureux.
La peine du contrat en valait toutefois le prix, une somme rondelette qui permettrait à la jeune femme de profiter un peu de son cocon familial , avant que son compagnon n'est à partir à son tour.
Il en était ainsi entre eux et de fait cela permettait un certain équilibre,  même si leurs moments de couple en était restreint. Les deux amants ne s'en froissaient guère, ils avaient décidé d'élever ainsi leurs enfants et les moments passés ensemble étaient toujours savouré à leur juste valeur.
Ce choix de vie permettait à leur progéniture de n'être séparé de l'un de leur de parents que rarement.

L’aînée des bambins allait désormais sur ses six ans et rivalisait de malice pour obtenir ce qu'elle voulait de son père, ce qui amusait Meïlhor qui se reconnaissait tout à fait dans cette attitude. Elend quand à lui était un enfant facile à vivre et d'humeur toujours égale. Elle aimait ses enfants avec la même intensité, mais pour leur ressemblance autant que leur différence. Elle portait sur eux un regard bienveillant remplie d'amour et de fierté.

C'était un soir où toutes la petite famille était au coin du feu prête à prestement se mettre à table. Depuis qu'elle était rentré de mission, Meïlhor était soucieuse. Le matin même, elle avait aperçut au marché une mine qui lui semblait familière, sans pour autant en être certaine. Jamère lui soutenait qu'il n'était trace là que de sa paranoia légendaire. Elle n'avait rien vu d'alarmant, ce n'était seulement qu'une impression désagréable voilà tout, rien de tangible qui permettait d'être sure d'un quelconque danger. Son dernier contrat l'avait miné et depuis elle se montrait soucieuse. Quelques jours au milieu de ses êtres chères auraient vite effacé ses tergiversations malheureuses.
Un soir comme bien d'autres, Meïlhor était au coin du feu, lisant à Elend et Jenna les propriétés de certaines plantes tandis que Jamère quand à lui, réalimentait le foyer en bois. Les enfants buvaient littéralement les paroles de leur mère, l’interrompant parfois pour la questionner sur certains détails des simples qu'elle leurs apprenait ainsi. Elle avait à cœur que ses enfants soit en sécurité, qu'ils puissent se défendre lorsqu'ils en seraient en âge et en cela la blonde y veillait bien naturellement.
Pour l'heure c'était à elle d'assumer ce rôle. Elle couvait ses têtes blonde et rousse du regard lorsqu'un bruit la surprit. Tout se déroula en une fraction de seconde. Deux hommes rentrèrent en grand fracas dans la petite maisonnée. A l'autre bout de la pièce, la mercenaire se leva en un instant. On venait de pénétrer chez elle et ce n'était assurément pas pour lui demander asile. Les deux malfrats armes dégainées, avait à dire vrai assez pauvre mine. Manteau en lambeau et chausse rapiécé il faisait presque peine à voir
Des vêtements défraîchit et la stature de ceux qui ont régulièrement le ventre creux, le regard plein de haine. Elle leur avait ressemblé naguère....
Pourtant, elle ne fit preuve d'aucune clémence. Il en aurait peut être était autrement si ce n'était pas chez elle qu'ils avait fait irruption aussi cavalièrement et surtout si Jenna et Elend n'avaient été présent.
Le premier bandit fit mine d'approcher l'air fielleux. Meïlhor fit siffler une lame en sa direction. Elle avait bondit devant ses enfants, les protégeant tout deux. Le poignard fit mouche et heurta le malandrin au tibia, un bruit sec se fit entendre et il vociféra les mains sur sa jambe incapable désormais de s'y appuyer.

- « Bordel, Will, la gamine. Sa pute de mère s'en est pris à Al, venge le. »

Le susnommé Will tenta une approche en direction d'une Meïlhor furibonde. En voyant leurs airs de vaux rien, elle comprit qu'elle avait affaire aux comparses de fortune de la cible de son précédent contrat. Ces gueux avait donc décidé de s'en prendre à Jenna par vengeance. Jamère fit mine de stopper le malfrat, mais la blonde fut plus rapide et sauta littéralement à la gorge du bandit, arme au poing.

- «  Jam met les en sécurité, maintenant !»

La mercenaire sifflait plus qu'elle ne parlait. Ils devaient être en sécurité. Elle ne pourrait se concentrer pour les défendre si elle ne les savait pas hors de tout danger.
N'hésitant qu'un instant, Jamère prit dans ses bras leurs progénitures et les plaça hors de vues et d'atteinte des malfrats.
Le premier malandrin chercha à offrir à Meïlhor la même politesse, s'essayant lui aussi au jeté de poignard. Gorgée de hargne elle ne fit même pas l'effort d'esquiver. Elle para seulement le coup à l'aide de son bras déviant ainsi la lame au prix d'une estafilade assez profonde. La blonde était désormais affalé sur le gredin au sol et lui plaqua un poignard sous la gorge le dissuadant d'esquisser le moindre geste.
Elle était désormais seule face aux malfrats et surtout maintenant soustraite à la vue de ses enfants. Elle ne voulait pas qu'ils assistent à la suite. La mercenaire trancha simplement la gorge du bandit dans geste sur qu'elle avait exécuté des dizaines de fois, ce qui n'était sensiblement pas le cas de ces deux là. Une chance sans doutes pour la jeune femme d'être tombé sur pareil ignorant. Voyant le sang de son ami rependu sur le sol et la blonde, le jeune homme restant se mit à hurler et pleurer en une crise clastique. Il frappait le sol de ses faibles poings en une pause qui aurait put être presque comique

«  Espèce de …. Sale …. William et maintenant Alphonse. Va y tue moi, je ne craint pas la mort. »

Phrasé sans doutes plus convaincant si il n'avait été prononcé avec des dents claquants en rythme, semblait il, avec le cœur effréné du bandit.    
Un rictus mauvais au visage, la mercenaire s'approcha lentement du survivant. Ils avaient osé s' immiscer chez elle, menacer et mettre en danger SES enfants . Meïlhor avait eut peur comme jamais auparavant. Elle sentait le prélude de douleur qui aurait existé si jamais elle avait perdu Jenna ou Elend.... Elle ne permettrait jamais qu'un tel événement se reproduise.
Elle avait été imprudente, négligente, aveuglée qu'elle était par son nouveau statut de mère. Cela n'arriverait plus, elle tuerait pour les siens, si cela s'avérerait nécessaire. Plus jamais ses enfants auraient à courir un danger à cause d'une de ses négligence. Elle avait vu les deux malandrins lorsqu'elle avait apporté la tête du bandit au mandataire de son contrat. Elle avait observé leur haine et leur peine. Touché par la deuxième, elle c'était abstenue de réagir. Après tout, à leur âge elle aurait tué quiconque s'en saurait pris à Evie... Sa compassion l'avait rendu faible.

Se plaçant devant sa nouvelle proie, elle lui asséna un coup entre deux côtes perforant ainsi un poumon. Mort rapide, efficace, sans miséricorde aucune. Un bruit derrière elle la surprit, elle y fit volte face aux aguets, tenant toujours l'arme ensanglantée prête à agir.
Jamère, la regardait visiblement coi. Elle lui fit un signe de tête signifiant que tout était réglé, tout allait bien désormais, ils étaient en sécurité.
Il se dirigea vers elle dans un pas rapide et plaqua sa main contre l'entaille qu'elle avait au bras. L'adrénaline et la rage lui en avait fait oublier la douleur. Le sang dégoulinait le long de son brad, mais elle n'en avait cure. La mercenaire laissa son compagnon lui bander sommairement le bras, enlever les différentes traces de sang qui la souillait et se dirigea avec grande hâte vers l’abri de ses enfants, leur chambre. Les deux petits avaient visiblement sangloté et Meïlhor les serra avec force contre elle, les berçant doucement.

«  Là, là, c'est terminé. Tout va bien, c'est fini. Vous êtes en sécurité. Papa et moi allons bien et les méchantes personnes que vous avez vu se soir ne viendront plus nous importuner, là, là c'est terminé »

Le nez tour à tour dans la chevelure blonde et rousse, la jeune femme s'avouera cet instant. Ses enfants allaient bien, ils étaient en vie et indemnes. Jamère ne s'en portait pas mal non plus, oui tout allait bien. Meïlhor refusa de penser qu'elle venait sans doutes de priver deux mères d'un bonheur commun au sien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://rpg-chevalier.chocoforum.com/t11197-meilhor
Jamère
Armée - Soldat
avatar
Nombre de messages : 78
Rôle : Soldat et justicier à ses heures perdues
Date d'inscription : 21/03/2016

Plus sur le personnage
Âge: entre 28 et 33 ans en G19
Rôle: Soldat et justicier à ses heures perdues
MessageSujet: Re: Une perturbation dans la force (PV Jamère) Lun 25 Sep 2017, 08:03

De retour dans le présent, fin du flash back


Il fallait simplement s'éloigner de la bordure du village, et ne penser à rien d'autre. Prendre un problème à la fois... Pourtant, une petite voix fluette vint tirer Jamère de ses pensées :

- « Papa... c'est pas ma faute promis... » le blondinet semblait au bord des larmes.

Jamère ne pouvait que le croire. Elend était un enfant, comment aurait il pu... le mercenaire se refusait tout bonnement à mettre des mots sur ses pensées. La logique aurait voulu qu'il s'arrête, qu'il repose son fils, et qu'il lui demande qui s'en était ainsi prit a l'enfant. Pourtant, le géant en était incapable. Il aurait du être en train de tenter d'aider le garçonnet gisant dans la cabane, ou à tout le moins de battre la forêt en quête du responsable avec les parents. Pourtant, Jamère n'avait songé qu'à prendre de la distance. Le plus de distance possible. A emmener Elend loin de cela. Pour l'en protéger assurément. Comment pouvait il être le responsable ?

- « C'est pas ma faute, c'est lui qui a voulu.... » la voix était chargée de sanglots, Elend semblait se sentir coupable... et pourtant Jamère était bien incapable de demander des explications plus précises à son fils sur ce qu'il s'était passé en son absence. Il avait bien trop peur des réponses qu'aurait pu faire la garçonnet.
L'enfant était cependant clairement terrorisé... il poursuivit d'ailleurs : « L'autre ne voulait pas me prêter le chariot alors que c'est pas à lui d'abord... » le ton était bas, et l'Emérien n'entendait son fils que parce que ce dernier, le nez dans son cou, lui parlait à l'oreille. D'ailleurs, Jamère referma un peu plus son bras sur son garçon, son autre main venant se perdre sur son flan, la où battait habituellement sa hache. Pour une promenade en ville, le géant n'avait pas jugé utile de s'en équiper. Comment l'aurait il pu ? À la place il n'y avait là qu'un petit couteau à manche de corne qui ne le quittait jamais, destiné à un usage fort ordinaire. Le géant se fit violence pour ne s'en pas saisir tout de suite. À la place, il passa sa main libre sur la tête de son petit, et pressa encore davantage le pas. Elend lui, n'avait pas finit de raconter son histoire... : « Alors Cole s'est fâché, et il ne voulait pas m'écouter... »

De nouveaux éclats de voix alertèrent Jamère : leurs poursuivants gagnaient du terrain - il jugea qu'ils devaient être au nombre de cinq ou six, guère plus...  pourtant le mercenaire ralentit. Il jugea s'être assez éloigné. Les bois n'était pas bien épais par ici et surtout, aussi proche d'une ville, s'il continuait à avancer, il risquait de tomber sur une route fréquentée au mieux, de débouler dans un bourg au pire. Et il ne fallait après tout croiser personne, le jeune homme ne voulant pas de spectateur pour ce qui risquait de suivre...

- « C'est pas moi qui voulait, c'est lui ! J'ai essayé de lui dire mais il m'écoute jamais ! »

Elend pleurait franchement à présent, et les éclats de voix derrière eux se faisaient plus audibles encore. Pour finir, Jamère se stoppa complètement. Regardant de gauche et de droite, sa nouvelle priorité fut alors de placer son garçon hors d'atteinte. Il le percha donc dans un arbre, aussi haut qu'il le pu.

- « Tu ne descend de là sous aucun prétexte tant que je ne te le demande pas. Et tu monte davantage si quelqu'un approche, comme Maman t'as montré, d'accord ? »

- « Mais faut pas rester là Papa ! Les autres vont être très fâchés après moi ! Il faut leur expliquer que c'est Cole qui a voulu ! » et comme Jamère s'éloignait de quelques pas : « Me laisse pas là ! Ils vont pas croire que c'était pas moi ! »

La voix stridente acheva d'orienter les « autres » justement. Le géant s'était rarement sentit aussi peu prêt pour un affrontement. Les cris terrorisés d'Elend résonnaient dans ses oreilles, alors que le sens de ses paroles insistait pour percer sa conscience... il ne savait pas de qui parlait son garçon, mais il n'était pas temps de s'en préoccuper. Un problème à la fois...

- « Papa ! » Jamère ferma les yeux « J'ai pas été méchant, j'ai été gentil ! Je sais que c'est pas bien d'être méchant ! C'est Cole qui est méchant pas moi ! » ignorer les cris de son garçon fut sans conteste l'une des choses les plus difficiles que le géant eut jamais eut a accomplir.

Mais voilà que la compagnie débarquait. Il y avait là cinq personnes, comme l'avait supposé Jamère. L'un était clairement plus âgé que les autres, ce devait être le père. Du reste, tous se ressemblaient plus ou moins, et il était aisé de leur deviner un sang commun à tous.
Le mercenaire pu les voir le regarder des pieds à la tête. Une fois encore, la mine mauvaise du géant joua en sa défaveur. Pourtant, l'un des poursuivants pointa subitement Elend du doigt, l'ayant aperçu perché dans son arbre.

- « Regardez ! Ce doit être le gamin avec lequel Phil et Fran sont parti jouer ! Il est couvert de sang ! Et il a la charrette de Fran à la main ! »

- « Ne dis pas de bêtise, ce n'est pas parce que ton frère a accusé un enfant que ça c'est passé comme ça. Comment tu veux qu'un mioche défonce le crâne d'un autre ? Non, regarde plutôt celui là... » il désigna Jamère d'un geste méprisant du menton « ...celui là a du vouloir embarquer les garçons ! »

C'était le plus vieux qui avait parlé. Et si sa voix était acide, Jamère y perçu une peine profonde et sincère. Ce devait être le père du garçonnet dans la cabane. Le mercenaire déglutit. Il n'avait pas envie de se battre contre eux... il n'avait pas envie de comprendre ce qu'il c'était passé entre les enfants... il avait envie de partir, loin, vite, rejoindre Meïlhor et Jenna, pour ne plus jamais évoquer cet incident...

Il ouvrit plusieurs fois la bouche, voulant apaiser la situation. Pourtant, comment l'aurait il pu ? Le géant ne trouvait rien à dire qui pu régler tout cela...
Du coin de l’œil, il n'en manqua pas moins de voir que les cinq en face de lui était armé : d'une latte de bois pour deux d'entre eux, d'une faucille pour le père, d'un coutelas pour un autre, et d'un lance pierre pour le dernier. Celui là justement semblait le plus jeune. C'était également celui qui avait repéré Elend dès l'abord. Il ne devait guère avait plus de quinze ans.

- « Moi je vous dis que c'est lui ! » en parlant, il s'était mit à faire tournoyer son arme de jet, tout comme il ne lâchait pas Elend des yeux.

- « Valerian arrête et reste concentré... » le père essayait de le raisonner. Au moins ne chargeait il pas Jamère sans autre forme de procès. Le mercenaire ne comprenait que trop bien les doutes qui devait accabler l'homme... pourtant, l'attention du géant était focalisé sur le dénommé Valerian.

- « Petit, n'y pense même pas... » la voix de Jamère n'avait été qu'un grondement sourd alors qu'il se ramassait sur lui même...

Pourtant le geste aboutit, et l'adolescent lança son projectile, qui fusa droit en direction d'Elend. Le mercenaire le suivit des yeux sans pouvoir le dévier. La pierre atteignit le blondinet à l'épaule, lui arrachant un cri...
Comme Jamère avait été distrait, les autres avaient chargé. Pourtant, quand le jeune homme se retourna vers ses assaillants, il n'était pas celui qui craignait pour sa vie...

S'il prit des coups, il ne s'en rendit pas compte.
Un voile rouge était tombé devant ses yeux, et plus rien d'autre au monde n'existait en dehors de ses adversaires, de son affrontement. Le jeune homme avait peur, et surtout, il était en colère. Rien n'allait comme il l'aurait voulu.
Pourtant, ses mains tordaient, ses poings s'abattaient, et la lame de son petit couteau tranchait. La Colère était un poison qui le rongeait.
Pire que tout étaient les supplications d'Elend, qui implorait à grand bruit pour que le combat cesse, sans que pourtant Jamère ne comprenne un traître mot de ce que lui disait son fils. Il y avait une menace, une menace qui pesait sur son petit. Il fallait faire taire cette menace, vite, et frapper fort, pour que plus jamais elle ne se relève...
Le géant ne pouvait plus guère formuler de pensées cohérentes. Il n'aimait guère la violence, pourtant, les Dieux l'avait pourvu de talents particuliers pour la pratiquer. En face de lui, ce n'était que des paysans, des humbles qui ne s'étaient jamais battu de leur vie. Il n'y avait pas une once de gloire dans ce combat. Et pourquoi se battre, sinon pour la gloire ?

Pour Elend.

Jamère ne voyait plus, n'entendait plus, et surtout, il ne pensait plus. Il ne voulait pas songer à ce qu'il était en train de faire, ni a ce qu'Elend avait fait. Il n'était plus qu'un amas de rage coupable, une créature grondante et redouble, pourtant rongée de honte...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://rpg-chevalier.chocoforum.com/t11213-jamere
Meïlhor
Mercenaire / Assassin
avatar
Nombre de messages : 92
Rôle : Mercenaire
Date d'inscription : 14/03/2016

Plus sur le personnage
Âge: 26 à 31 ans en G 19
Rôle: Mercenaire
MessageSujet: Re: Une perturbation dans la force (PV Jamère) Sam 07 Oct 2017, 04:37

La guerre avait visiblement fait rage. Ce fut la première réflexion qui effleura l'esprit embrumé de Meïlhor lorsqu'elle mit pied dans le clairière. Encore loin des siens elle ne distinguait que de vagues formes. Si celle de Jamère ne faisait aucun doute, elle n'apercevait pour le moment guère son fils. Le sentiment d’oppression qu'elle avait ressenti plus tôt, faisait à nouveau rage en elle, quelque chose n'allait pas. D'un regard paniqué alentours, elle cherchait Elend.
Elle continua à marcher avec une lenteur délibéré, se refusant de regarder le sol. Des corps étaient éparpillé ça et là, cinq ou peut être six personne, les dépouilles éparpillées rendaient toutes expertises difficiles. Jamère et son fils n'étaient pas de ceux là, elle en était certaine, en d'autres cas elle l'aurait senti. C'était là l'important.

Son regard se posa sur son compagnon, lui devait savoir où était leur enfant.
Elle ne distinguait pas les traits du géant. Tête baissé, une main ramenée sur son visage, l'autre crispée sur son coutelas, un genou en terre,  il ne lui offrit aucun regard à  son approche, pas le moindre sourire,pas la moindre raillerie dont il avait secret. Était il blessé ? Pire où était Elend ? La blonde cherchait son fils des yeux

- « Maman, maman !!! Papa.... »

Les sanglots enrouèrent sa voix et le petit garçon ne fut plus audible. Elend c'était réfugier dans un arbre, il n'était que bien peu imposant, mais suffisait largement à dissimuler l'enfant. Ingénieux, il n'avait donc pas été au milieu de … tout cela. Le visage trempé et la mine dévasté serrèrent le cœur de la jeune maman. L'enfant semblait hésiter à quitter son refuge pris entre l'envie de retrouver sa mère et autre chose.

Meïlhor réprima son envie de courir chercher son fils. Quelque chose n'allait pas, à l'écart sur son arbre il était en sécurité, il devait y demeurer jusqu'à ce qu'elle comprenne ce qui avait œuvré ici. Elle devait de prime abord s'occuper de Jamère. Il n'avait pas esquisser geste au cris implorant de leur progéniture. A l’accoutumé il accourait à leurs chevets pour bien moindre plainte.
La mercenaire reporta un instant son attention sur son garçon.

- «  Je vais d'abord m'occuper de papa. Reste où tu es Elend, je viens te chercher dans un instant »


Elle pouvait sentir le désespoir de son fils à la réponse qu'elle lui avait faites. Larmoyant, il avait besoin d'elle. Elle se fit violence pour ne pas se jeter dans sa direction pour le serrer contre elle, le bercer et surtout s'assurer que personne n'avait put le blesser.
Son compagnon était là, visiblement encore en état de combattre, bien qu’hébétée jamais il n'aurait permis qu'il arrive quoi que ce soit à l'un de leurs enfants. Elle en était convaincu, Elend n'avait rien, hormis la peur qui le tenaillait sans doutes. Elle s'occuperait de cela ensuite.

Instinctivement la blonde c'était arrêté à distance raisonnable du brun.

«  Jam, tu es blessé ? »


Aucune réponse, pas le moindre mouvement. Meïlhor s'approcha plus rapidement arrêté toutefois par le regard de son compagnon sur elle. Jamais avait elle vue pareille noirceur ou douleur, surtout sur ses traits qu'elle aimait tant. Ce n'était pas son Jamère. Il semblait ailleurs, ce qu'elle avait devant elle n'était que rage et colère. Elle se sentit touché au cœur comme seul pouvait blessé ceux qu'on aimait. Ce n'était pas sa faute, il n'était pas responsable, elle ne devait pas lui en éprouver rancœur.

Elle ne pipait mot à tout cela, il ne semblait même pas la voir. Un grognement sourd échappa de la gorge du mercenaire. Un avertissement. Il semblait protéger quelque chose, même dans pareil état. Elend, devina la blonde.
Jamère était couvert de sang, mais elle en déduit rapidement que ce n'était pas du sien. Elle remercia d'ailleurs intérieurement Parandar que leur fils ne puisse voir en cet instant l'image de son père. Debout, le dos courbe la main toujours sur sa dague le regard vague, il n'avait plus rien de la mine joviale et du regard emplie d'amour qu'elle lui connaissait.  Il fallait qu'elle lui fasse reprendre pied, qu'il revienne vers elle.
Etait ce lui qui avait fait tout cela? Meïlhor lui connaissait une certaine force, mais il y avait une sauvagerie certaine dans ce qu'elle avait sous les yeux, qui plus était il n'était muni que d'une arme pitoyable, pas de sa hache fétiche.

Main en avant, elle se décida à avancer lentement, dans un geste de paix.

- «  Jamère, c'est moi»

Sa voix semblait l'atteindre sans qu'elle soit certaine qu'il en assimile le sens, au moins ne grondait il plus lorsqu'elle parlait, il la laissait même approché. Elle s'efforçait d'avoir une voix douce, calme qui contrastait affreusement avec les sentiments qui faisait rage en elle.  
C'est moi c'était ce qu'elle lui avait dit à la mort de Lios puis c'était refrain qu'il avait repris durant leur entrevue avec Jubey. Cela résumait parfaitement leur histoire. Tout avait put se réaliser parce que c'était lui.

- « c'est pas sa faute maman, c'est pas la mienne non plus. C'est Cole j'ai essayé de l’arrêter, mais il a rien voulu savoir et l'autre garçon... J'ai pas fait exprès. Les autres sont arrivés. Papa était en colère...Il m'a dit de pas descendre. Lui en veut pas maman»

Le ton était rapide, désorganisé. Elle ne pouvait se permettre de quitter Jamère des yeux pas maintenant, son fils devrait attendre. Un problème à la fois. Elle ne partirait pas sans son compagnon, il fallait qu'elle l’atteigne, d'une manière ou d'une autre.

- « Je sais El, ça va s'arranger, je dois juste aider papa, pour l'instant reste calme, d'accord ? »

Elle ne devait pas se laisser distraire et pour cela son fils devait faire silence. L'enfant maugréât, mais obéit finalement. Elle n'avait pas détourner regard. Elle essaya de planter le sien dans celui ombrageux qui lui faisait face.

« on va rentrer à la maison tout les trois, tout ira bien »

Les mots ne comptaient pas, il fallait juste qu'elle continue à lui parler sur ce ton calme, doux, cela paraissait le rassurer, le calmer. Elle continuait à avancer d'un pas mesuré.

D'autre aurait probablement trouvé l'Emérien menaçant, mais pas elle. Jamère ne lèverait à aucun moment là main sur elle. Il avait le cœur preux, noble, elle le raillait souvent sur ce sujet. Elle avait toute confiance en lui, même en pareille rage jamais il ne la blesserait. Elle avait foi en lui.

- «  Jam, Jenna est en sécurité, Elend va bien. Tu as réussi, notre garçon est sauf. Les jumeaux sont à l’abri et je me porte comme un charme. Tout va bien. »

Elle était en face de lui désormais, dans un geste ou elle mit tout l'amour du monde, elle vint placer sa main sur la joue de Jamère. Ses traits s'étaient tendus, il semblait lutter, mais Meïlhor ignorait contre quoi. Qu'importait, elle lui prêterais main forte, quoi qu'il advienne.  Ils avaient une famille ensemble, avaient construit un foyer...Rien ne viendrait troubler cela. Elle ne l'abandonnerait pas ainsi. Elle se battrait même si cette fois, son arme semblait être sa voix.
Elle se mit contre lui le visage blottit sur son torse,  une main plaqué dans son dos, l'autre cajolant sa joue. Odeur métallique, de mousse et de terre. Il sentait le sang. Elle refusa d'y penser.
Objectivement le prendre dans ses bras était la décision la plus idiote que la prudente Meïlhor n'avait jamais pris. Pourtant elle ne se résolu guère à agir différemment.

- «  c'est terminé calme toi, mon amour »

Elle ne savait que dire, ne savait que faire à part continuer à lui parler. Elle devait le ramener vers elle, vers eux. Elle n'utilisait jamais de mot doux et pour autant celui-ci lui avait parut naturel. Elle devait s'exprimer haut et clair, lui donner les munitions qui lui permettrait de gagner le combat qui semblait faire rage dans l'esprit de Jamère.

« tu m'as promis il y a des années de ne jamais partir. Honore ta promesse Jamère.  »

La respiration du géant semblait moins hiératique. L'une de ses mains tenait toujours fermement le couteau l'autre pendait sur son côté. Habituellement il l’enlaçait à lui faire mal. Ce manque de contact lui brûlait la peau. Elle voulait le sentir avec elle, près d'elle, ce qu'elle avait sous les yeux ressemblait d'avantage à une coquille vide. Elle voulait Jamère. Elle avait besoin de lui. Leurs enfants avaient besoin de lui.

- «  tu peux y arriver, j'ai confiance en toi. Bas-toi. Quoi qu'il se soit passé, tu as fait ce qu'il fallait tu as protéger notre adorable garçon »

Les mots n'avaient pas d'importance, il fallait seulement qu'elle continue à parler. Il devait continuer à l'entendre. Elle rivalisait de mot doux, le cajolant doucement. Elle tentait de provoquer en lui quelque chose, un choc qui pourrait lui permettre de reprendre pied.

- «  Je t'aime, tout va bien, Elend et moi voulons rentrer avec toi»

A ces premiers mots, un bruit mettalique ce fit entendre, la lame venait d'heurter le sol. Il avait ouvert la main, rien de plus, le regard étai toujours vague, mais il était bien là, son Jamère.
Il était vrai qu'elle ne lui avait jamais dit aussi clairement ses sentiments. C'était des mots qui lui semblait bien inutile. Elle avait simplement peur de les dires, mais visiblement ceux là au moins avaient touché le mercenaire.

- «  Je t'aime reviens vers moi, vers nous »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://rpg-chevalier.chocoforum.com/t11197-meilhor
Jamère
Armée - Soldat
avatar
Nombre de messages : 78
Rôle : Soldat et justicier à ses heures perdues
Date d'inscription : 21/03/2016

Plus sur le personnage
Âge: entre 28 et 33 ans en G19
Rôle: Soldat et justicier à ses heures perdues
MessageSujet: Re: Une perturbation dans la force (PV Jamère) Jeu 12 Oct 2017, 11:11

Jamère avait un genou à terre, le dos voûté, il était replié sur lui même. Un instant plus tôt, il avait abattu son dernier opposant. Le regard de ce dernier le hantait encore, comme il le hanterait sans doute pour le restant de ses jours... Même les yeux clos, il en sentait la brûlure. Il n'entendait rien d'autre que le bruit de l'assourdissant mélange de sa respiration rauque et du tambourinement furieux de son cœur. Rien n'allait comme il le fallait, mais comment une telle situation aurait elle pu finir autrement ? Quels autres choix avait il eut ? Tout cela était bien simple en réalité. Elend avait provoqué la colère de gens du village. Jamère se moquait bien de savoir son fils coupable ou non en réalité. Qu'importait ce qu'il avait pu faire, c'était un enfant adorable, les autres ne pouvaient donc que se tromper. Ils avaient voulu l'atteindre, en conséquence de quoi Jamère s'était fait rempart...

Les souvenirs de ce combat étaient flous dans l'esprit du mercenaire. Il réfléchissait dans le vide, des nuages obscurcissaient ses pensées. Et il ne voulait aucunement revoir tout cela avec plus de clarté, ni même s'en souvenir en vérité. Pourtant, au delà de la brume rouge qui couvrait son regard, le faisant aveugle à toute chose, se rejouaient les scènes qu'il voulait si fort oublier. Il ne pensait pas à Elend. Il était pour l'instant plus simple de mettre l'enfant de côté. Il n'aimait pas que Meïlhor lui apprenne à fabriquer des poisons et voilà qui se livrait à un véritable acte de barbaries juste sous son nez. Non, il était bien plus simple pour le géant de n'y pas penser pour l'heure. De toute manière, il ne pouvait guère construite une pensée cohérente en l'état actuel des choses. Son corps était lourd, alors que ses sens étaient comme anesthésiés, pourtant la tension du combat refusait obstinément de  quitter ses muscles.

Alors, il y eut du mouvement devant lui. Quelque chose remua au fond de son crâne, une sensation perfide de satisfaction. Il restait encore quelque chose qui tint debout ? Un nouvel adversaire ? Une voix lui hurla de se battre à nouveau. Non, pas une voix. La sienne, méconnaissable, quoiqu'il l'eut déjà entendue jadis... Un grondement lui échappa. Son ennemi n'était pas le nouveau venu, mais bien lui même. Dans son esprit, c'était le bran le bas de combat. Une tempête sans nom était en train de se déchaîner, et Jamère se tenait en son milieu. Il ne voulait pas se laisser à nouveau submerger. N'avait il donc que si peu de volonté propre ? Piètre preux que voilà.

Une ombre se tenait face à lui. Une ombre et rien de plus. Elle émit un son, mais qui était dépourvu de sens aux oreilles de Jamère. Quoique ce cela soit, il ne fallait pas que cela progresse davantage vers lui. Le mercenaire protégeait quelque chose. Il ne savait plus vraiment quoi, mais il était capital de ne rien laisser approcher.
Le géant leva les yeux, mais sa vision était troublée et obscurcie. Il ne distinguait pas les traits de la personne en face de lui, quand bien même il était certain qu'il aurait du en être autrement. De la même manière, il ne comprenait pas les mots qu'elle prononçait. Peu à peu pourtant, avec une lenteur effarante, le timbre d'une voix, la chaleur d'un souvenir... mais tout cela semblait tellement loin et inaccessible !

Au lien d'écouter, Jamère ne pu que se complaire dans son envie d'oubli, il s'en drapa comme d'une cape lourde et laissa simplement échapper un nouveau grondement. Sa réflexion était réduite au minimum : garder la voie close, ne rien laisser passer au delà de sa garde.
Son poing se resserra sur l'arme poisseuse qu'il tenait toujours dans sa main. Il n'y avait guère que la lame pour dépasser de sa large paume, seul éclat de métal sur le mercenaire

Des ombres se mirent alors a danser devant lui, toutes proches du mercenaire. Jamère papillonna des yeux : une pointe de bon sens lui soufflait qu'il ne devait pas détruire ce qui était en train d'approcher. Qu'il ne le voulait pas. Il eut soudain besoin de voir, de se réveiller, il se mit à se débattre contre lui même. Meïlhor pendant ce temps avançait un bras vers lui, avec une lenteur exagérée. Elle ne s'y serait sans doute pas prise autrement pour approcher quelque animal blessé et dangereux. Et pour cause, lentement Jamère était en train de se redresser...
Même coupée, la tête du loup peut encore mordre...

- «  Jamère, c'est moi. »


Cette fois, il l'avait entendu. Ne lui restait plus qu'à rejoindre la surface, à émerger de tout cela. La voix de la jeune femme fut son guide, son phare. Jamère en vint a entendre une autre voix, et celle ci lui était connue également... il ne comprenait toujours pas ce qui se jouait autour de lui, mais au moins désormais essayait il...

Meïlhor s'avançait de plus en plus de Jamère, et ce dernier était partagé entre la joie de la voir, elle allait tout arranger, et une peur âcre. Elle ne devait pas venir plus près... et s'il lui faisait du mal ? Après tout, ne venait il pas de tuer un père et ses fils ? Où était donc la limite entre le bien et le mal ? Le brun ne redoutait rien plus que de passer cette limite frontière... mais ne l'avait il pas déjà franchit ?

- «  Jam, Jenna est en sécurité, Elend va bien. Tu as réussi, notre garçon est sauf. Les jumeaux sont à l’abri et je me porte comme un charme. Tout va bien. »

La voix de Meïlhor... il ne devait penser qu'à cela, s'y raccrocher. Cela ne l'avait il pas déjà sauvé par le passé ? Sauver de lui même ? Il avait toujours penser devoir être celui qui protégeait la jeune femme contre le reste du monde, pourtant, il était bien celui qui avait besoin de protection, pire, il était lui même la menace qui pesait sur les siens...
Quand la rubienne parvint à sa hauteur, Jamère eut envie de la repousser, mais il savait que ce réflexe n'était pas le sien. Où plutôt, il  ne le voulait pas. Il se fit violence, luttant pour ne pas se laisser submerger. Il ne devait pas perdre, sans quoi il ne pourrait jamais se le pardonner.
Puis il y eut la main de Meïlhor. Cela faisait des années qu'ils vivaient ensemble. Ils avaient quatre enfants merveilleux ensemble. Il connaissait cette main par cœur, et par ce simple contact, ce fut comme si elle ramenait des sensations dans le visage jusque là figé du mercenaire.

Il lâcha alors un lourd soupire, et à la vérité, il eut bien du mal à le laisser franchir ses lèvres sous une autre forme que celle d'un autre grondement sourd. Mais Meïlhor était toute proche à présent. S'il ne pouvait distinguer clairement son visage, Jamère pouvait voir la lumière qui accompagnait toujours la jeune femme à ses yeux. Il en venait parfois a oublier cette aura dans leur vie quotidienne, mais elle lui parut alors la chose la plus brillante du monde, au point de l'en presque aveugler. Encore une marque qu'il quittait peu à peu son état second pour revenir à lui.

Comme son cœur se tint bientôt le visage de la blonde. Le martèlement s'apaisa. Avec une lenteur horrifiante certes, mais tout même. Jamère perçu bientôt une autre main, dans son dos celle là, en un geste réconfortant.

- « C'est terminé calme toi, mon amour. Tu m'as promis il y a des années de ne jamais partir. Honore ta promesse Jamère.  »


Il se débattait contre lui même avec plus d'application et d'acharnement qu'il n'en avait jamais démontré pour quoique ce soit d'autre. Pourtant, les signes d'un retour à la normal se faisait de plus en plus nombreux. Sa respiration s’apaisait doucement, avec une lenteur  – et surtout une difficulté – effrayante. Il était prisonnier de lui même, et la peur le tenaillait quand il réalisa que ce n'était certes pas la première fois qu'il tombait dans cet état détestable. Pas plus que ce n'était la première fois que Meïlhor devait l'en sortir...

- «  Tu peux y arriver, j'ai confiance en toi. Bas-toi. Quoi qu'il se soit passé, tu as fait ce qu'il fallait. Tu as protéger notre adorable garçon. Je t'aime, tout va bien, Elend et moi voulons rentrer avec toi. »

Cette fois sa lame lui échappa pour de bon, tombant à terre. Se faisait, elle provoqua un bruit assourdissant, pourtant objectivement le sol de mousse avait du atténuer ce son. Sans doute ce raffut, comme le glas de la victoire, ne résonna-t-il à ce point qu'aux oreilles du mercenaire.
Jamère avait ordonné à la main de s'ouvrir et elle s'est exécuté. Il avait réussit.

- «  Je t'aime reviens vers moi, vers nous. »


Les mots tendres, le timbre doux, la voix de Meïlhor... c'était tout cela qui l'avait guidé. Il prit soudainement une brusque goulée d'air, et se fut comme s'il respirait pour la première fois de sa vie. Il resserra ses bras sur sa compagne, laissant dans le même temps son visage tomber sur le sommet de sa tête. Il avait honte d'avoir fait courir un risque à la jeune femme. Il avait honte d'avoir été ce risque.

- « Je... » sa voix était un croassement rauque. Il voulait exprimer tout à la fois son désarroi, sa reconnaissance, sa culpabilité, sa colère, son amour aussi... il ne trouvait pourtant pas les mots. D'autant qu'il avait toujours au cœur un sentiment de danger imminent, de question capitale laissée de côté alors qu'elle aurait dû être une priorité... « Elend ! » cria-t-il finalement en relevant la tête.

Comment pouvait il se morfondre, monopoliser Meïlhor, alors que son garçon était toujours perché dans à une branche. Se détachant de sa compagne, Jamère fit volte face, et en deux enjambés, il fut aux pieds de l'arbre où il avait placé son fils. Tendant ses bras vers lui, le mercenaire ne sut décrire le bonheur de le trouver sain et sauf, mais surtout, que l'enfant n'eut pas eut une seconde d'hésitation avant de se jeter dans ses bras. Il n'aurait rien pu supporter de tel...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://rpg-chevalier.chocoforum.com/t11213-jamere
Meïlhor
Mercenaire / Assassin
avatar
Nombre de messages : 92
Rôle : Mercenaire
Date d'inscription : 14/03/2016

Plus sur le personnage
Âge: 26 à 31 ans en G 19
Rôle: Mercenaire
MessageSujet: Re: Une perturbation dans la force (PV Jamère) Jeu 19 Oct 2017, 14:58

Les solides bras de Jamère se refermèrent sur elle pour l'enserrer. Il était revenu. Elle resserra son étreinte se lovant contre lui, un instant. La joie de Meïlhor était sincère, totale. Jamère était revenu pour elle, pour eux. Elle sentait un poids se libérer de son cœur, elle avait réussit. Ses enfants ne grandiraient pas sans leur père, elle n'avait pas de réelle notion de s'en être inquiétée et pourtant la vérité lui revenait avec une cruelle acuité. Elle avait craint de le perdre. Désormais elle était ravi qu'il en est pas été ainsi.

- « Je... »

Il paraissait chercher ses mots sans toutefois les trouver, ce n'était pas important. Les mots n'étaient rien.  
Il lui faudrait sans doutes du temps pour retrouver ses esprits totalement. Elle serait patiente. Tout finirait par rentrer en bon ordre. Tout irait bien, toujours.

- « Elend ! »

Le cris avait sonné comme un déchirement. Il semblait se souvenir de ce qu'il avait eut tant à cœur de protéger : leur fils. Il était en sécurité dans son arbre. Apeuré certes, mais hors de danger. Jamère alla chercher leur garçon.

Meïlhor le laissa faire, elle avait le sentiment que ces retrouvailles étaient importante pour tout deux. Elle retrouverait son petit sans tarder, mais pour l'heure elle devait réfléchir. De ce qu'elle pouvait voir des corps, il n'y avait guère de survivant. Profitant de l'attention détourné de son compagnon et de leur rejeton, elle délesta de leur maigre bien les corps inertes. A peine quelques piécettes de cuivre et un bracelet qui semblait de facture correcte.
Il ne fallait pas rester ici. Il fallait s'éloigner. Lorsque les villageois observeraient ce carnage, ils penseraient à un groupe de malfrat. Jamais personne ne songerait à un seul homme muni d'un vulgaire coutelas. Qui plus était leur possession avait disparut, c'était on ne peu plus logique. Les malfrat avaient voulut leur dérober leur bien, les paysans c'étaient défendu et il était arrivé ce qui arrivait parfois, c'était triste mais oh combien attendu.  

Le stratagème de Meïlhor serait payant comme toujours. Elle récupéra l'arme du mercenaire et l’accrocha à sa propre ceinture, il n'était pas bon de la laisser ici. Elle s'approcha du père et du fils toujours blotti l'un contre l'autre et leur intima de la suivre. Hébétés, ils n’opposèrent aucune résistance. Lorsque la blonde avait cet air déterminé au visage, il était bon de ne guère tergiverser outre mesure.

Après quelques kilomètres parcourus, la distance lui sembla suffisante. L'heure était désormais aux explications. Elle se doutait que ce ne serait agréable pour personne, mais c'était nécessaire. Elle se devait d'imaginer toutes les éventualités, pour agir en conséquence. Il lui fallait protéger les siens. Lorsqu' Elend toucha enfin terre elle s'agenouilla devant lui, prenant son fils dans ses bras. Puis une fois rassurée elle plongea ses yeux clairs dans les pupilles si semblables à celle de Jamère. Elle avait éloigné l'enfant d'elle quelque peu, une main sur son épaule.

- «  Tu te souviens quand je te demandais de me rendre rapport détaillé de ta journée ? Fais le avec celle ci, en prenant comme point de départ le départ de ton père et toi de la tour, quand vous nous avez laissez avec Jenna »

Le regard de Jamère lui brûlait la nuque. Une intuition lui certifiait qu'il n'aimait pas ce qu'il entendant et pourtant elle était certaine que se n'était là qu'un début. Elle s'exprimait d'une voix calme, mais intransigeante. La douceur couvait sous la glace, mais pour le moment elle ne devait guèrese laisser aller aux mièvreries. Il fallait s'assurer que personne ne viendrait demander compte à Elend
L'enfant se tendit, paniqué.

- «  Je... Maman c'était pas ma faute. C'est Cole qui... je voulais pas... »


Les yeux humides, la mine dévastée, le timbre était rapide, haché. Il semblait profondément touché, la détresse se lisant aisément sur ses traits de poupon. Cela serra le cœur de la jeune mère, pourtant elle n'en fit rien paraître.

- « Elend, ce n'est pas ce que je te demande. Respire, prend ton temps. Quand tu reprendre parole, je veux que ce soit pour me dire précisément et de manière objective ce qui c'est passé. Je veux des faits, tes observations. Pas là place à interprétation ou sentiment. »

Sa voix sonnait plus dure qu'elle ne l'aurait voulu, elle désirait aider son fils, pour cela il fallait qu'elle comprenne les événements qui c'était déroulés avant son arrivé. Elle avait compris que c'était en rapport avec Elend, les paysans avaient voulu s'en prendre à lui, Jamère c'était interposé, les raisons de cette altercation lui était encore flou. Y avait il eu d'autres témoin ? Des survivants ? Etait-il tout trois hors de danger ? C'était tout cela qu'elle voulait connaître pour ne pas être prise au dépourvu. Il lui fallait toutes ces données et seul Elend les possédaient. Après cela, elle réfléchirait à la meilleure manière de régler cette affaire et agirait en conséquence.

Elend inspira plusieurs fois, sa mère avait raison, il connaissait cet exercice. Plusieurs minutes s’égrenèrent avant qu'il ne se sente près à reprendre parole. Rendre rapport à sa mère, il l'avait fait des dizaines de fois, celle ci ne serait pas différente. Tout allait bien.

- « Nous sommes partis, j'avais un peu froid. Les routes étaient pavées, papa m'avait hissé sur ces épaules, de là haut je voyais tout. Il y avait un marché, les étales y étaient nombreuses, tissus, épices, aliments divers et variés mais je n'avais pas faim.
Il y avait plein de couleur, c'était agréable.
Ensuite papa à vu Azarel, le parrain de Melten, il était en train de réparer une boutique. Il m'a posé à terre après un certain temps et au bout d'un long moment je me suis ennuyé alors j'ai voulu joué plus loin. J'ai marché longtemps jusqu'à l’orée des bois. Il y avait une cabane, deux frères jouaient avec un chariots de bois, cela avait l'air amusant. »


L'enfant s'exprimait calmement, c'était là la partie facile du récit, il avait d'ailleurs arrêté celui-ci, essayant visiblement de s'exhorter au calme, les larmes lui montaient à nouveau aux yeux, mais il tenait bon.
Meïlhor lui laissa le temps de poursuivre, elle était fière de son garçon, il était courageux.


«  J'ai joué un peu avec eux, j'ai demandé au plus grand des deux, celui qui avait dans sa main le chariot de bois, de me le prêter juste un peu. J'avais envie jouer avec moi aussi. Mais il a refusé. Il voulait le garder pour lui, alors...»

Les sanglots éclatèrent comme autant de coups de tonnerre déchirant le ciel. Meïlhor blotti son garçon dans ses bras assis sur ses genoux, elle le berçait comme s'il n'était encore qu'un nouveau né. C'était son fils et il avait besoin d'elle, en cet instant elle gardait Elend contre elle, défiant le monde entier de venir causer tord à son petit.
La rubienne cajolait la tête blonde, le rassurant, lui répétant que tout était terminé, qu'il était en sécurité désormais, elle et son père s'occuperait de tout. A grand renfort de tendresse la mercenaire réussit à calmer sa progéniture. Son souffle se fit moins hiératique. Ses petites mains se détendaient sur le dos de Meïlhor, son visages ne ruisselant plus de larmes.


- «  Prend ton temps, quand tu sera près continue. »

Elle ne le lâchait pas pour autant, l'enfant était toujours dans son étau protecteur, là dans les bras de sa mère rien ne pourrait lui arriver. Elend s’exécuta inspirant et expirant avec lenteur, lorsqu'il se sentit disposé, il repris son discours.

- «  Je voulais vraiment joué avec et Cole m'a dit que je pouvais le prendre, je n'avais qu'a le faire lâcher au petit garçon. J'étais en colère, il l'a poussé, on étaient dans la cabane. Il est tombé. Il bougeait plus. Après son frère a dit qu'il était mort, il est allé cherché son père, je crois. Cole criait il était content, moi j'avais très peur. Maman faut que tu me crois c'était pas moi, c'était Cole, moi je voulais pas. Je lui ai dit d’arrêter, j'ai essayé mais il m'écoute jamais. Je voulait pas qu'il meurt, maman... c'est vrai promis je suis pas méchant, c'est Cole»


Les sanglots refluaient en même temps que son discourt perdait encore en fluidité. Meïlhor recommença à le bercer doucement.
Une question se posait désormais, qui était ce Cole dont son fils ne cessait de parler ? Elle n'était pas certaine de vouloir connaître la réponse, pourtant elle le devait. Pour Elend. Elle commanda à son cœur de cesser sa course désordonné, ce qui n'eut que maigre effet.

«  Elend, qui est Cole ? »


Le jeune garçon se mordait la lèvre, hésitant. Pourtant il s'exhorta au courage, maman lui avait demandé rapport, il ne devait plus écouter Cole.

- «  Il veut pas que je vous le dise, il dit que si je parles de lui vous serez très fâché et que vous m'aimerez plus. Cole il est en colère il dit qu'il existe pas vraiment, il m'en veut d'avoir un corps et pas lui. Il dit que si je veux rester dans la maison avec papa, toi, Jenna et les garçons, il faut que je me taise »


Meïlhor posa les yeux sur son fils, elle ne comprenait que peu ce qu'il lui disait. Toutefois le premier mot qui lui venait ç l'esprit à entendre Elend c'était magie.
Ils devraient tirer tout cela au clair pour régler la situation, mais avant elle avait bien plus important à faire. Son petit était recroquevillé contre elle,le visage contre sa poitrine ses mains crispées sur sa chemise. Elle comprenait qu'il avait peur d'être rejeté et cela était proprement insupportable pour la mercenaire.
Elle caressa les cheveux de son garçon dans un geste ou perçait tout son amour maternelle.

- «  Elend regarde moi»
Le petit s’exécuta à grande peine.
Il était terrifié. Que ferait il si Cole avait raison? Il ne voulait pas quitter son père et sa mère, pas plus que sa fratrie.

Meïlhor patienta jusqu'a avoir l'entière attention de la tête blonde.


- «  quoi qu'il puisse arriver, jamais nous ne cesserons de t'aimer. Tu es notre fils, notre adorable petit garçon, nous te protégerons quoi qu'il advienne.Nous sommes une famille, en ce titre nous resterons unis, toujours.
Jenna, Luthèce Melten et toi, vous êtes ce qui est le plus important pour ton père et pour moi. Jamais on ne vous abandonnera, quelques soit vos actes, nous resterons toujours à vos côtés.»


Meïlhor ne se répandait pas en grande déclaration à l’accoutumé, pourtant les craintes de son garçon qui semblait si petit à cet instant, lui serrait la poitrine. Il ne devait subsister aucune trace de doute, Elend ne devait jamais à nouveau songer qu'elle pourrait le renier, elle en était simplement incapable, son amour pour ses enfants ne subissait aucune limite, aucune restriction, ni nulle mesure.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://rpg-chevalier.chocoforum.com/t11197-meilhor
Jamère
Armée - Soldat
avatar
Nombre de messages : 78
Rôle : Soldat et justicier à ses heures perdues
Date d'inscription : 21/03/2016

Plus sur le personnage
Âge: entre 28 et 33 ans en G19
Rôle: Soldat et justicier à ses heures perdues
MessageSujet: Re: Une perturbation dans la force (PV Jamère) Mar 31 Oct 2017, 17:40

L'enfant s'étant laissé tomber dans ses bras, Jamère resta un moment sans plus bouger. Quoique lorsqu'il vit à quelle sinistre besogne Meïlhor s'attela, il s'éloigna quelque peu, Elend toujours avec lui. Le jeune homme ne prêta pas davantage attention à sa compagne, il n'avait quitter la prison de son esprit que depuis peu, et n'était alors pas vraiment enclin à observer ce qu'il avait commit dans cet état second. Il ne lui était pas bien plus aisé d'abandonner à la mère de ses enfants la tâche ingrate de maquiller la scène en attaque de brigands, mais le mercenaire pouvait soulager sa conscience en se persuadant qu'il fuyait les lieux non pas pour lui même mais pour en épargner la vue à son fils. Le jeune père n'en salua pas moins la présence d'esprit de Meïlhor qui emporta son arme avec elle pour ne pas laisser la moindre trace de leurs présences.

C'était donc en silence que l'on s'éloigna de la clairière. On ne prenait pas directement la route de la maison familiale, sans doute autant par prudence que par habitude, et l'on fait même une très courte halte au bord d'un ruisselet pour que Jamère puisse faire une toilette sommaire. L'odeur du sang ne lui en collait pas moins à la peau, mais il faudrait se contenter de cela pour le moment.

Après cela il fallut reprendre la marche, quoiqu'à un pas plus tranquille. Jamère n'avait lâché son enfant que pour ôter les traces du combat qui avaient maculées son visage et ses vêtements. Pourtant, il fallut se stopper. La famille se trouvait toujours dans la forêt clairsemée d'Emeraude, à quelques distances à peine de la civilisation. Meïlhor fut la première à s’arrêter, et le géant l'imita. Il avait encore le sentiment qu'il ne devait pas s'éloigner trop d'elle pour ne pas sombrer à nous. Avec calme, la jeune femme demanda finalement à Elend :

- « Tu te souviens quand je te demandais de me rendre rapport détaillé de ta journée ? Fais le avec celle ci, en prenant comme point de départ le départ de ton père et toi de la tour, quand vous nous avez laissez avec Jenna. »

L'enfant justement avait retrouvé le sol, et se tenait à présent bien droit face à sa mère. Il avait lui même encore l'air particulièrement secoué par les récents événements, et à la vérité, qui aurait pu le lui reprocher ? Jamère trouva bien rapide l'envie de Meïlhor d'en apprendre davantage, mais il n'en dit rien. Elle devait avoir ses raisons, la plus logique étant vraisemblablement d'éviter toute réédition de la tragédie de l'après midi.

- « Je... Maman c'était pas ma faute. C'est Cole qui... je voulais pas... »

Ainsi l'enfant faisait à nouveau référence à ce Cole. Jamère n'avait pu compter que trois enfants, Elend, et les deux autre. Peut être son fils avait il eut le temps de faire de plus amples présentations avec les deux gamins de la cabane. Le géant se renfrogna. Il n'était guère plaisant de penser ainsi, le tout serait alors plus dur pour le blondinet.

- « Elend, ce n'est pas ce que je te demande. Respire, prend ton temps. Quand tu reprendre parole, je veux que ce soit pour me dire précisément et de manière objective ce qui c'est passé. Je veux des faits, tes observations. Pas là place à interprétation ou sentiment. »

Jamère serra les poings, mais se garda une fois encore de toute intervention. Il n'était pas en état de reprocher quoique se fut à la rubienne, mais il ne pouvait rester totalement stoïque en la voyant ainsi questionner leur fils au lieu de lui laisser le temps de se remettre. Elle les avait certes, Jenna et lui, entraîner de la sorte, mais il était peut être encore tôt pour exiger une telle réflexion de la part d'un enfant de cinq ans.

- « Nous sommes partis, j'avais un peu froid. Les routes étaient pavées, papa m'avait hissé sur ces épaules, de là haut je voyais tout. Il y avait un marché, les étales y étaient nombreuses, tissus, épices, aliments divers et variés mais je n'avais pas faim. Il y avait plein de couleur, c'était agréable. Ensuite papa à vu Azarel, le parrain de Melten, il était en train de réparer une boutique. Il m'a posé à terre après un certain temps et au bout d'un long moment je me suis ennuyé alors j'ai voulu joué plus loin. J'ai marché longtemps jusqu'à l’orée des bois. Il y avait une cabane, deux frères jouaient avec un chariots de bois, cela avait l'air amusant. »

Jamère s'était visiblement inquiété inutilement, Elend parvenait sans mal à rendre compte à sa mère. Enfin, il arriva à la part de l'histoire qui ne serait assurément pas la plus aisée à narrer. Le mercenaire ne réalisa pas vraiment qu'il retenait son souffle. Il se tenait immobile, sans quoi il se serait sans douter jeté sur son garçon.  

- « J'ai joué un peu avec eux, j'ai demandé au plus grand des deux, celui qui avait dans sa main le chariot de bois, de me le prêter juste un peu. J'avais envie jouer avec moi aussi. Mais il a refusé. Il voulait le garder pour lui, alors... »

Sa voix s'était peu à peu chargée de sanglots qui éclatèrent finalement à grand bruit. Jamère pourtant s’astreignait toujours à l'immobilité la plus totale. Une curiosité presque morbide le tiraillait. Il avait besoin de savoir ce qu'il s'était passé dans la cabane, mais dans le même temps il en  redoutait le récit.
Jamère se trouva rassurer quand finalement Meïlhor offrit la protection de ses bras à Elend. Elle avait toujours eut du mal à se rendre compte de la fragilité d'un enfant, elle même n'ayant jamais eut le droit d'en être une. Il était pourtant bon de voir qu'elle savait être mère avant d'être un mentor.

- « Prend ton temps, quand tu sera prêt, continu. »

Son intransigeance tira un froncement de sourcil à Jamère, mais ses lèvres restèrent scellées. Il fallait comprendre le fin mot de cette histoire maintenant pour ne plus avoir à s'en inquiéter. C'était mieux ainsi. La connaissance de ce fait ne rendait pourtant pas la vision de cette scène plus simple au jeune homme.

- «  Je voulais vraiment joué avec et Cole m'a dit que je pouvais le prendre, je n'avais qu'a le faire lâcher au petit garçon. J'étais en colère, il l'a poussé, on étaient dans la cabane. Il est tombé. Il bougeait plus. Après son frère a dit qu'il était mort, il est allé cherché son père, je crois. Cole criait il était content, moi j'avais très peur. Maman faut que tu me crois c'était pas moi, c'était Cole, moi je voulais pas. Je lui ai dit d’arrêter, j'ai essayé mais il m'écoute jamais. Je voulait pas qu'il meurt, maman... c'est vrai promis je suis pas méchant, c'est Cole. »

Elend fut à nouveau interrompu dans son récit par ses propres pleurs. Meïlhor lui passa une main douce dans les cheveux, quoiqu'elle sembla alors un brin plus réticente. Était ce une impression ?  Elle ne finit pas moins par demander au garçonnet ce qu'elle et Jamère n'avaient toujours pas comprit. La pièce manquante de ce puzzle dérangeant.

- «  Elend, qui est Cole ? »

Un silence suivit cette question, qui ne fut troublé par rien d'autre que le bruit de la respiration hachée de l'enfant. Elend eut l'air perplexe, et cela eut au moins le mérite de tarir ses larmes pour un instant.

- «  Il veut pas que je vous le dise, il dit que si je parles de lui vous serez très fâché et que vous ne m'aimerez plus. Cole il est en colère il dit qu'il existe pas vraiment, il m'en veut d'avoir un corps et pas lui. Il dit que si je veux rester dans la maison avec papa, toi, Jenna et les garçons, il faut que je me taise. »

Jamère ne comprenait pas vraiment ce qu'était en train d'expliquer son garçon. Ou peut être ne voulait il pas comprendre ? C'était une chose bien délicate pour un parent que d'être confronter aux particularités de sa progéniture adorée.
Là où Jamère se trouvait bien en peine d'agir, Meïlhor cajola le petit avec toute son affection. Elle avait perçu, plus que l'étrangeté des propos d'Elend, son grand désarroi, problème qu'elle semblait vouloir traiter en priorité. Soudainement, une pointe de fierté totalement incongrue perça dans le cœur du mercenaire : ses enfants avaient la meilleure mère qu'il se puisse trouver, assurément.

- «  Elend regarde moi. Quoi qu'il puisse arriver, jamais nous ne cesserons de t'aimer. Tu es notre fils, notre adorable petit garçon, nous te protégerons quoi qu'il advienne.Nous sommes une famille, en ce titre nous resterons unis, toujours. Jenna, Luthèce, Melten et toi, vous êtes ce qui est le plus important pour ton père et pour moi. Jamais on ne vous abandonnera, quelques soit vos actes, nous resterons toujours à vos côtés. »

Il était rare d'entendre Meïlhor se répandre en pareille diatribe. Elle ne se prêtait après tout à l'exercice qu'en cas de crise, et voilà qu'aujourd'hui, elle avait du user de ce talent par deux fois. Jamère en aurait sans doute rit en d'autre circonstances.
Pour l'heure cependant, Elend s'apaisa une nouvelle fois, se lovant contre sa mère. Le mercenaire ne pu guère conserver ses distance plus longtemps. Il se rapprocha d'eux, mit genoux en terre, et emprisonna les deux têtes blondes entre ses bras. Il ne sut jamais vraiment combien de temps ils restèrent ainsi. Finalement pourtant, Jamère mit fin à l'étreinte en se laissant tomber en arrière. Il atterrit à cette occasion sur son séant sans doute un peu plus rudement qu'il ne l'aurait voulu, mais à la vérité, il n'en avait cure. Posant ses coudes sur ses genoux relevant devant lui, il joignit ses mains pour les empêcher de trembler. Il se sentait las et fourbu, mais ce n'était guère le moment d'y songer.

- « Ta mère à raison El. Je ne comprend pas vraiment qui est ce Cole dont tu parle, mais sache qu'il est impuissant à nous éloigner de toi. » il marqua une courte pause, se grattant la tête, gagnant du temps l'air de rien. « Maintenant, si tu te sens prêt, fini de nous raconter ce qu'il c'est passé s'il te plaît. Tu n'as rien à craindre, mais il faut que ta mère et moi comprenions ce qu'il s'est passé. »

Le jeune homme se voulait rassurant et encourageant, mais, imperceptiblement, il parlait plus vite qu'à l'accoutumée. Il avait hâte d'en avoir terminer avec cette histoire, hâte de pouvoir regagner leur maison, et oublier tout cela. Jamère n'aimait guère s'attarder sur les choses désagréables.
Elend se crispa une nouvelle fois, mais il reprit finalement.

- « C'est...flou après. » il leva les yeux vers sa mère. Il savait bien qu'elle n'aimerait pas une description aussi piètre, mais il n'en avait guère d'autre en tête. « Je sais juste que c'est Cole qui choisissait quoi faire. Je voyais toujours par mes yeux mais...c'était comme si j'étais un spectateur. Cole dit que c'est tout le temps comme ça pour lui, et il n'aime pas ça. Mais j'y peux rien moi... » la voix monta dans les aigus, et Meïlhor prévint la récidive de pleurs en berçant le garçon. Ce dernier renifla bruyamment mais il poursuivit : « Comme Cole m'a dit de prendre le chariot mais que je n'osait pas, il a voulu le faire pour moi. Il voulait m'aider, mais j'ai pas aimé ça. Il a prit le chariot des mains de l'autre, alors que ce n'est pas gentil. Il a pleuré, et l'autre a fâché Cole. Je l'ai fâché aussi, mais il n'écoutait pas. Comme le garçon voulait reprendre le chariot, Cole s'est débattu, et il a tapé le garçon sur la tête. J'ai voulu arrêter de regarder, je voulais aller chercher Papa... et après Papa est arrivé. Il a prit Cole, mais au bout d'un moment il est repartit. Après Papa m'a mit dans un arbre et m'a dit de n'en pas descendre sauf si il me le demandait. Alors je n'ai pas bougé, mais j'avais peur, parce que j'entendais beaucoup de bruit, et que je voyait rien. Après, il n'y a plus eut de bruit du tout, et c'était encore plus inquiétant. J'ai appelé Papa mais... » il se tourna vers Jamère « ...tu n'entendait pas hein ? »

Jamère posa une main sur la tête de son garçon. Sa large paume suffisait à couvrir tout le crâne de l'enfant. Il lui parut alors si jeune et si minuscule...

- « Tout va bien maintenant, tout est fini... »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://rpg-chevalier.chocoforum.com/t11213-jamere

Une perturbation dans la force (PV Jamère)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Royaume d'Émeraude :: Cité d'Émeraude :: Le village-