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Dance with the devil ♦ Chase & Juny

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Juny
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Rôle : Jumelle de Lohann (et mage de la Tour)
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Rôle: Mage de la Tour
MessageSujet: Dance with the devil ♦ Chase & Juny Mer 31 Mai 2017, 17:54

“Il faut des fêtes bruyantes aux populations, les sots aiment le bruit, et la multitude c'est les sots.”
Napoléon Bonaparte



Juny grinça des dents alors qu’une grosse meringue s’étouffait de rire à quelques pas de là, comprimée dans sa robe à froufrous jaune citron.  Les deux énormes boules de chair qui lui faisaient office de poitrine menaçaient de se faire la malle et les plumes qui paraient sa chevelure vaguement blonde confirmaient son sentiment d’avoir affaire à un canari obèse. Où que Juny posa le regard, tout n’était que luxe vaniteux suintant pas tous les pores, faux semblants et bêtise crade. Bob lui en soit témoin, les bals l’emmerdaient royalement.

- Rappelle moi encore ce que je fais là ?

La proximité de Lucien, accroché à son bras comme à une bouée de secours, n’avait rien pour lui plaire. Son parfum  d’aristo l’écœurait,  sans parler de l’odeur de ses cheveux ! On n’avait pas idée de mêler une senteur de patchouli à du jasmin, surtout quand on avait le look d’un barbare des montagnes. Ses cheveux clairs retombaient sur sa poitrine de bœuf shooté à la testostérone. Au moins, se dit la jeune magicienne, il avait eu la présence d’esprit de se raser de près. Il n’aurait plus manqué qu’une barbe broussailleuse pour  compléter sa panoplie d’ermite sauvage éleveur de brebis consanguines. Puis d’abord, quelle idée de s’appeler Lucien ? Avec un physique pareil qui plus est…

- Tu me remercies d’être le meilleur fournisseur au monde.

Et frimeur avec ça ! Juny roula des yeux, plus exaspérée qu’elle n’aurait su le dire. Ce crétin avait décidé de monopoliser sa soirée, en échange de ses services, qui n’étaient pas si bons qu’il pouvait bien le prétendre – au fond, il n’était qu’un petit nobliau né avec une cuiller en argent dans la bouche qui mettait du sel dans sa petite vie bien rangée en se faisant le livreur particuliers des mages les plus déviants d’Émeraude. Lui avait besoin d’une cavalière de sang noble, elle de marchandise.  Ça n’empêcherait pas la jeune femme de râler jusqu'à ce que Lucien consente à lui rendre sa liberté. Ce crétin des îles n’avait pas besoin d’or et se faisait payer selon son bon plaisir, en exigeant mout services de la part de ses débiteurs. Pourquoi n’exigeait-il pas la concoction d’une potion ou d’un filtre pour se donner un air plus civilisé ? Il en aurait bien besoin, car un beau costume et des bagues finement ciselées ne suffisaient pas à détourner l’attention de ses épaules d’armoire à glace.  Et puis merde à la fin, qu’il mette à profit ses compétences au lieu de l’exhiber comme un animal de société atrophié du bulbe ! Tout ça pour un tout petit ingrédient de rien du tout.

- Oh, ça va ! Tu m’as seulement trouvé  un champignon féerique, la belle affaire…

Ce fût au tour de Lucien de rouler des yeux, ce qui lui valut un regard sombre de Juny. S’il se montrait désagréable, elle n’hésiterait pas à lui faire faux bond ! Elle était déjà bien gentille d’avoir accepté de le suivre dans ce bal de demeurés.


- Oui, un champignon féerique… très rare et totalement illicite. Pour une très bonne raison d’ailleurs, mais tu connais ses effets mieux que moi.

- Bien sûr que je les connais mieux que toi, rétorqua t’elle avec suffisance. Tous ces simagrées pour un tout petit incident scientifique qui aurait fait fondre les os de quelques centaines de paysans…

- Ça n’était pas une explosion ?

- Bravo, tu te rappelles de tes cours d’histoire, ironisa t’elle avec sarcasme.

Impassible, Lucien fît mine d’ignorer son commentaire. Il était d’une patience étonnante, ce qui ne faisait qu’agacer un peu plus Juny. Et dire que c’était le jour de congé d’Ana… Quel gâchis. Elle n’avait même pas Lohann sous le coude pour se moquer des invités. Il était une mission depuis plusieurs jours déjà et toutes les pensées qu’il lui envoyait ne comblaient pas le vide de son absence à ses côtés. Pas étonnant qu’elle fût d’une humeur de chien !


- Tu ne veux pas sourire un peu ? finit-il par demander dans un soupir.

- Tu peux toujours aller te faire mettre chez les Opaliens ! Bien à propos, l’important est que tu ais une fille à ton bras, n’est-ce pas ? Pour faire taire tous ceux qui pensent que tu passes tes jours et tes nuits à gober des kilomètres de qu…

Une forte pression sur son bras lui fît terminer sa phrase par un couinement de douleur.

- Boucle là et souris un peu.

Juny lui adressa un regard noir. Pour qui la prenait-il ? Une courtisane ? Une catin de cour ? Et puis quoi encore ? D’ailleurs, ce qu’elle disait était tout ce qu’il y avait de plus véridique ! Aussi vrai qu’elle s’appelait Juny Khardhaos et que Lucien allait lui payer une telle offense, son cavalier d’un soir était gay comme tout et aimait presque autant les chibres et les prépuces qu’Elijah et son petit copain du désert. Mais il n’y avait que la vérité qui faisait mal, pas vrai ? Un peu comme le biceps de Lucien qui tentait de casser son bras en deux. Quel gorille… Vraiment, elle aurait mieux fait de se glisser sous la couette avec Ana plutôt que de voyager jusqu’à Rubis – Rubis ! – avec Lucien pour lui servir de d’accessoire anti allure de pédale. C’était bien là le fond du problème, beaucoup avaient depuis longtemps deviné sa sexualité, si bien qu’il peinait à trouver une fiancée digne de ce nom et que ses parents – des conservateurs notoires à l’esprit étriqué – menaçaient de le renier s’il ne prenait pas femme rapidement et prouvait sa virilité une bonne fois pour toute – de ce côté-là, il aurait difficilement pu faire mieux, c’est plutôt l’intérêt pour la gent féminine qui coinçait.

- Ne bouge pas, je vais nous chercher à boire. Je reviens tout de suite, d’ici là, tâche d’avoir l’air plus aimable.

- Quoi ? Mais… Lucien ! Lucien !!

Trop tard, son dealer personnel l’avait déjà lâchée et s’était évanoui dans la foule. Décidément, c’était de mieux en mieux… Au moins, il avait arrêté de réduire ses os en poudre. Juny se dirigea vers une causeuse et s’y étala avec une grâce étonnante – ou pas, après tout, elle était toujours d’une grâce incomparable ; mieux que toutes ses petites princesses pourries gâtées adorées de la royauté. Non loin de là, un jeune adolescent la fixait d’un œil étrange.

- Toi, le puceau baveux, tu dégages, cracha Juny.

Trop choqué pour faire le moindre commentaire, le gamin s’éloigna sans broncher.

- Génial… soupira Juny.

Elle posa sa tête sur l’accoudoir. Sa robe à voiles rouge vaporeuse ressortait de plus belle sur l’imprimé bleu du sofa. A l’instant, elle se fichait de défaire les boucles blondes lumineuses et bien soignées de sa chevelure, ou que le rubis qu’elle portait se détache de son cou gracile. Elle voulait juste attendre que Lucien la retrouve, boire assez pour oublier le ridicule de cette soirée et rentrer chez elle.
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Chase
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Rôle : Noble d'Enkidiev de la lignée Harrison, branche des arts et revente (Rol'ay)
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Rôle: Noble héritier de la branche Rol'ay de la lignée Harrison
MessageSujet: Re: Dance with the devil ♦ Chase & Juny Jeu 31 Aoû 2017, 06:33


« Dépêche-toi donc ! Tu es pire qu’une femme dis-moi. »
« Il le faut bien, » répliquais-je, pince-sans-rire. « Je ne peux pas m’afficher à une somptueuse soirée en tant qu’héritier Rol’ay vêtue de guenille. »
« Tu es certainement mieux habillé que la plupart des hommes, alors cesses donc de geindre. »

Je poussais un soupire alors qu’une servante finissait de coiffer la tignasse blonde qui me servait de cheveux. J’étais habillé à la fois sobrement et avec classe ; tout en finesse ! Mon costume était bleu nuit, dont les bords étaient brodés avec des fils d’ors, formant des motifs répétitifs et élégants. Sous ma veste, une tunique blanche cassée qui pouvait se voir à quelques occasions au niveau de mon torse et de mes bras dont les manches étaient ouvertes jusqu’au coude. Un pantalon saillant bleu nuit là encore, et des bottes élégantes noires ornées mes pieds. Une ceinture brodée d’or ornée ma taille sur ma veste pour affiner ma silhouette. Je n’avais pas d’autre ornementation qu’une chevalière en or avec les lettres RH pour Rol’ay Harrison gravée sur le dessus. Mes cheveux étaient quasiment tous ramenés sur un seul côté, l’autre côté a été tressé de l’avant vers l’arrière.
Je poussais un soupire. J’imagine que Gwendolyn avait raison. Mon regard se porta alors sur la demoiselle. Elle portait une robe claire, les vêtements trop foncés jurant avec sa peau blanche et ses cheveux tout aussi blanc. Elle avait donc une robe turquoise se mariant très bien avec ses yeux, sobre et élégante elle aussi. Elle rehaussait à la perfection la beauté de Gwen. La jeune femme faisait partie de la très estimée branche Elhys, celle qui s’occupait des fêtes royales, des combats clandestins et de l’esclavagisme. Ils étaient donc pleins aux as.

« On peut y aller, » annonçais-je en lui tendant mon bras.

Nos fiancés respectifs n’étaient pas de la partie, et nous en étions tous deux biens contents. Je ne saurais dire si c’était un trait familiale, mais aucun d’entre nous n’appréciaient le choix de nos parents concernant nos fiancés. Bien sûr cela avait une raison diplomatique et tout ce qui allait avec, mais le fait est que le caractère de nos fiancés ne nous convenaient absolument pas.
Gwen se saisit de mon bras, et nous partîmes pour la soirée.
C’était elle qui avait tout organisé. La fête se déroulait dans un manoir assez reculé sans être dans un coin perdu, en haut d’une colline. La salle de réception était grande et donnait sur un balcon faisant toute la façade, et l’on pouvait ainsi admirer des pâturages de Rubis qui descendaient de la colline. La salle était somptueusement bien aménagée. Des causeuses et autre fauteuils étaient dispatchés ici et là, un grand buffet s’étendait le long du mur du fond et était régulièrement réapprovisionné. De temps à autres, des serveurs et serveuses passaient pour inciter les invités à aller manger et boire. Sur un autre fond de la salle, des musiciens se donnaient à cœur joie d’offrir de la douceur aux oreilles des invités, et quelques-uns se prenaient à danser.
Cette soirée avait deux facettes. La première, celle qui se voyait en premier, était une soirée de noble tout ce qu’il y a de plus banal pour nouer des liens et autre. La deuxième facette, celle qui était cachée, était que j’allais pouvoir faire mon marché. Les fêtes des Elhys étaient parfaites pour les échanges de biens et de services propre au Rol’ay avec les autres nobles : une petite plante hallucinogènes par-là, des plantes vénéneuses par-ci, un contrat pour un futur tableau hors de prix, et ainsi de suite. Dans la salle qui se présenta à moi, je ne voyais que des clients fidèles ou nouveaux, ainsi que de futurs pigeons qui s’embourberont dans mon charisme et mon éloquence, pour acheter et acheter encore.
Cependant, je soupçonnais aussi une troisième facette. Gwen avait l’air un peu trop contente et empressée. Je la soupçonnais de préparer, dans le manoir, une pièce secrète pour pouvoir y faire des combats clandestins, et les nobles seront les parieurs. Ce sera à surveiller de près, car j’avais bien envie de pouvoir participer moi aussi, et éventuellement alimenter les paris à mon profit. Tout était business, tout était argent, tout était monnayable.
Quelques heures et quelques clients satisfaits plus tard, je m’étais approché de Gwen pour une petite pause. Un verre d’alcool à la main, je l’écoutais discuter avec quelques nobles près du buffet. Mon regard parcourut la salle, et j’accrochais bien rapidement une jeune femme… spéciale. Ce n’était pas tant son regard, son allure ou ses vêtements qui me perturbaient, c’était plutôt la lumière étrange qui se dégageait d’elle. Une lumière pas trop vive, comme une aura. C’était étrange. Elle était accompagnée d’un homme et ne semblait pas vraiment l’apprécier. Ce même homme finit par l’abandonner pour X raison, s’approcha du buffet… et bifurqua vers Gwen avec des yeux avides.

« Bien le bonsoir milady, » roucoula-t-il en se saisissant rapidement de sa main pour y déposer un baiser – elle se retint de justesse de grimacer. « Vous êtes ravissantes ! Je me nomme Lucian, m’accorderiez-vous cette danse ? Je ne suis pas accompagné. »

J’arquais un sourcil, un sourire sarcastique sur les lèvres, mais ne dis rien. Gwen hésita, mais sous l’insistance du dénommé Lucian, finit par accepter pour le faire taire. Encore un qui tentait de ravir le cœur de ma cousine pour se marier avec elle et faire partie de la machinerie des Elhys. Je jetais un coup d’œil en direction de la femme lumineuse, avant de me saisir d’un autre verre d’alcool et de me diriger vers elle d’un pas assuré.

« Bien le bonsoir ! » commençais-je avec un sourire. « Je suis Chase Rol’ay de la famille Harrison. Vous semblez vous ennuyer, c’est bien dommage. Un petit remontant ? »

Je lui tendis alors le verre. Cependant, dans ma main, caché des autres mais visible pour la jeune femme, une feuille. Pas n’importe laquelle : une feuille aux vertus désinhibantes, à mâcher pendant quelques minutes pour en avaler le jus et finalement recracher le reste. C’était cadeau. Je ne savais pas trop si elle allait accepter ou si elle tolérait ce genre de procédé pour se mettre bien, dans tous les cas, je sentais qu’il fallait que j’en apprenne un peu plus sur elle.

« Puis-je m’assoir à vos côtés ? » repris-je. « Votre cavalier ne semble pas disposé à vous distraire. »

Un mouvement de tête en direction de la piste de danse, et je lui montrais Gwen dansant avec un visage impassible en compagnie du noble.

« Il ne sait pas ce qu’il rate. Surtout qu’il risque d’être déçu. »

Je ne pus retenir le sourire amusé, presque mesquin, qui me vint au visage, tandis que je regardais avec une lueur malicieuse la jeune femme lumineuse. Cela me disait vaguement quelque chose, cette aura, mais je ne saurais mettre la main sur le souvenir de cette information. Je l’avais sur le bout de la langue pourtant, et cela me frustrait ! Mais, je n’allais pas lui poser la question, pas encore, au risque de paraître fou.

« Puis-je savoir ce qui vous a amené dans la toile des Harrisons ? »
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