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Dance with the devil ♦ Chase & Juny

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Juny
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Rôle : Jumelle de Lohann (et mage de la Tour)
Âge du personnage : 27 ans
Date d'inscription : 01/04/2014

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Âge: 27 ans
Rôle: Mage de la Tour
MessageSujet: Dance with the devil ♦ Chase & Juny Mer 31 Mai 2017, 17:54

“Il faut des fêtes bruyantes aux populations, les sots aiment le bruit, et la multitude c'est les sots.”
Napoléon Bonaparte



Juny grinça des dents alors qu’une grosse meringue s’étouffait de rire à quelques pas de là, comprimée dans sa robe à froufrous jaune citron.  Les deux énormes boules de chair qui lui faisaient office de poitrine menaçaient de se faire la malle et les plumes qui paraient sa chevelure vaguement blonde confirmaient son sentiment d’avoir affaire à un canari obèse. Où que Juny posa le regard, tout n’était que luxe vaniteux suintant pas tous les pores, faux semblants et bêtise crade. Bob lui en soit témoin, les bals l’emmerdaient royalement.

- Rappelle moi encore ce que je fais là ?

La proximité de Lucien, accroché à son bras comme à une bouée de secours, n’avait rien pour lui plaire. Son parfum  d’aristo l’écœurait,  sans parler de l’odeur de ses cheveux ! On n’avait pas idée de mêler une senteur de patchouli à du jasmin, surtout quand on avait le look d’un barbare des montagnes. Ses cheveux clairs retombaient sur sa poitrine de bœuf shooté à la testostérone. Au moins, se dit la jeune magicienne, il avait eu la présence d’esprit de se raser de près. Il n’aurait plus manqué qu’une barbe broussailleuse pour  compléter sa panoplie d’ermite sauvage éleveur de brebis consanguines. Puis d’abord, quelle idée de s’appeler Lucien ? Avec un physique pareil qui plus est…

- Tu me remercies d’être le meilleur fournisseur au monde.

Et frimeur avec ça ! Juny roula des yeux, plus exaspérée qu’elle n’aurait su le dire. Ce crétin avait décidé de monopoliser sa soirée, en échange de ses services, qui n’étaient pas si bons qu’il pouvait bien le prétendre – au fond, il n’était qu’un petit nobliau né avec une cuiller en argent dans la bouche qui mettait du sel dans sa petite vie bien rangée en se faisant le livreur particuliers des mages les plus déviants d’Émeraude. Lui avait besoin d’une cavalière de sang noble, elle de marchandise.  Ça n’empêcherait pas la jeune femme de râler jusqu'à ce que Lucien consente à lui rendre sa liberté. Ce crétin des îles n’avait pas besoin d’or et se faisait payer selon son bon plaisir, en exigeant mout services de la part de ses débiteurs. Pourquoi n’exigeait-il pas la concoction d’une potion ou d’un filtre pour se donner un air plus civilisé ? Il en aurait bien besoin, car un beau costume et des bagues finement ciselées ne suffisaient pas à détourner l’attention de ses épaules d’armoire à glace.  Et puis merde à la fin, qu’il mette à profit ses compétences au lieu de l’exhiber comme un animal de société atrophié du bulbe ! Tout ça pour un tout petit ingrédient de rien du tout.

- Oh, ça va ! Tu m’as seulement trouvé  un champignon féerique, la belle affaire…

Ce fût au tour de Lucien de rouler des yeux, ce qui lui valut un regard sombre de Juny. S’il se montrait désagréable, elle n’hésiterait pas à lui faire faux bond ! Elle était déjà bien gentille d’avoir accepté de le suivre dans ce bal de demeurés.


- Oui, un champignon féerique… très rare et totalement illicite. Pour une très bonne raison d’ailleurs, mais tu connais ses effets mieux que moi.

- Bien sûr que je les connais mieux que toi, rétorqua t’elle avec suffisance. Tous ces simagrées pour un tout petit incident scientifique qui aurait fait fondre les os de quelques centaines de paysans…

- Ça n’était pas une explosion ?

- Bravo, tu te rappelles de tes cours d’histoire, ironisa t’elle avec sarcasme.

Impassible, Lucien fît mine d’ignorer son commentaire. Il était d’une patience étonnante, ce qui ne faisait qu’agacer un peu plus Juny. Et dire que c’était le jour de congé d’Ana… Quel gâchis. Elle n’avait même pas Lohann sous le coude pour se moquer des invités. Il était une mission depuis plusieurs jours déjà et toutes les pensées qu’il lui envoyait ne comblaient pas le vide de son absence à ses côtés. Pas étonnant qu’elle fût d’une humeur de chien !


- Tu ne veux pas sourire un peu ? finit-il par demander dans un soupir.

- Tu peux toujours aller te faire mettre chez les Opaliens ! Bien à propos, l’important est que tu ais une fille à ton bras, n’est-ce pas ? Pour faire taire tous ceux qui pensent que tu passes tes jours et tes nuits à gober des kilomètres de qu…

Une forte pression sur son bras lui fît terminer sa phrase par un couinement de douleur.

- Boucle là et souris un peu.

Juny lui adressa un regard noir. Pour qui la prenait-il ? Une courtisane ? Une catin de cour ? Et puis quoi encore ? D’ailleurs, ce qu’elle disait était tout ce qu’il y avait de plus véridique ! Aussi vrai qu’elle s’appelait Juny Khardhaos et que Lucien allait lui payer une telle offense, son cavalier d’un soir était gay comme tout et aimait presque autant les chibres et les prépuces qu’Elijah et son petit copain du désert. Mais il n’y avait que la vérité qui faisait mal, pas vrai ? Un peu comme le biceps de Lucien qui tentait de casser son bras en deux. Quel gorille… Vraiment, elle aurait mieux fait de se glisser sous la couette avec Ana plutôt que de voyager jusqu’à Rubis – Rubis ! – avec Lucien pour lui servir de d’accessoire anti allure de pédale. C’était bien là le fond du problème, beaucoup avaient depuis longtemps deviné sa sexualité, si bien qu’il peinait à trouver une fiancée digne de ce nom et que ses parents – des conservateurs notoires à l’esprit étriqué – menaçaient de le renier s’il ne prenait pas femme rapidement et prouvait sa virilité une bonne fois pour toute – de ce côté-là, il aurait difficilement pu faire mieux, c’est plutôt l’intérêt pour la gent féminine qui coinçait.

- Ne bouge pas, je vais nous chercher à boire. Je reviens tout de suite, d’ici là, tâche d’avoir l’air plus aimable.

- Quoi ? Mais… Lucien ! Lucien !!

Trop tard, son dealer personnel l’avait déjà lâchée et s’était évanoui dans la foule. Décidément, c’était de mieux en mieux… Au moins, il avait arrêté de réduire ses os en poudre. Juny se dirigea vers une causeuse et s’y étala avec une grâce étonnante – ou pas, après tout, elle était toujours d’une grâce incomparable ; mieux que toutes ses petites princesses pourries gâtées adorées de la royauté. Non loin de là, un jeune adolescent la fixait d’un œil étrange.

- Toi, le puceau baveux, tu dégages, cracha Juny.

Trop choqué pour faire le moindre commentaire, le gamin s’éloigna sans broncher.

- Génial… soupira Juny.

Elle posa sa tête sur l’accoudoir. Sa robe à voiles rouge vaporeuse ressortait de plus belle sur l’imprimé bleu du sofa. A l’instant, elle se fichait de défaire les boucles blondes lumineuses et bien soignées de sa chevelure, ou que le rubis qu’elle portait se détache de son cou gracile. Elle voulait juste attendre que Lucien la retrouve, boire assez pour oublier le ridicule de cette soirée et rentrer chez elle.
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