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With or without you ♦ Kay & Daw

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Kaylann
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MessageSujet: With or without you ♦ Kay & Daw Sam 06 Aoû 2016, 17:57


WITH OR WITHOUT YOU

Kaylann & Dawson




- S'il vous plaît... gémit pitoyablement l'homme.

Accroché à un croc de boucher, une marre de sang s’étalait sous son corps meurtri. Sa main droite ne pendait plus à son corps que par quelques nerfs à vif, un vague reste de muscle. La douleur devait être assez intolérable. Il pleurait. Saisissant son visage entre ses longs doigts osseux, Kaylann le considéra quelques instants, l'obligeant à affronter son regard glacé. Pas une once de pitié, d'antipathie. Elle n'avait pas besoin de le torturer. La jeune femme savait déjà tout ce qu'elle avait besoin de savoir. Ces insectes de rebelles... elle savait où ils se cachaient, Kaylann n'attendait plus que quelques renforts d'Irianeth pour assiégée leur camp de base, et de préférence, attraper vivants ces cafards grouillants. Elle comptait les exterminer un à un. Lentement.  Douloureusement. Ça lui changerait les idées. Kaylann s'ennuyait. Même loin d'Adonis, elle ne pouvait pas agir comme elle le désirait. Pas de transformation, pas de combat, de chasse trop périlleuse... C'était comme pourrir sous terre, au grand air. Il ne lui restait que la torture. Et puis, cela l'empêchait de songer à sa dernière dispute en date avec Adonis. Elle avait quitté la capitale pour ne plus le voir, ne plus se sentir étouffée par sa présence. Qu'est ce qu'il ne ferait pas pour protéger ce bébé... Kaylann s’éloigna. Sous son justaucorps noir, pointait déjà son ventre de femme enceinte. Quatre mois. Encore cinq mois à tenir. Les pleurs du rebelle s'étaient apaisés, se muant en sanglot. Il semblait souffrant, fatigué. Peut-être à cause de ses bras, du moins, ce qu'il en restait, suspendus au plafond. Peut-être à cause de son torse lacéré. Kaylann n'avait pas abîmé son visage. Il avait un beau visage. Ses beaux yeux bleus profonds semblaient briller dans la semi-pénombre de la pièce... La chevalière devait avouer que l'homme, un certain Shepperd, avait cruellement manqué de chance. Entre tous les soldats qu'ils avaient capturés, elle l'avait choisi, lui. Il avait quelque-chose dans le regard, cette lueur vive de défi, de rébellion pleine de fougue qu'elle avait pris plaisir à voir s'éteindre, tout comme elle prendrait plaisir à voir s'éteindre toutes les autres lueurs. Depuis le temps que ce groupe de rebelles leur échappait, il était trop plaisant de se venger d'une telle source de frustration. Elle était une chasseuse, aussi ne supportait-elle pas que ses proies lui glissent entre les griffes. Kaylann avait vraiment besoin de se distraire. Elle traça un long sillon sanglant sur la cuisse du rebelle, cherchant les poings nerveux. Un cri mourut dans sa gorge. Elle avait trouvé.

- Pourquoi... ? trouva t-il la force d'articuler.

Kaylann leva les yeux au ciel. Il n'était pas vraiment en position de poser des questions. Pourquoi quoi? Pourquoi ne pas lui poser de questions ? Et si elle voulait simplement l'exécuter, pourquoi ne pas le tuer ? Pourquoi s'acharner ? Son silence l'angoissait par dessus tout, Kaylann le lisait en lui. Il puait la peur, ça en devenait indécent. Qu'il ne s'en fasse pas, ce ne serait plus très long. Au hasard, Kaylann décida de lui briser le genou. Cette fois, le rebelle hurla. Tête  baissée, il pendait du plafond, humide, tremblant, ensanglanté. Une poupée désarticulée. Seul son pantalon de toile demeurait, en loque. Kaylann contempla son œuvre, sceptique sous son visage de marbre.  Que faire ? S'attaquer à l'autre jambe ? Déjà fait. Le membre pendait mollement, dépecé jusqu'à l'os. L’éventrer ?  Cela ne l'amusait plus autant, depuis qu'elle était enceinte. Quelle foutue grossesse...
Ses oreilles se rendirent. On descendait les escaliers.


- Caleb ? susurra la jeune femme alors que l'homme atteignait le sous-sol.

Debout face à son rebelle, elle tournait le dos au lieutenant. Lors de ses missions sur le continent, elle aimait avoir Caleb à ses côtés. Sadique dans l'âme, le militaire respectait la hiérarchie, et se délectait des séances de torture improvisées par la chevalière, d'autant plus lorsqu'il était convié à participer. Kaylann savait qu'il aimait ce qu'il avait sous les yeux. Comme elle, il savait se contenir.

- On l'a trouvé rodant prés de la forteresse, dit-il machinalement, cachant mal son intérêt.

Sans plus de façon, il poussa l’intrus à l'intérieur de la salle.


- Mmmh...

Kaylann gardait les yeux rivés sur sa victime. L'homme s’était évanoui. Encore. Pas très divertissant. Dommage pour lui. Ce petit jeu ne l'amusait plus. D'ailleurs, Junior commençait à se réveiller. Elle le sentait donner des coups.


- Ta machette.
- Avec plaisir !

Le militaire lui remit l'arme. Loin de sa taille habituelle, la lame était aussi longue que celle d'une épée. Une grande épée. Kaylann gifla l'homme. Daignant montrer ses beaux yeux bleus, son regard se posa sur l'arme, avec un mélange de terreur muette et de résignation. La jeune femme ne lui laissa pas le temps de se préparer à l'attaque. Levant sa machette, elle abattit la lame sur le flanc du rebelle, le coupant en deux. Ses jambes tombèrent à terre avec un bruit sec. Estomac, boyaux, colon sortirent à l'air libre. Ses beaux yeux bleus fixaient le sol, vitreux. Kaylann ne prêta guère attention au sang qui venait de l'éclabousser. Elle consentit finalement à se retourner, rencontrant le regard brillant et l'expression satisfaite de Caleb. La jeune femme lui rendit son arme, le congédia d'un signe de tête. Le fallois s'éclipsa silencieusement.
Seuls restaient dans le sous-sol Kaylann et son nouvel invité. La chevalière se laissa sombrer dans des profondeurs émeraudes.


- Bonjour Dawson, murmura t-elle d'une voix étonnement douce.


Dernière édition par Kaylann le Mar 06 Déc 2016, 19:24, édité 1 fois
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Dawson
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MessageSujet: Re: With or without you ♦ Kay & Daw Ven 30 Sep 2016, 15:11


Est-ce que le hasard faisait bien les choses ? Hm, non, pas vraiment. Enfin, ça dépendait des situations. Cependant, en ce moment, le hasard n’était pas trop de mon côté. Alors qu’on me trainait dans le château comme une loque vivante – enfin, peut-être plus pour longtemps. Etrangement, cette pensée ne m’horrifia pas. Peut-être que, dans le fond, mourir serait une bonne solution. Plus de problèmes plus de souffrances.
J’en avais tellement marre de souffrir.
J’avais encore en mémoire la mort de Byron, de Stannis, Skyera... J’avais encore l’amer gout dans ma bouche lorsque j’ai rencontré ma famille biologique. Ce gout amer, ce sentiment de ne pas être vraiment à sa place. A’élys, ma mère, avait bien tenté de me rendre « comme eux ». Elle m’a endurcit physiquement, c’était certains, peut-être même mentalement d’ailleurs, mais dans le fond je ne me voyais pas travailler pour Irianeth, ni même pour Enkidiev d’ailleurs. Je me voyais nulle part, c’était ça le problème. Je ne me sentais à ma place nulle part. Je n’étais pas chez moi à Opale sous le gouvernement d’Izia, l’une des seules survivantes de la famille. Je ne me sentais pas à ma place avec ma mère sur Irianeth en tant qu’Assassin. Je ne me sentais pas à ma place en tant que vagabond, bien que cela m’avait permit de trouver un certains calme. Quand on était vagabond il n’y avait plus de règles, plus de convenances, plus de faux semblants. Mais malgré tout, j’avais senti qu’il me manquait quelque chose. Il me manque toujours quelque chose... comme si, dans le fond, j’étais déjà mort à l’intérieur.

Comment m’étais-je retrouvé dans cette situation ? La grande question. Sur le coup, j’eus comme un trou de mémoire, alors que nous bifurquions dans un autre couloir – que dis-je, dans un escalier menant au sous sol. Mais les souvenirs ne tardèrent pas à revenir très vite.
J’étais donc un vagabond, et je m’amusais à vaquer entre Enkidiev et les Colonies, bravant courageusement les interdits. Je pourrais très bien être considéré comme un traitre des deux côtés, bien que pour moi l’idée de traitre est le fait de pactiser avec l’ennemi – ce dont je ne fais pas puisque je ne fais que voyager. Mais bref, cessons de parler de nomenclature de telles ou telles choses.
Je me retrouvais donc à Perle, et plus particulièrement, dans un camp de rebelles. Des rebelles contre l’invasion d’Irianeth dans leur pays. Malgré toutes ces années ils ne perdaient pas l’espoir de retrouver leur pays, et c’était beau à voir comme détermination – peu de personnes pouvaient avoir ce genre de motivation. Ce genre de courage. Affronter l’adversité même si, sans renfort, c’était couru d’avance qu’ils allaient perdre, et mourir. Après tout il n’y a pas plus beau que de mourir pour la bonne cause non ?
Cependant, j’eus la chance – ou la malchance plutôt – de tomber sur un camp de rebelles se faisant attaquer par les sbires d’Irianeth. N’écoutant que mon courage, et ma stupidité qui n’avait d’égal que mon égo, je pris les armes pour les aider. C’était surtout car il y avait des enfants, dans ce camp, et je ne pouvais décemment pas les laisser dans une telle situation. Ainsi donc, je fondis dans la bataille pour leur donner une chance supplémentaire de les mener à la victoire et de vivre encore un peu plus longtemps. Malheureusement, nous fûmes rapidement éprouvés par le nombre, et beaucoup d’entre nous furent tuer, tandis que d’autres étaient capturés pour laisser du temps à certains autres de s’enfuir – notamment les femmes et les enfants. Et, comme tu t’en douteras cher lecteur, je fais partis de ces personnes capturées pour les beaux yeux d’une petite tête blonde pleurant dans les bras de sa mère fuyante.
Je supposais qu’on me trainait dans les cachots après m’avoir quelque peu maltraité. Tout ce dont j’espérais c’était que l’on n’utiliserait pas mon statut de Prince contre Opale. Puisqu’ayant été anoblit, Izia se verrait dans l’obligation de faire quelque chose pour ne pas perdre la face devant son peuple qui était déjà pas très enclin à ce qu’elle reste sur son trône – pour la plupart.
Ce dont je ne m’attendais pas, cependant, fut que l’on me poussa dans une salle en la compagnie très spéciale de Kaylann. Certainement la dernière personne que j’aurais voulu voir dans cette vie – et certainement la dernière personne qu’elle voudrait voir.
M’asseyant tranquillement contre un mur, j’observais Kaylann s’amuser avec sa victime avec une impassibilité hors pair. A vrai dire, cela ne me faisait ni chaud ni froid. A’élys avait veillé à m’immuniser contre la vue de l’injustice et de la torture. Elle m’avait même forcé à torturer des personnes, mais cela ne m’avait pas plut du tout. Je n’étais pas quelqu’un de méchants, bien que parfois, dans mes actes, je fasse du mal.
Je me souviens encore des moments que l’on avait passé, Kaylann et moi-même. Et sur le coup, je m’en voulus de l’avoir laisser sans rien dire, sans même un au revoir. Tel un lâche.

« Bonjour Dawson, » fit Kaylann, me tirant subitement de mes pensées.

Ainsi donc elle avait finit de torturer le pauvre homme pour enfin le tuer. Je levais vers elle un regard d’abord froid, avant de retrouver mon habituel sourire narquois, presque amusé de cette situation.

« Kay ! Quelle plaisir de te revoir ! J’ai bien cru qu’on ne se reverrait jamais, cela m’a rendu un peu triste. »

Autant jouer celui qui allait bien. Autant faire comme s’il ne s’était rien passé de mal dans ma vie. Autant faire comme si je ne l’avais pas abandonné comme un lâche.
En gros, autant faire l’autruche, et de voir ce qu’elle avait derrière la tête. Car je doutais qu’elle allait s’assoir et faire la conversation comme des amis qui se retrouvaient après de longs moments d’ignorance.

« Tu es toute en beauté, quoique tu sembles avoir un peu grossi. Faudrait pas que tu te relâches trop quand même hein. »

La délicatesse d’un homme n’égale que sa modestie.

« Mais je dois dire que te voir torturer cette homme, hmmm, ça m’en a donné des frissons. C’est fou comme t’es sexy comme ça ! »

Sexy ? Ouais, je devais dire que j’avais des gouts bizarres des fois – tout le temps, rien qu’à voir Kessyane *tousse tousse* – mais je devais dire que ouais, elle faisait son p’tit effet quand même. Ça devait être mes gènes d’Assassin psychopathe qui ressortaient dans ces moments-là.

« Alors, comment ça s’passe sur Iri ? »

Oui, je lui parlais normalement, comme si nous n’étions pas dans une salle de torture avec un macchabé derrière elle et des chaînes à mes poignets. C’était comme ça, j’y pouvais rien, ça m’amusait un peu ce genre de situation absurde.
M’enfin, je m’attendais déjà à avoir mal...
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MessageSujet: Re: With or without you ♦ Kay & Daw Jeu 26 Jan 2017, 17:16

Après tant d'années, Kaylann se posait toujours cette même question, qui revenait, par moments, tourmenter ses nuits. Pourquoi Dawson ? Dans les bras d'Adonis, portant sa progéniture, son esprit se projetait des années en arrière. Elle pensait à ce qu'ils avaient été. Lui et elle. A ce qu'il avaient été et à ce qu'il ne seraient, sans doute, plus jamais. Comment tout cela avait-il pu seulement commencer ? Dawson n'avait jamais rien eu de particulier, à priori, ce n'était qu'un humain comme un autre, qui parlait trop, pour ne rien dire du tout. A croire qu'elle avait dû voir quelque-chose de plus, à l'époque. Kaylann dévisageait Dawson, à la recherche d'un souvenir, d'un fragment. Il s'était assis dans un coin de la pièce, adossé au mur, un sourire moqueur étirant ses lèvres. Il tâchait de paraître nonchalant, n'y parvenait qu'à moitié. A quoi bon, d'ailleurs ? Elle pouvait tout lire de son esprit, si elle le voulait. Elle pouvait faire tout ce qu'elle voulait. L'égorger, si l'envie lui en prenait, lui ouvrir le ventre, le regarder agoniser lentement. L'embrasser. Oui. L'embrasser puis le tuer. Les deux en même temps, peut-être.
Kaylann ne releva pas grand chose de ce que Dawson pouvait dire et qui n'avait pour vocation que de l'aider à se mettre en confiance. Elle sentait qu'il n'avait pas envie d'avoir cette confrontation avec elle. Il n'avait pas envie d'être là, et à vrai dire, la jeune femme non plus n'était pas sûre de vouloir de lui face à elle. Il y avait des choses qu'elle ne pouvait pas effacer et qu'elle aurait préféré oublier, le concernant. Parce qu'elle était mieux sans lui et que sans jamais avoir pensé qu'il pouvait rester, elle n'avait jamais vraiment songé à son départ non plus. Et il était parti. C'était mieux comme ça. C'était mieux que plus rien ne subsista de lui dans sa vie. Il n'était qu'un fantôme. Kaylann pouvait s’accommoder d'un fantôme et de quelques souvenirs. Il y avait bien d'autres squelettes dans son placard, que Dawson y fût pour quelque-chose ou non.

- Je suis enceinte.

C'était bien pour ça qu'elle avait pris du poids, ce qui n'était pas pour la ravir. Son ventre creusé enflait de jour en jour, ce qui semblait ravir Adonis, et la laissait mi stupéfaite mi dégoûtée. Kaylann gardait en tête qu'elle enfantait ni plus ni moins qu'une boule de feu et qu'au moment où les joies de la maternité feraient découvrir aux autres futures mères comblées de la forteresse le bonheur de ressentir la vie se mouvoir en elle, elle devrait surveiller que son rejeton ne lui fasse pas flamber l'utérus.
Elle choisit d'ignorer la question de Dawson, sur Irianeth. Ça n'était pas comme si l'Empire l'intéressait, de toute manière. Kaylann s'approcha de lui. Ses longues griffes soulevèrent son menton, l’obligeant à relever la tête vers elle, maculant par la même occasion sa peau du sang d'un mort. Oh, il s'en remettrait. Il n'avait pas bronché pendant l'interrogatoire. Cela ne l'étonnait pas. Un héros à l'âme chevaleresque aurait protesté, se serait indigné face à un tel déferlement de violence gratuite. Dawson n'avait rien fait, rien dit. Il ne valait pas beaucoup mieux qu'elle.

- Est-ce que c'est la mort de Skyera qui te rend aussi triste ?

Sa mère adoptive, que c'était touchant... Disparue dans des conditions si tristes... un peu comme son frère.

- Byron ?

Et que dire de son père d'adoption ?

- Ou Stannis ?

Bien entendu, Kaylann ne s'attendait pas à ce qu'il morde à l'hameçon, ou semble même affecté. Non, au fond, elle voulait juste que ça l'ennuie qu'elle prononce ces noms, ne serait-ce qu'un peu. La voir massacrer un innocent ne le faisait peut-être pas réagir, mais qui n'éprouverait pas même le moindre petit sentiment d'amertume à l'évocation de ses morts ?
Elle relâcha la pression qui maintenait son menton, le regard attaché à l'écarlate qui ressortait sur son visage.


- Tu sais, je suis sensée te tuer, annonça t-elle avec un calme olympien.

Pouvait-elle faire ça ? Le tuer ? Bien sûr. En vie ou non, cela ne ferait pas grande différence. Mais en vérité, rien ne l'y obligeait vraiment. Peut-être que tout dépendrait de lui, après tout, elle avait des raisons de vouloir sa mort. Peut-être ne penserait-elle plus à lui après ça.
Kaylann se souvenait à présent de ce qu'il avait de plus que les autres. Son esprit torturé, déjà à l'époque, et ce jour-là plus que jamais. Oui, peut-être qu'elle ferait mieux de le tuer, pour mettre un terme à ses malheurs.
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Dawson
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MessageSujet: Re: With or without you ♦ Kay & Daw Mar 29 Aoû 2017, 07:55


- Je suis enceinte.

Boom. Cette phrase tomba comme un cheveu dans la soupe. Comme un sucre dans un café. Avec un « plic » aigu, et un ennui profond. Elle était enceinte. Cela me choquait ? Hm. Je n’étais pas bête, elle n’allait pas rester chaste jusqu’à mon retour – si retour il y aurait eu. Car en effet, je n’avais pas vraiment prévu de revenir. C’était une possibilité. C’était une porte ouverte. Même si je doutais que ma mère m’accepte à nouveau. J’avais l’impression qu’elle voulait m’éloigner d’Irianeth, que je sois indépendant et libre comme ce qu’elle aurait voulu être. Est-ce que c’est ce dont j’ai envie d’être ? Je ne savais pas trop. Je ne savais pas vraiment ce que je voulais. Je devais être trop immature, j’imagine.
Kaylann se rapprocha, ignorant totalement ma question. Dans un sens tant mieux. Ce n’était pas une question qui attendait une réponse. C’était une question vide. Je parlais dans le vide de toute façon. Je parlais car j’étais stressé aussi. Et elle parla des morts. Je me demandais bien pourquoi. Pourquoi me parlait-elle des morts ? De mes morts plus exactement. Skyera, Byron, Stannis… Mon sourire se crispa légèrement, et je plissais les yeux. Je me demandais pourquoi. Je doutais qu’elle se souciait réellement de mes états d’âme. De ma tristesse. De mes blessures. Elle voulait faire ça pour me clouer le bec certainement.

- Tu ne devrais pas parler des morts. Après tout, ton père aussi, l’est.

Je ne devrais peut-être pas faire mon malin de la sorte. Après tout j’étais prisonnier, et elle était mon bourreau. Elle pouvait tout me faire. Tout ce qu’elle avait dans la tête. Tout ce qui lui passait par la tête. Tout ce qu’elle voulait. Tout ce à quoi elle a songé lorsque je suis parti. Tout. Et moi, au lieu de gentiment me la fermer, je répliquais, comme un imbécile.
J’étais un imbécile, de toute manière.

- Tu sais, je suis sensée te tuer.
- Et tu ne l’as toujours pas fais.

Mon regard était plus froid, mon ton moins malicieux. Cela ne dura qu’un temps, bien évidemment. Elle était censée me tuer. Mais elle ne l’avait toujours pas fait. Pourquoi ? Attendait-elle quelque chose de moi ? Cherchait-elle la meilleure manière de me faire le plus souffrir en mourant ? Que voulait-elle ? Peut-être était-elle aussi indécise que moi. Je ne doutais pas qu’elle soit capable de me tuer, mais le fait est qu’elle ne l’avait toujours pas fait.
Et un sourire mutin vint en force.

- Devrais-je te supplier ? Me rouler au sol ? Pleurer ? Crier ? Qu’attends-tu pour me torturer et me tuer ? Une lueur malicieuse s’éclaira dans mes yeux. As-tu… peur ? Peur de ce que tu ressentiras après cela ? Ou peur de ce que tu ressens maintenant ? Je m’avançais, vif comme l’éclair, et m’arrêtais à quelque centimètre du visage de la chevalière. Les yeux dans les yeux. Tu veux un bisou pour te donner du courage ? Et plus si affinité ? Après tout, ce n’est pas comme s’il n’y avait rien eu entre nous. Un baiser, une caresse, et plus encore. Ça te manque ? Gouter mes lèvres, me griffer le dos. Avoue. Tu en as envie. Tu veux me tuer aussi. Joue un peu avec moi.

Je devenais maso, c’était devenu une réalité. Mais uniquement avec elle. Je devenais maso avec elle. Et avec Kessyane aussi. Je cherchais à avoir mal. Peut-être que je voulais être rejeté aussi ? Je ne sais pas trop. Etre rejeté, ce n’est pas très agréable. Je n’aimais pas être rejeté. Pourtant, au vu de mon attitude, je tendais le bâton pour me faire battre.
Je devais être fou. Ou peut-être que je ne tenais simplement plus à la vie. Et malgré tout, au fond de moi, j’avais envie de vivre. Mais là, actuellement, c’était comme si je m’en foutais.
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MessageSujet: Re: With or without you ♦ Kay & Daw Mar 29 Aoû 2017, 14:01


Kaylann se figea quelques instants. Elle ? Ne pas parler des morts ? Elle ne devrait pas en parler parce que... Son père... Oui, son père était mort lui aussi. Mort dans des circonstances bizarres, inexpliquées, indignes de son rang. Il était un maître-magicien, le fils d'un dieu, la mort ne signifiait rien pour lui, elle ne marquait pas la fin de son existence. Il aurait dû revenir auprès de sa famille, mais il n'en avait rien fait. Dawson pouvait bien tenter de remuer le couteau dans la plaie autant qu'il le voulait, Kaylann en était venue à la conclusion que David ne méritait pas d'être pleuré. Il n'avait jamais été qu'un poids pour les siens, un dépressif notoire toujours prêt à déserter à la moindre occasion. Somme toute, tout se déroulait très bien sans lui. Mais Skyera, Byron, Stannis... Dawson n'avait pas fini de faire leur deuil. Il n'en finirait sûrement jamais. Il n'était pas du genre à tourner la page aisément. Il se tournait vers le passé plutôt que vers l'avenir. En était-il de même pour elle ? Se prenait-il parfois à regretter leurs moments ensemble ? Se souvenait-il encore de son odeur, de la forme de son corps lové contre le sien ? Kaylann, elle, se rappelait de tout.

- Je ne... devrais pas en parler ? C'est un ordre ?

Comme s'il était en position de lui dire quoi faire. D'un seul geste, elle pouvait l'envoyer rejoindre sa chère, sa tendre et bien-aimée maman, ou devrait-elle dire, la petite fée qui aimait trop jouer à la poupée pour laisser l'occasion de pouponner un enfant de plus. Le sort de Dawson dépendait entièrement de sa volonté, cela dit, il marquait un point. Elle ne l'avait pas tué, pas encore. Son ton était plus froid, il brisait sa coquille de cynisme. Si facilement ? Cela ne pouvait pas durer. Kaylann leva un sourcil, intriguée, lâcha son visage et se redressa tranquillement, s'éloignant de quelques pas. Non, Dawson n'était pas encore mort. A quoi bon se presser ? La chevalière posa une main sur son ventre en soupirant. Elle s'ennuyait tellement... Il ne pouvait quand même pas s'étonner qu'elle profite de sa présence pour se distraire un peu de sa routine. C'était tellement de restrictions, d'attendre un enfant... Loin de se décourager de son silence, Dawson semblait plutôt avoir repris du poil de la bête. Il souriait du même sourire mauvais qu'un gamin arrogant, fier de son coup. Il dégaina sa tirade, pour le moins étonnante. Qu'attendait-elle pour se mettre à l'oeuvre ? Que devait-il faire pour qu'elle se décide à le torturer, à le tuer ? Supplier ? Se rouler au sol ? Pleurer ? Crier ?  S'il y tenait à ce poing, Kaylann n'avait rien contre le fait de le voir faire toutes ces choses à la fois, mais pourquoi la presser de la sorte ? Sa compagnie lui était-elle si insoutenable qu'il voulait en finir au plus vite ? Oublier sa présence dans la douleur, puis tout oublier de façon plus définitive ? Tout ça n'avait rien de très glorieux, même pour lui, quel que fût le sourire qu'il arborait. Cependant, malgré le visage figé de Kaylann, son indifférence perceptible, il continua sur sa lancée. Ses yeux brillaient d'un éclat étrange et la chevalière commençait de plus en plus à penser qu'il avait perdu les quelques grammes de raison qui lui restaient à leur dernière entrevue. Avant même qu'il n'ouvre la bouche de nouveau, Kaylann perçut sa pensée. Alors quoi, si elle ne le tuait pas c'était forcément par... peur ? La peur ce qu'elle pourrait ressentir après ça, la peur de ce qu'elle ressentait déjà ? La jeune femme demeura murée dans son silence. Qu'importait à Dawson, lui se sentait pousser des ailes. Il bondit face à elle, ne laissant qu'un faible espace entre leurs deux corps. Leurs lèvres se touchaient presque et Kaylann planta froidement son regard au fond de ses iris vertes.

- Tu veux un bisou pour te donner du courage ? Et plus si affinité ? Après tout, ce n’est pas comme s’il n’y avait rien eu entre nous. Un baiser, une caresse, et plus encore. Ça te manque ? Gouter mes lèvres, me griffer le dos. Avoue. Tu en as envie. Tu veux me tuer aussi. Joue un peu avec moi.

Jouer ? Bien sûr qu'elle allait jouer. Selon ses règles. Ramener leur ancienne relation sur le tapis n'allait pas la pousser à l'embrasser, le plaquer contre un mur et le prendre de force.
Contre toute attente, Kaylann posa une main sur son épaule et rapprocha doucement sa bouche de son oreille, laissant un murmure s'échapper de ses lèvres.


- Entre nous, Dawson, tu surestimes ma capacité sentimentale. Et... ton pouvoir de séduction.


Sa main s'activa, rapide, brusque. Un craquement sinistre se fît entendre tandis que l'épaule gauche du prisonnier vrillait sur elle-même. Cassée, peut-être, au moins déboîtée. La douleur n'avait rien d'insupportable, mais tout était dans l'effet de surprise. Une légère pression sur son membre blessé et il était de nouveau à terre, sur les genoux.
Kaylann ne voulait pas s'appesantir sur les paroles de Dawson, elle ne voulait pas y penser du tout. Il avait tort, elle n'avait pas peur. Non, il n'y avait pas de quoi avoir peur.

- Pourquoi je devrais me presser ? Nous avons tout notre temps. Il ne faudrait pas secouer le petit, c'est mauvais pour lui. Un bébé mort, c'est suffisant tu ne crois pas ?

Un bébé, son bébé. Autre amant, autre époque et une perte à la clé. Kaylann voulait que le doute s'insinue dans  l'esprit de Dawson, qu'il se pose des questions. Il la connaissait suffisamment pour savoir qu'elle triait ses amants sur le volet. Elle pouvait se laisser aller dans les bras d'un homme sur un coup de tête mais ne gardait jamais que ceux qu'elle trouvait vraiment à son goût. Dawson avait été un de ceux-là. Il avait quelque-chose de divertissant à l'époque.

- Si je t'embrasse, c'est parce que je le décide. Si je te tue, c'est parce que je le décide. Si je joue avec toi, c'est parce-que je le décide. Je pourrais aussi bien te laisser pourrir dans un cachot. C'est peut-être encore ce qui te ferait le plus de mal, rester tout seul avec tes pensées. Tu es plein de désespoir Dawson, tu n'agirais pas comme tu le fais s'il te restait encore beaucoup de choses auxquelles te raccrocher.

Kaylann se pencha au dessus de lui, sa voix se faisant caressante.

- Parce que c'est ce que tu faisais jusqu'ici. Tu te raccrochais à tout ce que tu pouvais. Tu te figurais peut-être que ça te ferait oublier que tu n'as jamais été rien d'autre qu'un petit garçon triste et incompris.
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Dawson
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MessageSujet: Re: With or without you ♦ Kay & Daw Ven 15 Sep 2017, 12:44


Je ne... devrais pas en parler ? C'est un ordre ?

Je secouais la tête avec un petit sourire.

- Je serais bien idiot de donner un ordre !

Si on oubliait que par la suite je la défiais presque de me faire du mal, je n’étais pas complètement idiot. Je souhaiterai pouvoir un minimum rester en vie, gagner du temps, parler. Qu’elle me torture, au moins cela voudrait dire que je suis toujours en vie. Je tenais à la vie ? Je ne saurais vraiment le dire. Je ne le sais pas trop. Toutes les personnes qui m’entourent sont soit mortes, soit elles m’abandonnent. Triste histoire. Redondante histoire. Pauvre petit homme rejeté et seul. Cela me rebutait.

Et comme je l’avais prévu, la jeune femme ne se laissa pas démonter pour autant, et a choisi de « jouer » à me torturer. Surestimer sa capacité sentimentale et mon pouvoir de séduction ? Possible, fort possible, après tout, j’avais tendance à me mettre sur un piédestal pour pallier à mon manque de confiance en moi – oui c’était purement contradictoire, mais qui a dit que j’étais logique ? Après tout, je suis le fils d’A’élys élevé par des Opaliens et une demi fée utopiste, ce n’est pas comme si je pouvais être saint d’esprit, et Kaylann devrait le savoir.
Et puis elle me déboita l’épaule. La surprise me fit perdre mon assurance l’espace d’un instant et un petit cri de stupeur sortit de mes lèvres. Plus de stupeur que de douleur. En effet, ce n’était qu’un déboitement, rien de bien méchant – pour le moment. Je poussais un soupire en me tenant le bras. Une autre pression sur mon bras blessé et je tombais à terre à nouveau. Soit. Elle aimait dominer. Laissons-là dominer. Cela ne changeait rien à sa situation. Ni à la mienne, d’ailleurs. Quelle était la sienne ? Tout simplement... j’étais quasiment certain que mes paroles avaient fait légèrement mouche. Oh, elle n’en laissait rien paraître au point où je peux douter de cette affirmation, mais le fait qu’elle n’en parle pas, qu’elle ne réplique pas à mes paroles sur sa peur, prouve que cela a tout de même eu un impact. Minime, mais un impact quand même.
C’était une petite victoire, en quelque sorte. Il fallait toujours se réjouir des petites victoires de la vie du quotidien. Bien que la situation actuelle n’a rien de « quotidienne ».

Elle reprit la parole. La première partie me fit doucement sourire. Ne pas remuer le bébé ? Ha ! Venant de sa part, cela me paraissait assez ironique. Kaylann n’était pas connue pour être calme et à ne pas « secouer » les choses. Alors peut-être va-t-elle prendre son temps avec moi, mais je doutais que le bébé ne sera pas « secoué ».
Cependant, la seconde partie de son discours... me parut étrange. Très étrange même. Elle parla d’un bébé mort. Un ancien bébé mort. Je m’étais légèrement éloigné pour pouvoir appuyer mon dos contre le mur, ma main libre tenant mon épaule. Je penchais alors la tête sur le côté, la bouche légèrement entre-ouverte, ne comprenait décidément pas ce qu’elle voulait dire.

- Euh... soit. J’imagine. Après tout c’est pas cool un bébé mort.

Oui, je ne voyais pas du tout où elle voulait en venir. C’était comme si elle me parlait dans une autre langue. C’était peut-être le cas ? En pardusse vu qu’elle était à demie, elle devait connaître la langue, enfin si sa mère le lui avait appris seulement. C’était toujours intéressant de pouvoir connaître plusieurs langues. J’avais vaguement appris à entendre une partie du dialecte des fées, mais c’était quelque chose d’assez complexe et difficile étant donné qu’elles parlaient tellement bas et tellement vite !
Mais, les langues ne sont pas le sujet actuel de la discussion, et Kaylann me rappela bien rapidement à l’ordre en poursuivant ses paroles. Je l’écoutais, impassible, tandis qu’elle posait les bases de notre nouvelle relation : elle me domine, moi je subis. Soit. Pourquoi pas. On va dire que ce n’est pas comme si j’avais réellement le choix ni que la situation se prêtait à un autre rapport de force. Néanmoins, ces paroles m’arrachèrent un sourire – amer le sourire, piquant, à vif, sans vie.
Je secouais la tête. Pas pour dire non. Simplement comme pour chasser ses paroles, tandis que mon regard fixait les yeux vairons de la jeune femme.

- Tss, tss, tss. C’est bien ça, la vie, non ? Quand on n’a plus de raison de vivre, il faut s’en chercher une nouvelle. On cherche, on se cherche, on fait des choses pour se trouver, tuer, torturer des gens, pour tenter d’oublier que dans le fond tu n’as jamais été rien d’autre qu’une petite fille seule et indécise. Je marquais une légère pause pendant laquelle mon visage se figea en une expression indéchiffrable. C’est ce que nous faisons tous. Nous cherchons quelque chose pour en oublier une autre. Suite à cela, un large sourire à la fois narquois et moqueur se mit en place sur mes lèvres. Mais vas-y. Laisses-moi seul. Comme ça je pourrais trouver un moyen de m’échapper !
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With or without you ♦ Kay & Daw

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